{"id":1050,"date":"2013-06-26T23:03:36","date_gmt":"2013-06-27T03:03:36","guid":{"rendered":"http:\/\/mile-end.qc.ca\/?page_id=1050"},"modified":"2015-12-25T22:27:09","modified_gmt":"2015-12-26T03:27:09","slug":"des-familles-fondatrices-du-mile-end","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/des-familles-fondatrices-du-mile-end\/","title":{"rendered":"Des familles fondatrices du Mile End"},"content":{"rendered":"<p>par Justin Bur<\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;\u00e9poque rurale du Mile End, jusqu&#8217;\u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle, peu de propri\u00e9taires poss\u00e9daient les terrains sur lesquels notre quartier allait un jour \u00eatre construit. Parmi ces propri\u00e9taires, deux familles se d\u00e9marquent par l&#8217;\u00e9tendue de leurs propri\u00e9t\u00e9s, leur stabilit\u00e9 de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, et l&#8217;influence qu&#8217;elles ont exerc\u00e9e sur le d\u00e9veloppement du secteur. Du c\u00f4t\u00e9 ouest de la rue Saint-Laurent, il y avait la famille Bagg, anglophone et protestant. En face, de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue se trouvait le domaine des Beaubien, francophones et catholiques. J&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 des deux familles dans cette chronique \u2013 les Bagg en connexion avec <a href=\"\/?page_id=1032\">les origines du nom Mile End<\/a>, les Beaubien en discutant du <a href=\"\/?page_id=1043\">chemin de fer<\/a>. Faisons donc un peu d&#8217;histoire familiale.<\/p>\n<p>Pierre Beaubien est n\u00e9 en 1796 pr\u00e8s de Nicolet. Il a fait des \u00e9tudes en philosophie avant d&#8217;embarquer pour la France o\u00f9 il a \u00e9tudi\u00e9 la m\u00e9decine \u2013 profession qu&#8217;il a pratiqu\u00e9e le reste de sa vie. De retour au Bas-Canada, il \u00e9pouse en 1829 Marie-Justine Casgrain, veuve de Charles Butler Maguire. Si ces noms sont familiers dans la toponymie du quartier, ce n&#8217;est pas par hasard! La carri\u00e8re de Pierre Beaubien a \u00e9t\u00e9 vari\u00e9e; en plus de sa pratique m\u00e9dicale, il a servi comme d\u00e9put\u00e9 et comme conseiller municipal \u00e0 Montr\u00e9al.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 l&#8217;incorporation du village de C\u00f4te-Saint-Louis en 1846, Beaubien voit l&#8217;occasion de contribuer \u00e0 son d\u00e9veloppement. Propri\u00e9taire de terrains bien situ\u00e9s un peu \u00e0 l&#8217;ouest du village des carriers, il offre plusieurs lots \u00e0 l&#8217;\u00e9v\u00eaque de Montr\u00e9al, Monseigneur Ignace Bourget, pour la construction d&#8217;une \u00e9glise et d&#8217;institutions religieuses. Une modeste chapelle marque initialement l&#8217;emplacement o\u00f9 sera ouverte, \u00e0 No\u00ebl 1858, l&#8217;\u00e9glise Saint-Enfant-J\u00e9sus.<\/p>\n<p>Parmi les nombreux enfants de Pierre Beaubien et Marie-Justine Casgrain, le plus important pour notre quartier \u00e9tait Louis, n\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al en 1837. Louis Beaubien \u00e9tait journaliste et, comme son p\u00e8re, homme politique int\u00e9ress\u00e9 particuli\u00e8rement par les questions d&#8217;agriculture et de d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Il s&#8217;est alli\u00e9 aux grands promoteurs du chemin de fer, l&#8217;outil de d\u00e9veloppement privil\u00e9gi\u00e9 de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du 19e si\u00e8cle. Comme on a vu, c&#8217;est gr\u00e2ce \u00e0 lui que le chemin de fer des Laurentides et du Pacifique grimpe jusqu&#8217;au Mile End avant de se rendre \u00e0 son terminus dans l&#8217;est de Montr\u00e9al. C&#8217;est Louis qui a fait le premier lotissement du Mile End pr\u00e8s de l&#8217;\u00e9glise, ce qui a cr\u00e9\u00e9 la partie plus ancienne \u00e0 l&#8217;est de notre quartier. Il a particip\u00e9 activement au d\u00e9veloppement industriel du Mile End \u2013 Louis Beaubien a fond\u00e9 la brasserie Frontenac, dont le b\u00e2timent en forme de ch\u00e2teau a longtemps c\u00f4toy\u00e9 la gare du Mile End. (La brasserie elle-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 fusionn\u00e9e avec Canadian Breweries (Carling) en 1952.)<\/p>\n<p>En parall\u00e8le \u00e0 ses activit\u00e9s dans le Mile End, Louis Beaubien a particip\u00e9 \u00e0 l&#8217;incorporation de la ville d&#8217;Outremont en 1875. Son \u00e9pouse, Suzanne Lauretta Stuart, \u00e9tait la petite-fille du romancier Philippe Aubert de Gasp\u00e9. Leur fils ain\u00e9 Joseph a \u00e9t\u00e9 pendant une quarantaine d&#8217;ann\u00e9es maire d&#8217;Outremont.<\/p>\n<p>Retournons en arri\u00e8re pour suivre le fil de l&#8217;autre famille fondatrice. Dans les ann\u00e9es 1790, Phineas Bagg, originaire du Massachusetts, veuf avec ses enfants, immigre au Bas-Canada. Il tient une auberge \u00e0 La Prairie, sur la rive sud. \u00c0 partir de 1810, Phineas et son fils ain\u00e9 Stanley exploitent l&#8217;auberge du Mile End. Stanley et son fr\u00e8re Abner participent \u00e0 la construction du canal de Lachine et d&#8217;autres grands travaux publics. Abner exploite une brasserie \u00e0 La Prairie, puis une entreprise de chapeaux \u00e0 Montr\u00e9al. Stanley transporte des munitions pour l&#8217;arm\u00e9e britannique pendant la guerre de 1812. Plus tard, il dirige une entreprise de coupe du bois dans la vall\u00e9e du Ch\u00e2teauguay pour l&#8217;exportation vers l&#8217;Angleterre. Il s&#8217;est m\u00eame pr\u00e9sent\u00e9 au parlement, dans une \u00e9lection partielle de 1832 qu&#8217;il a perdue de 4 voix. Cette \u00e9lection, qui s&#8217;est d\u00e9roul\u00e9e sur une p\u00e9riode de 23 jours, a connu une fin tragique; l&#8217;avant-dernier jour, trois partisans de son adversaire du parti Patriote ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par des soldats britanniques, un incident pr\u00e9curseur des r\u00e9bellions de 1837.<\/p>\n<p>C&#8217;est quand m\u00eame autour du Mile End que Stanley Bagg a pass\u00e9 la majeure partie de sa vie. En plus de l&#8217;auberge qu&#8217;il a exploit\u00e9e avec son p\u00e8re, il a fait construire une piste de courses de chevaux sur une partie des terrains appartenant \u00e0 John Clark, propri\u00e9taire de l&#8217;auberge. John Clark, originaire du comt\u00e9 de Durham en Angleterre, \u00e9tait boucher et, de plus en plus, grand propri\u00e9taire foncier. Il habitait au <strong>Mile End Lodge<\/strong>, situ\u00e9 sur la rue Saint-Laurent un peu au sud de Duluth. Sa fille Mary Ann a \u00e9pous\u00e9 Stanley Bagg en 1819 et le couple a emm\u00e9nag\u00e9 \u00e0 <strong>Durham House<\/strong>, leur cadeau de mariage, situ\u00e9 au coin de Saint-Laurent et Prince-Arthur sur le site de la banque TD. John Clark, voulant assurer la p\u00e9rennit\u00e9 de son h\u00e9ritage, l&#8217;a laiss\u00e9 non pas \u00e0 sa fille et son mari, mais \u00e0 leur fils unique, Stanley Clark Bagg.<\/p>\n<p>Stanley Clark Bagg a fait partie de la haute soci\u00e9t\u00e9 anglophone montr\u00e9alaise de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du 19e si\u00e8cle. Il m\u00e8ne une carri\u00e8re de notaire et de juge de paix. Il \u00e9tait pr\u00e9sident fondateur de la Soci\u00e9t\u00e9 de numismatique et d\u2019arch\u00e9ologie de Montr\u00e9al (plus tard le <a href=\"http:\/\/chateauramezay.qc.ca\/\">ch\u00e2teau Ramezay<\/a>). Il tire d&#8217;importants revenus des propri\u00e9t\u00e9s qu&#8217;il a h\u00e9rit\u00e9es de son grand-p\u00e8re, localis\u00e9es en Angleterre aussi bien que sur l&#8217;\u00eele de Montr\u00e9al. Il \u00e9pouse en 1846 Catharine Mitcheson, originaire du quartier Fairmount \u00e0 Philadelphie. Le couple fait construire une villa sur la rue Sherbrooke dans le Golden Square Mile appel\u00e9e <strong>Fairmount Villa<\/strong>. (La maison a \u00e9t\u00e9 d\u00e9molie pendant les ann\u00e9es 1940 pour redresser et \u00e9largir la rue Saint-Urbain.)<\/p>\n<p>Stanley Clark Bagg meurt \u00e0 52 ans, emport\u00e9 par le typhus. Son fils, Robert Stanley Bagg, est oblig\u00e9 de prendre en main la gestion du vaste patrimoine, ce qu&#8217;il accomplit pendant un peu plus de 20 ans avant de confier la t\u00e2che \u00e0 une compagnie de fiducie. C&#8217;est lui qui s&#8217;associera avec des promoteurs immobiliers pour lotir tout l&#8217;ouest du Mile End en cr\u00e9ant un quartier appel\u00e9 initialement l&#8217;Annexe de Montr\u00e9al \u2013 en rappel du quartier du m\u00eame nom \u00e0 Toronto. Le quartier devait \u00eatre prestigieux et luxueux, mais c&#8217;est plut\u00f4t Outremont qui lui a rafl\u00e9 ce titre. Il est devenu diversifi\u00e9, accueillant toutes les langues et tous les niveaux \u00e9conomiques \u2013 un espace de vie des plus attachants pour les familles d&#8217;aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<hr \/>\n<p>En plein dans le \u00abMile\u00bb<br \/>\nRadio Centre-Ville \/ <a href=\"https:\/\/soundcloud.com\/citoyensmileend\/radiocitoyenne05\">programme 5: vendredi 19 avril 2013<\/a><br \/>\n<a href=\"https:\/\/soundcloud.com\/citoyensmileend\">\u00c9coutez les \u00e9missions<\/a> sur SoundCloud<\/p>\n<p>Capsule historique par <a href=\"mailto:justinbb@gmail.com\">Justin Bur<\/a> pour <a href=\"http:\/\/mile-end.qc.ca\/\">M\u00e9moire du Mile End<\/a><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Justin Bur \u00c0 l&#8217;\u00e9poque rurale du Mile End, jusqu&#8217;\u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle, peu de propri\u00e9taires poss\u00e9daient les terrains sur lesquels notre quartier allait un jour \u00eatre construit. 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