{"id":1668,"date":"2012-12-16T21:28:21","date_gmt":"2012-12-17T02:28:21","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=1668&#038;lang=fr"},"modified":"2018-11-29T14:32:13","modified_gmt":"2018-11-29T19:32:13","slug":"deux-familles-montrealaises-les-bagg-et-les-clark","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/deux-familles-montrealaises-les-bagg-et-les-clark\/","title":{"rendered":"Deux familles montr\u00e9alaises : les Bagg et les Clark"},"content":{"rendered":"<p>(Note: cet article accompagne la <a href=\"\/?p=789\">conf\u00e9rence<\/a> que Justin Bur a donn\u00e9 \u00e0 la biblioth\u00e8que du Mile End le 16 d\u00e9cembre 2012.)<\/p>\n<p><em>Par Yves Desjardins et Justin Bur<br \/>\nModifications: 2013-06-30, 2018-11-29 <\/em><\/p>\n<p>Tous les Montr\u00e9alais connaissent bien les rues Clark, Fairmount et Bagg. Beaucoup moins nombreux par contre sont ceux qui savent que les noms de ces rues sont li\u00e9s \u00e0 l\u2019histoire d\u2019une famille qui, pendant quatre g\u00e9n\u00e9rations, a largement contribu\u00e9 \u00e0 modeler le visage du Plateau Mont-Royal. Deux familles, en fait \u2013 l\u2019une d\u2019origine anglaise, l\u2019autre d\u2019origine am\u00e9ricaine \u2013 les Clark et les Bagg, arriv\u00e9es \u00e0 Montr\u00e9al \u00e0 la fin du 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, qui s\u2019uniront pour n\u2019en devenir qu\u2019une seule<a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Lorsque les Clark et les Bagg \u00e9migrent, Montr\u00e9al commence \u00e0 peine \u00e0 sortir des limites de ses fortifications; au nord, le faubourg Saint-Laurent se termine aux environs de l\u2019actuelle rue Ontario et ce qui deviendra le Plateau n\u2019est encore qu\u2019un espace rural parsem\u00e9 de carri\u00e8res. En 1891, le r\u00e9dacteur de l\u2019annuaire <em>Lovell<\/em> publie ses r\u00e9miniscences sur l\u2019histoire du secteur :<\/p>\n<blockquote><p>\u00abBefore the year 1800 the site on which the village stands was a forest, and mostly belonged to Pierre D. B\u00e9lair. An Englishman, named Mountpleasant, purchased it from the former owner, and experimented with orchard culture with a large stock of fruit trees imported from England. His attempt was unsuccessful, and the land passes into the Whitehall and Knapp families. A few years later John and Jacob Wurtele purchased a large portion of it, and in 1816 it was subdivided between Wurtele, Fortier, John Spalding, Richard Smith and others. Still later Stanley Bagg purchased a tract of about forty acres, on a portion of which the Provincial Exhibition buildings are now erected. In 1805 a clearance was made on the west side of St. Lawrence road to the brow of the Mountain, northward from where the Hotel Dieu Convent and Hospital now stands, to the present Mount Royal avenue. The clearance was turned into pasture land and a race course. The course was the only one in either Lower or Upper Canada. Robert Lovell and family, in 1820 and 1821, occupied was then known as the Wurtele property, now almost the centre of this prosperous and progressive village, then known as the Mile End. On the outskirts are several farms, among which may be noted that of John Spalding, whose father was one of the first pioneers in this district. All this immense tract of land originally belonged to the Seminary of St Sulpice and the Ladies of the Hotel Dieu. \u00bb<a id=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a><\/p><\/blockquote>\n<h1>Stanley Bagg et John Clark<\/h1>\n<div style=\"width: 246px\" class=\"wp-caption alignright align right\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/StanleyBagg.jpg\"><img loading=\"lazy\" title=\"Stanley Bagg\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/StanleyBagg.jpg\" alt=\"Stanley Bagg\" width=\"236\" height=\"286\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\">Stanley Bagg<\/p><\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/writinguptheancestors.blogspot.com\/2016\/10\/the-life-and-times-of-stanley-bagg-1788.html\">Stanley Bagg<\/a> quitte le Massachusetts vers 1795 en compagnie de ses <a href=\"http:\/\/writinguptheancestors.blogspot.com\/2014\/05\/polly-bagg-bush-surprise-sister.html\">deux s\u0153urs<\/a>, de son fr\u00e8re, Abner, et de leur p\u00e8re, <a href=\"http:\/\/writinguptheancestors.blogspot.ca\/2013\/10\/an-economic-emigrant.html\">Phineas<\/a>. Phineas est veuf, un fermier endett\u00e9; c\u2019est sans doute pour fuir ses cr\u00e9anciers qu\u2019il \u00e9migre au Canada. On retrouve sa trace en 1798, alors qu\u2019il est aubergiste \u00e0 Laprairie, sur la rive sud de Montr\u00e9al. C\u2019est d\u2019ailleurs ce m\u00e9tier d\u2019aubergiste qui permet \u00e0 la famille Bagg de prendre racine dans le Mile End : en 1810, Phineas et Stanley, alors \u00e2g\u00e9 de 22 ans, signent un bail de cinq ans avec un d\u00e9nomm\u00e9 John Clark pour louer la taverne dite du \u00abMile End\u00bb situ\u00e9e sur ce qui est maintenant le coin nord-ouest du boulevard Saint-Laurent et de l&#8217;avenue du Mont-Royal. Une annonce dans la <em>Gazette <\/em>publi\u00e9e le 7 ao\u00fbt 1815 offre une r\u00e9compense pour un cheval appartenant \u00e0 Stanley Bagg disparu d\u2019un p\u00e2turage leur appartenant \u00e0 proximit\u00e9 de la \u00ab<em>Mile-End Tavern\u00bb <\/em>: cette annonce, retrouv\u00e9e dans les ann\u00e9es 1990, a pu remettre une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de chercheurs sur la trace des Clark et des Bagg en d\u00e9montrant que le Mile End de Montr\u00e9al \u00e9tait bien plus ancien qu&#8217;on ne le croyait.<\/p>\n<div style=\"width: 168px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/MEM-John-Clark.jpg\"><img loading=\"lazy\" title=\" John Clark\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/MEM-John-Clark-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"158\" height=\"238\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\">John Clark<\/p><\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/writinguptheancestors.blogspot.com\/2014\/05\/john-clark-of-durham-england.html\">John Clark<\/a> est un boucher, n\u00e9 sur une ferme dans le comt\u00e9 de Durham en Angleterre. M\u00eame s\u2019il poss\u00e8de des terres et des propri\u00e9t\u00e9s dans cette r\u00e9gion<a id=\"_ftnref3\" href=\"#_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>, John Clark choisit d\u2019immigrer au Canada, vers la fin du 18e si\u00e8cle, en compagnie de sa femme, <a href=\"http:\/\/writinguptheancestors.blogspot.com\/2014\/05\/mary-mitcheson-clark.html\">Mary Mitcheson<\/a> et de leur fille unique, <a href=\"http:\/\/writinguptheancestors.blogspot.com\/2013\/11\/mary-ann-clark-bagg.html\">Mary Ann<\/a>, n\u00e9e en 1795. La relation entre John Clark et la famille Bagg devient rapidement une fructueuse alliance commerciale et familiale : le 7 ao\u00fbt 1819, Mary Ann \u00e9pouse Stanley. Celui-ci et son fr\u00e8re Abner deviennent entrepreneurs et se lancent dans plusieurs entreprises commerciales : construction, brasserie, exportation de bl\u00e9, etc. \u00c0 tel point qu\u2019on peut se demander si Stanley ne laissa pas la gestion quotidienne de la taverne \u00e0 son p\u00e8re, Phineas. Par exemple, la m\u00eame ann\u00e9e o\u00f9 commence la location, en 1810, il obtient avec un associ\u00e9 un contrat pour d\u00e9molir les vestiges de l\u2019ancienne citadelle et ainsi agrandir le champ de Mars<a id=\"_ftnref4\" href=\"#_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>. Ce premier contrat avec l\u2019arm\u00e9e britannique en entra\u00eene une s\u00e9rie d\u2019autres qui assurent le succ\u00e8s de Stanley : transport d\u2019armes pendant la guerre de 1812, construction des fortifications de l\u2019\u00eele Sainte-H\u00e9l\u00e8ne et surtout, en 1821, l\u2019excavation et la construction du canal Lachine<a id=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>. Stanley y associe d\u2019ailleurs son beau-p\u00e8re, en en faisant le fournisseur de viande pour la nourriture des ouvriers du canal<a id=\"_ftnref6\" href=\"#_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>. Stanley et Abner deviennent \u00e9galement propri\u00e9taires fonciers \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la ville : d\u00e8s 1814, ils ach\u00e8tent une ferme qui se trouve des deux c\u00f4t\u00e9s du chemin de la C\u00f4te-Sainte-Catherine. Il s\u2019y trouve une maison de bois qui sera agrandie en 1817 et que la famille utilisera comme vill\u00e9giature jusqu\u2019en 1829 : bien que fortement modifi\u00e9, l\u2019\u00e9difice existe toujours; c\u2019est l\u2019actuel h\u00f4tel-de-ville d\u2019Outremont<a id=\"_ftnref7\" href=\"#_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Mais c\u2019est surtout une troisi\u00e8me activit\u00e9, la sp\u00e9culation fonci\u00e8re, qui consolide la fortune de la famille Bagg pour les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir. Le beau-p\u00e8re de Stanley, John Clark, a achet\u00e9 de nombreuses fermes sur le versant est du Mont-Royal, tout autour de l\u2019auberge du Mile End, s\u2019en allant vers le nord. Stanley loue aussi d&#8217;autres terres dans le m\u00eame secteur; ces fermes sont notamment utilis\u00e9es comme p\u00e2turage pour le cheptel destin\u00e9 \u00e0 la boucherie de John Clark.<a id=\"_ftnref8\" href=\"#_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> Lors de son d\u00e9c\u00e8s, en 1827, John Clark laisse \u00e0 son unique petit-fils, <a href=\"http:\/\/writinguptheancestors.blogspot.com\/2015\/12\/dont-believe-everything-you-read_2.html\">Stanley Clark Bagg<\/a>, n\u00e9 en 1820, la plupart de ses biens, dont la <em>Clark Cottage Farm<\/em> devenue aujourd&#8217;hui le parc Jarry<a id=\"_ftnref9\" href=\"#_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>. Dans ce m\u00eame testament, John Clark l\u00e8gue \u00e0 sa femme Mary Mitcheson\u00a0la plus grande partie de la\u00a0<em>Mile End Farm<\/em> de 60 arpents qui longe le chemin Saint-Laurent, de la limite de la ville au sud de l&#8217;avenue Duluth jusqu\u2019\u00e0 l&#8217;avenue du Mont-Royal, avec sa r\u00e9sidence, <em>Mile End Lodge<\/em>, situ\u00e9e \u00e0 la limite sud de la ferme; ainsi qu&#8217;une autre ferme de 15 acres situ\u00e9e plus au nord. Quant \u00e0 sa fille, Mary Ann, l\u2019\u00e9pouse de Stanley, elle h\u00e9rite des propri\u00e9t\u00e9s de Durham, en Angleterre. Mary d\u00e9c\u00e8de cependant en 1835, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 39 ans, et laisse son fils Stanley Clark Bagg, un mineur de 14 ans, comme seul h\u00e9ritier. Quelques annn\u00e9es apr\u00e8s avoir atteint l&#8217;\u00e2ge de majorit\u00e9 en 1841, Stanley Clark Bagg vend toutes les propri\u00e9t\u00e9s anglaises et r\u00e9investit les profits \u00e0 Montr\u00e9al<a id=\"_ftnref10\" href=\"#_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>. Cet h\u00e9ritage constitue la base d\u2019un patrimoine foncier qui, au milieu du 19e si\u00e8cle, est alors sans \u00e9quivalent \u00e0 Montr\u00e9al. Le r\u00e9v\u00e9rend John Douglas Borthwick, dans un volume d&#8217;esquisses biographiques des grands Montr\u00e9alais, pourra \u00e9crire en 1875 que Stanley Clark Bagg \u00e9tait \u00abat that time [1847] (after the seigneurs of St. Sulpice) the largest landed proprietor of the island of Montreal, having inherited his extensive properties, as well as a freehold estate in England, from his grandfather, the late John Clark.\u00bb<a id=\"_ftnref11\" href=\"#_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> \u00c0 son apog\u00e9e, le domaine de la famille Bagg s\u2019\u00e9tend, au sud, de la rue Sherbrooke, entre le boulevard Saint-Laurent et l\u2019avenue du Parc,\u00a0jusqu\u2019au parc Jarry au nord, en plus d\u2019autres propri\u00e9t\u00e9s \u00e0 Ahuntsic pr\u00e8s de\u00a0la rivi\u00e8re des Prairies.<\/p>\n<p>La richesse, cependant, appartiendra au fils, non pas \u00e0 son p\u00e8re. Stanley Bagg lui-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 ex\u00e9cuteur testamentaire mais n&#8217;a rien re\u00e7u \u00e0 son nom. Comme plusieurs de ses contemporains, il est rest\u00e9 toute sa vie un marchand et un entrepreneur aux activit\u00e9s multiples : en plus de celles d\u00e9j\u00e0 \u00e9num\u00e9r\u00e9es, il exploite une carri\u00e8re au nord du Mont-Royal et il se lance dans l\u2019exploitation foresti\u00e8re \u00e0 grande \u00e9chelle, le long de la vall\u00e9e de la rivi\u00e8re Ch\u00e2teauguay, o\u00f9 il vend des lots de colonisation<a id=\"_ftnref21\" href=\"#_ftn21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>. Vers la fin de sa vie, les affaires de Stanley p\u00e9riclitent : il est endett\u00e9, \u00e0 tel point que lorsque son fils atteint sa majorit\u00e9, en 1841, et prend ainsi possession des terres que lui ont l\u00e9gu\u00e9es sa m\u00e8re et son grand-p\u00e8re maternel, Stanley lui fait un aveu; il a utilis\u00e9 les revenus tir\u00e9s de ces propri\u00e9t\u00e9s \u00abfor his own profit and advantage\u00bb et reconna\u00eet devoir 3,000 livres \u00e0 son fils, une somme importante \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<a id=\"_ftnref22\" href=\"#_ftn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a><\/p>\n<div>\n<h1>La cr\u00e9ation d\u2019un mythe historique<\/h1>\n<p>La biographie de la famille Bagg deviendra au fil des ans une histoire mythifi\u00e9e qui mettra en \u00e9vidence ses anc\u00eatres britanniques tout en occultant la longue histoire am\u00e9ricaine de la famille. Reprenant une rubrique n\u00e9crologique anonyme publi\u00e9e dans le Canadian Antiquarian &amp; Numismatic Journal<a id=\"_ftnref12\" href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>, John Douglas Borthwick \u00e9crit que \u00abthe ancient family of Bagg can claim descent from the distinguished race of Normans, or Norsemen, and the first ancestor (&#8230;) came over from the icebound shores of Sweden in the time of Hardicanute, about A.D. 1040, and settled in England, where a branch of the family still exists.\u00bb\u00a0\u00c0 aucun moment les racines am\u00e9ricaines de la famille ne sont mentionn\u00e9es, m\u00eame si elles remontent au milieu du 17e si\u00e8cle. L\u2019omission est reprise dans les autres biographies qui suivront \u2013 un genre particuli\u00e8rement florissant \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle et au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle<a id=\"_ftnref13\" href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>. Ainsi, en 1904, on invente une carri\u00e8re britannique \u00e0 Stanley :<\/p>\n<blockquote><p>His father, the late Mr. Stanley Bagg (&#8230;) was a gentleman of leisure, who inherited two estates, one in England in the county of Durham, <em>where he was a justice of the peace<\/em>, the other, the well-known Bagg estate in Montreal, which comprises property in almost every ward of the city.<a id=\"_ftnref14\" href=\"#_ftn14\">[14]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Finalement, apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s en 1912 de Robert Stanley Bagg, l&#8217;ascendance britannique des Clark est carr\u00e9ment fusionn\u00e9e avec celle des Bagg, comme dans cette notice publi\u00e9e en 1914 :<\/p>\n<blockquote><p>The Bagg family is one of the oldest English families of the island of Montreal and one whose members have been foremost in social, financial, religious, political and military circles for the past century, or since the arrival of the first representative of the name, Stanley Bagg, Esq. who was born in County Durham, England, where this branch of the family possessed large landed estates.<a id=\"_ftnref15\" href=\"#_ftn15\">[15]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Cette confusion subsiste encore aujourd\u2019hui et se perp\u00e9tue dans plusieurs ouvrages d\u2019histoire contemporains\u00a0: par exemple, Guy Pinard, dans un ouvrage classique sur le patrimoine architectural montr\u00e9alais<a id=\"_ftnref16\" href=\"#_ftn16\">[16]<\/a>; dans l&#8217;atlas historique de Montr\u00e9al, de Jean-Claude Robert<a id=\"_ftnref17\" href=\"#_ftn17\">[17]<\/a> et m\u00eame dans l\u2019article sur Stanley Clark Bagg du Dictionnaire biographique du Canada, avant sa r\u00e9vision en 2018 : \u00abSa famille est une des plus vieilles familles anglaises de l\u2019\u00eele de Montr\u00e9al et une de celles dont les membres se sont fait le plus valoir dans les milieux sociaux, financiers, religieux et intellectuels. Stanley Clark Bagg est un digne repr\u00e9sentant de ce qu\u2019on peut appeler l\u2019establishment anglo-saxon de Montr\u00e9al.\u00bb<a id=\"_ftnref18\" href=\"#_ftn18\">[18]<\/a><\/p>\n<p>Janice Hamilton, dans le cadre d&#8217;une \u00e9tude g\u00e9n\u00e9alogique des Bagg, a fait un travail remarquable pour d\u00e9m\u00ealer les origines v\u00e9ritables de la famille. Elle a retrac\u00e9 leurs racines am\u00e9ricaines au Massachusetts et, surtout, elle a pu retrouver la trace de John Clark en Angleterre, boucher prosp\u00e8re mais qui n\u2019avait rien d\u2019un aristocrate, sans qui la dynastie des Bagg n\u2019aurait pas exist\u00e9.<a id=\"_ftnref19\" href=\"#_ftn19\">[19]<\/a><\/p>\n<p>Il reste \u00e0 comprendre ce qui explique la cr\u00e9ation d\u2019un tel mythe: l&#8217;erreur l\u00e9gitime a pu jouer un role, mais y aurait-il eu aussi une volont\u00e9 d&#8217;amplifier la prestige de la famille? M\u00eame si des hommes d\u2019affaires d\u2019origine am\u00e9ricaine ont pu s\u2019\u00e9tablir et r\u00e9ussir \u00e0 Montr\u00e9al<a id=\"_ftnref20\" href=\"#_ftn20\">[20]<\/a>, la bourgeoisie dominante est alors avant tout anglo-\u00e9cossaise et les relations avec les \u00c9tats-Unis sont souvent tendues tout au long du 19e si\u00e8cle. L\u2019annexion par les \u00c9tats-Unis est d\u2019ailleurs l\u2019un des th\u00e8mes qui divise profond\u00e9ment les factions radicales et conservatrices de cette bourgeoisie. La famille Bagg, elle, a choisi son camp, comme en t\u00e9moignent les contrats obtenus par Stanley pendant la guerre de 1812. Ce choix sera clairement assum\u00e9 pendant les ann\u00e9es les plus tendues du 19e si\u00e8cle\u00a0: Stanley est le candidat conservateur pour Montr\u00e9al\u2013ouest, lors de l\u2019\u00e9lection qui conduit \u00e0 l\u2019\u00e9meute de 1832; le p\u00e8re et le fils s\u2019engagent comme officiers dans la milice pro-gouvernementale lors des r\u00e9bellions de 1837.<\/p>\n<p>Il ne serait donc pas \u00e9tonnant que la famille Bagg, lorsqu\u2019elle arrive au sommet de sa fortune dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du si\u00e8cle, cherche \u00e0 s\u2019inventer un pass\u00e9 : l\u2019empire britannique arrive \u00e0 son apog\u00e9e et les grands barons du capitalisme canadien rivalisent entre eux pour obtenir des titres de \u00absir\u00bb ou de \u00ablord\u00bb outre-Atlantique.<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"width: 481px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/MarysMap-vi.jpg\"><img loading=\"lazy\" title=\"MarysMap-vi\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/MarysMap-vi.jpg\" alt=\"Propri\u00e9t\u00e9s de la famille Bagg, 1913\" width=\"471\" height=\"700\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\">Propri\u00e9t\u00e9s de la famille Bagg, 1913<br \/>Au sud, la rue Sherbrooke, au nord, la rivi\u00e8re des Prairies. Le boulevard Saint-Laurent constitue l\u2019axe central. \u00abDurham House\u00bb est au coin de Prince-Arthur; \u00abMile End Farm\u00bb du c\u00f4t\u00e9 ouest, entre Duluth et Mont-Royal, l\u00e0 o\u00f9 se trouve \u00abMile End Tavern\u00bb. \u00abMile End Lodge\u00bb \u00e9tait r\u00e9ellement situ\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 sud de cette ferme, pr\u00e8s de Duluth.\u00a0Plus au nord, \u00abBlack Gate Farm\u00bb, le \u00abClark Cottage\u00bb et la \u00abClark Cottage Farm\u00bb, au nord de Jean-Talon (\u00abBagg Ave.\u00bb); la \u00abPark Farm\u00bb, qui va jusqu\u2019\u00e0 Cr\u00e9mazie et, au nord, \u00abDomaine Farm\u00bb et \u00abWoodhouse Farm\u00bb. (Archives de la famille Bagg)<\/p><\/div>\n<h1>Stanley Clark Bagg<\/h1>\n<p>Stanley Clark Bagg a choisi en 1842 la profession de notaire. Il ne l&#8217;a pas pratiqu\u00e9 longtemps: d\u00e8s 1847, il abandonne sa pratique et fait le choix de se consacrer enti\u00e8rement \u00e0 la gestion des propri\u00e9t\u00e9s familiales.<\/p>\n<div style=\"width: 249px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/www.mccord-museum.qc.ca\/en\/collection\/artifacts\/I-5660.1\"><img loading=\"lazy\" title=\"I-5660.1\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/I-5660.1.jpg\" alt=\"Stanley Clark Bagg\" width=\"239\" height=\"369\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\">Stanley Clark Bagg (Mus\u00e9e McCord)<\/p><\/div>\n<p>G\u00e9rer le patrimoine foncier de la famille Bagg devient d\u2019autant plus accaparant que la fa\u00e7on dont l\u2019on exploite la propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al traverse une p\u00e9riode de profonde transformation au milieu du 19e si\u00e8cle. Depuis 1840, la possibilit\u00e9 d\u2019abolir la rente seigneuriale sur le territoire de l&#8217;\u00eele de Montr\u00e9al<a id=\"_ftnref23\" href=\"#_ftn23\"><sup><strong><sup>[23]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a> permet pour la premi\u00e8re fois une autre forme d\u2019exploitation de la terre, pleinement capitaliste : celle-ci peut \u00eatre divis\u00e9e en lots qui sont vendus libres de droits (<em>freehold<\/em> ou <em>franc alleu<\/em>) et dont l\u2019acheteur est l\u2019unique propri\u00e9taire. Roderick MacLeod attribue \u00e0 ce changement l\u2019\u00e9mergence des grands projets de promotion immobili\u00e8re qui donneront naissance au quartier de la grande bourgeoisie canadienne, le c\u00e9l\u00e8bre \u00abGolden Square Mile\u00bb (GSM) :<\/p>\n<p>Until this time subdivision had been an unsystematic process, its goal to secure regular financial returns from landed property, rather than to sell a product. For a landowner such as John Redpath, subdivision was a business venture, a matter of carefully creating a commodity and selling it to a public whose needs and ambitions he understood well. Even so, there was no certainty in this venture: success depended on good timing, good advertising, and good management of the entire process. In mid-century Montreal, land was not a simple commodity like boots or sugar or other manufactured products; its exchange dragged with it complicated relations rooted in the Custom of Paris: the historic rights of family members, neighbours, tenants, and seigneurs. GSM landowners were testing the waters of capitalist real estate &#8211; waters that had undergone a sea-change as a result of the political and social aftermath of the rebellions.<a id=\"_ftnref24\" href=\"#_ftn24\"><sup><strong><sup>[24]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/p>\n<p>Les terres de la famille Bagg, situ\u00e9es \u00e0 la fronti\u00e8re est et au nord du \u00abGolden Square Mile\u00bb, ont \u00e9t\u00e9 acquises au d\u00e9but du si\u00e8cle, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019exploitation du sol est inspir\u00e9e des pratiques de la noblesse anglaise (sans parler des seigneurs canadiens!) : la famille demeure propri\u00e9taire de grands domaines pendant plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, vivant des revenus tir\u00e9s de leur location et de leur exploitation. Dans leurs testaments, John Clark et Stanley Bagg ont pr\u00e9vu que leurs terres soient sujettes \u00e0 une \u00abrente constitu\u00e9e\u00bb, dont le but est d\u2019assurer \u00aba more than comfortable living for the Bagg widows and daughters in the third and fourth generation<a id=\"_ftnref25\" href=\"#_ftn25\"><sup>[25]<\/sup><\/a>\u00bb. Cette vision peut \u00eatre profitable lorsque l\u2019exploitation du sol se fait dans un cadre rural ou semi-rural : fermes pour approvisionner la ville, carri\u00e8res fournissant la pierre des nouveaux \u00e9difices, auberges pour le divertissement; il en va tout autrement lorsque l\u2019urbanisation permet de sp\u00e9culer sur la valeur de revente de terrains qui seront b\u00e2tis \u00e0 plus ou moins br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance. L\u2019obligation de verser une rente \u00e0 la famille Bagg, si elle assure un revenu r\u00e9gulier aux descendants de Stanley, devient donc un obstacle \u00e0 une exploitation purement capitaliste de leurs terres.<\/p>\n<p>L\u2019universit\u00e9 McGill, qui poss\u00e8de les terres adjacentes \u00e0 celles des Bagg c\u00f4t\u00e9 ouest, a d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019exp\u00e9rience que des terrains sujets \u00e0 une telle rente sont beaucoup moins attrayants pour les investisseurs : le conseil d\u2019administration, d\u00e9sireux de profiter du \u00abboom\u00bb immobilier du GSM, d\u00e9sire vendre des lots d\u00e8s 1845. M\u00eame si une \u00e9tude pr\u00e9vient les administrateurs que \u00aba strong prejudice exists in the mind of the public against titles of a seigniorial character for property of value in cities<a id=\"_ftnref26\" href=\"#_ftn26\"><sup>[26]<\/sup><\/a>\u00bb, la majorit\u00e9 choisit quand m\u00eame de vendre les lots en les assujettissants \u00e0 une rente. Les r\u00e9sultats furent peu concluants et il fallut une loi de la l\u00e9gislature provinciale, en 1857, permettant leur vente en \u00abfreehold\u00bb pour qu\u2019enfin les acheteurs soient au rendez-vous<a id=\"_ftnref27\" href=\"#_ftn27\"><sup>[27]<\/sup><\/a>. Dans le cas de la famille Bagg, une contrainte suppl\u00e9mentaire viendra des dispositions testamentaires des deux a\u00efeuls et il faudra que la l\u00e9gislature qu\u00e9b\u00e9coise adopte une autre loi, le 23 f\u00e9vrier 1875, deux ans apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Stanley Clark, pour venir \u00e0 bout.<\/p>\n<p>Est-ce que cela explique le fait que, m\u00eame si les terres de la famille Bagg situ\u00e9es entre Sherbrooke et Mont-Royal sont toutes subdivis\u00e9es en lots d\u00e8s 1861, l\u2019atlas Goad de 1881 montre que plus du deux-tiers de ce ces lots ne sont toujours pas b\u00e2tis? Il faudrait une \u00e9tude plus approfondie du secteur pour r\u00e9pondre \u00e0 la question, mais il est certain que d\u2019autres facteurs sont en cause : l\u2019urbanisation est li\u00e9e aux cycles \u00e9conomiques et \u00e0 la provision des moyens de transport. Ces terres ont cependant une autre caract\u00e9ristique; leur emplacement.<\/p>\n<hr size=\"1\" \/>\n<p><a id=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Les auteurs tiennent \u00e0 exprimer leur gratitude \u00e0 Janice Hamilton. Sans ses patientes ann\u00e9es de recherche, ce texte n\u2019aurait pu exister.<\/p>\n<p><a id=\"_ftn2\" href=\"#_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Lovell&#8217;s historic report of census of Montreal, taken in January, 1891. En ligne sur: <a href=\"http:\/\/openlibrary.org\/books\/OL24132290M\/Lovell's_historic_report_of_census_of_Montreal_taken_in_January_1891._--\">http:\/\/openlibrary.org\/books\/OL24132290M\/Lovell&#8217;s_historic_report_of_census_of_Montreal_taken_in_January_1891.<\/a><\/p>\n<p><a id=\"_ftn3\" href=\"#_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> La nature et l\u2019importance de ces propri\u00e9t\u00e9s demeurent obscures. Il est peu probable que le p\u00e8re de John Clark lui ait laiss\u00e9 un h\u00e9ritage important, puisque John \u00e9tait le dernier de huit enfants. Chose certaine, il disposait d\u2019un capital en \u00e9migrant au Canada, car il ach\u00e8te des propri\u00e9t\u00e9s dans le faubourg Saint-Laurent peu apr\u00e8s son arriv\u00e9e. Cf. Alan M. Stewart, <em>Settling an 18th century faubourg: property and family in the Saint-Laurent suburb, 1735-1810<\/em>, M\u00e9moire de ma\u00eetrise, Universit\u00e9 McGill, 1988. pp. 91-92<\/p>\n<p><a id=\"_ftn4\" href=\"#_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> \u00abIn 1810, with Oliver Wait as a partner, Stanley hired an \u2018Irish gang\u2019 to help level Citadel hill and extend the Champ de Mars parade ground\u00bb Sherry Olson et Patricia Thornton, <em>Peopling the North American city, Montreal 1840-1900<\/em>, McGill University Press, 2011, p. 47<\/p>\n<p><a id=\"_ftn5\" href=\"#_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> Ibid, pp. 48-49<\/p>\n<p><a id=\"_ftn6\" href=\"#_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> Archives de la famille Bagg. D\u00e9pos\u00e9es en partie au mus\u00e9e McCord, Fonds Abner et Stanley Bagg, P070. Abner, de son c\u00f4t\u00e9, devient chapelier, mais l\u2019entreprise fait faillite \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1820. Son activit\u00e9 dans ce domaine a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e par H\u00e9l\u00e8ne Par\u00e9, <em>Tr\u00e9sor d\u2019archives, le livre de paye d\u2019une chapellerie montr\u00e9alaise au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle<\/em>, Revue d\u2019histoire de la culture mat\u00e9rielle, no 56, automne 2002, pp. 7-21. La maison-entrep\u00f4t qu\u2019Abner Bagg a fait construire dans le Vieux-Montr\u00e9al en 1821, rue William, est maintenant class\u00e9e : voir \u00abmaison Abner Bagg\u00bb dans le <em>Grand r\u00e9pertoire du patrimoine b\u00e2ti de Montr\u00e9al<\/em> (http:\/\/patrimoine.ville.montreal.qc.ca)<\/p>\n<p><a id=\"_ftn7\" href=\"#_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> Communaut\u00e9 urbaine de Montr\u00e9al, \u00abMaison Stanley et Abner Bagg\u00bb, <em>R\u00e9pertoire d\u2019architecture traditionnelle, <\/em>1974. Voir aussi Johanne Burgess et Claire Poitras, <em> \u00c9tude de caract\u00e9risation de l\u2019arrondissement historique et naturel du Mont-Royal, Commission des biens culturels du Qu\u00e9bec<\/em>, d\u00e9cembre 2005, p. 59. En 1817, les fr\u00e8res Bagg signeront une requ\u00eate pour prolonger le chemin vers la C\u00f4te-des-Neiges et ainsi le d\u00e9senclaver. \u00c0 l\u2019est on venait de le relier au chemin du Mile End, l\u2019actuelle avenue Mont-Royal : Pierre-Richard Bisson, \u00abLe chemin de la C\u00f4te-Sainte-Catherine\u00bb, <em>Continuit\u00e9<\/em>, n\u00b0 2, 1991, p. 11.<\/p>\n<p><a id=\"_ftn8\" href=\"#_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> Jennifer Waywell, dans un m\u00e9moire sur les contrats entre fermiers et propri\u00e9taires terriens sur l\u2019\u00eele de Montr\u00e9al, donne l\u2019exemple suivant :<\/p>\n<p><em>\u00ab<\/em><em>Also located in the area surrounding Montreal were a number of small pastures, used both by butchers to fatten livestock close to the market and by urban dwellers without land who paid to allow their animals to graze on the grasses. <\/em><em>In one example, Phineas and Stanley Bagg, two Montreal innkeepers, annually rented a pasture at C\u00f4te Sainte-Catherine from the merchants Toussaint Pothier and Pierre Foretier. <\/em><em>Each year, the Baggs also hired Michel Sire, identified in some acts as a vacher and in others as a journalier, who was obliged to: \u201cgarder avec soi, autant de vaches qu&#8217;il lui en sera confi\u00e9 par le dit Sieur [Bagg] les qu&#8217;elles vaches il sera tenus de prendre tous les matins elles appartiendront dans la ville et faubourgs, et les ramener le soir et faire le profit et avantage de [Phineas and Stanley Bagg]\u201d.<\/em><\/p>\n<p>Jennifer Waywell, <em>Farms, leases and agriculture on the island of Montreal, 1780-1820<\/em>, MA, McGill, 1989, p. 87-88.<\/p>\n<p><a id=\"_ftn9\" href=\"#_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> <em>Last will and testament of John Clark, <\/em>29 ao\u00fbt 1825, (<em>Greffe du notaire Henry Griffin, CN601,S187, acte 5989, <\/em>29 ao\u00fbt 1825, BAnQ) ) :<\/p>\n<p><em> And the said testator doth further give and bequeath unto his said grandson Stanley Clark Bagg all the other farms the property of the testator as purchased by him from one Papineau and one Francois Monette , situated lying and being partly in the parish of Montreal and partly in the parish of Saint Laurent, in the county and district of Montreal, the said farms being an irregular figure containing about one hundred and thirty arpents of land, more or less, with a house known by Clark Cottage, barn, stables and other buildings thereon erected (&#8230;) To have and to hold the said piece of land and farm with all and singular the buildings, members and appurtenances thereto belonging (charged with the constituent rent due and payable therein annually) unto his grandson Stanley Clark Bagg, his heirs and assigns to be by him taken possession of when and as soon as he shall arrive at the age of majority.\u00bb<\/em><\/p>\n<p><a id=\"_ftn10\" href=\"#_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> Sherry Olson et Patricia Thornton, <em>Peopling the North American City&#8230;<\/em>, op cit, p. 388<\/p>\n<p><a id=\"_ftn11\" href=\"#_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> Rev. J. Douglas Borthwick, <em>Montreal, its History&#8230; [with] biographical sketches<\/em>, Montreal, Drysdale &amp; co, 1875, p. 42. En ligne \u00e0 <a href=\"http:\/\/archive.org\/stream\/cihm_00188#page\/n1\/mode\/2up\">http:\/\/archive.org\/stream\/cihm_00188#page\/n1\/mode\/2up<\/a><\/p>\n<p><a id=\"_ftn12\" href=\"#_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> Anonyme, \u00abIn Memoriam\u00bb<em>, Canadian Antiquarian and Numismatic Journal<\/em>, vol 2, no 2, October 1873, pp. 73-78 (Stanley Clark Bagg \u00e9tait l\u2019un des fondateurs de la Soci\u00e9t\u00e9.).<\/p>\n<p><a id=\"_ftn13\" href=\"#_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> La bourgeoisie de Montr\u00e9al, alors m\u00e9tropole du Canada, est \u00e0 son apog\u00e9e. Sous couvert d\u2019ouvrages historiques, on multiplie les portraits biographiques de ses membres, tous plus \u00e9logieux les uns que les autres. Souvent vendus \u00e0 l\u2019avance, au moyen de souscriptions, il n\u2019est pas difficile de deviner qu\u2019il fallait payer pour obtenir un portrait flatteur dans un de ces livres. S\u2019ils sont des outils utiles pour les historiens, l\u2019exemple de la famille Bagg d\u00e9montre que tout ne doit pas y \u00eatre pris \u00e0 la lettre!<\/p>\n<p><a id=\"_ftn14\" href=\"#_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> [C\u2019est moi qui souligne.] Anonyme, <em>An encyclopaedia of canadian biography<\/em>, Canadian Press Syndicate, Montreal &amp; Toronto, 1904, p. 72<\/p>\n<p><a id=\"_ftn15\" href=\"#_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> William Henry Atherton, <em>Montreal 1535-1914<\/em>, Clarke Publishing Co, vol 3, 1914, p. 406<\/p>\n<p><a id=\"_ftn16\" href=\"#_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> Guy Pinard, <em>Montr\u00e9al, son histoire, son architecture<\/em>, \u00c9d. du M\u00e9ridien, 1992, vol 5, pp. 342 et 413<\/p>\n<p><a id=\"_ftn17\" href=\"#_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a> \u00abD\u2019origine largement anglo-\u00e9cossaise, cette bourgeoisie (&#8230;) comprend un certain nombre de marchands de fourrures (&#8230;), ou des nouveaux venus comme Stanley Bagg (1786-1853), originaire du comt\u00e9 de Dunham en Angleterre, entrepreneur et grand propri\u00e9taire foncier.\u00bb Jean-Claude Robert, <em>Atlas historique de Montr\u00e9al<\/em>, Art Global, 1994, p. 80<\/p>\n<p><a id=\"_ftn18\" href=\"#_ftnref18\"><sup>[18]<\/sup><\/a> DBC en ligne : \u00abStanley Clark Bagg\u00bb\u00a0<a href=\"http:\/\/www.biographi.ca\/009004-119.01-f.php?&amp;id_nbr=4808\">http:\/\/www.biographi.ca\/009004-119.01-f.php?&amp;id_nbr=4808<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\"><sup>[18]<\/sup><\/a>Le dernier descendant m\u00e2le de la lign\u00e9e des Bagg, Harold Stanley, est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 18 septembre 1944 \u00e0 Montr\u00e9al \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 49 ans. Tout comme son p\u00e8re et son grand-p\u00e8re, la notice n\u00e9crologique du journal The Gazette mentionne qu\u2019il travaillait \u00e0 plein temps \u00abin the family real estate business.\u00bb (The Gazette, 19.09.1944, p. 21)<\/p>\n<p><a id=\"_ftn19\" href=\"#_ftnref19\"><sup>[19]<\/sup><\/a> Janice Hamilton, <em>The Bagg Family of Massachusetts and Montreal<\/em>, Connections, Journal of the Quebec Family History Society. Winter\/Spring 2012, vol 34, no 2 p. 8<\/p>\n<p><a id=\"_ftn20\" href=\"#_ftnref20\"><sup>[20]<\/sup><\/a> Un bon exemple contemporain de Stanley Bagg est Harrison Stephens. Son biographe mentionne que m\u00eame s\u2019il a r\u00e9ussi, ses origines am\u00e9ricaines lui ont souvent caus\u00e9 des probl\u00e8mes. DBC, http:\/\/www.biographi.ca\/009004-119.01-f.php?&amp;id_nbr=5848<\/p>\n<p><a id=\"_ftn21\" href=\"#_ftnref21\"><sup>[21]<\/sup><\/a> Sherry Olson et Patricia Thornton, <em>Peopling the North Americain City<\/em>, op cit, pp 49 et 298<\/p>\n<p><a id=\"_ftn22\" href=\"#_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a> Contrat notari\u00e9 sign\u00e9 entre Stanley et Stanley Clark en 1842. Stanley hypoth\u00e8que ses propres propri\u00e9t\u00e9s pour rembourser en partie son fils et lui donne \u00abDurham house\u00bb. En \u00e9change, Stanley Clark versera une rente pour subvenir aux besoins de son p\u00e8re. Janice Hamilton, <em>Stanley Bagg\u2019s Later Years<\/em>, correspondance familiale priv\u00e9e.<\/p>\n<p><a id=\"_ftn23\" href=\"#_ftnref23\"><sup>[23]<\/sup><\/a> Le r\u00e9gime seigneurial sera aboli en 1854 pour l\u2019ensemble de la province. \u00c0 Montr\u00e9al cependant, les pressions des propri\u00e9taires anglophones font en sorte qu\u2019on pourra acqu\u00e9rir les terres en \u00abfreehold\u00bb d\u00e8s 1840 en \u00e9change d\u2019une compensation.<\/p>\n<p><a id=\"_ftn24\" href=\"#_ftnref24\"><sup>[24]<\/sup><\/a> Roderick MacLeod, <em>Salubrious settings and fortunate families : the making of Montreal\u2019s golden square mile, 1840-1895, <\/em>Th\u00e8se de doctorat, Histoire, Universit\u00e9 McGill, 1997, p. 79<\/p>\n<p><a id=\"_ftn25\" href=\"#_ftnref25\"><sup>[25]<\/sup><\/a> Sherry Olson et Patricia Thornton, <em>Peopling the North American City, <\/em>op cit, p. 49<\/p>\n<p><a id=\"_ftn26\" href=\"#_ftnref26\"><sup>[26]<\/sup><\/a> Roderick MacLeod, <em>Salubrious settings and fortunate families<\/em>, op cit, p. 102-103<\/p>\n<p><a id=\"_ftn27\" href=\"#_ftnref27\"><sup>[27]<\/sup><\/a> Ibid, pp. 107-108<\/p>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h2>La montagne, un espace bucolique<\/h2>\n<p>La transformation de l\u2019espace urbain apr\u00e8s 1840 est intimement li\u00e9e \u00e0 un autre ph\u00e9nom\u00e8ne, celui de l\u2019apparition des banlieues r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 la bourgeoisie, dont le \u00abGolden Square Mile\u00bb d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 constitue l\u2019arch\u00e9type. Si la possible exploitation capitaliste du sol en est l\u2019une des conditions qui rend possible ce ph\u00e9nom\u00e8ne, l\u2019expression anglaise \u00ablocation, location, location\u00bb rend bien compte de l\u2019autre condition n\u00e9cessaire. Ici aussi, la nature du territoire o\u00f9 se d\u00e9ploie le domaine des Bagg a son importance. Lors de leur union, en 1819, Stanley Bagg et Mary Ann Clark re\u00e7urent comme cadeau de mariage de la part du p\u00e8re de celle-ci une r\u00e9sidence, \u00abDurham House\u00bb. Situ\u00e9e au coin sud-ouest de Saint-Laurent et Prince-Arthur (\u00e0 l\u2019emplacement actuel d\u2019une succursale de la banque Toronto-Dominion) c\u2019est aussi une ferme mais surtout l\u2019une des premi\u00e8res maisons de pierre construites au nord de la \u00abC\u00f4te-\u00e0-Baron\u00bb. Dans ses souvenirs sur le Montr\u00e9al de 1816, publi\u00e9s par le <em>Montreal Star<\/em> en 1881, Jedediah Hubbell Dorwin a laiss\u00e9 cette description du secteur :<\/p>\n<blockquote><p>\u00abAbove the Sherbrooke street, before reaching the Mile End tavern, there were but two houses, both of stone, and on the left side of the street, then belonging to John Clark and now the property of the Bagg estate. Sherbrooke st. was then opened from St. Lawrence as far west as Bleury. In 1819, two fine residences were built on this street, one by Jacob Hall and the other by Torrance. They were both prominent objects to the citizen below, and the latter being the only cut-stone structure outside the main city, was the admiration of every passer-by. It is now the residence of the Molson family.\u00bb<a id=\"_ftnref28\" href=\"#_ftn28\"><sup><strong><sup>[28]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/p><\/blockquote>\n<div style=\"width: 624px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/www.mccord-museum.qc.ca\/en\/collection\/artifacts\/M980.184.1.34\"><img loading=\"lazy\" title=\"Durham House\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House-1248.jpg\" alt=\"Durham House\" width=\"614\" height=\"410\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\">Durham House (Mus\u00e9e McCord)<\/p><\/div>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque d\u00e9crite par Dorwin, Montr\u00e9al sort de plus en plus des limites impos\u00e9es par les anciennes fortifications. L\u2019immigration britannique et irlandaise est consid\u00e9rable et les faubourgs se densifient. Le faubourg Saint-Laurent, situ\u00e9 dans l\u2019axe du chemin du m\u00eame nom, entre la rue Craig et le pied de la C\u00f4te-\u00e0-Baron, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019actuelle rue Ontario, est d\u2019ailleurs la sc\u00e8ne des premi\u00e8res op\u00e9rations de sp\u00e9culation fonci\u00e8re de l\u2019histoire montr\u00e9alaise<a id=\"_ftnref29\" href=\"#_ftn29\"><sup>[29]<\/sup><\/a>. Il reste que la bourgeoisie r\u00e9side encore tr\u00e8s majoritairement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la vieille ville : surtout compos\u00e9e de marchands, elle continue d\u2019adopter un mod\u00e8le d\u2019habitation o\u00f9 les quartiers familiaux sont situ\u00e9s au-dessus du magasin ou de l\u2019entrep\u00f4t, comme en t\u00e9moigne la maison du Vieux-Montr\u00e9al d\u2019Abner Bagg, \u00e9voqu\u00e9e plus t\u00f4t. En 1819, Thomas Torrance est donc l\u2019un des premiers grands marchands \u00e0 quitter la ville pour \u00e9tablir sa r\u00e9sidence principale sur les hauteurs de la c\u00f4te, au coin nord-ouest du chemin Saint-Laurent; l\u2019\u00e9loignement avec le coeur de Montr\u00e9al est alors tel que sa villa est surnomm\u00e9e \u00abTorrance\u2019s Folly\u00bb<a id=\"_ftnref30\" href=\"#_ftn30\"><sup>[30]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Mais en devenant son voisin imm\u00e9diat, lorsqu\u2019il s\u2019installe dans la \u00abDurham House\u00bb que vient de lui donner son beau-p\u00e8re, Stanley Bagg est bien plac\u00e9 pour esp\u00e9rer que Thomas Torrance est plus un pionnier qu\u2019un illumin\u00e9. Stanley vient de participer aux travaux de d\u00e9molition des fortifications entourant la vieille ville, ce qui va permettre une circulation beaucoup plus fluide avec les faubourgs, facilitant ainsi leur expansion. Cette expansion s\u2019accompagne cependant d\u2019un clivage socio-\u00e9conomique croissant entre les diff\u00e9rents secteurs de Montr\u00e9al : les faubourgs abritent une population d\u2019artisans et de journaliers et les maisons surtout de bois y sont beaucoup plus modestes qu\u2019en ville<a id=\"_ftnref31\" href=\"#_ftn31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>. En \u00e9tant aubergiste \u00e0 la \u00abMile End Tavern\u00bb, Stanley Bagg a aussi pu observer un autre ph\u00e9nom\u00e8ne : depuis le d\u00e9but du si\u00e8cle, les grands marchands de fourrure qui dominent alors l\u2019\u00e9conomie canadienne, les McGill, Frobisher et McTavish, ont commenc\u00e9 \u00e0 acheter des terrains sur la montagne. Tout en conservant leur r\u00e9sidence principale dans la ville, ils y \u00e9tablissent des vill\u00e9giatures afin d\u2019y vivre leurs ann\u00e9es de retraite \u00abin rural comfort\u00bb<a id=\"_ftnref32\" href=\"#_ftn32\"><sup>[32]<\/sup><\/a>. Ce mouvement correspond \u00e0 l\u2019apparition d\u2019un \u00abculte de la nature\u00bb, particuli\u00e8rement puissant dans l\u2019imaginaire culturel britannique. \u00c0 Montr\u00e9al, le Mont-Royal en devient l\u2019incarnation; ses flancs bucoliques et les prairies qui l\u2019entourent permettent d\u2019\u00e9chapper \u00e0 une ville qui devient de plus en plus bruyante et pollu\u00e9e<a id=\"_ftnref33\" href=\"#_ftn33\"><sup>[33]<\/sup><\/a>. Les fr\u00e8res Bagg participent eux-m\u00eames \u00e0 ce mouvement lorsqu\u2019ils remplacent, en 1817, la modeste maison de bois de la ferme Noxon, chemin de la C\u00f4te-Sainte-Catherine, par une villa en pierre de deux \u00e9tages<a id=\"_ftnref34\" href=\"#_ftn34\"><sup>[34]<\/sup><\/a>. Entour\u00e9e de vergers et de p\u00e2turages, la \u00abMile End tavern\u00bb, situ\u00e9e au pied de la c\u00f4te conduisant \u00e0 leur r\u00e9sidence de campagne, correspond bien elle aussi \u00e0 cet id\u00e9al champ\u00eatre. Stanley Bagg se fait \u00e9galement le promoteur d\u2019activit\u00e9s ludiques associ\u00e9es \u00e0 la vill\u00e9giature, notamment en construisant une des premi\u00e8res pistes de course du Bas-Canada, sur la \u00abMile End Farm\u00bb entre Duluth et Mont-Royal.<\/p>\n<h2>Les premi\u00e8res banlieues montr\u00e9alaises<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s 1840, le flanc sud du Mont-Royal cesse d\u2019\u00eatre un lieu de vill\u00e9giature et abrite de plus en plus les r\u00e9sidences principales de la bourgeoisie montr\u00e9alaise. Dans sa th\u00e8se d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9e, <em>Salubrious settings and fortunate families,<\/em> Roderick MacLeod explique qu\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de promoteurs fonciers fait valoir aux Anglo-\u00c9cossais le caract\u00e8re identitaire des nouveaux quartiers et, surtout, la proximit\u00e9 de la montagne pour \u00e9chapper aux inconv\u00e9nients croissants de la vie en ville. Une annonce publi\u00e9e en 1845 dans la <em>Gazette<\/em> t\u00e9moigne bien de cette vision :<\/p>\n<blockquote><p>These LOTS, situated on the most elevated and salubrious part of the city of Montreal, offer to Capitalists, rare opportunities of advantageous, and, surely profitable investment; and to those seeking a permanent residence, an agreeable and healthful place of abode. Having directly behind them &#8211; the Mountain of Montreal, and forming the very back, of the gentle declivity towards the Town, they must ever command delightful views, and the purest air.<a id=\"_ftnref35\" href=\"#_ftn35\"><sup><strong><sup>[35]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Le \u00abGolden Square Mile\u00bb se d\u00e9veloppe entre 1840 et 1890 selon deux principaux modes de lotissement : d\u2019abord, souvent autour d\u2019une place publique (square du Beaver Hall, square Dominion), des maisons en rang\u00e9e inspir\u00e9es des \u00abGeorgian terraces\u00bb anglaises, r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 la classe moyenne; et, sur deux avenues, Dorchester et surtout Sherbrooke, les villas entour\u00e9es d\u2019immenses jardins de la grande bourgeoisie<a id=\"_ftnref36\" href=\"#_ftn36\"><sup>[36]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Si l\u2019environnement de \u00abDurham House\u00bb est avant tout rural quand la famille Bagg s\u2019y installe en 1820, leur domaine se retrouve, un quart de si\u00e8cle plus tard, \u00e0 un carrefour strat\u00e9gique compos\u00e9 de deux axes qui en transformeront profond\u00e9ment le caract\u00e8re :<\/p>\n<ul>\n<li>en bas de la c\u00f4te, le faubourg Saint-Laurent ne cesse de cro\u00eetre et prend un caract\u00e8re de plus en plus populaire; de plus, le chemin Saint-Laurent devient la plus importante art\u00e8re de communications de l\u2019\u00eele, ce qui encourage un d\u00e9veloppement commercial et r\u00e9sidentiel vers le nord des deux c\u00f4t\u00e9s de la route;<\/li>\n<li>L\u2019axe de la rue Sherbrooke, lui, permet de relier le domaine des Bagg au \u00abGolden Square Mile\u00bb. Stanley Clark y participe en quittant \u00abDurham House\u00bb; en 1846, il fait construire sa propre r\u00e9sidence, \u00abFairmount Villa\u00bb, au coin nord-ouest des rues Saint-Urbain et Sherbrooke. \u00c0 cette occasion, il a demand\u00e9 au principal arpenteur du GSM, Henri-Maurice Perrault, de faire un relev\u00e9 de ses terrains situ\u00e9s imm\u00e9diatement \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. Le titre montre bien l\u2019intention : <em>Plan of a Property Situate at the Cote A Baron Belonging to Mr Bagg as Distributed into Villa Lots<\/em>. Il s\u2019agit du quadrilat\u00e8re situ\u00e9 entre Sherbrooke, Saint-Urbain, Saint-Laurent et la future rue Milton. En 1862, un deuxi\u00e8me plan, \u00e9galement pr\u00e9par\u00e9 par Perrault, montre que l\u2019op\u00e9ration de lotissement se prolonge jusqu\u2019\u00e0 l\u2019avenue du Mont-Royal, achevant de transformer l&#8217;ancienne \u00abMile End Farm\u00bb en lots urbains<a id=\"_ftnref37\" href=\"#_ftn37\"><sup>[37]<\/sup><\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr size=\"1\" \/>\n<p><a id=\"_ftn28\" href=\"#_ftnref28\"><sup>[28]<\/sup><\/a> L\u2019article peut \u00eatre retrouv\u00e9 en ligne \u00e0 <a href=\"http:\/\/rawdonhistoricalsociety.com\/dorwin\/mtlin1816.htm\">http:\/\/rawdonhistoricalsociety.com\/dorwin\/mtlin1816.htm<\/a>. Ses souvenirs de Montr\u00e9al plus de 60 ans auparavant \u00e9taient extraits d\u2019un journal intime qu\u2019il a tenu quotidiennement pendant toute sa vie.<\/p>\n<p><a id=\"_ftn29\" href=\"#_ftnref29\"><sup>[29]<\/sup><\/a> Jean-Claude Robert, <em>Atlas Historique de Montr\u00e9al<\/em>, op cit, aux pp. 72-73 et 88-89.<\/p>\n<p><a id=\"_ftn30\" href=\"#_ftnref30\"><sup>[30]<\/sup><\/a> Susan D. Bronson,\u00a0<em>La Main, toujours de son temps<\/em>, http:\/\/amisboulevardstlaurent.com\/panneaux\/sherbrooke-mont-royal\/<\/p>\n<p><a id=\"_ftn31\" href=\"#_ftnref31\"><sup>[31]<\/sup><\/a> Jean-Claude Robert, op cit, p. 89<\/p>\n<p><a id=\"_ftn32\" href=\"#_ftnref32\"><sup>[32]<\/sup><\/a> <em> \u00abIt was their legacy, as gentlemen farmers, that particularly coloured any perception of the mountain as residential space by 1840.\u00bb <\/em>, pp. 29-33<\/p>\n<p><a id=\"_ftn33\" href=\"#_ftnref33\"><sup>[33]<\/sup><\/a> Bernard Debarbieux et Claude Marois, <em>Le mont Royal. Forme naturelle, paysages et territorialit\u00e9s urbaines<\/em>, Cahiers de g\u00e9ographie du Qu\u00e9bec, vol. 41, n\u00b0 113, 1997, pp. 178-180<\/p>\n<p><a id=\"_ftn34\" href=\"#_ftnref34\"><sup>[34]<\/sup><\/a> Contrat conclu par Abner avec \u00abJoseph Lepage, ma\u00eetre-ma\u00e7on au Sault-au-R\u00e9collet\u00bb, devant le notaire T. Barron, le 21 avril 1817. <em>R\u00e9pertoire d\u2019architecture traditionnelle&#8230;<\/em>, op cit.<\/p>\n<p><a id=\"_ftn35\" href=\"#_ftnref35\"><sup>[35]<\/sup><\/a> <em>Montreal Gazette<\/em>, avril 1845, cit\u00e9 par MacLeod, op cit, p. 111.<\/p>\n<p><a id=\"_ftn36\" href=\"#_ftnref36\"><sup>[36]<\/sup><\/a> \u00c0 ce sujet, voir Fran\u00e7ois R\u00e9millard et Brian Merrett,\u00a0<em>Le mille carr\u00e9 dor\u00e9 1850-1930<\/em>, M\u00e9ridien, 1986<\/p>\n<p><a id=\"_ftn37\" href=\"#_ftnref37\"><sup>[37]<\/sup><\/a> Fonds Henri-Maurice Perrault, BANQ, cotes CA601,S53,SS1,P2041 et CA601,S53,SS1,P441<\/p>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h2>Premier lotissement r\u00e9ussi du chemin Saint-Laurent, en haut de la \u00abC\u00f4te \u00e0 Baron\u00bb<\/h2>\n<p>Son grand-p\u00e8re maternel, John Clark, avait d\u2019ailleurs anticip\u00e9 d\u00e8s 1825 que l\u2019expansion du faubourg Saint-Laurent, o\u00f9 il avait achet\u00e9 et vendu plusieurs lots, se poursuivrait vers le nord et franchirait l\u2019obstacle de la C\u00f4te-\u00e0-Baron pour y rejoindre son auberge. Dans un codicille \u00e0 son testament, il inclut le premier plan d\u2019arpentage des terres de sa \u00abMile End Farm\u00bb qui pr\u00e9voit une subdivision en 76 lots le long du boulevard Saint-Laurent, entre Duluth et Mont-Royal. John Clark veut ainsi assurer un revenu \u00e0 ses descendants, puisqu\u2019il pose comme condition que les lots soient vendus avec une rente constitu\u00e9e \u00e0 un int\u00e9r\u00eat annuel de 6%. Mais il n\u2019en reste pas l\u00e0 : dans le m\u00eame document, il se fait urbaniste avant l\u2019heure et pr\u00e9voit le trac\u00e9 d\u2019une rue parall\u00e8le \u00e0 Saint-Laurent qu\u2019il baptise de son propre nom<a id=\"_ftnref38\" href=\"#_ftn38\"><sup>[38]<\/sup><\/a>. John Clark exige aussi que les lots sur cette future rue ne soient pas vendus \u00e0 moins de 25 livres. Sur Saint-Laurent, il fixe le prix minimum \u00e0 50 livres et pr\u00e9cise que les maisons qui y seront construites devront \u00eatre en pierres ou en briques, promouvant ainsi un d\u00e9veloppement r\u00e9sidentiel et commercial qui tranche avec le faubourg plus bas o\u00f9 les maisons de bois dominent<a id=\"_ftnref39\" href=\"#_ftn39\"><sup>[39]<\/sup><\/a>. Les g\u00e9n\u00e9rations suivantes de la famille Bagg imposeront des conditions similaires aux acheteurs afin assurer une uniformit\u00e9 socio-\u00e9conomique \u00e0 leurs nouveaux quartiers : \u00abtheir sales of land always required the buyer to build promptly and on a substantial scale, with stone facing, a minimum of two stories, strictly for residential occupancy, in conformity to their street plan and private conception of zoning.<a id=\"_ftnref40\" href=\"#_ftn40\"><sup>[40]<\/sup><\/a>\u00bb<\/p>\n<p>Le projet de John Clark pr\u00e9c\u00e8de de presque 10 ans le lotissement \u00e0 proximit\u00e9 du notaire Jean-Marie Cadieux dit Courville; il pr\u00e9c\u00e8de de 35 ans la naissance du village Saint-Jean Baptiste qui, sur son flanc est, sera largement l\u2019\u0153uvre de promoteurs canadiens-fran\u00e7ais. L\u2019historiographie montr\u00e9alaise a longtemps d\u00e9crit le boulevard Saint-Laurent comme une fronti\u00e8re entre les secteurs anglophones et francophones de la ville, comme en t\u00e9moigne cet article d\u2019Alan Knight :<\/p>\n<blockquote><p>Contrairement \u00e0 ce que certains ont pu dire, les lotissements de M. Cadieux de Courville ne sont pas tributaires du savoir-faire d&#8217;un Redpath ou d&#8217;un McGill pour la tr\u00e8s bonne raison qu&#8217;ils ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s avant ceux effectu\u00e9s par ces anglophones. Ces lotissements traduisent donc tout le savoir-faire urbain d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 inscrite depuis longtemps dans l&#8217;espace colonial. Voil\u00e0 pourquoi l&#8217;enjeu du d\u00e9veloppement du village se situe autant sur le plan culturel que technologique.<a id=\"_ftnref41\" href=\"#_ftn41\"><sup><strong><sup>[41]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><em><sup><strong><sup><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Carte-John-Clark.png\"><img loading=\"lazy\" title=\"Plan de lotissement John Clark - 1825\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Carte-John-Clark-1024x640.png\" alt=\"\" width=\"717\" height=\"448\" \/><\/a><\/sup><\/strong><\/sup><\/em><\/p>\n<p>Le projet de John Clark, situ\u00e9 \u00e0 mi-chemin entre ceux de Redpath et de Courville, leur est bien ant\u00e9rieur. De plus, il se situe sur le futur territoire du village de Saint-Jean Baptiste, ce qui d\u00e9montre qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque, \u00e0 tout le moins, la fronti\u00e8re \u00e9tait perm\u00e9able. Le village ne prendra v\u00e9ritablement son essor qu\u2019apr\u00e8s 1860; d\u2019autres recherches seraient n\u00e9cessaires pour d\u00e9terminer ce qu\u2019il est advenu du lotissement dans l\u2019intervalle. En poursuivant l\u2019\u0153uvre de son grand-p\u00e8re et surtout en faisant en sorte qu\u2019elles puissent \u00eatre vendues en \u00abfreehold\u00bb, Stanley Clark Bagg devient ainsi l\u2019arch\u00e9type montr\u00e9alais du sp\u00e9culateur urbain tel que d\u00e9fini par Paul-Andr\u00e9 Linteau\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Ce personnage sp\u00e9cule sur une \u00e9ventuelle hausse de valeur d\u2019une propri\u00e9t\u00e9. Il ach\u00e8te au meilleur prix possible et attend, souvent plusieurs ann\u00e9es, sans faire d\u2019autre investissement que le prix d\u2019achat (&#8230;) Si ses pr\u00e9visions sont justes, il revendra \u00e0 un prix plus \u00e9lev\u00e9, empochant ainsi la plus-value qui s\u2019est cr\u00e9\u00e9e dans dans l\u2019intervalle. C\u2019est un interm\u00e9diaire pur qui ne fait aucun d\u00e9veloppement et qui ne peut expliquer son profit que par sa perspicacit\u00e9 \u00e0 pr\u00e9voir l\u2019usage d\u2019un site. Au niveau de l\u2019espace, il effectue souvent une r\u00e9unification du territoire, soit en acqu\u00e9rant des terres contigu\u00ebs, soit en unifiant sous une gestion unique les d\u00e9cisions relatives \u00e0 des parcelles qui sont s\u00e9par\u00e9es les unes des autres.<a id=\"_ftnref42\" href=\"#_ftn42\"><sup><strong><sup>[42]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Une autre \u00e9tape devra cependant \u00eatre franchie pour relier le Plateau Mont-Royal au c\u0153ur \u00e9conomique de la ville. En effet, si les grandes familles bourgeoises qui occupent les hauteurs de la rue Sherbrooke disposent de leurs propres v\u00e9hicules\u2014cal\u00e8ches et cocher priv\u00e9s\u2014, pour rejoindre leurs places d\u2019affaires, il en va autrement de la classe moyenne et encore plus des couches populaires. On aborde ici une autre p\u00e9riode de l\u2019expansion urbaine montr\u00e9alaise, celle de l&#8217;industrialisation rapide entre 1880 et 1910, qui prendra d\u2019assaut le flanc nord-est du Mont-Royal o\u00f9, \u00e0 l\u2019ouest de la rue Saint-Laurent, se trouve le c\u0153ur du domaine des Bagg. Ce sera l\u2019objet d\u2019un prochain article.<\/p>\n<div style=\"width: 552px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/www.mccord-museum.qc.ca\/en\/collection\/artifacts\/II-66753.1\"><img loading=\"lazy\" title=\"II-66753.1\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/II-66753.1.jpg\" alt=\"Robert Stanley Bagg et son \u00e9pouse\" width=\"542\" height=\"768\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\">Robert Stanley Bagg et son \u00e9pouse (Mus\u00e9e McCord)<\/p><\/div>\n<div style=\"width: 624px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/www.mccord-museum.qc.ca\/en\/collection\/artifacts\/M980.184.1.62\"><img loading=\"lazy\" title=\"1254\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1254.jpg\" alt=\"\" width=\"614\" height=\"410\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\">La villa Torrance\/Molson vers 1892. Aquarelle de J.H. Ross (Mus\u00e9e McCord)<\/p><\/div>\n<p><div style=\"width: 661px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/collections.banq.qc.ca\/ark:\/52327\/1956159\"><img loading=\"lazy\" title=\"La villa Fairmount\" src=\"http:\/\/collections.banq.qc.ca\/bitstream\/52327\/1956159\/1\/2725869.jpg\" alt=\"La villa Fairmount\" width=\"651\" height=\"538\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\">La villa Fairmount vers 1875 (BAnQ \u2013 Photo extraite de: <em>Montreal: its history, to which is added biographical sketches, with photographs, of many of its principal citizens<\/em>, by Rev. J. Douglas Borthwick [photographs from the studio of Inglis, Montreal]. Montreal, Drysdale and Co 1875)<\/p><\/div>Les villas Torrance et Fairmount. La premi\u00e8re, b\u00e2tie en 1818 par le marchand britannique John Torrance, sera achet\u00e9e par John Molson en 1825 et rebaptis\u00e9e \u00abBelmont Hall\u00bb. Situ\u00e9e sur Sherbrooke au coin nord-ouest de Saint-Laurent, elle est cr\u00e9dit\u00e9e pour avoir amorc\u00e9 le mouvement d\u2019\u00e9tablissement des grandes familles bourgeoises montr\u00e9alaises sur les hauteurs de la \u00abC\u00f4te-\u00e0-Baron\u00bb<a id=\"_ftnref43\" href=\"#_ftn43\"><sup>[43]<\/sup><\/a>. Stanley Clark Bagg et son \u00e9pouse seront leurs voisins, construisant leur propre villa, <em>Fairmount<\/em>, un peu plus \u00e0 l\u2019ouest en 1846.<\/p>\n<hr size=\"1\" \/>\n<p><a id=\"_ftn38\" href=\"#_ftnref38\"><sup>[38]<\/sup><\/a> Le r\u00e9pertoire toponymique de la ville de Montr\u00e9al attribue le nom de la rue \u00e0 son petit-fils, Stanley, mais le testament montre bien que c\u2019est le grand-p\u00e8re qui eut l\u2019id\u00e9e le premier!<\/p>\n<p><a id=\"_ftn39\" href=\"#_ftnref39\"><sup>[39]<\/sup><\/a> <em>Last will and testament of John Clark<\/em>, op cit.<\/p>\n<p><a id=\"_ftn40\" href=\"#_ftnref40\"><sup>[40]<\/sup><\/a> Sherry Olson et Patrica Thornton, <em>Peopling the North American City<\/em>, op cit, p. 49<\/p>\n<p><a id=\"_ftn41\" href=\"#_ftnref41\"><sup>[41]<\/sup><\/a> Alan Knight, <em>Le Plateau Mont-Royal, un projet, un exploit<\/em>, Continuit\u00e9, no 66, 1995, p. 48<\/p>\n<p><a id=\"_ftn42\" href=\"#_ftnref42\"><sup>[42]<\/sup><\/a> Paul-Andr\u00e9 Linteau, Maisonneuve, Bor\u00e9al Express, 1981, pp.. 37-38<\/p>\n<p><a id=\"_ftn43\" href=\"#_ftnref43\"><sup>[43]<\/sup><\/a> Il semble y avoir souvent confusion entre les deux villas: par exemple, Pierre Anctil dans<em> Saint-Laurent, Montreal\u2019s main,<\/em> identifie la villa Fairmount comme la Torrance (p. 32).<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Note: cet article accompagne la conf\u00e9rence que Justin Bur a donn\u00e9 \u00e0 la biblioth\u00e8que du Mile End le 16 d\u00e9cembre 2012.) Par Yves Desjardins et Justin Bur Modifications: 2013-06-30, 2018-11-29 Tous les Montr\u00e9alais connaissent bien les rues Clark, Fairmount et Bagg. Beaucoup moins nombreux par contre sont ceux qui savent que les noms de ces [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[25],"tags":[30,31,35,29,27,28],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1668"}],"collection":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1668"}],"version-history":[{"count":16,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1668\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4567,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1668\/revisions\/4567"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1668"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1668"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1668"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}