{"id":1815,"date":"2013-10-02T09:29:19","date_gmt":"2013-10-02T13:29:19","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=1815&#038;lang=fr"},"modified":"2022-02-19T21:41:36","modified_gmt":"2022-02-20T02:41:36","slug":"les-origines-du-mile-end","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/les-origines-du-mile-end\/","title":{"rendered":"Les origines du Mile End"},"content":{"rendered":"<p><em>Quelle est l&#8217;origine du terme Mile End pour d\u00e9signer le quartier ? Question simple, r\u00e9ponses vari\u00e9es ! En fait, la question se pose non seulement par les r\u00e9sidents du quartier mais aussi par diff\u00e9rents auteurs depuis fort longtemps. Voici trois articles qui en t\u00e9moignent, en guise de r\u00e9ponse.<\/em><\/p>\n<p><em>\u2014 Le premier a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en juin 1951 par Jean de Laplante, journaliste au Canada, quotidien aujourd&#8217;hui disparu. Le journal, organe du parti lib\u00e9ral depuis le d\u00e9but du si\u00e8cle, est alors en difficult\u00e9s financi\u00e8res. Pour r\u00e9duire ses co\u00fbts,\u00a0le quotidien vient de vendre son immeuble de la prestigieuse rue Saint-Jacques et loue des locaux dans un \u00e9difice beaucoup plus modeste du Mile End, situ\u00e9 au 5221 de Gasp\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><em>La ville de Montr\u00e9al a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9penser 125,000$ pour r\u00e9nover un immeuble que le journaliste qualifie de \u00abr\u00e9sidence mi-Renaissance mi-bourgeois parvenu\u00bb, l&#8217;ancien h\u00f4tel de ville de Saint-Louis, annex\u00e9e par Montr\u00e9al en 1910. Cette d\u00e9cision des \u00e9lus municipaux fournit au journal le pr\u00e9texte pour une s\u00e9rie de quatre articles intitul\u00e9s \u00abDe la Molenne \u00e0 Laurier\u00bb. Laplante a comme but avou\u00e9 de tirer de l&#8217;oubli le pass\u00e9 du \u00abbanal quartier Laurier d&#8217;aujourd&#8217;hui qui enveloppe la ligne de d\u00e9marcation entre la ville fran\u00e7aise de Montr\u00e9al et notre Villejuif.\u00bb<\/em><a name=\"foot_loc_1815_1\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Jean de Laplante, \u00abUn ancien h\u00f4tel de ville que va respecter le pic du d\u00e9molisseur\u00bb, Le Canada, lundi 18 juin 1951, p. 16\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/les-origines-du-mile-end\/#foot_text_1815_1\">1<\/a><\/p>\n<p><em> Car, ajoute-t-il, sauf chez les plus anciens r\u00e9sidents, l&#8217;usage du terme \u00abMolenne\u00bb a presque disparu. Il tentera donc d&#8217;en retrouver les origines dans le second de ses articles, dont nous publions un extrait.<\/em><\/p>\n<p><em>\u2014 Le second a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en 1994 par Christopher Schoofs, de la \u00abSoci\u00e9t\u00e9 Mile End pour l&#8217;histoire et la culture\u00bb. Comme on le verra, si le vocable Mile End est de retour dans l&#8217;usage courant, les fronti\u00e8res et surtout l&#8217;identit\u00e9 du quartier sont encore floues. Le d\u00e9but des ann\u00e9es 90 repr\u00e9sente une p\u00e9riode de transition\u00a0: lorsque de Laplante \u00e9crit ses articles, au d\u00e9but des ann\u00e9es 50, la communaut\u00e9 juive qui avait fait du Mile End, depuis les ann\u00e9es 20, le c\u0153ur de sa vie sociale, culturelle et \u00e9conomique migre massivement vers Snowdon et des banlieues comme C\u00f4te-Saint-Luc. Au cours des d\u00e9cennies suivantes, et jusqu&#8217;au milieu des ann\u00e9es 80, le quartier sera consid\u00e9r\u00e9 comme l&#8217;un des plus pauvres de Montr\u00e9al, tout en continuant d&#8217;\u00eatre une terre d&#8217;accueil pour de nouvelles g\u00e9n\u00e9rations d&#8217;immigrants, Grecs, Portugais, Italiens.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p><em>Le \u00abSoci\u00e9t\u00e9 Mile End pour l&#8217;histoire et la culture\u00bb, l&#8217;anc\u00eatre en quelque sorte de M\u00e9moire du Mile End, avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par des membres du Comit\u00e9 des citoyens du Mile End. Le quartier vivait une premi\u00e8re vague de \u00abgentrification\u00bb \u2013 la transformation d&#8217;un \u00e9difice abandonn\u00e9 du boulevard Saint-Laurent en bar branch\u00e9 embl\u00e9matique des ann\u00e9es 80, le LUX, en est sans doute la meilleure incarnation \u2013 et plusieurs \u00e9difices \u00e9taient dans le collimateur de divers promoteurs\/sp\u00e9culateurs. Des r\u00e9sidents se mobilis\u00e8rent alors pour d\u00e9fendre le caract\u00e8re unique du quartier, sa diversit\u00e9 culturelle et pour pr\u00e9server des \u00e9difices \u00e0 caract\u00e8re historique, comme le th\u00e9\u00e2tre Rialto et l&#8217;\u00e9glise de l&#8217;Ascension, devenue la biblioth\u00e8que du Mile End. Les membres de la Soci\u00e9t\u00e9 Mile End entreprirent des recherches pour resituer cet h\u00e9ritage dans son contexte historique.<\/em><\/p>\n<p><em>\u2014 Le troisi\u00e8me article est de Justin Bur, membre du conseil d&#8217;administration de MME et pr\u00e9sident des \u00abAmis du boulevard Saint-Laurent\u00bb. Justin corrige certaines erreurs r\u00e9currentes, notamment tributaires d&#8217;une notice \u00e9crite vers 1949 par Conrad Archambault, alors archiviste en chef \u00e0 la ville de Montr\u00e9al. (Cliquez ici pour lire cette notice\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Archambault-Mile-End.pdf\">Archambault Mile End<\/a>)<\/em><\/p>\n<p><em>Avec ce dossier, nous inaugurons notre nouveau site web\u00a0: au cours des prochains mois, M\u00e9moire du Mile End mettra en ligne une s\u00e9rie d&#8217;articles et de vignettes sur l&#8217;histoire du quartier, fruit des recherches de nos membres. Revenez nous visiter r\u00e9guli\u00e8rement pour prendre connaissance de ces articles. Vous pouvez \u00e9galement nous suivre en devenant membre de notre <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/groups\/memoire.mile.end\/\">groupe Facebook<\/a> ou sur Twitter (<a href=\"https:\/\/twitter.com\/MemoireMileEnd\">@MemoireMileEnd<\/a>) si vous voulez \u00eatre pr\u00e9venus des nouveaut\u00e9s.<\/em><br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>De la &#8216;Molenne&#8217; \u00e0 Laurier \u2013 II (extraits)<\/h1>\n<p><em>Par Jean de Laplante, <strong>Le Canada<\/strong>, mardi le 28 juin 1951, p. 14<a name=\"foot_loc_1815_2\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"L&#8217;orthographe originale n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/les-origines-du-mile-end\/#foot_text_1815_2\">2<\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/les-origines-du-mile-end\/\">Lire notre introduction<\/a> \u00e0 cette s\u00e9rie de documents sur les origines du Mile End.<\/em><\/p>\n<p>La &#8216;Molenne&#8217; naquit de la destruction d&#8217;une belle for\u00eat pour donner aux Montr\u00e9alais la pierre dont ils avaient besoin pour rev\u00eatir leurs plus somptueux \u00e9difices. Pourquoi ce qualitatif de &#8216;La Molenne&#8217;?&#8230; Il y a 75 ans et plus, les vieux Montr\u00e9alais avaient pris l&#8217;habitude de dire \u00abse promener dans la Molenne\u00bb. On s&#8217;est interrog\u00e9 longtemps sur l&#8217;origine de cette molenne, qui semble une corruption de l&#8217;expression &#8216;Mile-End&#8217; qui avait \u00e9t\u00e9 incorpor\u00e9e au nom primitif de Ville Saint-Louis. Il y a en effet plus de 40 ans que l&#8217;on s&#8217;interroge sur l&#8217;origine de la &#8216;molenne&#8217;.\u00a0(\u2026)<\/p>\n<div id=\"attachment_1819\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/H\u00f4tel-de-ville.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1819\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-1819\" title=\"H\u00f4tel de ville Saint-Louis, vers 1930\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/H\u00f4tel-de-ville-600x428.jpg\" alt=\"H\u00f4tel de ville\" width=\"600\" height=\"428\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/H\u00f4tel-de-ville-600x428.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/H\u00f4tel-de-ville.jpg 619w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1819\" class=\"wp-caption-text\"><strong>H\u00f4tel de ville, Saint-Louis, vers 1930<\/strong><br \/>Archives de la ville de Montr\u00e9al, VM094-Y-1-17-D0092<\/p><\/div>\n<p>Et M. Conrad Archambault, archiviste de la ville de Montr\u00e9al, croit avoir r\u00e9solu le probl\u00e8me il y a deux ou trois ans, au cours de recherches \u00e0 partir de l&#8217;\u00e9tude de cartes militaires de 1870. Il appert que, vers 1850-1860, il existait dans le territoire connu sous le nom de C\u00f4te St-Louis, une piste o\u00f9 venaient \u00ables anglais amateurs de turf\u00bb. De l\u00e0 serait sorti l&#8217;appellation de Mile-End, emprunt\u00e9e au sport hippique que les montr\u00e9alais authentiques francis\u00e8rent en \u00abmolenne\u00bb. M. Archambault note qu&#8217;il n&#8217;y avait qu&#8217;un seul chemin partant de l&#8217;ouest pour parvenir \u00e0 l&#8217;hippodrome de C\u00f4te St-Louis; il aboutissait \u00e0 un point de la piste marquant la \u00abfin du mille\u00bb. D&#8217;o\u00f9 l&#8217;explication. La piste en question \u00e9tait sise sur une [sic] emplacement compris entre les rues St-Hubert et St-Andr\u00e9 et Mont-Royal et Gilford.<\/p>\n<p>Ville Saint-Louis, qui nous int\u00e9resse plus particuli\u00e8rement, et qui h\u00e9rita du fameux mile-end ne comprenait pas la piste sur son territoire. Il y a bien de ces curiosit\u00e9s qui passent inaper\u00e7ues.<br \/>\n<!--nextpage--><\/p>\n<h1>Notes pour une histoire du Mile End (extraits)<\/h1>\n<p><em>Par Christopher Schoofs, mai 1993, traduction de Dani\u00e8le Monfette<a name=\"foot_loc_1815_3\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Soci\u00e9t\u00e9 Mile-End pour l&#8217;histoire et la culture, document ron\u00e9otyp\u00e9, 34 p.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/les-origines-du-mile-end\/#foot_text_1815_3\">3<\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/les-origines-du-mile-end\/\">Lire notre introduction<\/a> \u00e0 cette s\u00e9rie de documents sur les origines du Mile End.<\/em><\/p>\n<p>Le quartier Mile End, \u00e0 Montr\u00e9al, a toujours \u00e9t\u00e9 une zone fronti\u00e8re, un quartier limitrophe, un entre-deux, un lieu de passage. Du point de vue historique, \u00e0 divers \u00e9gards, il s&#8217;agit d&#8217;un quartier oubli\u00e9. \u00c0 l&#8217;heure actuelle, il n&#8217;a pas de v\u00e9ritable centre. Ses r\u00e9sidents sont incapables d&#8217;en d\u00e9finir les fronti\u00e8res ou m\u00eame de s&#8217;entendre sur le nom \u00e0 lui donner. Certains consid\u00e8rent que le boulevard Saint-Laurent constitue sa limite est, d&#8217;autres qu&#8217;il passe en son centre. Pour beaucoup d&#8217;Italo-Canadiens d&#8217;un certain \u00e2ge, qui l&#8217;appellent parfois le \u00abMilen\u00bb, il s&#8217;agit du quartier qui s&#8217;\u00e9tend entre la voie ferr\u00e9e du CP, au sud, jusqu&#8217;\u00e0 la rue Jean-Talon, au nord. Lorsque les catholiques francophones du quartier parlent de \u00abLa Molenne\u00bb, ils pensent aux alentours de l&#8217;\u00e9glise Saint-Enfant-J\u00e9sus-du-Mile-End, qui fait face au parc Lahaye, sur le boulevard Saint-Laurent. Pour les Montr\u00e9alais d&#8217;origine juive, le nom de Mile End, s&#8217;ils le connaissent, \u00e9voque Mordecai Richler, Duddy Kravitz et la rue Saint-Urbain. Les Canadiens d&#8217;origine grecque, l\u00e0 encore s&#8217;ils connaissent le nom, l&#8217;associent \u00e0 l&#8217;avenue du Parc. Le Mile End est en fait aujourd&#8217;hui un quartier extr\u00eamement h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, o\u00f9 se c\u00f4toient francophones, anglophones et immigrants des quatre coins de la terre, gens prosp\u00e8res et ch\u00f4meurs, \u00e9tudiants, artistes et travailleurs de toutes sortes.<\/p>\n<p>(&#8230;) \u00c0 la fin des ann\u00e9es 70, le nom de \u00abMile End\u00bb \u00e9tait presque oubli\u00e9 et bien des Montr\u00e9alais croyaient qu&#8217;il ne s&#8217;agissait que d&#8217;un secteur du Plateau Mont-Royal, le quartier populaire situ\u00e9 plus \u00e0 l&#8217;est. Cette m\u00e9prise rappelle curieusement les origines du Mile End, puisque les deux quartiers \u00e9taient autrefois englob\u00e9s dans le village de C\u00f4te-Saint-Louis. Dans les ann\u00e9es quatre-vingt, cependant, on recommence \u00e0 entendre parler du \u00abMile End\u00bb, de plus en plus de r\u00e9sidents du quartier utilisant ce nom pour le distinguer du Plateau Mont-Royal, \u00e0 l&#8217;est, et de la municipalit\u00e9 cossue d&#8217;Outremont, \u00e0 l&#8217;ouest. (&#8230;) [L&#8217;avenue du Mont-Royal] est situ\u00e9e \u00e0 juste un peu plus d&#8217;un mille au nord du dernier b\u00e2timent consid\u00e9r\u00e9 comme faisant partie de la ville sur la carte de 1824. C&#8217;est quelque part entre 1805 et 1831 que le secteur travers\u00e9 par l&#8217;avenue du Mont-Royal commen\u00e7a \u00e0 \u00eatre d\u00e9sign\u00e9 sous le nom de \u00abMile End\u00bb. Il n&#8217;est pas \u00e9tonnant que les marchands et les soldats britanniques se soient mis \u00e0 employer ce nom, et cela pour trois raisons. D&#8217;abord, une distance d&#8217;un mille s\u00e9parait l&#8217;extr\u00e9mit\u00e9 de la clairi\u00e8re des limites de la ville. Ensuite, le terme \u00abMile End\u00bb est couramment utilis\u00e9 en Angleterre depuis le Moyen Age pour d\u00e9signer un secteur situ\u00e9 \u00e0 un mille d&#8217;un point de rep\u00e8re quelconque. Enfin, un quartier de Londres porte le nom de Mile End.<\/p>\n<p>Lovell [dans son rapport historique de 1891] signale \u00e9galement que la clairi\u00e8re qui s&#8217;\u00e9tendait entre le chemin Saint-Laurent et le pied du mont Royal \u00a0servait de p\u00e2turage et qu&#8217;on y retrouvait un hippodrome, le premier au Canada. Une aquarelle de 1821, \u0153uvre de John Woolford, officier britannique en poste \u00e0 Montr\u00e9al, repr\u00e9sente \u00abMontr\u00e9al vu depuis la montagne, sur le champ de courses\u00bb.<\/p>\n<div style=\"width: 874px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/100213_1429_Articleinau1.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/100213_1429_Articleinau1.jpg\" alt=\"\" width=\"864\" height=\"511\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\"><strong>John Elliot Woolford, Montreal from the mountain, on the race course, v. 1819-1821<\/strong><br \/><a href=\"http:\/\/www.beaux-arts.ca\/fr\/voir\/collections\/artwork.php?mkey=15285\">Mus\u00e9e des beaux-arts du Canada (23416)<\/a><\/p><\/div>\n<p><!--nextpage--><\/p>\n<h1>L&#8217;origine du nom <em>Mile End<\/em><\/h1>\n<p><em>Par Justin Bur<\/em><a name=\"foot_loc_1815_4\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Cette recherche a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e lors du colloque \u00ab\u00c0 la recherche du savoir : Nouveaux \u00e9changes sur les collections du Mus\u00e9e McCord\u00bb, le 8 novembre 2013; une version longue apparait dans les actes du colloque, publi\u00e9s aux \u00e9ditions MultiMondes en 2016.\nLe texte pr\u00e9sent, un r\u00e9sum\u00e9 de la recherche, a \u00e9t\u00e9 entendu comme capsule historique \u00e0 l&#8217;\u00e9mission \u00abEn plein dans le Mile\u00bb, diffus\u00e9e par Radio Centre-Ville le 22 f\u00e9vrier 2013. Texte remani\u00e9 par Yves Desjardins et Justin Bur en novembre 2013\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/les-origines-du-mile-end\/#foot_text_1815_4\">4<\/a><\/p>\n<p>La question qui survient le plus souvent \u2013 je dirais m\u00eame qu&#8217;elle est pos\u00e9e lors de chaque visite historique que j&#8217;anime \u2013 est celle de l&#8217;origine du nom \u00abMile End\u00bb. Pourquoi est-ce que ce quartier se nomme ainsi? La question est simple et \u00e9vidente. La r\u00e9ponse l&#8217;est beaucoup moins! C&#8217;est n\u00e9anmoins une histoire fascinante.<\/p>\n<p>\u00abMile End\u00bb est un nom anglais, bien s\u00fbr, voulant dire \u00abau bout du mille\u00bb, soit un lieu \u00e0 un mille au-del\u00e0 d&#8217;un autre, plus central. Le nom d\u00e9signe depuis le Moyen \u00c2ge un village pr\u00e8s de Londres. Avec l&#8217;expansion de la ville, ce village est devenu un quartier, desservi depuis 1902 par une station de m\u00e9tro. Le village m\u00e9di\u00e9val, attest\u00e9 d\u00e8s 1288, \u00e9tait situ\u00e9 \u00e0 un mille \u00e0 l&#8217;est de la porte Aldgate de la cit\u00e9 fortifi\u00e9e de Londres.<\/p>\n<p>On peut affirmer avec un bon degr\u00e9 de certitude que notre Mile End a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par celui de Londres. Mais pourquoi? Et s&#8217;il s&#8217;agit du bout d&#8217;un mille, o\u00f9 se situent ses extr\u00e9mit\u00e9s?<\/p>\n<p>Le <a href=\"http:\/\/ville.montreal.qc.ca\/portal\/page?_pageid=1560%2C11241558&amp;_dad=portal&amp;_schema=PORTAL\">r\u00e9pertoire toponymique<\/a> de la Ville de Montr\u00e9al \u2013 que vous pouvez consulter sur le web \u2013 affirme que \u00able nom tire son origine d&#8217;un champ de course \u2026 Entre cette piste et la limite du Montr\u00e9al d&#8217;alors, il y a exactement un mille\u00bb. Cette affirmation se base sur une recherche men\u00e9e dans les ann\u00e9es 1940 par Conrad Archambault, alors archiviste en chef de la ville de Montr\u00e9al. Elle fait \u00e9cho \u00e0 une longue tradition associant le Mile End aux courses de chevaux au XIXe si\u00e8cle.<a name=\"foot_loc_1815_5\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Cette tradition remonte en effet \u00e0 loin : en 1891, le\u00a0Lovell&#8217;s Historic Report of Census of Montreal\u00a0\u00e9crit qu&#8217;une clairi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1805 au nord du site de l&#8217;actuel H\u00f4tel-Dieu et \u00e0 l&#8217;ouest de la rue Saint-Laurent, jusqu&#8217;au pied du Mont-Royal, pour y cr\u00e9er ce qui \u00e9tait alors la seule piste de course du Haut et du Bas Canada. Et, en 1909, un journaliste de\u00a0La Patrie explique ainsi le nom Mile End : \u00abOn a de la peine \u00e0 retracer les origines de ce nom qui, euphoniquement, dans le peuple, ne r\u00e9pondait pas \u00e0 son orthographe. N&#8217;entendait-on pas, en effet, les gens du peuple dire qu&#8217;ils allaient dans \u00abla Molenne\u00bb en parlant de Saint-Louis. Or, il y avait un peu au-dessus de l&#8217;avenue Mont-Royal une piste de courses qui constituait pour les habitants de Montr\u00e9al l&#8217;une des principales attractions. On n&#8217;atteignait la municipalit\u00e9 du Coteau Saint-Louis qu&#8217;en franchissant l&#8217;endroit de la piste o\u00f9 les chevaux terminaient leurs course d&#8217;un mille. Les citadins de langue anglaise qui s&#8217;adonnaient au plaisir du turf, \u00e0 l&#8217;hippodr\u00f4me de Saint-Louis ne d\u00e9signaient plus la nouvelle municipalit\u00e9 que par le nom \u00abMile End\u00bb qu&#8217;elle garda trop longtemps.\u00bb La ville de Saint-Louis,\u00a0La Patrie, 29 mai 1909, p. 10\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/les-origines-du-mile-end\/#foot_text_1815_5\">5<\/a><\/p>\n<p>Mais il y a un probl\u00e8me. La piste de course identifi\u00e9e par M. Archambault, situ\u00e9e \u00e0 l&#8217;est de la rue Berri entre Mont-Royal et Gilford, a exist\u00e9 pendant les ann\u00e9es 1850 et 60, tandis que le nom \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en usage en 1810! Or, une auberge du Mile End ou <em>Mile End Tavern<\/em> se trouvait au coin nord-ouest de la rue Saint-Laurent et de l&#8217;avenue du Mont-Royal (qui \u00e9tait \u00e0 l&#8217;\u00e9poque le chemin de la C\u00f4te-Sainte-Catherine), jusqu&#8217;au tournant du XXe si\u00e8cle. Elle a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par un grand magasin \u00e0 rayons, dont l&#8217;\u00e9difice existe encore aujourd&#8217;hui et abrite notamment un CLSC. Entre-temps, l&#8217;existence de cette auberge avait \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9e par les historiens\u2026<\/p>\n<p>Les aubergistes entre 1810 et 1818 \u00e9taient un p\u00e8re et fils originaires du Massachusetts. Phineas Bagg, veuf et endett\u00e9, a \u00e9migr\u00e9 au Bas-Canada vers 1795 avec ses enfants pour se b\u00e2tir une nouvelle vie ici. Phineas et son fils Stanley, alors \u00e2g\u00e9 de 22 ans, ont sign\u00e9 le bail avec un d\u00e9nomm\u00e9 John Clark, un prosp\u00e8re boucher d&#8217;origine britannique. Une annonce publi\u00e9e dans la <em>Gazette <\/em>le 7 ao\u00fbt 1815 offre une r\u00e9compense pour un cheval appartenant \u00e0 Stanley Bagg disparu d&#8217;un p\u00e2turage \u00e0 proximit\u00e9 de la \u00ab<em>Mile-End tavern\u00bb<\/em>.<\/p>\n<div style=\"width: 668px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/100213_1429_Articleinau2.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/100213_1429_Articleinau2.jpg\" alt=\"\" width=\"658\" height=\"351\" \/><\/a><p class=\"wp-caption-text\"><strong>\u00c9cart\u00e9e ou vol\u00e9e sur le Pacage de Stanley Bagg, \u00e0 l&#8217;auberge de Mile-End<\/strong><br \/><em>Gazette<\/em> de Montreal, lundi 7 ao\u00fbt 1815<\/p><\/div>\n<p><span style=\"text-align: justify;\">L&#8217;auberge est situ\u00e9e \u00e0 un carrefour, l&#8217;intersection des actuelles rues Saint-Laurent et Mont-Royal. Au milieu de ce paysage rural, elle devient une destination pour les excursions champ\u00eatres des citadins. Pour attirer la client\u00e8le, Stanley Bagg se fait le promoteur d&#8217;activit\u00e9s ludiques : au printemps 1811, il s&#8217;associe au Jockey Club de Montr\u00e9al pour construire, sur la ferme adjacente dite du \u00abMile End\u00bb, une des premi\u00e8res pistes de courses de chevaux du Bas-Canada, justement celle que Woolford allait peindre dix ann\u00e9es plus tard. L&#8217;emplacement se situe entre l&#8217;actuelle avenue du Parc et du boulevard Saint-Laurent, du c\u00f4t\u00e9 sud de l&#8217;avenue du Mont-Royal. Conrad Archambault avait donc raison de chercher une piste de courses \u2013 mais il n&#8217;a pas trouv\u00e9 la bonne!<\/span><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle est l&#8217;origine du terme Mile End pour d\u00e9signer le quartier ? Question simple, r\u00e9ponses vari\u00e9es ! En fait, la question se pose non seulement par les r\u00e9sidents du quartier mais aussi par diff\u00e9rents auteurs depuis fort longtemps. Voici trois articles qui en t\u00e9moignent, en guise de r\u00e9ponse. \u2014 Le premier a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[26],"tags":[30,29,27,19],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1815"}],"collection":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1815"}],"version-history":[{"count":49,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1815\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5801,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1815\/revisions\/5801"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1815"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1815"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1815"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}