{"id":2395,"date":"2014-01-06T01:46:11","date_gmt":"2014-01-06T06:46:11","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=2395&#038;lang=fr"},"modified":"2021-03-22T09:48:25","modified_gmt":"2021-03-22T13:48:25","slug":"1-le-mile-end-rural","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/","title":{"rendered":"1: Le Mile End rural"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<h3>Chapitre 1\u00a0: Le Mile End rural<\/h3>\n<p class=\"soustitre\">Une for\u00eat magnifique?<\/p>\n<p>L&#8217;histoire du Mile End rural reste tr\u00e8s mal connue; seuls de courts fragments en t\u00e9moignent au 19e si\u00e8cle. En 1891, l&#8217;annuaire <em>Lovell<\/em> publie un guide promotionnel qui utilise les donn\u00e9es du recensement tout juste effectu\u00e9. En plus d&#8217;articles sur Montr\u00e9al, le livre pr\u00e9sente de courts portraits des villages de la banlieue. L&#8217;article sur Saint-Louis du Mile End tient sur une demi-page\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Before the year 1800 the site on which the village stands was a forest, and mostly belonged to Pierre D. B\u00e9lair. An Englishman, named Mountpleasant, purchased it from the former owner, and experimented with orchard culture with a large stock of fruit trees imported from England. His attempt was unsuccessful, and the land passes into the Whitehall and Knapp families. A few years later John and Jacob Wurtele purchased a large portion of it, and in 1816 it was subdivided between Wurtele, Fortier, John Spalding, Richard Smith and others. Still later Stanley Bagg purchased a tract of about forty acres, on a portion of which the Provincial Exhibition buildings are now erected. In 1805 a clearance was made on the west side of St. Lawrence road to the brow of the Mountain, northward from where the Hotel Dieu Convent and Hospital now stands, to the present Mount Royal avenue. The clearance was turned into pasture land and a race course. The course was the only one in either Lower or Upper Canada. Robert Lovell and family, in 1820 and 1821, occupied what was then known as the Wurtele property, now almost the centre of this prosperous and progressive village, then known as the Mile End. On the outskirts are several farms, among which may be noted that of John Spalding, whose father was one of the first pioneers in this district. All this immense tract of land originally belonged to the Seminary of St Sulpice and the Ladies of the Hotel Dieu.<a name=\"foot_loc_2395_1\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Saint-Louis de Mile End, dans Lovell&#8217;s historic report of census of Montreal, taken in January, 1891, p. 143 (\u00abAvant l&#8217;ann\u00e9e 1800 le site o\u00f9 se situe le village \u00e9tait une for\u00eat, qui appartenait surtout \u00e0 Pierre D. B\u00e9lair. Un Anglais, nomm\u00e9 Mountpleasant, l&#8217;acheta de ce dernier et exp\u00e9rimenta la culture des vergers avec des arbres fruitiers import\u00e9s d&#8217;Angleterre. Sa tentative fut infructueuse, et la terre passa aux mains des familles Whitehall et Knapp. Quelques ann\u00e9es plus tard, John et Jacob Wurtele en achet\u00e8rent une grande partie et, en 1816, elle fut subdivis\u00e9e entre les Wurtele, Fortier, John Spalding, Richard Smith et d&#8217;autres. Plus tard, Stanley Bagg en acheta environ 40 acres, sur une portion desquels se situent maintenant les immeubles de l&#8217;exposition provinciale. En 1805, un espace fut d\u00e9gag\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 ouest de la rue Saint-Laurent jusqu&#8217;au flanc de la montagne, au nord de l&#8217;emplacement actuel du couvent et de l&#8217;h\u00f4pital de l&#8217;H\u00f4tel Dieu, jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;actuelle avenue du Mont-Royal. Cet espace fut transform\u00e9 en p\u00e2turage et en piste de course. Cette piste \u00e9tait alors la seule, autant au Bas qu&#8217;au Haut Canada. Robert Lovell et sa famille, en 1820 et 1821, occup\u00e8rent ce qui \u00e9tait alors connu comme la propri\u00e9t\u00e9 Wurtele, maintenant presque le centre de ce village prosp\u00e8re et progressiste, alors connu comme le Mile End. Il existe plusieurs fermes dans ses environs, parmi lesquelles il faut noter celle de John Spalding, dont le p\u00e8re fut l&#8217;un des premiers pionniers du district. Toute cette immense \u00e9tendue de terre appartenait originellement au s\u00e9minaire de Saint-Sulpice et aux dames de l&#8217;H\u00f4tel Dieu.\u00bb) (Ma traduction.)\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_1\">1<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Le journaliste de la <strong>Montreal Gazette<\/strong>, Edgar Andrew Collard, qui a longtemps tenu une chronique sur l&#8217;histoire montr\u00e9alaise<em>, <\/em>a publi\u00e9 ces souvenirs d&#8217;un Montr\u00e9alais d\u00e9crivant le secteur vers 1840. Les noms et les fermes mentionn\u00e9s recoupent en partie ceux publi\u00e9s par <em>Lovell<\/em> :<\/p>\n<blockquote><p>We moved out to the Mile End and lived for a time in a great big old stone house on Mr. Jacob Wurtele&#8217;s farm. It stood far from the road and there was a fine avenue of basswood, elm and poplar trees in front. Here my mother taught school. The children came in from all round. The Spaulding farm was a fine farm then, run by Mrs. Spaulding though her husband was living, but he was old and feeble. There was one son, Bill, who worked on the farm, and her son James Spaulding kept the Mile End Hotel. There was another large hotel kept by a French family, and there was a large tannery (Blair&#8217;s, I think) and Charlton&#8217;s market garden, and about a dozen houses formed the Mile End of that day. There were stone quarries; too, some old ones filled with water, fine, fresh and cool, the swimming places of all the boys around. There were broad sand pits, too, where we boys used to play and hunt for martens&#8217; and swallows&#8217; nests in the sand bank.<a name=\"foot_loc_2395_2\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Joseph Charles, cit\u00e9 par Edgar Andrew Collard, Of many things, Montreal Gazette, 15 mars 1969, page 6\u00a0: (\u00abNous avons d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 au Mile End et v\u00e9curent pendant un certain temps dans une ancienne et grande maison de pierre situ\u00e9e sur la ferme de Jacob Wurtele. Elle \u00e9tait \u00e9loign\u00e9e de la route et une belle all\u00e9e de tilleuls, ormes et peupliers se trouvait \u00e0 l&#8217;avant. C&#8217;est ici que ma m\u00e8re enseignait l&#8217;\u00e9cole. Les enfants y venaient de partout aux alentours. La ferme Spaulding \u00e9tait alors une belle ferme, dirig\u00e9e par madame Spaulding m\u00eame si son mari \u00e9tait vivant, mais il \u00e9tait vieux et faible. Il y avait un fils, Bill, qui travaillait \u00e0 la ferme, et son autre fils James Spaulding tenait l&#8217;h\u00f4tel du Mile End. Il y avait un autre h\u00f4tel important, tenu par une famille fran\u00e7aise, et une importante tannerie (Blair, je crois), ainsi que le march\u00e9 mara\u00eecher Charlton. Avec un douzaine de maisons, cela formait le Mile End d&#8217;alors. Il y avait aussi des carri\u00e8res de pierre; les plus anciennes, remplies d&#8217;une eau saine, fra\u00eeche et pure, \u00e9taient les lieux de baignade de tous les gar\u00e7ons des environs. Il y avait \u00e9galement de grands foss\u00e9s de sable o\u00f9 nous, les gar\u00e7ons, allions jouer et chasser les martes ainsi que les nids d&#8217;hirondelles.\u00bb) (Ma traduction.)\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_2\">2<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Le 25 novembre 1893, le journal <em>La Presse<\/em> d\u00e9crit \u00e0 son tour le Mile End du 18e si\u00e8cle\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>En 1774, cette r\u00e9gion avoisinant Montr\u00e9al, born\u00e9e par l&#8217;avenue Mont-Royal, le chemin Papineau et [\u2026] Saint-Laurent \u00e9tait ce que l&#8217;on \u00e9tait convenu d&#8217;appeler la r\u00e9sidence des officiers militaires qui y avaient \u00e9tabli demeure. O\u00f9 nous voyons aujourd&#8217;hui de belles rues bord\u00e9es de demeures princi\u00e8res, il n&#8217;y avait dans ce temps-l\u00e0 qu&#8217;une for\u00eat avec quelques \u00e9claircies dues \u00e0 la hache des ouvriers de M. Fay, un des officiers qui avait \u00e9lu domicile dans ce domaine.<a name=\"foot_loc_2395_3\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Coteau Saint-Louis, La Presse, 25 novembre 1893, p.1\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_3\">3<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>L&#8217;article de 1891 du <em>Lovell <\/em>est important, car il inspirera une bonne partie de ce qui s&#8217;est \u00e9crit sur le Mile End rural depuis. Par exemple, en 1938, l&#8217;historien Robert Pr\u00e9vost publie une s\u00e9rie d&#8217;articles sur les premiers habitants du secteur, surnomm\u00e9s \u00abPieds-Noirs\u00bb. Il d\u00e9crit alors ainsi les lieux\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00c0 l&#8217;endroit o\u00f9 devait surgir plus tard la paroisse de Saint-Enfant J\u00e9sus ou de St-Louis du Mile-End, soit de la rue Mont-Royal en montant vers la rivi\u00e8re des Prairies, une for\u00eat magnifique permettait \u00e0 quelques citadins \u00e9pris de chasse, de venir faire le coup de feu, et aux \u00e9coliers en maraude, de venir cueillir des noisettes ou de jouer aux &#8216;sauvages&#8217;.<em><br \/>\n<\/em>En 1774, un officier de la milice anglaise, M. Fay, qui avait sa demeure \u00e0 l&#8217;or\u00e9e de ce bois, avait fait tracer quelques sentiers et abattre des arbres; cet abattage forma des clairi\u00e8res \u00e0 diff\u00e9rents endroits de la for\u00eat.<a name=\"foot_loc_2395_4\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Robert Pr\u00e9vost, L&#8217;origine des Pieds-Noirs, Le Petit Journal, 27 mars 1938, p. 11\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_4\">4<\/a><em><br \/>\n<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Nous aurons l&#8217;occasion de revenir sur les Pieds-Noirs. Pour l&#8217;instant, contentons-nous de noter que ce \u00abr\u00e9cit des origines\u00bb fut repris, avec quelques variantes, par de nombreuses histoires du Plateau Mont-Royal dans les d\u00e9cennies suivantes. Pour ne donner que deux exemples s\u00e9par\u00e9s par plus de 30 ans, en 1951, le d\u00e9funt journal <em>Le Canada <\/em>publie une s\u00e9rie d&#8217;articles sur l&#8217;histoire du Mile End\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Le territoire, couvert aujourd&#8217;hui par le quartier Laurier et ses environs et qui rec\u00e8le l&#8217;une des plus fortes densit\u00e9s de population de la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine, \u00e9tait une for\u00eat au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle. [\u2026] Et jusque vers 1830 ou 1840, il ne semble pas y avoir eu d&#8217;habitation permanente dans ce domaine qui \u00e9tait bien celui de la for\u00eat. Tout ce que l&#8217;on sait, c&#8217;est qu&#8217;un certain M. Fay y avait fait pratiquer des clairi\u00e8res et des sentiers pour ses promenades de chasse. En 1891, le &#8216;Historical Report&#8217; de Lovell apporte quelques autres pr\u00e9cisions\u00a0: le domaine \u00e9tait une for\u00eat appartenant \u00e0 Joseph D. B\u00e9lair avant 1800. [\u2026] On mentionne notamment la &#8216;Wurtele Property&#8217; habit\u00e9e, avant 1850, par des membres de la famille Robert Lovell &#8216;au centre du village connu sous le nom de Mile End&#8217;.<a name=\"foot_loc_2395_5\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Jean de Laplante, De la \u00abMolenne\u00bb \u00e0 Laurier\u00a0: for\u00eats o\u00f9 l&#8217;on fait le &#8221;coup de feu&#8221; en plein c\u0153ur de Montr\u00e9al, Le Canada, 28 juin 1951\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_5\">5<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Et, en 1984, l&#8217;auteur de la brochure <em>Le Plateau Mont-Royal au 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em> \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Au sommet de la c\u00f4te \u00e0 Baron s&#8217;\u00e9tendait une magnifique for\u00eat. Cette derni\u00e8re permettait \u00e0 quelques citadins \u00e9pris de chasse de venir faire le coup de feu contre le petit gibier, et aux \u00e9coliers de venir cueillir des noisettes. Avant 1800, le site sur lequel s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9 Saint-Louis du Mile-End appartenait en grande partie \u00e0 Pierre D. B\u00e9lair. Ce dernier vendit une partie de son domaine \u00e0 un anglais nomm\u00e9 Mountpleasant qui tenta d&#8217;y planter sans succ\u00e8s des arbres fruitiers import\u00e9s d&#8217;Angleterre.<a name=\"foot_loc_2395_6\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Robert Lussier, Le Plateau Mont-Royal au 19e si\u00e8cle, Comit\u00e9 logement Saint-Louis, 1984, p. 3\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_6\">6<\/a><em><br \/>\n<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p>Ce \u00abr\u00e9cit des origines\u00bb se retrouve m\u00eame dans les documents officiels contemporains de la ville de Montr\u00e9al\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>L&#8217;ensemble du territoire aujourd&#8217;hui nomm\u00e9 Mile End appartenait, avant 1800, \u00e0 Pierre D. B\u00e9lair. Au cours du XVIIIe si\u00e8cle, cette terre fut cependant conc\u00e9d\u00e9e \u00e0 plusieurs grands propri\u00e9taires, dont les Whitehall, Knapp, Wurtele, Spalding, Bagg et Beaubien. Ces grandes propri\u00e9t\u00e9s furent un facteur de ralentissement du d\u00e9veloppement.<a name=\"foot_loc_2395_7\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Fiches de caract\u00e9risation des aires et des unit\u00e9s de paysage du Plateau-Mont-Royal\u00a0: Aire Saint-Louis-du-Mile-End, Arrondissement du Plateau-Mont-Royal, 2005. Sauf pour la mention erron\u00e9e du 18e si\u00e8cle, et l&#8217;ajout des Beaubien, l&#8217;auteur anonyme reprend largement ce que Lovell \u00e9crivait en 1891.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_7\">7<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Si l&#8217;histoire de certaines des familles nomm\u00e9es par <em>Lovell<\/em> peut \u00eatre retrac\u00e9e \u2013 les Bagg et les B\u00e9lair par exemple \u2013 d&#8217;autres grands propri\u00e9taires qui ont pourtant fortement model\u00e9 le territoire du Mile End ne sont m\u00eame pas mentionn\u00e9s et sont ainsi tomb\u00e9s dans l&#8217;oubli. C&#8217;est le cas notamment du boucher anglais John Clark et de la veuve Agathe Perrault-Nowlan que nous pr\u00e9senterons plus tard.<\/p>\n<p class=\"soustitre\">Pr\u00e9sence am\u00e9rindienne, colonisation et d\u00e9frichements<\/p>\n<p>Mais d&#8217;abord, le Mile End d&#8217;avant 1800 \u00e9tait-il vraiment recouvert par la for\u00eat et les clairi\u00e8res bucoliques d\u00e9crites par les chroniqueurs? Une carte remarquable faite en 1702 par les Sulpiciens (figure 4) nous fournit plusieurs indices importants. Devenus seigneurs (administrateurs terriens) de l&#8217;\u00eele en 1663 et profitant d&#8217;une accalmie dans les guerres iroquoises \u00e0 la fin du 17<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les Sulpiciens lancent alors une vaste op\u00e9ration de peuplement de l&#8217;espace rural \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur des limites de la ville fortifi\u00e9e. Ils conc\u00e8dent des terres sous forme d&#8217;\u00e9troites bandes rectangulaires, perpendiculaires aux rives de l&#8217;\u00eele de Montr\u00e9al et regroup\u00e9es en \u00abc\u00f4tes\u00bb (dans le sens de \u00abrive\u00bb plut\u00f4t que \u00abpente\u00bb).<a name=\"foot_loc_2395_8\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"\u00c0 ce sujet\u00a0: Louise Dech\u00eane, Habitants et marchands de Montr\u00e9al au XVIIe si\u00e8cle, Paris, Plon, 1974, pp. 259-264. Sur le syst\u00e8me des c\u00f4tes, voir aussi Ludger Beauregard, \u00abG\u00e9ographie historique des c\u00f4tes de l&#8217;\u00eele de Montr\u00e9al\u00bb, Cahiers de g\u00e9ographie du Qu\u00e9bec, vol. 28, n\u00b0 73-74, 1984, p. 47-62.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_8\">8<\/a><\/p>\n<div id=\"attachment_2137\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun3.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2137\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2137 \" title=\"Carte 1702 (extrait)\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun3-600x458.jpg\" alt=\"122413_1817_Notespourun3.jpg\" width=\"600\" height=\"458\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun3-600x458.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun3.jpg 765w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2137\" class=\"wp-caption-text\">Figure 4\u00a0: Description g\u00e9n\u00e9rale de l&#8217;\u00eele de Montr\u00e9al, Fran\u00e7ois Vachon de Belmont, 1702 (extrait). Tir\u00e9e de Jean-Claude Robert, <strong>Atlas historique de Montr\u00e9al<\/strong>, Libre Expression, 1994, p.43. La voie sinueuse qui part de la ville, contourne la montagne et rejoint le Sault-au-R\u00e9collet est un sentier am\u00e9rindien.<\/p><\/div>\n<p>L&#8217;arch\u00e9ologue Brad Loewen a reconstitu\u00e9 le portrait de la for\u00eat originelle pendant une p\u00e9riode d&#8217;environ 350 ans, en s&#8217;appuyant sur la carte des Sulpiciens et en analysant les t\u00e9moignages \u00e9crits laiss\u00e9s par les premiers visiteurs europ\u00e9ens de l&#8217;\u00eele, Cartier et Champlain.<a name=\"foot_loc_2395_9\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Brad Loewen, Le paysage bois\u00e9 et les modes d&#8217;occupation de l&#8217;\u00eele de Montr\u00e9al, du Sylvicole sup\u00e9rieur r\u00e9cent au XIXe si\u00e8cle, Recherches am\u00e9rindiennes au Qu\u00e9bec, vol. XXXIX, nos 1-2, 2009, pp. 5-21\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_9\">9<\/a> Si des si\u00e8cles de pr\u00e9sence am\u00e9rindienne, avec leurs pratiques de chasse, de cueillette et d&#8217;agriculture extensive (br\u00fblis), ont d\u00e9j\u00e0 consid\u00e9rablement modifi\u00e9 le sud et l&#8217;ouest de l&#8217;\u00eele, il n&#8217;en va pas de m\u00eame du centre\u00a0rest\u00e9 relativement intact :<\/p>\n<blockquote><p>La premi\u00e8re zone, qui contient la for\u00eat la plus ancienne, est une immense c\u00e9draie, longue de 25 km et large de 5 km, qui domine le versant nord-ouest de l&#8217;\u00eele, au nord du mont Royal. Elle s&#8217;\u00e9tend entre ce qui est aujourd&#8217;hui la carri\u00e8re Lafarge \u00e0 Montr\u00e9al-Est et l&#8217;a\u00e9roport de Dorval dans l&#8217;ouest de l&#8217;\u00eele. [\u2026] Selon les principes de succession foresti\u00e8re, la grande c\u00e9draie constitue une for\u00eat finale et elle existe \u00e0 cet endroit depuis plusieurs si\u00e8cles.<a name=\"foot_loc_2395_10\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Brad Loewen, op cit, p.13\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_10\">10<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Loewen ajoute qu&#8217;\u00e0 proximit\u00e9 du Mont-Royal, \u00e0 l&#8217;emplacement du Mile End, les c\u00e8dres c\u00e8dent leur place \u00e0 une autre esp\u00e8ce, le fr\u00eane.<a name=\"foot_loc_2395_11\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Ibid, p. 18\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_11\">11<\/a> Mais, si cette vaste for\u00eat de c\u00e8dres et de fr\u00eanes est encore intacte en 1702, la situation ne va plus durer tr\u00e8s longtemps avec la concession des nouveaux lots. L&#8217;historienne Louise Dech\u00eane a d\u00e9montr\u00e9 que les besoins des habitants en bois de chauffage, compte tenu des rigueurs de l&#8217;hiver canadien, font en sorte que le d\u00e9frichement progresse tr\u00e8s rapidement.<a name=\"foot_loc_2395_12\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Louise Dech\u00eane, Habitants et Marchands\u2026, op cit, p. 266-267\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_12\">12<\/a> Avant m\u00eame les nouvelles concessions le long des c\u00f4tes de l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;\u00eele, la n\u00e9cessit\u00e9 de chauffer Ville-Marie a d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9 une vaste zone d\u00e9bois\u00e9e plus au sud\u00a0: \u00abcette zone entoure la jeune ville et s&#8217;\u00e9tend jusqu&#8217;au pied du mont Royal. [\u2026] \u00c0 l&#8217;est du mont Royal, elle remonte le versant sud de l&#8217;\u00eele jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;axe des actuelles rues Fairmount et Masson, \u00e0 moins d&#8217;un kilom\u00e8tre de la cr\u00eate centrale de l&#8217;\u00eele\u00bb.<a name=\"foot_loc_2395_13\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Brad Loewen, article cit\u00e9, p.13\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_13\">13<\/a> Loewen pr\u00e9cise :<\/p>\n<blockquote><p>Environ le tiers de la superficie totale de 499 km2 de l&#8217;\u00eele est d\u00e9bois\u00e9 depuis la fondation de Montr\u00e9al. [\u2026] Chaque ann\u00e9e, la for\u00eat perd en moyenne 2,78 km<sup>2<\/sup> de sa superficie et plus de 50 000 de ses meilleurs arbres, \u00e0 la faveur des cultures, des p\u00e2turages et des constructions.<a name=\"foot_loc_2395_14\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Ibid.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_14\">14<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>La \u00abmagnifique\u00bb for\u00eat d\u00e9nu\u00e9e d&#8217;habitations, \u00e9voqu\u00e9e par les chroniques pr\u00e9c\u00e9demment cit\u00e9es, relevait donc de la mythologie d\u00e8s la seconde moiti\u00e9 du 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Comme le rel\u00e8vent Joanne Burgess et Claire Poitras, l&#8217;activit\u00e9 humaine a d\u00e9j\u00e0 modifi\u00e9 le paysage naturel du Plateau en profondeur\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>En 1780, pr\u00e8s d&#8217;un si\u00e8cle et demi apr\u00e8s la fondation de Ville-Marie, les interventions humaines ont transform\u00e9 profond\u00e9ment le mont Royal. Ses trois collines ont \u00e9t\u00e9 encercl\u00e9es enti\u00e8rement par les exploitations agricoles. L&#8217;activit\u00e9 paysanne a fait progresser les d\u00e9frichements et, aux abords de la montagne, les bois\u00e9s d&#8217;origine ont recul\u00e9 au profit des champs de c\u00e9r\u00e9ales. Un habitat rural prend forme le long des chemins de desserte\u00a0: maisons de pierre, b\u00e2timents de ferme, potagers et vergers.<a name=\"foot_loc_2395_15\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Joanne Burgess et Claire Poitras, \u00c9tude de caract\u00e9risation de l&#8217;arrondissement historique et naturel du Mont-Royal, Commission des biens culturels du Qu\u00e9bec, d\u00e9cembre 2005, p. 47\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_15\">15<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Dans son article, Loewen \u00e9num\u00e8re les \u00e9tapes de cette transformation\u00a0: jusqu&#8217;en 1698, la montagne et le territoire adjacent \u00e0 l&#8217;est \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9s aux Autochtones \u00e9tablis dans la mission des Sulpiciens pour leur permettre de maintenir un mode de subsistance traditionnel (chasse, cueillette, cultures). Apr\u00e8s leur expulsion, ces terres sont conc\u00e9d\u00e9es le long des c\u00f4tes, \u00ab\u00e0 travers la grande c\u00e9draie. Le chemin desservant les nouvelles fermes (l\u2019actuel boulevard Cr\u00e9mazie) suit l&#8217;axe central de la c\u00e9draie, qui, lui, est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9frich\u00e9. Soustraite du domaine seigneurial, la c\u00e9draie est donn\u00e9e enti\u00e8rement aux censitaires afin de subvenir \u00e0 leurs besoins de construction et de chauffage.\u00bb<a name=\"foot_loc_2395_16\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Loewen, article cit\u00e9, p.12\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_16\">16<\/a> Le secteur sera partiellement rebois\u00e9, conclut Loewen, qu&#8217;entre 1830 et 1870, avec la pomiculture qui s&#8217;installera entre les rues Sherbrooke et des Pins\u00a0: \u00abapr\u00e8s deux si\u00e8cles de d\u00e9boisement continu, c&#8217;est la premi\u00e8re plantation importante d&#8217;arbres \u00e0 Montr\u00e9al.\u00bb<a name=\"foot_loc_2395_17\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Ibid, p. 15\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_17\">17<\/a> Plus au nord, dans l&#8217;actuel Mile End, ce sont les p\u00e2turages et les cultures mara\u00eech\u00e8res qui domineront, comme on le verra plus loin.<\/p>\n<p class=\"soustitre\">Champs, p\u00e2turages, vergers et piste de course<\/p>\n<p>Deux images du d\u00e9but du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle permettent de visualiser l&#8217;empreinte de ces interventions humaines. La premi\u00e8re, une aquarelle intitul\u00e9e <em>Montreal from the race course on the mountain<\/em>, a \u00e9t\u00e9 peinte vers 1821 par John Elliott Woolford (figure 5). La seconde, de John Duncan, <em>View near Mile End, Montreal<\/em>, est de 1831 (figure 6). Woolford s&#8217;est plac\u00e9 sur les flancs du Mont-Royal; la ville est encore largement contenue derri\u00e8re l&#8217;enceinte des fortifications du 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Le chemin Saint-Laurent, qui s&#8217;en \u00e9chappe, escalade la \u00abC\u00f4te-\u00e0-Baron\u00bb (un moulin se trouve sur la gauche dans l&#8217;axe de l&#8217;actuelle rue Prince-Arthur, non loin de Saint-Dominique) et longe quelques villas rurales. Le kiosque, en bas \u00e0 gauche, est au centre de la piste de course \u00e9voqu\u00e9e par le titre du tableau et mentionn\u00e9e dans l&#8217;article de 1891 du <em>Lovell<\/em>. Situ\u00e9e entre l&#8217;actuelle avenue du Parc et le boulevard Saint-Laurent, elle a \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9e en 1811 par Stanley Bagg, sur des terres lou\u00e9es \u00e0 son futur beau-p\u00e8re, le prosp\u00e8re boucher anglais John Clark. Avec les s\u0153urs hospitali\u00e8res, Clark est l&#8217;un des principaux propri\u00e9taires des terres situ\u00e9es, au nord de Sherbrooke, entre les flancs du Mont-Royal et le chemin Saint-Laurent.<\/p>\n<p>Le second dessin, r\u00e9alis\u00e9 dix ans plus tard, se situe en contre-bas\u00a0: le promeneur et son chien longent le chemin Saint-Laurent du c\u00f4t\u00e9 est, un peu au nord de l&#8217;actuelle rue Roy; la r\u00e9sidence situ\u00e9e \u00e0 droite est probablement la villa d&#8217;Austin Cuvillier, un riche marchand montr\u00e9alais du 19e si\u00e8cle, ami de Stanley Bagg. Si le faubourg Saint-Laurent qui s&#8217;\u00e9tend jusqu&#8217;\u00e0 la rue Sherbrooke, s&#8217;est consid\u00e9rablement densifi\u00e9 depuis 1821, les p\u00e2turages et les villas dominent toujours le paysage du plateau, comme le confirme une autre aquarelle de Duncan, peinte l&#8217;ann\u00e9e suivante (figure 7). Duncan peindra aussi une <em>Vue de Montr\u00e9al montrant l&#8217;H\u00f4tel-Dieu vers 1870<\/em> o\u00f9 l&#8217;on voit encore des vaches pa\u00eetre sur la montagne.<a name=\"foot_loc_2395_18\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"http:\/\/www.musee-mccord.qc.ca\/fr\/collection\/artefacts\/M2004.29.1\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_18\">18<\/a><\/p>\n<div id=\"attachment_2110\" style=\"width: 749px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.beaux-arts.ca\/fr\/voir\/collections\/artwork.php?mkey=15285\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2110\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2110 \" title=\"Woolford, Montreal from the mountain\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122013_2104_Notespourun4.jpg\" alt=\"John Elliot Woolford, Montreal from the mountain, on the race course, v. 1819-1821Mus\u00e9e des beaux-arts du Canada (23416)\" width=\"739\" height=\"454\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122013_2104_Notespourun4.jpg 739w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122013_2104_Notespourun4-600x368.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 739px) 100vw, 739px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2110\" class=\"wp-caption-text\">Figure 5\u00a0: John Elliot Woolford,<em> Montreal from the mountain, on the race course<\/em>, v. 1819-1821<br \/><a href=\"http:\/\/www.beaux-arts.ca\/fr\/voir\/collections\/artwork.php?mkey=15285\">Mus\u00e9e des beaux-arts du Canada (23416)<\/a><\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_2139\" style=\"width: 730px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.musee-mccord.qc.ca\/fr\/collection\/artefacts\/M686\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2139\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-2139 \" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun5.jpg\" alt=\": Vue du Mile End, Montr\u00e9al, James Duncan, 1831 (http:\/\/www.musee-mccord.qc.ca\/fr\/collection\/artefacts\/M686)\" width=\"720\" height=\"413\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun5.jpg 720w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun5-600x344.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2139\" class=\"wp-caption-text\">Figure 6\u00a0: James Duncan, <em>Vue du Mile End, Montr\u00e9al<\/em>, 1831 \u2013 Mus\u00e9e McCord<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_2140\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a style=\"font-weight: bold; background-color: #f3f3f3; text-align: center; font-size: 14px;\" href=\"http:\/\/www.musee-mccord.qc.ca\/fr\/collection\/artefacts\/M312\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2140\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2140 \" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun6-600x388.jpg\" alt=\"122413_1817_Notespourun6.jpg\" width=\"600\" height=\"388\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun6-600x388.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun6.jpg 720w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2140\" class=\"wp-caption-text\">Figure 7\u00a0: James Duncan, Montr\u00e9al en 1832 (fragment). Au premier plan, on remarque \u00abPi\u00e9mont\u00bb construit en 1820 pour le politicien Louis-Charles Foucher. Cette villa t\u00e9moigne bien du d\u00e9veloppement typique du c\u00f4t\u00e9 ouest de Saint-Laurent. \u2013 Mus\u00e9e McCord<\/p><\/div>\n<p>La carte ci-dessous (figure 8) montre que l&#8217;organisation spatiale de ce territoire en longues bandes \u00e9troites longeant les c\u00f4tes survit toujours en 1879, m\u00eame si l&#8217;urbanisation est d\u00e9j\u00e0 bien engag\u00e9e au sud et \u00e0 l&#8217;est de Saint-Laurent (villages de Saint-Jean-Baptiste et de C\u00f4te-Saint-Louis). \u00c0 l&#8217;ouest, Saint-Louis du Mile End n&#8217;est encore d\u00e9velopp\u00e9e que dans ses parties est et sud, essentiellement le long du chemin Saint-Laurent. En fait, comme nous le verrons plus tard, la plupart des rues indiqu\u00e9es par l&#8217;atlas Hopkins sur les terres de \u00abPeter Beaubien\u00bb \u2013 entre Saint-Laurent et les terres de \u00abG.G.A. Comte\u00bb \u2013 ne sont encore qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9tat de trac\u00e9s virtuels.<\/p>\n<div id=\"attachment_2366\" style=\"width: 631px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/services.banq.qc.ca\/sdx\/cep\/document.xsp?id=0000174244\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2366\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-2366 \" title=\"Hopkins 1879\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Hopkins-corrig\u00e9-174244_090-extrait.jpg\" alt=\" Atlas Hopkins, 1879 (extrait) http:\/\/services.banq.qc.ca\/sdx\/cep\/document.xsp?id=0000174244 )\" width=\"621\" height=\"784\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Hopkins-corrig\u00e9-174244_090-extrait.jpg 621w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Hopkins-corrig\u00e9-174244_090-extrait-475x600.jpg 475w\" sizes=\"(max-width: 621px) 100vw, 621px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2366\" class=\"wp-caption-text\">Figure 8\u00a0: Atlas Hopkins, 1879 (extrait) &#8211; BAnQ<\/p><\/div>\n<p class=\"soustitre\">Les premiers villages<\/p>\n<p>Une s\u00e9rie de photos permet de visualiser le Mile End plus de 30 ans apr\u00e8s l&#8217;aquarelle de Duncan. La premi\u00e8re (figure 9), prise \u00e0 partir du toit de \u00abRavenscrag\u00bb, la r\u00e9sidence de Sir Hugh Allan occup\u00e9e actuellement par l&#8217;<em>Allan Memorial Institute<\/em>, offre une vue en plong\u00e9e vers le nord-est. Elle montre l&#8217;H\u00f4tel-Dieu en 1869, peu de temps apr\u00e8s sa construction. Sauf pour quelques maisons le long du chemin Saint-Laurent (au milieu \u00e0 la gauche de l&#8217;h\u00f4pital), l&#8217;environnement n&#8217;est encore qu&#8217;arbres et champs\u00a0: l&#8217;avenue du Parc, qui se trouverait entre la lisi\u00e8re des arbres et le mur de l&#8217;h\u00f4pital, n&#8217;est pas encore trac\u00e9e.<\/p>\n<div id=\"attachment_2142\" style=\"width: 801px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.musee-mccord.qc.ca\/fr\/collection\/artefacts\/MP-0000.194.1\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2142\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2142 \" title=\"Inglis, H\u00f4tel-Dieu 1869\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun8.jpg\" alt=\"\" width=\"791\" height=\"435\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun8.jpg 791w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun8-600x329.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 791px) 100vw, 791px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2142\" class=\"wp-caption-text\">Figure 9\u00a0: James Inglis, <em>Vue de Montr\u00e9al depuis \u00ab Ravenscrag \u00bb montrant l&#8217;H\u00f4tel-Dieu<\/em>, \u00a0panorama 1869 \u2013 mus\u00e9e McCord<\/p><\/div>\n<p>Le photographe de la suivante (figure 10),<a name=\"foot_loc_2395_19\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Nous remercions Gabriel Deschambault, de la Soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;histoire et de g\u00e9n\u00e9alogie du Plateau Mont-Royal, pour avoir attir\u00e9 notre attention sur cette photo en la publiant dans son blogue\u00a0: histoireplateau.canalblog.com. Contrairement \u00e0 l&#8217;attribution donn\u00e9e dans ce billet, la photo n&#8217;est pas l&#8217;\u0153uvre du studio Notman.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/1-le-mile-end-rural\/#foot_text_2395_19\">19<\/a> prise environ dix ans plus tard, s&#8217;est plac\u00e9 en contre-bas, plus au nord, approximativement \u00e0 la hauteur de la rue Marie-Anne. Son intention \u00e9tait de montrer le \u00abcrystal palace\u00bb, d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 en 1878 depuis la rue Sainte-Catherine sur le site de l&#8217;exposition agricole provinciale, situ\u00e9e imm\u00e9diatement au nord de l&#8217;H\u00f4tel-Dieu. Le \u00abcrystal palace\u00bb, la structure avec le d\u00f4me allong\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 gauche de la photo, se trouve \u00e0 l&#8217;actuelle intersection d&#8217;Esplanade et Saint-Joseph. Son int\u00e9r\u00eat principal r\u00e9side dans le fait que c&#8217;est sans doute la plus ancienne photo connue du village de Saint-Louis du Mile End\u00a0: la premi\u00e8re version de l&#8217;\u00e9glise Saint-Enfant-J\u00e9sus, situ\u00e9e sur Saint-Laurent entre Laurier et Saint-Joseph, se trouve \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re au milieu. Tout le secteur situ\u00e9 \u00e0 l&#8217;ouest est encore rural, comme l&#8217;indiquait l&#8217;atlas Hopkins\u00a0: un vaste espace apparemment vide, au-dessus du \u00abagricultural grounds\u00bb, est divis\u00e9 entre deux propri\u00e9t\u00e9s, \u00abNolan estate\u00bb et \u00abR.S. Bagg\u00bb, ainsi qu&#8217;une enclave, situ\u00e9e juste au-dessus du terrain de l&#8217;exposition, appartenant aux s\u0153urs hospitali\u00e8res.<\/p>\n<div id=\"attachment_2143\" style=\"width: 999px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun9.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2143\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2143\" title=\"Saint-Louis du Mile End, vers 1880\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun9.jpg\" alt=\"122413_1817_Notespourun9.jpg\" width=\"989\" height=\"647\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun9.jpg 989w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun9-600x392.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 989px) 100vw, 989px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2143\" class=\"wp-caption-text\">Figure 10\u00a0: Saint-Louis du Mile End, vers 1878-1880. Extrait de Bryan Demshinsky,<em> Montreal then and now<\/em>, The Gazette, 1985, p. 92 (photographe inconnu)<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_2144\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.musee-mccord.qc.ca\/fr\/collection\/artefacts\/MP-1978.29.8\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2144\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2144 \" title=\"Hunt Club\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun10-600x488.jpg\" alt=\"122413_1817_Notespourun10.jpg\" width=\"600\" height=\"488\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun10-600x488.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/122413_1817_Notespourun10.jpg 720w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2144\" class=\"wp-caption-text\">Figure 11\u00a0: <em>Le Montreal Hunt Club au chemin Mile End, pr\u00e8s de Montr\u00e9al<\/em>, 1859 \u2013<br \/>Mus\u00e9e McCord<\/p><\/div>\n<p>Une photo c\u00e9l\u00e8bre, prise en 1859 (figure 11), donne un autre aper\u00e7u du secteur\u00a0: il s&#8217;agit de l&#8217;actuelle rue Mont-Royal \u00e0 l&#8217;intersection de Saint-Laurent. Le Mont-Royal se profile \u00e0 l&#8217;horizon, une rang\u00e9e de peupliers encadre le chemin qui y conduit. On aper\u00e7oit, \u00e0 droite, le coin d&#8217;un \u00e9difice en pierre\u00a0: c&#8217;est la seule photo connue montrant une partie de l&#8217;auberge du Mile End.<\/p>\n<p class=\"soustitre\">Le Plan Perrault\u00a0: une avenue au milieu des fermes<\/p>\n<p>Mais c&#8217;est un plan fait par Henri-Maurice Perrault vers 1880 (figure 12) qui constitue un des meilleurs t\u00e9moignages sur le Mile End juste avant son urbanisation. Architecte et arpenteur (il fit le trac\u00e9 des terrains des grandes r\u00e9sidences du \u00abmille carr\u00e9 dor\u00e9\u00bb), Perrault \u00e9tait aussi l&#8217;un des fiduciaires du \u00abNowlan Estate\u00bb, l&#8217;immense territoire \u00e0 cheval entre Outremont et Saint-Louis du Mile End indiqu\u00e9 dans l&#8217;atlas Hopkins. Son relev\u00e9 constitue le premier projet de lotissement urbain de cet espace rural\u00a0: l&#8217;ouverture quatre ann\u00e9es auparavant d&#8217;un tron\u00e7on de la voie ferr\u00e9e du <em>Quebec, Montreal, Ottawa &amp; Occidental Railway<\/em>, qui segmente en partie les terres du \u00abNowlan estate\u00bb, et d&#8217;une gare un peu plus \u00e0 l&#8217;est ne sont sans doute pas \u00e9trangers \u00e0 ce plan. Perrault propose en effet de prolonger la rue Bleury \u2014qui n&#8217;est alors qu&#8217;un chemin de terre se terminant \u00e0 la hauteur de la rue Mont-Royal\u2014 sous la forme d&#8217;une avenue large de 70 pieds vers le nord, et de subdiviser en lots les terrains adjacents. Une rue parall\u00e8le, la future rue Hutchison, est \u00e9galement trac\u00e9e, de m\u00eame que celles qui deviendront Saint-Joseph, Fairmount et Bernard. Son \u00ab\u00e9tat des lieux\u00bb permet de constater qu&#8217;il faudra auparavant d\u00e9truire au moins deux fermes (le plan indique que le b\u00e2timent principal de l&#8217;une d&#8217;elles remonte \u00e0 1798), et combler un \u00e9tang ainsi qu&#8217;un ruisseau venu de la montagne dont le trac\u00e9, vers l&#8217;est, correspond en partie \u00e0 l&#8217;actuelle rue Groll. Mais, pour des raisons que nous explorerons plus tard, ce plan resta \u00e0 l&#8217;\u00e9tat de projet pendant les dix ann\u00e9es suivantes.<\/p>\n<div id=\"attachment_2381\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Plan-Perrault-compress\u00e9.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2381\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-2381\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Plan-Perrault-compress\u00e9.jpg\" alt=\"Plan de propri\u00e9t\u00e9s situ\u00e9es au Mile End (extrait). Attribu\u00e9 \u00e0 Henri-Maurice Perrault, vers 1880. BAnQ CA601,S53,SS1,P1316\" width=\"1024\" height=\"581\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Plan-Perrault-compress\u00e9.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Plan-Perrault-compress\u00e9-600x340.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Plan-Perrault-compress\u00e9-768x436.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2381\" class=\"wp-caption-text\">Plan de propri\u00e9t\u00e9s situ\u00e9es au Mile End (extrait). Attribu\u00e9 \u00e0 Henri-Maurice Perrault, vers 1880. BAnQ CA601,S53,SS1,P1316. Dans le bas \u00e0 droite, \u00abSt. Lawrence main street\u00bb. L&#8217;\u00e9glise Saint-Enfant-J\u00e9sus se trouve \u00e9galement \u00a0en bas, au centre. Entre l&#8217;\u00e9glise et le lieu-dit \u00abMile End\u00bb, o\u00f9 se trouve l&#8217;auberge de la photo de 1859, on aper\u00e7oit quelques maisons villageoises en bois. Sauf pour \u00abExhibition Grounds\u00bb et un rectangle de terres appartenant aux s\u0153urs hospitali\u00e8res (au milieu de la carte), toutes les terres jusqu&#8217;\u00e0 la ligne rouge appartiennent aux \u00abHeirs late S.C. Bagg\u00bb. La propri\u00e9t\u00e9 Nowlan, avec les rues et les lotissements propos\u00e9s, est au-dessus, entour\u00e9e par les propri\u00e9t\u00e9s des \u00abHeirs late John Pratt\u00bb, \u00abG. Tessier\u00bb, \u00abHeirs Hall\u00bb et \u00abHeirs E.G. Penny\u00bb. Les b\u00e2timents de ferme \u00e0 d\u00e9molir sont dans l&#8217;axe de \u00abBoulevard et \u00abContinuation of Bleury st.\u00bb. Le ruisseau et l&#8217;\u00e9tang sont \u00e0 la droite de ces b\u00e2timents. Dans la portion non-reproduite ici du plan, d&#8217;autres b\u00e2timents de ferme \u00e0 d\u00e9molir \u00a0pour permettre la construction des nouvelles rues, se trouvent au nord de ce qui deviendra la rue Bernard.<\/p><\/div>\n<p>Qui \u00e9taient ces fermiers, qui louaient alors leurs terres des successions Bagg et Nowlan, ainsi que des s\u0153urs hospitali\u00e8res de Saint-Joseph, les grands propri\u00e9taires de l&#8217;ouest du Mile End? S&#8217;ils ont laiss\u00e9 peu de traces, les \u00e9ditions 1879-80 et 1880-81 de l&#8217;annuaire Lovell en donnent un aper\u00e7u\u00a0: ils recensent un \u00abJohn McKay, farmer, 69 St. Lawrence\u00bb; \u00abR. Smeal, farmer, St. Lawrence\u00bb; \u00abFran\u00e7ois Aubry Teck, farmer St. Lawrence\u00bb; \u00abAlexander, James, Robert et Thomas Tate (ce dernier \u00abmilkman\u00bb), de la \u00abTate farm, off Mt. Royal ave\u00bb. Dans l&#8217;\u00e9dition suivante du Lovell, la \u00abTate farm\u00bb et ses locataires disparaissent compl\u00e8tement tandis que Fran\u00e7ois Aubry, 5 St. Lawrence, est devenu \u00abcarter\u00bb (charretier).<\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;est de Saint-Laurent, sur les terres de Pierre Beaubien, les mara\u00eechers dominent\u00a0: \u00abJulien Miron, gardener, 3 Mt. Royal\u00bb; \u00abEdouard Dagenais, gardener, 17 Robin\u00bb; \u00abMaximin Dupras, gardener, 55 St. Dominique\u00bb; \u00abEd Guernon, sen. gardener, 22 St. Louis\u00bb. La famille Spalding, qualifi\u00e9e de fondatrice dans les souvenirs de 1840 \u00e9voqu\u00e9s au d\u00e9but de ce chapitre, y est toujours\u00a0: la ferme de \u00abChs. Spalding\u00bb est situ\u00e9e au 77 Robin, l&#8217;actuelle avenue Henri-Julien.<\/p>\n<p>Mais si, en 1880, \u00e0 l&#8217;ouest de Saint-Laurent, le Mile End est encore un espace rural parsem\u00e9 de fermes et de villas, il en va autrement du c\u00f4t\u00e9 est\u00a0: un village s&#8217;y est d\u00e9velopp\u00e9 d\u00e8s le 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Nous le d\u00e9crirons dans notre prochain article.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 1\u00a0: Le Mile End rural Une for\u00eat magnifique? L&#8217;histoire du Mile End rural reste tr\u00e8s mal connue; seuls de courts fragments en t\u00e9moignent au 19e si\u00e8cle. En 1891, l&#8217;annuaire Lovell publie un guide promotionnel qui utilise les donn\u00e9es du recensement tout juste effectu\u00e9. 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