{"id":2710,"date":"2014-03-27T10:58:37","date_gmt":"2014-03-27T14:58:37","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=2710&#038;lang=fr"},"modified":"2019-03-06T21:43:46","modified_gmt":"2019-03-07T02:43:46","slug":"chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/","title":{"rendered":"Chapitre 3, deuxi\u00e8me partie &#8211; Stanley Clark Bagg"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<h2>Chapitre 3, deuxi\u00e8me partie\u00a0: Stanley Clark Bagg<\/h2>\n<p>Lors de son d\u00e9c\u00e8s, en 1827, John Clark laisse la plupart de ses biens \u00e0 son unique petit-fils, Stanley Clark Bagg (1820-1873).<a name=\"foot_loc_2710_1\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"BAnQ, Greffe du notaire Henry Griffin (CN601,S185), no 5989, 29 ao\u00fbt 1825, Last Will and Testament of Mr. John Clark of Montreal : \u00ab And the said testator doth further give and bequeath unto his said grandson Stanley Clark Bagg all the other farms the property of the testator as purchased by him from one Papineau and one Francois Monette, situated lying and being partly in the parish of Montreal and partly in the parish of Saint Laurent, in the county and district of Montreal, the said farms being an irregular figure containing about one hundred and thirty arpents of land, more or less, with a house known by Clark Cottage, barn, stables and other buildings thereon erected\u00bb (\u00abEt le testateur l\u00e8gue de plus \u00e0 son petit-fils Stanley Clark Bagg toutes les autres fermes propri\u00e9t\u00e9s du testateur telles qu&#8217;achet\u00e9es, l&#8217;une de Papineau, l&#8217;autre de Fran\u00e7ois Monette, situ\u00e9es en partie dans la paroisse de Montr\u00e9al et en partie dans la paroisse de Saint-Laurent, dans le comt\u00e9 et district de Montr\u00e9al, les dites fermes constituant une forme irr\u00e9guli\u00e8re d&#8217;environ cent trente arpents de terre plus ou moins, avec une maison connue sous le nom de \u00abClark cottage\u00bb, la grange, les \u00e9tables et autres immeubles qui y sont \u00e9rig\u00e9s (ma traduction)\u00bb).\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_1\">1<\/a> Dans ce m\u00eame testament, John Clark l\u00e8gue \u00e0 sa femme Mary Mitcheson\u00a0la plus grande partie de la\u00a0<em>Mile End Farm<\/em> de 60 arpents qui longe le chemin Saint-Laurent, de la limite de la ville au sud de Duluth jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;avenue du Mont-Royal, avec sa r\u00e9sidence, <em>Mile End Lodge<\/em>, situ\u00e9e \u00e0 la limite sud de la ferme; ainsi qu&#8217;une autre ferme de 18 arpents situ\u00e9e plus au nord. Quant \u00e0 sa fille, Mary Ann, l&#8217;\u00e9pouse de Stanley, elle h\u00e9rite des propri\u00e9t\u00e9s de Durham, en Angleterre. Mary d\u00e9c\u00e8de cependant en 1835, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 39 ans, et laisse son fils Stanley Clark Bagg, alors un mineur de 14 ans, comme seul h\u00e9ritier.<\/p>\n<p>Son p\u00e8re Stanley Bagg a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 ex\u00e9cuteur testamentaire mais n&#8217;a rien re\u00e7u \u00e0 son nom. Comme plusieurs de ses contemporains, il est rest\u00e9 toute sa vie un marchand et un entrepreneur aux activit\u00e9s multiples. En plus de celles d\u00e9j\u00e0 \u00e9num\u00e9r\u00e9es au d\u00e9but du chapitre, il s&#8217;est lanc\u00e9 dans l&#8217;exploitation foresti\u00e8re \u00e0 grande \u00e9chelle, le long de la vall\u00e9e de la rivi\u00e8re Ch\u00e2teauguay, o\u00f9 il vend \u00e9galement des lots de colonisation.<a name=\"foot_loc_2710_2\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Sherry Olson et Patricia Thornton, Peopling the North American City, op. cit, pp. 49 et 298.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_2\">2<\/a> Mais vers la fin de sa vie, les affaires de Stanley p\u00e9riclitent<a name=\"foot_loc_2710_3\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Stanley a notamment \u00e9pong\u00e9 une bonne partie des dettes de son fr\u00e8re, Abner, apr\u00e8s que la chapellerie de celui-ci eut fait faillite. De plus, le commerce du bois est une activit\u00e9 cyclique, avec des chutes brutales des exportations. Plusieurs entrepreneurs y laissent leur chemise.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_3\">3<\/a> : il est endett\u00e9, \u00e0 tel point que lorsque son fils atteint sa majorit\u00e9, en 1841, et prend ainsi possession des terres l\u00e9gu\u00e9es par sa m\u00e8re et son grand-p\u00e8re maternel, Stanley lui fait un aveu; il a utilis\u00e9 les revenus tir\u00e9s de ces propri\u00e9t\u00e9s \u00abfor his own profit and advantage\u00bb et reconna\u00eet devoir 3,000 livres \u00e0 son fils, une somme importante \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Stanley hypoth\u00e8que ses propres propri\u00e9t\u00e9s pour rembourser en partie son fils et lui donne \u00abDurham House\u00bb. En \u00e9change, Stanley Clark versera une rente pour subvenir aux besoins de son p\u00e8re.<a name=\"foot_loc_2710_4\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"BAnQ, Greffe du notaire Joseph-Hilarion Jobin (CN601,S216), acte no. 3537, 8 octobre 1842, Account and Mortgage from Stanley Bagg Esq. to Mr. Stanley Clark Bagg. Voir \u00e9galement : Janice Hamilton, \u00abStanley Bagg&#8217;s Difficulties\u00bb, Writing up the Ancestors, 10 janvier 2014. En ligne : http:\/\/writinguptheancestors.blogspot.ca\/2014\/01\/stanley-baggs-difficulties.html.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_4\">4<\/a><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les difficult\u00e9s financi\u00e8res de son p\u00e8re, Stanley Clark se retrouve \u00e0 g\u00e9rer un patrimoine foncier, h\u00e9rit\u00e9 de son grand-p\u00e8re maternel, qui est alors sans \u00e9quivalent \u00e0 Montr\u00e9al. Il se rendra notamment avec son p\u00e8re dans le comt\u00e9 de Durham en Angleterre pour y vendre les terres que la famille y poss\u00e9dait et r\u00e9investira le tout dans l&#8217;achat de nouvelles propri\u00e9t\u00e9s rurales \u00e0 Montr\u00e9al. Stanley Clark devient notaire en 1842, mais il d\u00e9laisse peu \u00e0 peu la pratique \u00e0 partir de 1847 et, trois ans apr\u00e8s la mort de son p\u00e8re en 1853, il abandonne compl\u00e8tement le notariat pour se consacrer \u00e0 plein temps \u00e0 la gestion du patrimoine immobilier de la famille.<\/p>\n<p>Le r\u00e9v\u00e9rend John Douglas Borthwick, dans un volume d&#8217;esquisses biographiques des grands Montr\u00e9alais, pourra \u00e9crire en 1875 que Stanley Clark Bagg \u00e9tait :\u00a0\u00abat that time [1847] (after the seigneurs of St. Sulpice) the largest landed proprietor of the island of Montreal, having inherited his extensive properties, as well as a freehold estate in England, from his grandfather, the late John Clark\u00bb.<a name=\"foot_loc_2710_5\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"\u00abStanley Clark Bagg \u00e9tait (apr\u00e8s les seigneurs de Saint-Sulpice) le plus grand propri\u00e9taire terrien de l&#8217;\u00eele de Montr\u00e9al, ayant h\u00e9rit\u00e9 ces propri\u00e9t\u00e9s, de m\u00eame qu&#8217;un domaine en Angleterre, de son grand-p\u00e8re, feu John Clark (ma traduction).\u00bb Rev. J. Douglas Borthwick, Montreal, its History&#8230; [with] biographical sketches, Montreal, Drysdale &amp; co, 1875, p. 42. En ligne \u00e0 http:\/\/archive.org\/stream\/cihm_00188#page\/n1\/mode\/2up.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_5\">5<\/a>\u00c0 leur apog\u00e9e, les terres de la famille Bagg s&#8217;\u00e9tendent de la rue Sherbrooke, au sud, jusqu&#8217;\u00e0 la rivi\u00e8re des Prairies au nord, dans l&#8217;axe du boulevard Saint-Laurent et de la rue Lajeunesse.<\/p>\n<p>La p\u00e9riode o\u00f9 la famille Bagg d\u00e9laisse les activit\u00e9s marchandes pour faire de l&#8217;immobilier sa principale activit\u00e9 \u2013 le milieu du 19e si\u00e8cle \u2013 correspond aussi aux d\u00e9buts de l&#8217;urbanisation des terres situ\u00e9es au-del\u00e0 de l&#8217;actuelle rue Sherbrooke. Lorsque les familles Bagg et Clark emm\u00e9nagent sur la \u00abC\u00f4te-\u00e0-Baron\u00bb, au d\u00e9but du si\u00e8cle, l&#8217;espace qui les environne est avant tout rural; les activit\u00e9s pratiqu\u00e9es sont essentiellement agricoles ou reli\u00e9es \u00e0 la vill\u00e9giature (chasse, courses de chevaux, etc.)<\/p>\n<p>La transformation de cet environnement est intimement li\u00e9e \u00e0 un double ph\u00e9nom\u00e8ne, soit la perception de la montagne comme un refuge o\u00f9 l&#8217;on peut \u00e9chapper aux inconv\u00e9nients de la ville, et l&#8217;apparition, \u00e0 partir de 1840, des banlieues destin\u00e9es \u00e0 la bourgeoisie, dont le c\u00e9l\u00e8bre \u00ab Square Mile\u00bb constitue l&#8217;arch\u00e9type. L&#8217;aphorisme anglais \u00ab<em>location, location, location<\/em>\u00bb rend bien compte du lien entre ce double ph\u00e9nom\u00e8ne et le domaine de la famille Bagg. Lors de leur union, en 1819, les parents de Stanley Clark Bagg, Stanley Bagg et Mary Ann Clark, re\u00e7urent comme cadeau de mariage de la part du p\u00e8re de celle-ci la r\u00e9sidence, \u00abDurham House\u00bb. Situ\u00e9e au coin sud-ouest de Saint-Laurent et Prince-Arthur (\u00e0 l&#8217;emplacement actuel d&#8217;une succursale de la banque Toronto-Dominion) c&#8217;est aussi une ferme mais surtout l&#8217;une des premi\u00e8res maisons de pierre construites sur la \u00abC\u00f4te-\u00e0-Baron\u00bb, juste au nord de l&#8217;actuelle rue Sherbrooke. Dans ses souvenirs sur le Montr\u00e9al de 1816, publi\u00e9s par le <em>Montreal Star<\/em> du 5 f\u00e9vrier 1881, Jedediah Hubbell Dorwin a laiss\u00e9 cette description du secteur :<\/p>\n<blockquote><p>Above Sherbrooke Street, before reaching the Mile End tavern, there were but two houses, both of stone, and on the left side of the street, then belonging to John Clark and now the property of the Bagg estate. Sherbrooke Street was then opened from St. Lawrence street about as far west as Bleury. In 1819, two fine residences were built on this street, one by Jacob Hall and the other by Torrance. They were both prominent objects to the citizen below, and the latter being the only cut-stone structure outside the main city, was the admiration of every passer-by. It is now the residence of the Molson family.<a name=\"foot_loc_2710_6\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"L&#8217;article peut \u00eatre retrouv\u00e9 en ligne\u00a0: http:\/\/rawdonhistoricalsociety.com\/dorwin\/mtlin1816.htm. Ses souvenirs de Montr\u00e9al plus de 60 ans auparavant \u00e9taient extraits d&#8217;un journal intime que Dorwin a tenu quotidiennement pendant toute sa vie. \u00abEn haut de la rue Sherbrooke, juste avant d&#8217;arriver \u00e0 la taverne du Mile End, il n&#8217;y avait que deux maisons en pierres, et, du c\u00f4t\u00e9 gauche de la rue, celle qui appartenait \u00e0 John Clark et qui est maintenant la propri\u00e9t\u00e9 du domaine Bagg. La rue Sherbrooke \u00e9tait alors ouverte de Saint-Laurent jusqu&#8217;\u00e0 Bleury \u00e0 l&#8217;ouest. En 1819, deux belles r\u00e9sidences furent construites sur la rue, l&#8217;une par John Hall et l&#8217;autre par Torrance. Elles \u00e9taient deux structures remarquables pour les citoyens d&#8217;en bas, car la deuxi\u00e8me \u00e9tait la seule maison de pierre taill\u00e9e \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur de la ville; elle faisait l&#8217;admiration de tous les passants. C&#8217;est maintenant la r\u00e9sidence de la famille Molson (ma traduction).\u00bb\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_6\">6<\/a><\/p><\/blockquote>\n<div id=\"attachment_2713\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Bainbride-1840.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2713\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-2713\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Bainbride-1840-600x411.png\" alt=\"La C\u00f4te-\u00e0 Baron en 1840. Protestant and Catholic Churches in Montreal from near Mr. Molson\u2019s, Philip John Bainbrigge, juillet 1840. Biblioth\u00e8que et archives Canada. (La famille Molson a alors fait l\u2019acquisition de la villa Torrance, qu\u2019on voit \u00e0 droite.)\" width=\"600\" height=\"411\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Bainbride-1840-600x411.png 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Bainbride-1840-1024x702.png 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Bainbride-1840.png 1625w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2713\" class=\"wp-caption-text\">La C\u00f4te-\u00e0 Baron en 1840. Protestant and Catholic Churches in Montreal from near Mr. Molson\u2019s, Philip John Bainbrigge, juillet 1840. <a href=\"http:\/\/collectionscanada.gc.ca\/pam_archives\/index.php?fuseaction=genitem.displayItem&#038;rec_nbr=2836302&#038;lang=fre\">Biblioth\u00e8que et archives Canada<\/a>. (La famille Molson a alors fait l\u2019acquisition de la villa Torrance, qu\u2019on voit \u00e0 droite.)<\/p><\/div>\n<p>\u00c0 l&#8217;\u00e9poque d\u00e9crite par Dorwin, Montr\u00e9al sort de plus en plus des limites impos\u00e9es par les anciennes fortifications. L&#8217;immigration britannique et irlandaise est consid\u00e9rable et les faubourgs se densifient. Le faubourg Saint-Laurent, situ\u00e9 dans l&#8217;axe du chemin du m\u00eame nom, entre la rue Craig et le pied de la C\u00f4te-\u00e0-Baron, c&#8217;est-\u00e0-dire l&#8217;actuelle rue Ontario, est d&#8217;ailleurs la sc\u00e8ne des premi\u00e8res op\u00e9rations de sp\u00e9culation fonci\u00e8re de l&#8217;histoire des faubourgs montr\u00e9alais. Il reste que la bourgeoisie r\u00e9side encore tr\u00e8s majoritairement \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de la vieille ville : surtout compos\u00e9e de marchands, elle continue d&#8217;adopter un mod\u00e8le d&#8217;habitation o\u00f9 les quartiers familiaux sont situ\u00e9s au-dessus du magasin ou de l&#8217;entrep\u00f4t, comme en t\u00e9moigne la maison du Vieux-Montr\u00e9al d&#8217;Abner Bagg, l&#8217;oncle de Stanley Clark, \u00e9voqu\u00e9e plus t\u00f4t. En 1819, Thomas Torrance est donc l&#8217;un des premiers grands marchands \u00e0 quitter la ville pour \u00e9tablir sa r\u00e9sidence principale sur les hauteurs de la c\u00f4te, au coin nord-ouest du chemin Saint-Laurent; l&#8217;\u00e9loignement avec le c\u0153ur de Montr\u00e9al est alors tel que sa villa est surnomm\u00e9e \u00abTorrance&#8217;s Folly\u00bb.<\/p>\n<p>Mais en devenant son voisin imm\u00e9diat, lorsqu&#8217;il s&#8217;installe en 1819 dans la \u00abDurham House\u00bb que vient de lui donner son beau-p\u00e8re, Stanley Bagg \u00e9tait bien plac\u00e9 pour esp\u00e9rer que Thomas Torrance soit plus un pionnier qu&#8217;un illumin\u00e9. Stanley, comme on l&#8217;a vu plus t\u00f4t, vient de participer aux travaux de d\u00e9molition des fortifications entourant la vieille ville, ce qui va permettre une circulation beaucoup plus fluide avec les faubourgs, facilitant ainsi leur expansion. Cette expansion s&#8217;accompagne cependant d&#8217;un clivage socio-\u00e9conomique croissant entre les diff\u00e9rents secteurs de Montr\u00e9al : les faubourgs abritent une population d&#8217;artisans et de journaliers et les maisons surtout de bois y sont beaucoup plus modestes qu&#8217;en ville.<a name=\"foot_loc_2710_7\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Jean-Claude Robert, Atlas historique de Montr\u00e9al, op. cit, p. 89.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_7\">7<\/a><\/p>\n<p>De plus, lorsqu&#8217;il \u00e9tait aubergiste \u00e0 la \u00abMile End Tavern\u00bb, Stanley Bagg a pu observer un autre ph\u00e9nom\u00e8ne : depuis le d\u00e9but du si\u00e8cle, les grands marchands de fourrure qui dominent alors l&#8217;\u00e9conomie canadienne, les McGill, Frobisher, McTavish, etc. ont commenc\u00e9 \u00e0 acheter des terrains sur la montagne. Tout en conservant leur r\u00e9sidence principale dans la ville, ils y \u00e9tablissent des vill\u00e9giatures afin d&#8217;y vivre leurs ann\u00e9es de retraite \u00abin rural comfort\u00bb : \u00abIt was their legacy, as gentlemen farmers that particularly coloured any perception of the mountain as residential space by 1840\u00bb.<a name=\"foot_loc_2710_8\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Roderick MacLeod, op. cit., pp. 29-33. \u00abC&#8217;est leur h\u00e9ritage de Gentlemen Farmer qui a particuli\u00e8rement color\u00e9 la perception de la montagne en tant qu&#8217;espace r\u00e9sidentiel \u00e0 partir de 1840 (ma traduction).\u00bb\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_8\">8<\/a><\/p>\n<p>Ce mouvement correspond \u00e0 l&#8217;apparition d&#8217;un \u00abculte de la nature\u00bb, particuli\u00e8rement puissant dans l&#8217;imaginaire culturel britannique. \u00c0 Montr\u00e9al, le Mont-Royal en devient l&#8217;incarnation; ses flancs bucoliques et les prairies qui l&#8217;entourent permettent d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 une ville de plus en plus bruyante et pollu\u00e9e.<a name=\"foot_loc_2710_9\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Bernard Debarbieux et Claude Marois, \u00abLe mont Royal. Forme naturelle, paysages et territorialit\u00e9s urbaines\u00bb, Cahiers de g\u00e9ographie du Qu\u00e9bec, vol. 41, n\u00b0 113, 1997, pp. 178-180.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_9\">9<\/a> Les fr\u00e8res Bagg participent eux-m\u00eames \u00e0 ce mouvement lorsqu&#8217;ils remplacent, en 1817, la modeste maison de bois de la ferme Noxon, chemin de la C\u00f4te-Sainte-Catherine, achet\u00e9e 5 ans plus t\u00f4t, par une villa en pierre de deux \u00e9tages.<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s 1840, le flanc sud du Mont-Royal cesse d&#8217;\u00eatre un lieu de vill\u00e9giature et abrite de plus en plus les r\u00e9sidences principales de la bourgeoisie montr\u00e9alaise. Dans une th\u00e8se de doctorat, <em>Salubrious settings and fortunate families,<\/em> Roderick MacLeod explique qu&#8217;une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de promoteurs fonciers fait valoir aux Montr\u00e9alais fortun\u00e9s, particuli\u00e8rement ceux d&#8217;origine anglo-\u00e9cossaise, que ces nouveaux quartiers leur permettront de s&#8217;installer \u00e0 un endroit dont les r\u00e9sidents partagent la m\u00eame langue, religion et niveau social. Mais ce qui est surtout mis en valeur, c&#8217;est la proximit\u00e9 de la montagne pour \u00e9chapper aux inconv\u00e9nients croissants de la vie en ville. Une annonce publi\u00e9e en 1845 dans la <em>Gazette<\/em> t\u00e9moigne bien de cette vision :<em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<blockquote><p>These LOTS, situated on the most elevated and salubrious part of the city of Montreal, offer to Capitalists, rare opportunities of advantageous, and, surely profitable investment; and to those seeking a permanent residence, an agreeable and healthful place of abode. Having directly behind them &#8211; the Mountain of Montreal, and forming the very back, of the gentle declivity towards the Town, they must ever command delightful views, and the purest air.<a name=\"foot_loc_2710_10\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Montreal Gazette, avril 1845, cit\u00e9 par MacLeod, op. cit., p. 111. \u00abCes lots, situ\u00e9s sur la partie la plus \u00e9lev\u00e9e et la plus salubre de la ville de Montr\u00e9al, offrent aux capitalistes des occasions exceptionnelles et avantageuses et, s\u00fbrement, un investissement profitable; et pour ceux qui cherchent une r\u00e9sidence permanente, un refuge agr\u00e9able et sain. Ayant directement \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re la montagne montr\u00e9alaise, et formant l&#8217;\u00e9pine dorsale de la douce pente vers la ville, [ces lots] offriront pour toujours les plus belles vues et l&#8217;air le plus pur (ma traduction)\u00bb.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_10\">10<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Ce qui deviendra le \u00abSquare Mile\u00bb se d\u00e9veloppe entre 1840 et 1890 selon deux principaux modes de lotissement : d&#8217;abord, souvent autour d&#8217;une place publique (square du Beaver Hall, square Dominion), des maisons en rang\u00e9e inspir\u00e9es des \u00abGeorgian terraces\u00bb anglaises, r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 la classe moyenne; et, sur deux avenues, Dorchester et surtout Sherbrooke, les villas entour\u00e9es d&#8217;immenses jardins de la grande bourgeoisie.<a name=\"foot_loc_2710_11\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"\u00c0 ce sujet, voir Fran\u00e7ois R\u00e9millard et Brian Merrett, Le mille carr\u00e9 dor\u00e9 1850-1930, M\u00e9ridien, 1986.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_11\">11<\/a><\/p>\n<p>Si l&#8217;environnement de \u00abDurham House\u00bb est avant tout rural en 1820 quand la famille Bagg s&#8217;y installe, leur domaine se retrouve donc, un quart de si\u00e8cle plus tard, \u00e0 un carrefour strat\u00e9gique compos\u00e9 de deux axes qui en transformeront profond\u00e9ment le caract\u00e8re au cours des d\u00e9cennies suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li>en bas de la c\u00f4te, le faubourg Saint-Laurent ne cesse de cro\u00eetre et prend un caract\u00e8re de plus en plus populaire; de plus, le chemin Saint-Laurent devient la plus importante art\u00e8re de communications de l&#8217;\u00eele, ce qui encourage un d\u00e9veloppement commercial et r\u00e9sidentiel vers le nord des deux c\u00f4t\u00e9s de la route;<\/li>\n<li>l&#8217;axe de la rue Sherbrooke, lui, permet de relier le domaine des Bagg situ\u00e9 juste \u00e0 l&#8217;est \u00e0 ce \u00abSquare Mile\u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Stanley Clark Bagg y participe d&#8217;ailleurs en quittant \u00abDurham House\u00bb\u00a0: vers 1845, peu apr\u00e8s son mariage, il fait construire sa propre r\u00e9sidence, \u00abFairmount Villa\u00bb, au coin nord-ouest des actuelles rues Saint-Urbain et Sherbrooke. En 1846, il demande au principal arpenteur du Golden Square Mile, Henri-Maurice Perrault, de faire un relev\u00e9 de ses terrains situ\u00e9s imm\u00e9diatement \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re de la nouvelle villa. Le titre montre bien l&#8217;intention : <em>Plan of a Property Situate at the Cote A Baron Belonging to Mr Bagg as Distributed into Villa Lots<\/em>. Il s&#8217;agit du quadrilat\u00e8re situ\u00e9 entre Sherbrooke, Saint-Urbain, Saint-Laurent et la future rue Milton. En 1862, un deuxi\u00e8me plan, \u00e9galement pr\u00e9par\u00e9 par Perrault, montre que l&#8217;op\u00e9ration de lotissement, toujours entre Saint-Laurent et Saint-Urbain, se prolonge jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;avenue du Mont-Royal.<a name=\"foot_loc_2710_12\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"BAnQ, Fonds Henri-Maurice Perrault, cotes CA601,S53,SS1,P2041 et CA601,S53,SS1,P441.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_12\">12<\/a><\/p>\n<p class=\"soustitre\">Un r\u00e9gime foncier en transition<\/p>\n<p>Lorsque Stanley Clark Bagg prend en main les affaires familiales, il partage avec son grand-p\u00e8re et son p\u00e8re une vision de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re qui s&#8217;inspire des pratiques de la noblesse anglaise\u00a0: la famille demeure propri\u00e9taire de grands domaines pendant plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, vivant des revenus tir\u00e9s de leur location et de leur exploitation. Ces revenus proviennent de deux sources\u00a0: dans les zones encore rurales, les fermes sont lou\u00e9es \u00e0 des m\u00e9tayers qui s&#8217;engagent, souvent par bail notari\u00e9, \u00e0 payer un loyer, am\u00e9liorer les terres (enl\u00e8vement des pierres, drainage, construction de digues, etc.) et \u00e0 verser une partie de la r\u00e9colte. Les baux pr\u00e9cisent le type et la quantit\u00e9 de b\u00e9tail qui devra y \u00eatre \u00e9lev\u00e9, la nature des fourrages et \u00e9num\u00e8rent de fa\u00e7on d\u00e9taill\u00e9e les travaux d&#8217;entretien \u00e0 accomplir.<a name=\"foot_loc_2710_13\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Pour des exemples concernant la \u00abClark Cottage Farm\u00bb, voir BAnQ, Actes du notaire Doucet (CN601,S134) no 17620, 8 avril 1830 et BAnQ, Actes du notaire Jobin (CN601,S216), no 4017, 1er septembre 1843.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_13\">13<\/a><\/p>\n<p>Par contre, dans les secteurs en voie d&#8217;urbanisation, on a vu que John Clark a pr\u00e9vu, d\u00e8s 1825, que les fermes puissent \u00eatre subdivis\u00e9es en lots urbains. La vente de ces lots est cependant sujette \u00e0 une \u00abrente constitu\u00e9e\u00bb, dont le but est d&#8217;assurer \u00aba more than comfortable living for the Bagg widows and daughters in the third and fourth generation\u00bb.<a name=\"foot_loc_2710_14\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Sherry Olson et Patricia Thornton, Peopling the North American City, p. 49. \u00abUne vie plus que confortable aux veuves et aux filles Bagg de la troisi\u00e8me et de la quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration\u00bb (ma traduction). BAnQ, Greffe du notaire Henry Griffin, Acte no 5989, 29 ao\u00fbt 1825, Last Will and Testament of Mr. John Clark of Montreal; BAnQ, Greffe du notaire Joseph-Augustin Labadie, no 15685, 7 juilet 1866, Last Will &amp; Testament of Stanley Clark Bagg Esq. Le fait qu&#8217;\u00e0 chaque g\u00e9n\u00e9ration, il n&#8217;y ait eu qu&#8217;un seul descendant m\u00e2le mais plusieurs filles, n&#8217;est sans doute pas \u00e9tranger \u00e0 cette pr\u00e9occupation.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_14\">14<\/a><\/p>\n<p>L&#8217;acheteur s&#8217;engage \u00e0 verser au vendeur une rente qui correspond g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 6% de la valeur du terrain; cette rente est non-rachetable et est transmissible aux g\u00e9n\u00e9rations suivantes.<a name=\"foot_loc_2710_15\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"On recense plusieurs ventes de ce type dans le secteur adjacent \u00e0 la \u00abFairmount Villa\u00bb, entre Saint-Urbain et Saint-Laurent, pendant l&#8217;automne 1846. Un exemple type est la vente \u00e0 Francis Duclos, le 5 septembre, de 3 lots pour la somme de 500 livres et une rente de 6%, le tout soumis \u00e0 l&#8217;obligation d&#8217;y construire dans l&#8217;ann\u00e9e des maisons mitoyennes, en brique ou en pierre. BAnQ, Greffe du notaire Isaacson (469), r\u00e9sum\u00e9 de Sherry Olson.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_15\">15<\/a>Ce type de rente correspond \u00e0 une vision pr\u00e9-capitaliste de l&#8217;occupation du sol puisque, selon l&#8217;historienne Louise Dech\u00eane, elle donne aux cr\u00e9anciers \u00ables m\u00eames droits qu&#8217;un seigneur sur son fief\u00bb\u00a0:<\/p>\n<blockquote class=\"citation\"><p>Le rentier ne cherche pas tant \u00e0 faire fructifier son capital qu&#8217;\u00e0 le conserver et, pour ce faire, tous les moyens qu&#8217;il d\u00e9ploie visent \u00e0 reproduire les rapports sociaux, \u00e0 resserrer un contr\u00f4le sur la propri\u00e9t\u00e9 qui passe par le contr\u00f4le des personnes, conception essentiellement f\u00e9odale que la coutume prolonge bien avant dans les temps modernes. [Les acheteurs, cependant] n&#8217;ach\u00e8tent pas vraiment leur emplacement, mais plut\u00f4t un droit d&#8217;usage sur celui-ci, soumis \u00e0 l&#8217;obligation d&#8217;y construire une maison qui servira de support \u00e0 la rente.<a name=\"foot_loc_2710_16\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Louise Dech\u00eane, \u00abLa rente du faubourg Saint-Roch \u00e0 Qu\u00e9bec \u2014 1750-1850\u00bb, Revue d&#8217;histoire de l&#8217;Am\u00e9rique fran\u00e7aise, vol. 34, n\u00b0 4, 1981, p. 593. En ligne\u00a0: http:\/\/id.erudit.org\/iderudit\/303905ar\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_16\">16<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Mais pour les vendeurs, surtout en des temps socio-\u00e9conomiques troubles comme le fut la p\u00e9riode 1830-1850, une telle rente, garantie par la possibilit\u00e9 de reprendre les lots si l&#8217;acheteur ne remplit pas toutes les conditions, appara\u00eet comme l&#8217;un des rares placements \u00abs\u00fbrs\u00bb\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>L&#8217;\u00e2ge mur venant, lorsqu&#8217;il faut mettre \u00e0 l&#8217;abri les profits accumul\u00e9s dans le commerce, ils [les marchands] ne peuvent se tourner que vers la propri\u00e9t\u00e9, et celle qui est garantie par le corpus f\u00e9odal repr\u00e9sente la forme la plus s\u00fbre de placement, sinon la plus profitable en des temps d&#8217;instabilit\u00e9 et de d\u00e9pression. Apr\u00e8s 1840, les bourgeois fortun\u00e9s ach\u00e8teront des actions et des obligations dans les banques et les entreprises publiques, mais, auparavant, l&#8217;\u00e9conomie canadienne n&#8217;a pas encore assez de maturit\u00e9 pour autoriser des placements dans des formes capitalistes de production.<a name=\"foot_loc_2710_17\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\" Ibid, pp. 595-596.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_17\">17<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Plusieurs promoteurs se rendent cependant compte que les acheteurs sont de plus en plus r\u00e9ticents \u00e0 acheter des lots soumis \u00e0 de telles obligations. Car en plus des rentes coutumi\u00e8res impos\u00e9es par le vendeur, la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re est \u00e9galement soumise aux obligations du r\u00e9gime seigneurial. \u00c0 Montr\u00e9al, cela signifie que les propri\u00e9taires ont des obligations financi\u00e8res envers les seigneurs de l&#8217;\u00eele, les Sulpiciens; ils peuvent vendre leurs biens comme bon leur semble, mais on doit alors payer des droits aux seigneurs. Ceux de mutation, en particulier, peuvent repr\u00e9senter des sommes importantes pour les grands propri\u00e9taires.<a name=\"foot_loc_2710_18\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"La conqu\u00eate de 1760 a rendu le statut juridique des droits des Sulpiciens incertain, de sorte qu&#8217;ils n&#8217;osaient trop intenter des recours contre les mauvais payeurs. En 1840, ils obtiennent cependant la reconnaissance de leur droit de propri\u00e9t\u00e9 en \u00e9change de l&#8217;abolition du r\u00e9gime seigneurial. Ce qui permet alors aux Sulpiciens de recevoir les arr\u00e9rages et des frais de commutation (rachat des droits), qui repr\u00e9sentent des sommes substantielles. En \u00e9change, les acheteurs obtiennent des titres de propri\u00e9t\u00e9 en \u00abfreehold\u00bb (franc alleu), c&#8217;est-\u00e0-dire libres de tout droit. \u00c0 ce sujet, voir John A. Dickinson, \u00abSeigneurs et propri\u00e9taires, une logique eccl\u00e9siastique de l&#8217;\u00e9conomie\u00bb, dans Les Sulpiciens de Montr\u00e9al, 2007, aux pp. 188-189.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_18\">18<\/a><\/p>\n<p>Dans la seconde moiti\u00e9 du 19e si\u00e8cle, avec l&#8217;abolition du r\u00e9gime seigneurial en 1840 sur l&#8217;\u00eele de Montr\u00e9al, le r\u00e9gime foncier commence \u00e0 \u00e9voluer vers des formes plus capitalistes d&#8217;exploitation du sol.\u00a0Stanley Clark Bagg reconnait d&#8217;ailleurs la dette de la famille envers les Sulpiciens et les arr\u00e9rages seront pay\u00e9s avant de vendre les terres sous forme de lots.<a name=\"foot_loc_2710_19\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Pour des exemples, voir BAnQ, Actes de Patrice Lacombe, Commutation de Stanley Clark Bagg, 16 mai 1846, 2034. \u00c9galement, Actes d&#8217;\u00c9douard Lafleur (CN601,S227), Dette envers le s\u00e9minaire, 22 juillet 1856, no 568, o\u00f9 Stanley Clark Bagg reconna\u00eet que son a\u00efeul, John Clark et son p\u00e8re ont contract\u00e9 une dette de 400 livres envers le s\u00e9minaire. Dans une autre transaction, le 17 avril 1874, sa veuve, Catherine Mitcheson verse 16,000$ au S\u00e9minaire pour obtenir une commutation concernant des terres au Coteau-Saint-Louis (Actes de Joseph Bonin (CN601,S424), no 1410).\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_19\">19<\/a>Il ne met cependant pas fin \u00e0 la pratique d&#8217;assujettir ces m\u00eames lots \u00e0 la rente constitu\u00e9e pr\u00e9vue par son grand-p\u00e8re\u00a0: au contraire, son testament r\u00e9dig\u00e9 en 1866 la prolonge et pr\u00e9voit que ses biens immobiliers ne pourront \u00eatre vendus \u00e0 moins d&#8217;\u00eatre accompagn\u00e9s d&#8217;une rente, dont les b\u00e9n\u00e9ficiaires sont sa veuve, ses enfants et ses petits-enfants. Il pr\u00e9cise m\u00eame qu&#8217;elle ne pourra \u00eatre rembours\u00e9e avant que ces derniers atteignent leur majorit\u00e9.<a name=\"foot_loc_2710_20\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"BAnQ, Actes de Joseph-Augustin Labadie, Last Will &amp; Testament of Stanley Clark Bagg Esquire, 7 juillet 1866, no 15685.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_20\">20<\/a>Sauf que les progr\u00e8s de l&#8217;urbanisation rendent ce type de contrainte de moins en moins attrayant pour les promoteurs fonciers. L&#8217;universit\u00e9 McGill, qui poss\u00e8de les terres adjacentes \u00e0 celles des Bagg du c\u00f4t\u00e9 ouest de <em>Fairmount Villa<\/em>, et qui veut profiter du boom immobilier du \u00abGolden Square Mile\u00bb en a d\u00e9j\u00e0 fait l&#8217;exp\u00e9rience\u00a0: ses propres lots, mis en vente en 1845 et soumis \u00e0 une rente constitu\u00e9e, trouvent tr\u00e8s peu d&#8217;acheteurs. Il faudra attendre qu&#8217;en 1857 la l\u00e9gislature provinciale accorde \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 la permission de les vendre en \u00abfreehold\u00bb pour que les lots trouvent enfin preneurs.<a name=\"foot_loc_2710_21\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Roderick MacLeod, Salubrious Settings and Fortunate Families, op. cit., pp. 102-103. MacLeod souligne d&#8217;ailleurs l&#8217;importance de cette transformation pour la r\u00e9ussite du \u00abSquare Mile\u00bb : \u00abJusqu&#8217;\u00e0 ce moment, les lotissements se faisaient de fa\u00e7on al\u00e9atoire, dans le but de tirer des revenus r\u00e9guliers de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re plut\u00f4t que de la vendre comme un produit. Pour un propri\u00e9taire comme John Redpath, le lotissement \u00e9tait une entreprise commerciale, qui n\u00e9cessitait de cr\u00e9er avec soin une marchandise et de la vendre \u00e0 un public dont il comprenait bien les projets et les ambitions (&#8230;). Dans le Montr\u00e9al du milieu du 19e si\u00e8cle, la terre n&#8217;\u00e9tait pas encore une simple marchandise comme les bottes, le sucre, ou d&#8217;autres produits manufactur\u00e9s; les transactions sont grev\u00e9es d&#8217;obligations complexes enracin\u00e9es dans la Coutume de Paris : les droits historiques des membres de la famille, des voisins, des locataires et des seigneurs (ma traduction).\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_21\">21<\/a><\/p>\n<p>Faisant sans doute face \u00e0 des probl\u00e8mes du m\u00eame type, les h\u00e9ritiers de Stanley Clark Bagg s&#8217;adressent \u00e0 leur tour au parlement qu\u00e9b\u00e9cois en 1874 pour obtenir une loi semblable. La loi entre en vigueur le 23 f\u00e9vrier 1875 et permettra \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration suivante de disposer de ses propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res comme bon lui semble.<a name=\"foot_loc_2710_22\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"An Act to authorize the Executors of the will of Stanley C. Bagg, Esq. late of the City of Montreal, to sell, exchange, alienate and convey certain Real Estate, charged with substitution in said will, and to invest the proceeds thereof. Statuts de la province de Qu\u00e9bec, 38 Victoria cap. 94, 1875, pp. 474-477. Le texte pr\u00e9cise que les ex\u00e9cuteurs testamentaires sont autoris\u00e9s \u00e0 proc\u00e9der de la sorte pour \u00e9viter une d\u00e9t\u00e9rioration de la valeur des biens.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_22\">22<\/a><\/p>\n<div id=\"attachment_2794\" style=\"width: 564px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Stanley-Clark-Bagg-et-Katharine-Mitcheson.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2794\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-2794\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Stanley-Clark-Bagg-et-Katharine-Mitcheson.png\" alt=\"Stanley Clark Bagg et son \u00e9pouse, Catharine Mitcheson Bagg (collection de la famille Bagg et galerie nationale du Canada, 26744).\" width=\"554\" height=\"351\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2794\" class=\"wp-caption-text\">Stanley Clark Bagg et son \u00e9pouse, Catharine Mitcheson Bagg (collection de la famille Bagg et Galerie nationale du Canada, 26744).<\/p><\/div>\n<p>Au moment o\u00f9 cette loi est adopt\u00e9e, l&#8217;urbanisation de ce qui deviendra le Plateau-Mont-Royal est d\u00e9j\u00e0 bien engag\u00e9e. La porte est donc ouverte pour permettre \u00e0 la veuve de Stanley Clark Bagg, Catharine Mitcheson (1821-1914) et \u00e0 son fils, Robert Stanley Bagg (1848-1912) \u2013 qui devient \u00e9galement notaire \u2013 de rentabiliser pleinement un capital foncier qui a une vocation de moins en moins agricole. La famille correspondra alors plus au portrait bross\u00e9 par l&#8217;historien Paul-Andr\u00e9 Linteau\u00a0du sp\u00e9culateur foncier moderne :<\/p>\n<blockquote><p>Ce personnage sp\u00e9cule sur une \u00e9ventuelle hausse de valeur d&#8217;une propri\u00e9t\u00e9. Il ach\u00e8te au meilleur prix possible et attend, souvent plusieurs ann\u00e9es, sans faire d&#8217;autre investissement que le prix d&#8217;achat (&#8230;) Si ses pr\u00e9visions sont justes, il revendra \u00e0 un prix plus \u00e9lev\u00e9, empochant ainsi la plus-value qui s&#8217;est cr\u00e9\u00e9e dans l&#8217;intervalle. C&#8217;est un interm\u00e9diaire pur qui ne fait aucun d\u00e9veloppement et qui ne peut expliquer son profit que par sa perspicacit\u00e9 \u00e0 pr\u00e9voir l&#8217;usage d&#8217;un site. Au niveau de l&#8217;espace, il effectue souvent une r\u00e9unification du territoire, soit en acqu\u00e9rant des terres contigu\u00ebs, soit en unifiant sous une gestion unique les d\u00e9cisions relatives \u00e0 des parcelles qui sont s\u00e9par\u00e9es les unes des autres.<a name=\"foot_loc_2710_23\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Paul-Andr\u00e9 Linteau, Maisonneuve, Bor\u00e9al Express, 1981, pp. 37-38.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_23\">23<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>Et ce n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas un hasard si la compagnie qui vendra, apr\u00e8s 1890, les lots des fermes \u00abMile End\u00bb et \u00abBlack Gate\u00bb &#8211; dans ce qui deviendra la portion ouest du quartier &#8211; s&#8217;appellera justement la \u00abMontreal Investment <span style=\"text-decoration: underline;\">&amp; Freehold<\/span> Co.\u00bb (c&#8217;est moi qui souligne). Nous reviendrons sur la famille Bagg dans un prochain chapitre lorsque le r\u00f4le de cette compagnie sera abord\u00e9.<\/p>\n<div style=\"background: #9db667; margin-left: 43pt; padding: 1em;\">\n<h2><span style=\"color: white;\">La cr\u00e9ation d\u2019un mythe<\/span><\/h2>\n<p><span style=\"color: white;\">La biographie de la famille Bagg d\u00e9veloppera au fil des ans une v\u00e9ritable mythification qui mettra en \u00e9vidence ses anc\u00eatres britanniques tout en occultant la longue histoire am\u00e9ricaine de la famille. Reprenant une notice n\u00e9crologique anonyme publi\u00e9e dans le <em>Canadian Antiquarian &amp; Numismatic Journal<\/em><\/span><a name=\"foot_loc_2710_24\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Anonyme, \u00abIn Memoriam\u00bb, Canadian Antiquarian and Numismatic Journal, vol 2, no 2, October 1873, pp. 73-78. Stanley Clark Bagg \u00e9tait l&#8217;un des fondateurs de la Soci\u00e9t\u00e9.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_24\">24<\/a> <span style=\"color: white;\">John Douglas Borthwick \u00e9crit que :<br \/>\n<\/span><\/p>\n<blockquote><p>The ancient family of Bagg can claim descent from the distinguished race of Normans, or Norsemen, and the first ancestor (&#8230;) came over from the icebound shores of Sweden in the time of Hardicanute, about A.D. 1040, and settled in England, where a branch of the family still exists.<a name=\"foot_loc_2710_25\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"John Douglas Borthwick, op. cit., p. 79.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_25\">25<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><span style=\"color: white;\">\u00c0 aucun moment les racines am\u00e9ricaines de la famille ne sont mentionn\u00e9es, m\u00eame si elles remontent au milieu du 17e si\u00e8cle. L&#8217;omission est reprise dans les autres biographies qui suivront \u2013 un genre particuli\u00e8rement florissant \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle et au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle.<\/span><a name=\"foot_loc_2710_26\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"La bourgeoisie de Montr\u00e9al, alors m\u00e9tropole du Canada, est \u00e0 son apog\u00e9e. Sous couvert d&#8217;ouvrages historiques, on multiplie les portraits biographiques de ses membres, tous plus \u00e9logieux les uns que les autres. Souvent vendus \u00e0 l&#8217;avance, au moyen de souscriptions, il n&#8217;est pas difficile de deviner qu&#8217;il fallait payer pour obtenir un portrait flatteur dans un de ces livres. S&#8217;ils sont des outils utiles pour les historiens, l&#8217;exemple de la famille Bagg d\u00e9montre que tout ne doit pas y \u00eatre pris \u00e0 la lettre!\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_26\">26<\/a> <span style=\"color: white;\">Ainsi, en 1904, on invente m\u00eame une carri\u00e8re britannique \u00e0 Stanley&nbsp;:<br \/>\n<\/span><\/p>\n<blockquote><p>His father, the late Mr. Stanley Bagg (&#8230;) was a gentleman of leisure, who inherited two estates, one in England in the county of Durham, <span style=\"text-decoration: underline;\">where he was a justice of the peace<\/span>, the other, the well-known Bagg estate in Montreal, which comprises property in almost every ward of the city.<a name=\"foot_loc_2710_27\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"[C&#8217;est moi qui souligne.] Anonyme, An Encyclopaedia of Canadian Biography, Canadian Press Syndicate, Montreal &amp; Toronto, 1904, p. 72. \u00abSon p\u00e8re, feu M. Stanley Bagg (\u2026), \u00e9tait un gentilhomme qui a h\u00e9rit\u00e9 de deux domaines, l&#8217;un en Angleterre dans le comt\u00e9 de Durham, o\u00f9 il \u00e9tait juge de paix, l&#8217;autre le r\u00e9put\u00e9 domaine Bagg \u00e0 Montr\u00e9al qui comprend des propri\u00e9t\u00e9s dans tous les quartiers de la ville (ma traduction).\u00bb\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_27\">27<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><span style=\"color: white;\">Finalement, apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s en 1912 de Robert Stanley Bagg, le fils de Stanley Clark et le quatri\u00e8me membre de la dynastie, l&#8217;ascendance britannique des Clark est carr\u00e9ment fusionn\u00e9e avec celle des Bagg, comme dans cette notice publi\u00e9e en 1914 :<br \/>\n<\/span><\/p>\n<blockquote><p>The Bagg family is one of the oldest English families of the island of Montreal and one whose members have been foremost in social, financial, religious, political and military circles for the past century, or since the arrival of the first representative of the name, Stanley Bagg, Esq. who was born in County Durham, England, where this branch of the family possessed large landed estates.<a name=\"foot_loc_2710_28\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"William Henry Atherton, Montreal 1535-1914, Clarke Publishing Co, vol 3, 1914, p. 406.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_28\">28<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><span style=\"color: white;\">Cette confusion subsiste encore aujourd&#8217;hui et se perp\u00e9tue dans plusieurs ouvrages d&#8217;histoire contemporains : par exemple, Guy Pinard, dans un ouvrage classique sur le patrimoine architectural montr\u00e9alais;<\/span><a name=\"foot_loc_2710_29\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Guy Pinard, Montr\u00e9al, son histoire, son architecture, \u00c9d. du M\u00e9ridien, 1992, vol 5, pp. 342 et 413.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_29\">29<\/a> <span style=\"color: white;\">dans l&#8217;<em>Atlas historique de Montr\u00e9al<\/em>, de Jean-Claude Robert<\/span><a name=\"foot_loc_2710_30\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"\u00abD&#8217;origine largement anglo-\u00e9cossaise, cette bourgeoisie (&#8230;) comprend un certain nombre de marchands de fourrures (&#8230;), ou des nouveaux venus comme Stanley Bagg (1786-1853), originaire du comt\u00e9 de Dunham en Angleterre, entrepreneur et grand propri\u00e9taire foncier.\u00bb Jean-Claude Robert, Atlas historique de Montr\u00e9al, op. cit, p. 80.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_30\">30<\/a><span style=\"color: white;\">; et m\u00eame dans l&#8217;article sur Stanley Clark Bagg du <em>Dictionnaire biographique du Canada<\/em>, avant sa r\u00e9vision en 2018 :<br \/>\n<\/span><\/p>\n<blockquote><p>Sa famille est une des plus vieilles familles anglaises de l&#8217;\u00eele de Montr\u00e9al et une de celles dont les membres se sont fait le plus valoir dans les milieux sociaux, financiers, religieux et intellectuels. Stanley Clark Bagg est un digne repr\u00e9sentant de ce qu&#8217;on peut appeler l&#8217;establishment anglo-saxon de Montr\u00e9al.<a name=\"foot_loc_2710_31\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Pierre Landry, Stanley Clark Bagg, dans Dictionnaire biographique du Canada, en ligne\u00a0: http:\/\/www.biographi.ca\/fr\/bio\/bagg_stanley_clark_10F.html. Si cette citation ressemble dr\u00f4lement \u00e0 la biographie dans le volume d&#8217;Atherton, c&#8217;est justement le probl\u00e8me.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_31\">31<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><span style=\"color: white;\">Janice Hamilton, dans le cadre d&#8217;une \u00e9tude g\u00e9n\u00e9alogique des Bagg, a fait un travail remarquable pour d\u00e9m\u00ealer les origines v\u00e9ritables de la famille. Elle a retrac\u00e9 leurs racines am\u00e9ricaines au Massachusetts et, surtout, elle a pu retrouver la trace de John Clark en Angleterre, boucher prosp\u00e8re mais qui n&#8217;avait rien d&#8217;un aristocrate, sans qui la dynastie des Bagg n&#8217;aurait pas exist\u00e9.<\/span><a name=\"foot_loc_2710_32\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Le dernier descendant m\u00e2le de la lign\u00e9e des Bagg, Harold Fortesque Stanley Bagg (1895-1944) est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 18 septembre 1944 \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 49 ans. Tout comme pour son p\u00e8re et son grand-p\u00e8re, la notice n\u00e9crologique du journal The Gazette mentionne qu&#8217;il travaillait \u00e0 plein temps \u00abin the family real estate business\u00bb. \u2013 The Montreal Gazette, 19 septembre 1944, p. 21.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_32\">32<\/a><\/p>\n<p><span style=\"color: white;\">Il reste \u00e0 comprendre ce qui explique la cr\u00e9ation d&#8217;un tel mythe : l&#8217;erreur l\u00e9gitime a pu jouer un r\u00f4le, mais y aurait-il eu aussi une volont\u00e9 d&#8217;amplifier le prestige de la famille? M\u00eame si des hommes d&#8217;affaires d&#8217;origine am\u00e9ricaine ont pu s&#8217;\u00e9tablir et r\u00e9ussir \u00e0 Montr\u00e9al,<\/span><a name=\"foot_loc_2710_33\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Deux exemples contemporains de Stanley Bagg sont Jacob de Witt et Harrison Stephens. Leurs biographes mentionnent que m\u00eame s&#8217;ils ont r\u00e9ussi, leurs origines am\u00e9ricaines ont souvent caus\u00e9 des probl\u00e8mes. Jean-Claude Robert, \u00abDE WITT, JACOB\u00bb, dans\u00a0Dictionnaire biographique du Canada, http:\/\/www.biographi.ca\/fr\/bio\/de_witt_jacob_8F.html. Gerald J.\u00a0J.\u00a0Tulchinsky, \u00abSTEPHENS, HARRISON\u00bb, dans\u00a0Dictionnaire biographique du Canada, http:\/\/www.biographi.ca\/fr\/bio\/stephens_harrison_11F.html.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/#foot_text_2710_33\">33<\/a> <span style=\"color: white;\">la bourgeoisie dominante est alors avant tout anglo-\u00e9cossaise et les relations avec les \u00c9tats-Unis sont souvent tendues tout au long du 19e si\u00e8cle. L&#8217;annexion par les \u00c9tats-Unis est d&#8217;ailleurs l&#8217;un des th\u00e8mes qui divise profond\u00e9ment les factions radicales et conservatrices de cette bourgeoisie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: white;\">La famille Bagg, elle, a choisi son camp, comme en t\u00e9moignent les contrats obtenus par Stanley pendant la guerre de 1812. Ce choix sera clairement assum\u00e9 pendant les ann\u00e9es les plus tendues du 19e si\u00e8cle : Stanley est le candidat conservateur pour Montr\u00e9al\u2013ouest, lors de l&#8217;\u00e9lection qui conduit \u00e0 l&#8217;\u00e9meute de 1832; le p\u00e8re et le fils s&#8217;engagent comme officiers dans la milice pro-gouvernementale lors des r\u00e9bellions de 1837.\u00a0Il ne serait donc pas \u00e9tonnant que la famille Bagg, lorsqu&#8217;elle arrive au sommet de sa fortune dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du si\u00e8cle, cherche \u00e0 s&#8217;inventer un pass\u00e9 : l&#8217;empire britannique arrive \u00e0 son apog\u00e9e et les grands barons du capitalisme canadien rivalisent entre eux pour obtenir des titres de \u00absir\u00bb ou de \u00ablord\u00bb outre-Atlantique.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<p class=\"soustitre\"><em>Les villas de la famille Bagg<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_2714\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mile-End-lodge.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2714\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2714 \" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mile-End-lodge-600x435.jpg\" alt=\"\u00abMile End Lodge\u00bb. Situ\u00e9e sur Saint-Laurent, c\u00f4t\u00e9 ouest, juste au nord de l\u2019actuelle rue Bagg. John Clark a achet\u00e9 la ferme environnante en 1804 et y a v\u00e9cu jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s en 1827. Alors situ\u00e9e au milieu des champs, son entr\u00e9e principale fait face \u00e0 la ville, plut\u00f4t qu\u2019au chemin Saint-Laurent (Aquarelle de John Hugh Ross, mus\u00e9e Stewart, 1970.1847)\" width=\"360\" height=\"261\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mile-End-lodge-600x435.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mile-End-lodge-1024x743.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mile-End-lodge.jpg 1400w\" sizes=\"(max-width: 360px) 100vw, 360px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2714\" class=\"wp-caption-text\">\u00abMile End Lodge\u00bb. Situ\u00e9e sur Saint-Laurent, c\u00f4t\u00e9 ouest, juste au nord de l\u2019actuelle rue Bagg. John Clark a achet\u00e9 la ferme environnante en 1804 et y a v\u00e9cu jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s en 1827. Alors situ\u00e9e au milieu des champs, son entr\u00e9e principale fait face \u00e0 la ville, plut\u00f4t qu\u2019au chemin Saint-Laurent (Aquarelle de John Hugh Ross, mus\u00e9e Stewart, 1970.1847)<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_2719\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House-Massicotte.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2719\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2719 \" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House-Massicotte-532x600.jpg\" alt=\"\u00abMile End Lodge\u00bb peu avant sa d\u00e9molition, vers 1914. La notice dans les \u00abalbums de rue d\u2019E-Z Massicotte\u00bb (BAnQ), l\u2019identifie \u00e0 tort comme une ancienne barri\u00e8re \u00e0 p\u00e9age.\" width=\"360\" height=\"406\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House-Massicotte-532x600.jpg 532w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House-Massicotte.jpg 843w\" sizes=\"(max-width: 360px) 100vw, 360px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2719\" class=\"wp-caption-text\">\u00abMile End Lodge\u00bb peu avant sa d\u00e9molition, vers 1914. La notice dans les \u00abalbums de rue d\u2019E-Z Massicotte\u00bb (BAnQ), l\u2019identifie \u00e0 tort comme une ancienne barri\u00e8re \u00e0 p\u00e9age.<\/p><\/div>\n<div style=\"clear: both;\">\n<div id=\"attachment_2717\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2717\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2717 \" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House-600x400.jpg\" alt=\"\u00abDurham House\u00bb, la maison offerte par John Clark \u00e0 Stanley Bagg et Mary-Ann Clark comme cadeau de mariage en 1819. Situ\u00e9e \u00e0 l\u2019intersection sud-ouest de l\u2019actuelle rue Prince-Arthur et du boulevard Saint-Laurent. (Aquarelle de John Hugh Ross, 1891, mus\u00e9e McCord.)\" width=\"360\" height=\"240\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House-600x400.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 360px) 100vw, 360px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2717\" class=\"wp-caption-text\">\u00abDurham House\u00bb, la maison offerte par John Clark \u00e0 Stanley Bagg et Mary-Ann Clark comme cadeau de mariage en 1819. Situ\u00e9e \u00e0 l\u2019intersection sud-ouest de l\u2019actuelle rue Prince-Arthur et du boulevard Saint-Laurent. (Aquarelle de John Hugh Ross, 1891, mus\u00e9e McCord <a href=\"http:\/\/collections.musee-mccord.qc.ca\/fr\/collection\/artefacts\/M980.184.1.34\">M980.184.1.34<\/a>.)<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_2718\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House-StanleyClarkBagg.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2718\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2718 \" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House-StanleyClarkBagg-600x478.jpg\" alt=\"- \u00abDurham House\u00bb, photo non dat\u00e9e. La maison a \u00e9t\u00e9 d\u00e9molie vers 1928 (collection de la famille Bagg).\" width=\"360\" height=\"287\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House-StanleyClarkBagg-600x478.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Durham-House-StanleyClarkBagg-1024x816.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 360px) 100vw, 360px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2718\" class=\"wp-caption-text\">\u00abDurham House\u00bb, photo non dat\u00e9e. La maison a \u00e9t\u00e9 d\u00e9molie vers 1928 (collection de la famille Bagg).<\/p><\/div>\n<div style=\"clear: both;\"><\/div>\n<div id=\"attachment_2715\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mitcheson-Cottage-1970-1844.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2715\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2715 \" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mitcheson-Cottage-1970-1844-600x437.jpg\" alt=\"\u00abMitcheson Cottage\u00bb. La petite maison fut construite au coin nord-ouest des actuelles rues Clark et Bagg pour la veuve de John Clark, Mary Mitcheson. Mus\u00e9e Stewart.\" width=\"360\" height=\"262\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mitcheson-Cottage-1970-1844-600x437.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mitcheson-Cottage-1970-1844-1024x746.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mitcheson-Cottage-1970-1844.jpg 1800w\" sizes=\"(max-width: 360px) 100vw, 360px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2715\" class=\"wp-caption-text\">\u00abMitcheson Cottage\u00bb. La petite maison fut construite au coin nord-ouest des actuelles rues Clark et Bagg pour la veuve de John Clark, Mary Mitcheson. (Aquarelle de John Hugh Ross, mus\u00e9e Stewart, 1970.1844)<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_2716\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/\u00c0-louer.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2716\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2716 \" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/\u00c0-louer.jpg\" alt=\"\u2013 Le 29 f\u00e9vrier 1840, May Mitcheson met le cottage en location d\u00e9crivant ainsi la propri\u00e9t\u00e9 : \u00abUne maison et un jardin, avec un p\u00e2turage pour au moins 10 vaches, et 18 acres de praires, \u00e0 proximit\u00e9 de la vieille piste de course \u2013 un bon emplacement pour vendre du lait ou pour une r\u00e9sidence d\u2019\u00e9t\u00e9 pour une famille distingu\u00e9e. Pr\u00eat \u00e0 louer avec ou sans la terre.\u00bb Montreal Transcript, 5 mars 1840, p.1.\" width=\"360\" height=\"232\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2716\" class=\"wp-caption-text\">Le 29 f\u00e9vrier 1840, Mary Mitcheson met le cottage en location d\u00e9crivant ainsi la propri\u00e9t\u00e9 : \u00abUne maison et un jardin, avec un p\u00e2turage pour au moins 10 vaches, et 18 acres de praires, \u00e0 proximit\u00e9 de la vieille piste de course \u2013 un bon emplacement pour vendre du lait ou pour une r\u00e9sidence d\u2019\u00e9t\u00e9 pour une famille distingu\u00e9e. Pr\u00eat \u00e0 louer avec ou sans la terre.\u00bb <em>Montreal<\/em> <em>Transcript<\/em>, 5 mars 1840, p.1.<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chapitre 3, deuxi\u00e8me partie\u00a0: Stanley Clark Bagg Lors de son d\u00e9c\u00e8s, en 1827, John Clark laisse la plupart de ses biens \u00e0 son unique petit-fils, Stanley Clark Bagg (1820-1873). Dans ce m\u00eame testament, John Clark l\u00e8gue \u00e0 sa femme Mary Mitcheson\u00a0la plus grande partie de la\u00a0Mile End Farm de 60 arpents qui longe le chemin [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":2794,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[25],"tags":[30,29],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2710"}],"collection":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2710"}],"version-history":[{"count":54,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2710\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5007,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2710\/revisions\/5007"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2794"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2710"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2710"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2710"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}