{"id":4008,"date":"2017-02-18T14:25:55","date_gmt":"2017-02-18T19:25:55","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=4008"},"modified":"2021-07-06T16:26:31","modified_gmt":"2021-07-06T20:26:31","slug":"un-balcon-menace-a-balconville","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/un-balcon-menace-a-balconville\/","title":{"rendered":"Un balcon menac\u00e9 \u00e0 Balconville"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #008000;\"><em>Le 17 f\u00e9vrier 2017, le toit de l&#8217;\u00e9difice situ\u00e9 au coin nord-est des avenues Laurier et de l&#8217;Esplanade s&#8217;est effondr\u00e9, victime de plusieurs ann\u00e9es d&#8217;abandon. En raison de l&#8217;ampleur des dommages, la Ville de Montr\u00e9al a ordonn\u00e9 sa d\u00e9molition, emportant un t\u00e9moin important de la p\u00e9riode juive du Mile End. En avril 2012, Zev Moses, le directeur du <a href=\"http:\/\/mimj.ca\/\">Mus\u00e9e du Montr\u00e9al juif<\/a>, a \u00e9crit un article racontant l&#8217;histoire de cet \u00e9difice et plaidant pour que son balcon soit pr\u00e9serv\u00e9. Avec la g\u00e9n\u00e9reuse permission de Zev, M\u00e9moire du Mile End est heureux de pr\u00e9senter au public francophone une version adapt\u00e9e de cette page d&#8217;histoire.<\/em><\/span><\/p>\n<p>_______________________________________________________________<\/p>\n<p>En descendant l&#8217;avenue de l&#8217;Esplanade, il y a quelques jours, je suis pass\u00e9 devant un \u00e9difice au coin de Laurier fra\u00eechement peint en noir, avec des affiches annon\u00e7ant une r\u00e9novation et 9 000 pieds carr\u00e9s d&#8217;espace commercial. Le panneau comporte un rendu d&#8217;un caf\u00e9 th\u00e9orique avec des dizaines de personnes assises dehors sur une terrasse, profitant du soleil. Normalement, une telle affiche n&#8217;attirerait pas mon attention, car Montr\u00e9al est actuellement au milieu d&#8217;un mini-boom immobilier. Mais le b\u00e2timent qui doit \u00eatre r\u00e9nov\u00e9 n&#8217;est pas un b\u00e2timent ordinaire. Cach\u00e9 par l&#8217;affiche m\u00eame annon\u00e7ant la r\u00e9novation, se trouve un balcon sans pr\u00e9tention qui est absolument unique \u00e0 Montr\u00e9al et au Canada.<\/p>\n<div id=\"attachment_4009\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4009\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-4009\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Zev-2012.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"373\" \/><p id=\"caption-attachment-4009\" class=\"wp-caption-text\">Le quartier-g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;UJPO en 2012, devenu la salaison cach\u00e8re Glatt&#8217;s. Photo : Zev Moses.<\/p><\/div>\n<p>Le b\u00e2timent a servi de quartier g\u00e9n\u00e9ral au \u00ab United Jewish People Order \u00bb (UJPO), de 1947 \u00e0 1950. Il a ensuite \u00e9t\u00e9 occup\u00e9 par le Centre sioniste-travailliste Farband de 1951 \u00e0 1968. \u00c0 partir de 1962, le b\u00e2timent a \u00e9galement abrit\u00e9 Glatt&#8217;s, une boucherie casher qui se trouvait d&#8217;abord juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9, au coin ouest d&#8217;Esplanade, depuis 1933. Bien qu&#8217;il y ait maintenant une importante population hassidique \u00e0 quelques p\u00e2t\u00e9s de maisons, Glatt \u00e9tait l&#8217;une des derni\u00e8res entreprises juives du Plateau et du Mile End qui descend directement de l&#8217;\u00e8re de l&#8217;immigration juive de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Les entreprises vont et viennent et les collectivit\u00e9s se d\u00e9placent d&#8217;un endroit \u00e0 l&#8217;autre. Mais certains points de rep\u00e8re valent la peine d&#8217;\u00eatre pr\u00e9serv\u00e9s. Le balcon du 5101 de l&#8217;Esplanade est l&#8217;un d&#8217;entre eux, car il a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l&#8217;histoire canadienne et juive. \u00c7a m\u00e9rite quelques explications. Pendant les premi\u00e8res d\u00e9cennies du XXe si\u00e8cle, les Juifs d&#8217;Europe de l&#8217;Est \u00e9migr\u00e9s \u00e0 Montr\u00e9al \u00e9taient souvent pauvres et politiquement radicaux. Des milliers de Juifs montr\u00e9alais ont commenc\u00e9 leur nouvelle vie ici en travaillant dans des usines de v\u00eatements, ou en tant que colporteurs ou petits marchands. Ils se sont organis\u00e9s politiquement selon des affiliations d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablies dans leur pays d&#8217;origine ou dans de nouveaux groupes canadiens. Ces organisations politiques \u00e9taient extr\u00eamement actives dans la communaut\u00e9 juive montr\u00e9alaise et n&#8217;\u00e9taient certainement pas monolithiques.<\/p>\n<p>\u00c0 la \u00ab droite \u00bb de la gauche juive, se trouvaient les sionistes-travaillistes, li\u00e9s \u00e0 ce qui allait devenir le parti travailliste, celui qui a dirig\u00e9 Isra\u00ebl pendant trois d\u00e9cennies. Le mouvement, qui a repris l&#8217;\u00e9difice d&#8217;Esplanade en 1951, incluait l&#8217;organisation syndicale sioniste canadienne, le groupe de jeunesse Habonim, l&#8217;organisation des femmes pionni\u00e8res et les bureaux de la colonie de vacances Unzer. Fait int\u00e9ressant, les membres d&#8217;Habonim ont soutenu la campagne de 1943 de David Lewis, le futur chef du NPD, en tant que candidat du CCF au Parlement f\u00e9d\u00e9ral. Les dirigeants de l&#8217;UJPO appuyaient plut\u00f4t Fred Rose ; la victoire de ce dernier, dans Montr\u00e9al-Cartier, en a fait le seul d\u00e9put\u00e9 communiste de l&#8217;histoire canadienne.<\/p>\n<div id=\"attachment_4010\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4010\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4010\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Labor-Zionist-Centre-600x453.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"453\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Labor-Zionist-Centre-600x453.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Labor-Zionist-Centre-768x580.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Labor-Zionist-Centre-1024x774.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4010\" class=\"wp-caption-text\">Le quartier g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;UJPO, alors le Labour Zionist Center, vers 1952. Archives de la Biblioth\u00e8que publique juive<\/p><\/div>\n<p>Mais les sionistes n&#8217;auraient jamais occup\u00e9 ce b\u00e2timent n&#8217;eut \u00e9t\u00e9 du raid historique du 27 janvier 1950 de l&#8217;escouade \u00ab anti-subversive \u00bb de la Police provinciale du Qu\u00e9bec. En 1937, le premier ministre du Qu\u00e9bec, Maurice Duplessis, avait promulgu\u00e9 la tristement c\u00e9l\u00e8bre loi du cadenas. Elle permettait au gouvernement de fermer les locaux des organisations politiquement ind\u00e9sirables pendant une p\u00e9riode pouvant aller jusqu&#8217;\u00e0 12 mois sans porter d&#8217;accusations formelles. La loi, \u00e9galement connue sous le nom de \u00ab la loi prot\u00e9geant la province contre la propagande communiste \u00bb, permettait aussi \u00e0 la police de confisquer les biens \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du b\u00e2timent. La loi est historiquement consid\u00e9r\u00e9e comme l&#8217;une des plus r\u00e9pressives de l&#8217;histoire canadienne. La fermeture du si\u00e8ge de l&#8217;UJPO, au plus fort de la Guerre froide, est l&#8217;un des cas les plus notoires d&#8217;utilisation de cette loi arbitraire.<\/p>\n<p>Si les sionistes travaillistes repr\u00e9sentaient la \u00ab droite \u00bb de la gauche juive, l&#8217;UJPO se trouvait \u00e0 gauche de la gauche. L&#8217;UJPO a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 \u00e0 la suite d&#8217;une scission, en 1928, au sein d&#8217;une organisation culturelle et socialiste yiddish, l&#8217;\u00ab Arbeiter Ring \u00bb (Cercle des travailleurs). L&#8217;actuelle Sala Rossa, boulevard Saint-Laurent au sud de Saint-Joseph, \u00e9tait d&#8217;ailleurs le quartier-g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;Arbeiter Ring. Les deux organismes offraient une foule de services \u00e0 leurs membres : assurances collectives, loisirs, colonies de vacances, etc. M\u00eame s&#8217;il ne fallait pas \u00eatre membre du Parti communiste pour adh\u00e9rer \u00e0 l&#8217;UJPO, la plupart des dirigeants, eux, l&#8217;\u00e9taient.<\/p>\n<p>L&#8217;UJPO g\u00e9rait aussi l&#8217;\u00e9cole primaire yiddish Morris Winchevsky, situ\u00e9e dans un \u00e9difice aujourd&#8217;hui disparu, \u00e0 l&#8217;intersection des rues Clark et Villeneuve. Morris Winchevsky \u00e9tait un po\u00e8te yiddish communiste am\u00e9ricain : le quartier g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;avenue Laurier portait d&#8217;ailleurs \u00e9galement le nom de Centre culturel Morris Winchevsky. L&#8217;UJPO parrainait des conf\u00e9rences, des concerts, des chorales folkloriques et m\u00eame des camps d&#8217;\u00e9t\u00e9, cr\u00e9ant un milieu culturel immersif pour ses membres. Un de ces camps, \u00ab Nitgedeiget \u00bb (qui signifie \u00ab ne vous inqui\u00e9tez pas \u00bb) accueillait aussi des enfants canadiens-fran\u00e7ais, un rare exemple d&#8217;\u00e9change culturel et d&#8217;inclusion \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n<p>L&#8217;UJPO ne soutenait pas la cause sioniste. Il cherchait plut\u00f4t une solution \u00e0 la question nationale juive dans le cadre de l&#8217;Union sovi\u00e9tique. L&#8217;organisme appuyait la cr\u00e9ation de Birobidjan &#8211; une petite r\u00e9gion autonome juive en Sib\u00e9rie. [\u2026] Ce n&#8217;est qu&#8217;en 1948, avec la cr\u00e9ation de l&#8217;\u00c9tat d&#8217;Isra\u00ebl et l&#8217;augmentation de la r\u00e9pression anti-juive en Union sovi\u00e9tique, que l&#8217;UJPO a timidement commenc\u00e9 \u00e0 soutenir Isra\u00ebl. Vers le milieu des ann\u00e9es 1950, apr\u00e8s de nouvelles purges, l&#8217;UJPO a cess\u00e9 d&#8217;appuyer l&#8217;Union sovi\u00e9tique.<\/p>\n<p>Le raid de janvier 1950 de la Police provinciale du Qu\u00e9bec a co\u00efncid\u00e9 avec le d\u00e9but du d\u00e9clin de l&#8217;UJPO. Alors que l&#8217;Union Sovi\u00e9tique devenait de plus en plus discr\u00e9dit\u00e9e au sein de la gauche, les enfants des membres de l&#8217;UJPO s&#8217;int\u00e9ressaient moins au yiddish (l&#8217;anglais \u00e9tant la langue de choix) ou \u00e0 la politique radicale (puisqu&#8217;ils acc\u00e9daient \u00e0 la classe moyenne). Les groupes de gauche subissaient une pression incroyable de la part des autorit\u00e9s, y compris la GRC, qui surveillait \u00e9troitement les activit\u00e9s de l&#8217;UJPO. M\u00eame les organisations juives ont ressenti le besoin de s&#8217;\u00e9loigner de l&#8217;UJPO. Le Congr\u00e8s juif canadien, dirig\u00e9 par Samuel Bronfman, qui r\u00e9unissait des repr\u00e9sentants de groupes juifs de tous les horizons politiques, a expuls\u00e9 l&#8217;UJPO de ses rangs en 1951.<\/p>\n<div id=\"attachment_4012\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4012\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4012\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cadenas-600x590.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"590\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cadenas-600x590.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cadenas-768x755.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cadenas-1024x1007.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cadenas.jpg 1190w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4012\" class=\"wp-caption-text\">Paul Benoit, chef de l&#8217;escouade anti-subversive de la Police provinciale, au moment o\u00f9 il appose le cadenas sur l&#8217;entr\u00e9e du quartier-g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;UJPO, avenue de l&#8217;Esplanade, 27 janvier 1950. [Paul Normandin, <i>The Padlock Law Threatens You!<\/i>, Canadian Civil Liberties Union \u2013\u00a0BAnQ]<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_4011\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4011\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4011\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/La-Patrie-600x502.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"502\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/La-Patrie-600x502.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/La-Patrie-768x642.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/La-Patrie-1024x856.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/La-Patrie.jpg 1280w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4011\" class=\"wp-caption-text\">La Patrie, 28 janvier 1950.<\/p><\/div>\n<p>Mais l&#8217;UJPO n&#8217;a pas disparu. Il est encore pr\u00e9sent \u00e0 Toronto, o\u00f9 il dirige un camp d&#8217;\u00e9t\u00e9 et le centre Morris Winchevsky, qui promeut les valeurs socialistes et le juda\u00efsme la\u00efque. Des groupes sont aussi actifs \u00e0 Winnipeg et \u00e0 Vancouver.<\/p>\n<p>Ce long pr\u00e9ambule \u00e9tait n\u00e9cessaire pour expliquer le r\u00f4le du fameux balcon au 5101 avenue de l&#8217;Esplanade. Eiran Harris, archiviste \u00e9m\u00e9rite \u00e0 la Biblioth\u00e8que publique juive, et lui-m\u00eame un ancien membre du Habonim qui fr\u00e9quentait le b\u00e2timent lors des ann\u00e9es 1950, m&#8217;a expliqu\u00e9 l&#8217;unicit\u00e9 et l&#8217;importance de ce balcon. Lorsque l&#8217;UJPO a construit le b\u00e2timent de style moderniste en 1947, on a cr\u00e9\u00e9 un auditorium au rez-de-chauss\u00e9e et des bureaux au deuxi\u00e8me \u00e9tage. Le b\u00e2timent dispose d&#8217;un seul balcon avec un mur inhabituellement haut de cinq pieds. La plupart des murs de balcon, cependant, sont d&#8217;\u00e0 peine plus de 3 pieds. Alors pourquoi le mur \u00e9tait-il si haut?<\/p>\n<p>L&#8217;explication r\u00e9side dans la politique du b\u00e2timent lui-m\u00eame. L&#8217;UJPO esp\u00e9rait utiliser le balcon comme une tribune permettant \u00e0 ses dirigeants d&#8217;haranguer la foule rassembl\u00e9e plus bas. On imitait ainsi les dirigeants sovi\u00e9tiques qui pronon\u00e7aient leurs discours du haut de balcons similairement \u00e9lev\u00e9s. Harris note la similitude avec les balcons utilis\u00e9s pour les discours sur la Place Rouge de Moscou lors des d\u00e9fil\u00e9s du 1er mai. Un mur plus \u00e9lev\u00e9 visait \u00e0 prot\u00e9ger (un peu) les orateurs des tentatives d&#8217;assassinat. Cette explication peut \u00eatre vraie, mais le mur \u00e9lev\u00e9 a pu \u00e9galement \u00eatre un dispositif architectural, destin\u00e9 \u00e0 s&#8217;aligner avec les linteaux au-dessus des fen\u00eatres du premier \u00e9tage.<\/p>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<p>Certains diront que cette d\u00e9fense d&#8217;un simple balcon n&#8217;est qu&#8217;un autre exemple d&#8217;une nostalgie d\u00e9plac\u00e9e envers des groupes et des mouvements r\u00e9volus. Des groupes comme l&#8217;UJPO et le Farband, cependant, ont eu une grande importance \u00e0 leur \u00e9poque et repr\u00e9sentent une partie du panth\u00e9on complexe de la vie juive montr\u00e9alaise de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 20\u00e8me si\u00e8cle. Ignorer ces mouvements, leurs histoires et, oui, leur empreinte physique sur notre tissu urbain, c&#8217;est simplifier l&#8217;histoire juive, canadienne et qu\u00e9b\u00e9coise ainsi que la diversit\u00e9 montr\u00e9alaise. Dans ce cas, un balcon n&#8217;est pas seulement un balcon.<\/p>\n<p>Publication originale, 20 avril 2012 : <a href=\"http:\/\/thirdsolitude.tumblr.com\/post\/21450294508\/notjustanotherbalcony\">http:\/\/thirdsolitude.tumblr.com\/post\/21450294508\/notjustanotherbalcony<\/a><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 17 f\u00e9vrier 2017, le toit de l&#8217;\u00e9difice situ\u00e9 au coin nord-est des avenues Laurier et de l&#8217;Esplanade s&#8217;est effondr\u00e9, victime de plusieurs ann\u00e9es d&#8217;abandon. En raison de l&#8217;ampleur des dommages, la Ville de Montr\u00e9al a ordonn\u00e9 sa d\u00e9molition, emportant un t\u00e9moin important de la p\u00e9riode juive du Mile End. 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