{"id":4228,"date":"2017-11-04T13:34:24","date_gmt":"2017-11-04T17:34:24","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=4228"},"modified":"2017-11-28T17:53:36","modified_gmt":"2017-11-28T22:53:36","slug":"nommer-un-lieu-cest-se-lapproprier-la-renaissance-dun-quartier-nomme-mile-end","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/nommer-un-lieu-cest-se-lapproprier-la-renaissance-dun-quartier-nomme-mile-end\/","title":{"rendered":"\u00ab Nommer un lieu, c&#8217;est se l&#8217;approprier \u00bb&nbsp;: la renaissance d&#8217;un quartier nomm\u00e9 Mile End"},"content":{"rendered":"<p><em>(Ce texte est la conf\u00e9rence prononc\u00e9e par Yves Desjardins, le 27 octobre 2017, dans le cadre du Forum d&#8217;histoire et de patrimoine de Montr\u00e9al, \u00ab&nbsp;D\u00e9couvrir la m\u00e9tropole par ses quartiers&nbsp;\u00bb. Le Forum \u00e9tait organis\u00e9 conjointement par le Laboratoire d&#8217;histoire et de patrimoine de Montr\u00e9al (UQAM), les Archives de la Ville de Montr\u00e9al et la F\u00e9d\u00e9ration Histoire Qu\u00e9bec.)<\/em><\/p>\n<p>Mon intention est de montrer comment la r\u00e9\u00e9mergence de ce curieux toponyme montr\u00e9alais, Mile End, est li\u00e9 aux identit\u00e9s qui se tissent \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle des quartiers, des bouts de rues, et des familiarit\u00e9s issues des relations de voisinage. Ces micro-identit\u00e9s qui se forment aux interstices et aux marges des \u00ab grandes \u00bb identit\u00e9s, ethniques, nationales ou encore religieuses. Je veux \u00e9galement explorer le r\u00f4le de l&#8217;institution paroissiale, qui a servi de p\u00f4le identitaire pendant plus d&#8217;un si\u00e8cle aux \u00ab immigrants de l&#8217;int\u00e9rieur \u00bb, c&#8217;est \u00e0 dire les familles catholiques canadienne-fran\u00e7aises venues par milliers des campagnes environnantes chercher du travail \u00e0 Montr\u00e9al, au tournant du XXe si\u00e8cle. Dans le cas du Mile End, la paroisse Saint-Enfant-J\u00e9sus a de plus jou\u00e9 un r\u00f4le de charni\u00e8re lors de l&#8217;\u00e9mergence de nouvelles identit\u00e9s locales, pendant la d\u00e9cennie 1960.<\/p>\n<p>Il n&#8217;y a pas lieu de revenir ici sur les origines du toponyme&nbsp;: mon coll\u00e8gue Justin Bur a d\u00e9m\u00eal\u00e9 cette question lors d&#8217;un colloque que le Laboratoire a organis\u00e9 en 2013, conjointement avec le Mus\u00e9e McCord<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Il suffit de mentionner que d&#8217;abord associ\u00e9 \u00e0 une auberge de campagne \u00e9ponyme et \u00e0 une piste de courses de chevaux d\u00e8s les ann\u00e9es 1810, puis \u00e0 une gare et \u00e0 un village \u2013 Saint-Louis-du-Mile-End \u2013 \u00a0Mile End est au 19e si\u00e8cle un lieu-dit tr\u00e8s connu des Montr\u00e9alais. Mais le nom s&#8217;efface progressivement tout au long du XXe si\u00e8cle. Il survivra un certain temps chez les immigrants italiens et juifs de premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, qui nommeront \u00ab Milenne \u00bb leur quartier situ\u00e9 au nord de la voie ferr\u00e9e, aujourd&#8217;hui La Petite-Italie. Mais pour la plupart des Montr\u00e9alais, le nom va tomber presque compl\u00e8tement dans l&#8217;oubli pendant les d\u00e9cennies 1940-1970. \u00c0 tel point qu&#8217;en 1969, le chroniqueur-historien Edgar Andrew Collard citera dans <em>The Gazette<\/em> la lettre d&#8217;un r\u00e9sidant de longue date du quartier&nbsp;: il y \u00e9voque le Mile End comme un nom d&#8217;antan oubli\u00e9, sauf par les vieux paroissiens de Saint-Enfant-J\u00e9sus, qui nomment encore leur \u00e9glise comme \u00e9tant celle \u00ab&nbsp;du Mile End&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_4230\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4230\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4230\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mile-End-Church-600x382.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"382\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mile-End-Church-600x382.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mile-End-Church-768x489.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mile-End-Church-1024x652.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Mile-End-Church.jpg 1614w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4230\" class=\"wp-caption-text\">Le parc Lahaie et l&#8217;\u00e9glise Saint-Enfant-J\u00e9sus en 1915. Pointe-\u00e0-Calli\u00e8re, Cit\u00e9 d&#8217;arch\u00e9ologie et d&#8217;histoire de Montr\u00e9al, fonds Christian Paquin.<\/p><\/div>\n<p>Et le fait est que c&#8217;est la paroisse qui a gard\u00e9 ce nom en vie. Mon grand-p\u00e8re disait \u00eatre du Mile End; pour lui, \u00e7a voulait dire \u00eatre un Canadien-fran\u00e7ais catholique de Saint-Enfant-J\u00e9sus. En cela, m\u00eame s&#8217;il ne l&#8217;avait probablement pas lu, il rejoignait le plus c\u00e9l\u00e8bre r\u00e9sidant de son presbyt\u00e8re, Lionel Groulx, qui y a v\u00e9cu de 1917 \u00e0 1927. Dans ses m\u00e9moires, Groulx d\u00e9crit une paroisse-mod\u00e8le, nomm\u00e9e la \u00ab&nbsp;M\u00e2laine&nbsp;\u00bb par ses paroissiens, et, \u00e9crit-il, y appartenir \u00e9tait le \u00ab&nbsp;titre de fiert\u00e9 d&#8217;une fraternit\u00e9 attendrie&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> \u2026 Lucia Ferretti et Jean-Claude Robert ont bien montr\u00e9 comment la paroisse urbaine montr\u00e9alaise s&#8217;impose dans la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle comme une m\u00e9diation incontournable pour les ruraux canadiens-fran\u00e7ais qui viennent par milliers en ville \u00e0 la recherche d&#8217;emplois<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. \u00c0 un moment o\u00f9 l&#8217;\u00c9tat n&#8217;existe que minimalement, c&#8217;est \u00e0 elle que revient la t\u00e2che d&#8217;assurer \u00e9ducation, loisirs, soins de sant\u00e9 et secours aux indigents. C&#8217;est \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;institution paroissiale que se d\u00e9ploie la vie sociale du quartier&nbsp;: ses multiples confr\u00e9ries, fraternit\u00e9s, ligues de d\u00e9votion, sans parler des loisirs paroissiaux \u2013 chorales, \u00e9quipes sportives, fanfares, et troupes de th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<div id=\"attachment_4231\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4231\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4231\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Groulx-au-presbytere-du-ME-600x367.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"367\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Groulx-au-presbytere-du-ME-600x367.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Groulx-au-presbytere-du-ME-768x470.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Groulx-au-presbytere-du-ME-1024x627.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Groulx-au-presbytere-du-ME-570x350.jpg 570w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4231\" class=\"wp-caption-text\">Lionel Groulx dans sa chambre au presbyt\u00e8re du Mile End, vers 1920. Fondation Lionel-Groulx.<\/p><\/div>\n<p>Dans le cas de Saint-Enfant-J\u00e9sus, ce r\u00f4le identitaire est renforc\u00e9 par la mixit\u00e9 sociale prononc\u00e9e de sa population. Un quartier populaire peupl\u00e9 par ceux et celles qui travaillent dans les usines et manufactures environnant la voie ferr\u00e9e cohabite avec une \u00e9lite nationaliste qui vit alors boulevard Saint-Joseph et avenue du Parc. De plus, la paroisse est dirig\u00e9e, de 1915 \u00e0 1930, par un personnage charismatique, Philippe Perrier, un des principaux dirigeants du nationalisme canadien-fran\u00e7ais d&#8217;alors. Sous sa gouverne, on multiplie les initiatives pour faire de Saint-Enfant-J\u00e9sus une r\u00e9f\u00e9rence&nbsp;: garderie populaire, Goutte de lait (\u0153uvre destin\u00e9e \u00e0 enseigner les principes hygi\u00e9nistes aux m\u00e8res des milieux populaires), section Lahaye de l&#8217;Association catholique de la jeunesse canadienne-fran\u00e7aise, Ligue de moralit\u00e9, etc. Par contre, Groulx et Perrier partagent un m\u00eame pessimisme face aux effets corrosifs selon eux d&#8217;une urbanisation qui prend la forme, au Mile End, d&#8217;un environnement de plus en plus cosmopolite<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_4232\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4232\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4232\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Garderie-600x358.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"358\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Garderie-600x358.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Garderie-768x458.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Garderie-1024x611.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Garderie.jpg 1953w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4232\" class=\"wp-caption-text\">Garderie des soeurs Franciscaines missionnaires de Marie, avenue Laurier, ann\u00e9es 1920. Archives des soeurs franciscaines missionnaires de Marie.<\/p><\/div>\n<p>Car, pour ceux et celles qui ne sont pas Canadiens-fran\u00e7ais catholiques et qui sont de plus en plus nombreux \u00e0 s&#8217;installer au Mile End d\u00e8s le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, le sentiment d&#8217;appartenance au quartier ne passe \u00e9videmment pas par Saint-Enfant-J\u00e9sus&nbsp;: les catholiques irlandais, fort nombreux alors, ont, sur le m\u00eame territoire, leur propre paroisse \u2013 St. Michael \u2013 d\u00e8s 1902; pendant les ann\u00e9es 1890, des promoteurs immobiliers venus de Toronto baptisent le secteur encore rural compris entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Durocher \u00e0 Outremont, Montreal Annex<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Ce nouveau quartier, d&#8217;abord fortement anglo-protestant, d\u00e9veloppe une identit\u00e9 distincte. \u00c0 un point tel que, lors d&#8217;une \u00e9meute religieuse provoqu\u00e9e par le pros\u00e9lytisme de l&#8217;Arm\u00e9e du Salut, survenue avenue Fairmount en 1905, un r\u00e9sidant dira que les agitateurs venaient \u00ab&nbsp;de l&#8217;ext\u00e9rieur&nbsp;\u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire du Mile End, situ\u00e9 selon lui du c\u00f4t\u00e9 est du boulevard Saint-Laurent<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. De plus, la fermeture de la gare du Mile End, en 1931, entra\u00eene la disparition d&#8217;un autre rep\u00e8re g\u00e9ographique et toponymique plus neutre, autant pour les r\u00e9sidants des environs que pour les Montr\u00e9alais.<\/p>\n<p>De fait, Mordecai Richler qui, plus que tout autre, a cristallis\u00e9 le souvenir de la p\u00e9riode juive du Mile End entre 1920 et 1950 n&#8217;utilise pas ce nom. Il parle plut\u00f4t du ghetto, ou encore du quartier de la rue Saint-Urbain. De m\u00eame, lorsque la communaut\u00e9 italienne, qui prend la place des irlandais et des juifs dans les rues de l&#8217;ouest du Mile End \u00e0 partir des ann\u00e9es 1950, se mobilise pour protester contre ses \u00e9coles surpeupl\u00e9es en 1968, le journaliste qui rend compte de l&#8217;assembl\u00e9e ne trouve d&#8217;autre fa\u00e7on de d\u00e9crire le quartier que comme \u00e9tant la zone connue sous le nom de &#8220;St. Urbain Strip&#8221;<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Il faut dire ici que les ann\u00e9es 1950-1960 ont agi comme un puissant dissolvant du tissu social des quartiers centraux montr\u00e9alais&nbsp;: l&#8217;exode des classes moyennes vers les nouvelles banlieues, gr\u00e2ce \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralisation de l&#8217;automobile, s&#8217;est traduit par un appauvrissement marqu\u00e9 et une perte d&#8217;identit\u00e9 de ces quartiers. Le Mile End n&#8217;a pas fait exception, loin de l\u00e0. Le secteur a perdu son identit\u00e9 \u00e0 un point tel qu&#8217;en 1970, un journaliste de <em>La Presse<\/em>, d\u00e9crivant le district \u00e9lectoral Saint-Louis, \u00e9crit qu&#8217;il s&#8217;appelle \u00e9galement Mile End, \u00ab&nbsp;une appellation ancienne, ajoute-t-il, aussi mal accept\u00e9e que mal connue<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>&nbsp;\u00bb. Tellement mal connue, en effet, que le journaliste situe le carr\u00e9 Saint-Louis au Mile End&nbsp;!<\/p>\n<p>La paroisse Saint-Enfant-J\u00e9sus n&#8217;est pas \u00e0 l&#8217;abri de ces effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res. Elle est aussi frapp\u00e9e de plein fouet par la baisse foudroyante de la pratique religieuse des ann\u00e9es 1960. En m\u00eame temps, la paroisse reste dans ce quartier d\u00e9laiss\u00e9 un des rares filet de s\u00e9curit\u00e9 offert \u00e0 une population qui d\u00e9pend de plus en plus de l&#8217;aide sociale et de l&#8217;assurance-ch\u00f4mage. L&#8217;\u00c9glise n&#8217;est \u00e9videmment pas rest\u00e9e sans r\u00e9agir aux bouleversements de cette p\u00e9riode. En 1965, le cardinal L\u00e9ger confie \u00e0 l&#8217;abb\u00e9 Norbert Lacoste, fondateur du d\u00e9partement de sociologie de l&#8217;Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, le mandat de regrouper les paroisses montr\u00e9alaises qui partagent la m\u00eame situation et les m\u00eames probl\u00e8mes dans des zones pastorales. L&#8217;un des buts est de d&#8217;unifier l&#8217;action communautaire et sociale de ces paroisses<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Norbert Lacoste regroupera donc 11 paroisses du centre-nord de la ville dans une zone qu&#8217;il baptise Mile End. Or, ces 11 paroisses recoupent presqu&#8217;exactement le territoire de l&#8217;arrondissement du Plateau-Mont-Royal contemporain ! Les seules exceptions sont la paroisse Notre-Dame-de-la-Salette, qui correspond au quartier Milton-Parc, dans le sud-ouest de l&#8217;actuel Plateau et une petite partie de Saint-Viateur d&#8217;Outremont. On peut donc affirmer sans exag\u00e9rer que si la typologie de l&#8217;abb\u00e9 Lacoste avait \u00e9t\u00e9 retenue, presque tout le Plateau d&#8217;aujourd&#8217;hui se serait nomm\u00e9 Mile End&nbsp;! Ce Mile End \u00e9largi, dans le contexte d&#8217;une volont\u00e9 de modernisation de l&#8217;action sociale de l&#8217;\u00c9glise, fait donc sortir le toponyme du cadre paroissial o\u00f9 il \u00e9tait confin\u00e9.<\/p>\n<div id=\"attachment_4233\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4233\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-4233\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Carte-4-1024x576.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"576\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Carte-4-1024x576.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Carte-4-600x338.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Carte-4-768x432.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><p id=\"caption-attachment-4233\" class=\"wp-caption-text\">Paroisses de la zone pastorale Mile-End, 1965. Les fronti\u00e8res de l&#8217;arrondissement du Plateau-Mont-Royal sont indiqu\u00e9es par la ligne rouge. Infographie&nbsp;: Justin Bur.<\/p><\/div>\n<p>1965-1966, ce sont \u00e9galement les ann\u00e9es de jonction avec une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de travailleurs sociaux issus des universit\u00e9s \u00e0 un moment o\u00f9 l&#8217;action communautaire est en pleine red\u00e9finition. En 1965, l&#8217;organisme University Settlement, associ\u00e9 \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 McGill, lance le Plan de r\u00e9am\u00e9nagement social et urbain conjointement avec les \u00e9coles de service social de McGill et de l&#8217;Universit\u00e9 de Montr\u00e9al<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. Le territoire desservi, qui part du centre-ville, va d&#8217;abord jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;avenue du Mont-Royal, puis sera \u00e9tendu jusqu&#8217;\u00e0 la rue Saint-Viateur. L&#8217;ann\u00e9e suivante, en 1966, le Conseil des \u0153uvres de Montr\u00e9al, lance l&#8217;\u00ab&nbsp;Op\u00e9ration r\u00e9novation sociale pour lutter contre les in\u00e9galit\u00e9s et la pauvret\u00e9&nbsp;\u00bb. Il d\u00e9signe alors une zone, dite du Mile End, comme l&#8217;un de ses secteurs d&#8217;intervention prioritaire. Son territoire, comme on le voit ici, s&#8217;inspire de la typologie de Norbert Lacoste, mais s&#8217;arr\u00eate \u00e0 la rue Saint-Denis et ajoute un secteur \u00ab&nbsp;nord de Mile-End&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Le 30 mai 1966, les deux groupes participent \u00e0 une assembl\u00e9e h\u00e9berg\u00e9e au sous-sol de l&#8217;\u00e9glise Saint-Enfant-J\u00e9sus par le nouveau vicaire de la paroisse, Hubert Falardeau. L&#8217;un des buts vis\u00e9s est de cr\u00e9er un comit\u00e9 de citoyens sur le mod\u00e8le de ceux cr\u00e9\u00e9s deux ans auparavant dans la Petite-Bourgogne et \u00e0 Saint-Henri. Le mois pr\u00e9c\u00e9dent, Falardeau avait d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9 \u00ab&nbsp;SOS Mile-End&nbsp;\u00bb, dans le but d&#8217;attirer l&#8217;attention des autorit\u00e9s sur un quartier d&#8217;une extr\u00eame pauvret\u00e9<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>.<\/p>\n<p>Personnage-clef, Hubert Falardeau se lance dans un activisme d\u00e9brid\u00e9&nbsp;: il h\u00e9berge au presbyt\u00e8re un groupe de l&#8217;Action sociale \u00e9tudiante \u2013 un programme qui lie \u00e9tudes universitaires et travail sur le terrain; les \u00e9tudiants entreprennent de quadriller le quartier gr\u00e2ce au porte-\u00e0-porte afin d&#8217;en dresser le portrait; il convoque des r\u00e9unions hebdomadaires des r\u00e9sidents \u2013 il en viendra jusqu&#8217;\u00e0 250 \u2013 afin de les amener \u00e0 prendre conscience de leurs droits, particuli\u00e8rement en ce qui concerne l&#8217;aide sociale, l&#8217;\u00e9ducation, le logement et la sant\u00e9. Les projets et les manifestations se multiplient au cours des mois suivants&nbsp;: clinique m\u00e9dicale, pharmacie populaire, coop\u00e9rative d&#8217;habitation, lutte contre les expropriations, nettoyage de terrains vagues transform\u00e9s en d\u00e9potoirs, etc. (SOS ME devient le Comit\u00e9 des citoyens du ME en juillet 1967.) En m\u00eame temps, ses coups d&#8217;\u00e9clat mettent Falardeau en porte-\u00e0-faux autant avec la hi\u00e9rarchie dioc\u00e9saine, qui le rel\u00e8vera de ses fonctions de vicaire, qu&#8217;avec les jeunes militants issus du milieu \u00e9tudiant qui l&#8217;accuseront de cr\u00e9er un culte de la personnalit\u00e9 autour de lui, plut\u00f4t que de faire \u00e9merger un leadership \u00ab naturel \u00bb parmi les r\u00e9sidants du quartier<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_4234\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4234\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4234\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Manif-21-08-1967-600x528.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"528\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Manif-21-08-1967-600x528.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Manif-21-08-1967-768x676.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Manif-21-08-1967.jpg 1003w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4234\" class=\"wp-caption-text\">Manifestation de \u00ab SOS Mile End \u00bb, 21 ao\u00fbt 1967.<\/p><\/div>\n<p>Il reste que gr\u00e2ce \u00e0 ce militantisme, Falardeau fait r\u00e9-\u00e9merger dans la conscience montr\u00e9alaise un toponyme quasi-oubli\u00e9, celui du Mile End. Cette p\u00e9riode charni\u00e8re a m\u00eame permis un passage du t\u00e9moin entre les secteurs est et ouest du quartier, s\u00e9par\u00e9s par la fronti\u00e8re du boulevard Saint-Laurent. En 1967 en effet, dans la foul\u00e9e du travail de l&#8217;Action sociale \u00e9tudiante, le Plan de r\u00e9am\u00e9nagement social et urbain publie une <em>\u00c9tude descriptive des caract\u00e9ristiques du Mile End<\/em>. L&#8217;un des commanditaires de l&#8217;\u00e9tude est le YMCA International de l&#8217;avenue du Parc, car, explique l&#8217;introduction, il \u00ab&nbsp;cherche \u00e0 r\u00e9orienter son action dans le secteur&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. Le YMCA lancera cette m\u00eame ann\u00e9e le \u00ab&nbsp;Mile End West Project&nbsp;\u00bb, dont le but principal est d&#8217;amener les immigrants de l&#8217;ouest du quartier, les Grecs en particulier, \u00e0 prendre conscience de leurs droits et \u00e0 s&#8217;organiser<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>.<\/p>\n<p>Le toponyme s&#8217;impose de fa\u00e7on d\u00e9cisive en 1982. Cette ann\u00e9e-l\u00e0 un nouveau Comit\u00e9 des citoyens du Mile End est cr\u00e9\u00e9, non plus par des animateurs sociaux ou des pr\u00eatres venus de l&#8217;ext\u00e9rieur, mais par des jeunes femmes dont les familles se r\u00e9approprient les maisons de l&#8217;ouest du Mile End. Le YMCA de l&#8217;avenue du Parc a justement fourni le principal soutien logistique \u00e0 ce nouveau comit\u00e9. Cette m\u00eame ann\u00e9e, la Ville de Montr\u00e9al redonne une existence officielle au toponyme en baptisant Mile End le district \u00e9lectoral num\u00e9ro 32, alors surtout identifi\u00e9 \u00e0 la communaut\u00e9 grecque, et dont le territoire correspond au champ d&#8217;action initial du comit\u00e9. Toujours en 1982, la Ville cr\u00e9e la premi\u00e8re Biblioth\u00e8que multiethnique municipale. Situ\u00e9e avenue du Parc et Fairmount, elle la nomme Biblioth\u00e8que du Mile End. Le Mile End rena\u00eet ainsi sous la forme du quartier montr\u00e9alais multiculturel embl\u00e9matique.<\/p>\n<p>Par un curieux retournement des choses, la fronti\u00e8re de ce \u00ab&nbsp;nouveau&nbsp;\u00bb Mile End cosmopolite s&#8217;arr\u00eate alors au boulevard Saint-Laurent. Une enqu\u00eate, men\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 par la g\u00e9ographe Damaris Rose, fait ressortir un faible sentiment d&#8217;appartenance \u00e0 un quartier qui porterait ce nom, dans les rues assimil\u00e9es au \u00ab&nbsp;vieux Mile End francophone et ouvrier&nbsp;\u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire celles situ\u00e9es entre Saint-Laurent et Saint-Denis<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>. \u00c0 tel point que, selon l&#8217;\u00e9tude plus r\u00e9cente de la g\u00e9ographe Marie-Laure Poulot<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>, il faudra attendre la r\u00e9appropriation des anciennes manufactures de v\u00eatements par les artistes et les cr\u00e9ateurs culturels, \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1990, pour que le Mile End traverse de nouveau la fronti\u00e8re du boulevard Saint-Laurent, englobe la partie est, et renoue ainsi avec ses origines historiques.<\/p>\n<p>___________________________________________________________<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Justin Bur, \u00ab&nbsp;\u00c0 la recherche du cheval perdu de Stanley Bagg et des origines du Mile End&nbsp;\u00bb, dans Joanne Burgess et collab., <em>\u00c0 la recherche du savoir&nbsp;: nouveaux \u00e9changes sur les collections du Mus\u00e9e McCord<\/em>, \u00c9ditions MultiMondes, 2016, p. 135-154.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Edgar Andrew Collard, \u00ab&nbsp;Of Many Things&nbsp;\u00bb, <em>The Gazette<\/em>, 15 mars 1969, p. 6.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Lionel Groulx, <em>Mes m\u00e9moires<\/em>, volume deux, Fides, 1972, p. 283-284.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Voir notamment&nbsp;: Lucia Ferretti, <em>Entre voisins. La soci\u00e9t\u00e9 paroissiale en milieu urbain&nbsp;: Saint-Pierre-Ap\u00f4tre de Montr\u00e9al, 1848-1930<\/em>. Bor\u00e9al express, 1992; Jean-Claude Robert, \u00ab&nbsp;Urbanisation et paroisse, le cas de Montr\u00e9al au 19e si\u00e8cle&nbsp;\u00bb, dans Serge Courville et Normand S\u00e9guin, <em>La Paroisse.<\/em> Presses de l&#8217;Universit\u00e9 Laval, 2001 : 86-93.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Lionel Groulx, \u00ab&nbsp;Monseigneur Philippe Perrier, une figure de pr\u00eatre&nbsp;\u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 26 avril 1947, p. 1.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> \u00ab&nbsp;Montreal Annex&nbsp;\u00bb, dans Justin Bur et collab., <em>Dictionnaire historique du Plateau Mont-Royal<\/em>, \u00c9cosoci\u00e9t\u00e9, 2017, p. 271-272.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> \u00ab&nbsp;More Rioting at St. Louis&nbsp;\u00bb, <em>Montreal Star<\/em>, 8 septembre 1905, p. 11.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Claude Arpin, \u00ab&nbsp;Italians Protest School Changes in St. Urbain Street District&nbsp;\u00bb, <em>The Gazette<\/em>, 25 janvier 1968, p. 3.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Michel Lord, \u00ab&nbsp;Saint-Louis&nbsp;\u00bb, <em>La Presse<\/em>, 21 octobre 1970, p. E4.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Norbert Lacoste a d\u00e9coup\u00e9 les zones \u00e0 partir de son \u00ab&nbsp;Enqu\u00eate sur la pratique religieuse \u00e0 Montr\u00e9al&nbsp;\u00bb, bas\u00e9e sur le recensement de 1961. Je tiens \u00e0 remercier Michel Dahan, responsable des archives historiques \u00e0 l&#8217;Archev\u00each\u00e9 de Montr\u00e9al, pour m&#8217;avoir communiqu\u00e9 le nom des paroisses regroup\u00e9es dans la zone Mile-End.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> R\u00e9al Pelletier, \u00ab&nbsp;On met au point un programme d&#8217;animation sociale couvrant un vaste secteur de Montr\u00e9al&nbsp;\u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 8 avril 1965, p. 3; \u00ab&nbsp;Le Plan de r\u00e9am\u00e9nagement social et urbain de Montr\u00e9al&nbsp;\u00bb, <em>La Presse<\/em>, 10 avril 1965, p. 22.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Florian Bernard, \u00ab&nbsp;Premi\u00e8re \u00e9tape de la guerre \u00e0 la pauvret\u00e9&nbsp;: regrouper les services communautaires&nbsp;\u00bb, <em>La Presse<\/em>, 31 mai 1966, p. 4; Guy Ferland, \u00ab&nbsp;La guerre \u00e0 la pauvret\u00e9 ne peut se faire sans la participation active des pauvres&nbsp;\u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 1er juin 1966, p. 11.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Pour un bilan des actions d&#8217;Hubert Falardeau&nbsp;: Florian Bernard, \u00ab&nbsp;Hubert Falardeau, vicaire des d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s&nbsp;: un pr\u00eatre qui a chang\u00e9 l&#8217;allure d&#8217;un quartier&nbsp;\u00bb, <em>La Presse, <\/em>13 septembre 1967, p. 109. Pour les tensions avec les jeunes militants&nbsp;: Jean-Claude Leclerc, \u00ab&nbsp;Des comit\u00e9s de citoyens contestent la \u201ftutelle\u201d de l&#8217;abb\u00e9 Falardeau&nbsp;\u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 8 novembre 1967, p. 2.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Nicole Durand, <em>\u00c9tude descriptive des caract\u00e9ristiques du Mile-End<\/em>, Plan de r\u00e9am\u00e9nagement social et urbain, 1967.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Archives de l&#8217;Universit\u00e9 Concordia, Fonds YMCA-Montr\u00e9al, \u00ab&nbsp;Branch Planning 1967-1972&nbsp;\u00bb, <em>Montreal YMCA \u2013 International Branch. Planning and Development Report<\/em>, 15 juin 1967.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Damaris Rose, \u00ab&nbsp;Le Mile End, un quartier cosmopolite&nbsp;?&nbsp;\u00bb, dans Annick Germain, dir., <em>Cohabitation ethnique et vie de quartier. Rapport final soumis au minist\u00e8re des affaires internationales, de l&#8217;immigration et des communaut\u00e9s culturelles et \u00e0 la Ville de Montr\u00e9al<\/em>, Les Publications du Qu\u00e9bec, 1995, p. 57.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Marie-Laure Poulot, <em>Le long de la Main cosmopolite<\/em>, Presses de l&#8217;Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec, 2017, p. 297-302.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Ce texte est la conf\u00e9rence prononc\u00e9e par Yves Desjardins, le 27 octobre 2017, dans le cadre du Forum d&#8217;histoire et de patrimoine de Montr\u00e9al, \u00ab&nbsp;D\u00e9couvrir la m\u00e9tropole par ses quartiers&nbsp;\u00bb. 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