{"id":4361,"date":"2018-02-21T14:12:14","date_gmt":"2018-02-21T19:12:14","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=4361"},"modified":"2018-03-11T12:55:05","modified_gmt":"2018-03-11T16:55:05","slug":"identites-plurielles-et-le-cas-du-mile-end","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/identites-plurielles-et-le-cas-du-mile-end\/","title":{"rendered":"Identit\u00e9s plurielles et le \u00ab cas \u00bb du Mile End"},"content":{"rendered":"<p>Voici le texte de la communication donn\u00e9e par Yves Desjardins, lors de la premi\u00e8re rencontre \u00c9mile-Ollivier, organis\u00e9e par l&#8217;Institut Jacques-Couture de la TELUQ. La rencontre, qui s&#8217;est tenue le 7 d\u00e9cembre 2017, avait comme th\u00e8me \u00abLe cas du Mile End \u00bb. Les textes de discours et pr\u00e9sentations, ainsi que les vid\u00e9os de cette rencontre sont en ligne \u00e0 cette adresse:\u00a0<a href=\"https:\/\/www.teluq.ca\/rencontres-emile-ollivier\/\">https:\/\/www.teluq.ca\/rencontres-emile-ollivier\/<\/a><\/p>\n<h2>Introduction<\/h2>\n<p>Mon intention, lorsque j&#8217;ai entrepris la r\u00e9daction de l&#8217;<em>Histoire du Mile End<\/em>, il y a de cela plus de cinq ans, \u00e9tait double : d&#8217;abord pr\u00e9senter une synth\u00e8se des travaux r\u00e9cents sur ce quartier montr\u00e9alais original, et ensuite t\u00e9moigner des identit\u00e9s qui se tissent \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle des bouts de rue et des relations de voisinage, aux interstices des \u00ab grandes \u00bb identit\u00e9s, ethniques, nationales ou encore religieuses. Dans ce dernier cas, il s&#8217;agit aussi en partie d&#8217;un r\u00e9cit personnel, puisque, comme je l&#8217;explique dans le prologue, ma famille a des racines dans le Mile End qui remontent \u00e0 1909.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La pertinence de la premi\u00e8re motivation me semblait \u00e9vidente : dans la foul\u00e9e de la patrimonialisation du Plateau Mont-Royal, les \u00e9tudes architecturales, g\u00e9ographiques, ou encore urbanistiques ont \u00e9t\u00e9 nombreuses<a name=\"foot_loc_4361_1\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Quelques exemples\u00a0: Alan Knight, \u00ab Le Plateau Mont-Royal, un projet, un exploit \u00bb, Continuit\u00e9,, no 66, 1995 ; Patri-Arch, \u00c9tude typomorphologique de l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Ville de Montr\u00e9al, 2003\u00a0; Service de mise en valeur du territoire et du patrimoine, \u00c9valuation du patrimoine urbain, arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Ville de Montr\u00e9al, 2005.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/identites-plurielles-et-le-cas-du-mile-end\/#foot_text_4361_1\">1<\/a>. Mais les historiens me semblent avoir \u00e9t\u00e9 singuli\u00e8rement absents de ces travaux. Les derni\u00e8res synth\u00e8ses, soit <em>Les villages du Plateau<\/em>, publi\u00e9 en 1984, ou encore la<em> Petite histoire du Plateau<\/em>, publi\u00e9 en 1979, remontent \u00e0 il y a plus de 30 ans<a name=\"foot_loc_4361_2\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Louiselle Courcy-Legros et Jocelyne Verret, Petite histoire du Plateau: le d\u00e9veloppement du quartier rattach\u00e9 \u00e0 son patrimoine b\u00e2ti. Montr\u00e9al, s.\u00e9., 1979. Michelle Benoit et Roger Gratton, Les villages du Plateau. Montr\u00e9al, CIDEM-Communications, 1984. \u00c9galement\u00a0: Robert Lussier, Le Plateau Mont-Royal au 19e si\u00e8cle, Comit\u00e9 logement Saint-Louis, 1984.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/identites-plurielles-et-le-cas-du-mile-end\/#foot_text_4361_2\">2<\/a>. Pourtant, ce sont ces ouvrages qui sont cit\u00e9s, comme sources historiques, m\u00eame dans les \u00e9tudes les plus r\u00e9centes <a name=\"foot_loc_4361_3\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Pour un exemple, voir la bibliographie de l\u2019article de Kenza Benali, \u00ab Le Plateau-Mont-Royal\u00a0: figure-phare de la montr\u00e9alit\u00e9 \u00bb, dans Juan-Luis Klein et Richard Shearmur, dir., Montr\u00e9al. La cit\u00e9 des cit\u00e9s, collection G\u00e9ographie contemporaine, PUQ, 2017, p. 42-43.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/identites-plurielles-et-le-cas-du-mile-end\/#foot_text_4361_3\">3<\/a>. Un livre publi\u00e9 cette ann\u00e9e, celui de la g\u00e9ographe fran\u00e7aise Marie-Laure Poulot, <em>Le long de la Main cosmopolite<\/em>\u00a0en illustre bien les cons\u00e9quences<a name=\"foot_loc_4361_4\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"Marie-Laure Poulot, Le long de la Main cosmopolite, collection Patrimoine urbain, Montr\u00e9al, PUQ, 2017.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/identites-plurielles-et-le-cas-du-mile-end\/#foot_text_4361_4\">4<\/a>. Le chapitre sur le Mile End y prend la forme d&#8217;entrevues semi-dirig\u00e9es avec ses r\u00e9sidants. L&#8217;un des enjeux soulev\u00e9s est celui d&#8217;une suppos\u00e9e anglicisation croissante du quartier, dans la foul\u00e9e de ce qui est qualifi\u00e9 d\u2019\u00ab invasion des hipsters \u00bb. Ceux-ci proviennent surtout du Canada-anglais et seraient de plus en plus nombreux \u00e0 habiter dans le quartier. Madame Poulot cite un couple franco-qu\u00e9b\u00e9cois r\u00e9cemment install\u00e9 au Mile End. Ils affirment \u00ab avec certitude \u00bb que le ME devient de plus en plus anglophone. Par contre, la femme s&#8217;interroge : mais ce n&#8217;\u00e9tait pas comme \u00e7a avant, si on remonte plus loin dans le temps ? Apr\u00e8s tout, Mile End, c&#8217;est un nom anglais ? On ne trouvera pas la r\u00e9ponse \u00e0 ses questions dans le livre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Probablement en raison de mes 34 ann\u00e9es de d\u00e9tour par le journalisme, j&#8217;ai eu l&#8217;ambition de faire la chronique d&#8217;un quartier, c\u2019est-\u00e0-dire de \u00ab raconter son histoire \u00bb, tout en \u00e9tant conscient du caract\u00e8re s\u00e9lectif de ce choix. L&#8217;approche choisie est donc forc\u00e9ment plus descriptive qu&#8217;analytique. Mon souhait, c\u2019est que cette narration \u00e9v\u00e9nementielle puisse alimenter de nouvelles recherches, plus sp\u00e9cialis\u00e9es. Au moment o\u00f9 les sciences sociales interrogent le quartier comme un espace cr\u00e9ateur d&#8217;identit\u00e9s, il me semblait important que l&#8217;histoire soit au rendez-vous : red\u00e9couvrir, comme dans un palimpseste, les traces enchev\u00eatr\u00e9es laiss\u00e9es par les communaut\u00e9s qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 constitue une clef pour rendre le pr\u00e9sent plus intelligible.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le Mile End est-il l&#8217;exemple m\u00eame d&#8217;une \u00ab heureuse multiethnicit\u00e9 \u00bb, pour reprendre le qualificatif du texte d&#8217;introduction de la premi\u00e8re rencontre \u00c9mile-Ollivier ? Vaste question, \u00e0 laquelle je n&#8217;ai pas la pr\u00e9tention de r\u00e9pondre. Je vous propose plut\u00f4t deux exemples, qui illustrent les enjeux de cohabitation entre des groupes ethniques vivant \u00e0 proximit\u00e9 les uns des autres, \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur d&#8217;un espace urbain restreint et dens\u00e9ment peupl\u00e9. Il s&#8217;agit d&#8217;abord de la campagne \u00e9lectorale municipale de 1934, qui se d\u00e9roule en pleine grande Crise \u00e9conomique, et de la p\u00e9riode, \u00e0 partir du milieu des ann\u00e9es 1980, o\u00f9 les m\u00e9dias qualifient unanimement le Mile End de \u00ab quartier multiethnique montr\u00e9alais par excellence \u00bb.<\/p>\n<h2>Premi\u00e8re partie : la cohabitation conflictuelle<\/h2>\n<p>En 1901, le Mile End est en pleine transformation. Village situ\u00e9 aux portes de la ville, sa population est tr\u00e8s majoritairement d\u2019origine canadienne-fran\u00e7aise et occupe un \u00e9troit corridor centr\u00e9 autour du boulevard Saint-Laurent et du noyau institutionnel form\u00e9 par l\u2019\u00e9glise Saint-Enfant-J\u00e9sus et le parc Lahaie (figure 1). Des milliers d\u2019immigrants \u00ab de l\u2019int\u00e9rieur \u00bb, ruraux venus notamment des Laurentides, d\u00e9barquent \u00e0 la gare du Mile End pour chercher du travail dans les manufactures, de plus en plus nombreuses \u00e0 s\u2019installer \u00e0 proximit\u00e9 de la voie ferr\u00e9e. Ils prennent la place des fermiers, des petits artisans et des journaliers des g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes, souvent employ\u00e9s dans les carri\u00e8res de pierre. Les fermes situ\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 ouest du boulevard Saint-Laurent viennent tout juste d\u2019\u00eatre loties\u00a0: des promoteurs veulent y cr\u00e9er une banlieue destin\u00e9e aux classes moyennes et sup\u00e9rieures, \u00ab Montreal Annex \u00bb. Sa population initiale sera surtout anglo-protestante.<\/p>\n<div id=\"attachment_4371\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4371\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4371\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-1-1-600x341.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"341\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-1-1-600x341.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-1-1-768x436.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-1-1-1024x582.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-1-1.jpg 1088w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4371\" class=\"wp-caption-text\">Figure 1 &#8211; La population de Ville Saint-Louis en 1901. Les rectangles blancs correspondent \u00e0 des lotissements qui n&#8217;ont pas encore \u00e9t\u00e9 b\u00e2tis.<\/p><\/div>\n<p>Montr\u00e9al vit alors la plus forte pouss\u00e9e d\u00e9mographique de son histoire. Trente ans plus tard, en 1931, le Mile End est non seulement compl\u00e8tement urbanis\u00e9, mais la composition ethnique et sociale de sa population s\u2019est profond\u00e9ment modifi\u00e9e (figure 2). Lors de l\u2019annexion par Montr\u00e9al en 1910, il est renomm\u00e9 le district Laurier. Son c\u0153ur est une paroisse qui a une valeur identitaire particuli\u00e8rement importante pour les Canadiens-fran\u00e7ais catholiques du secteur, Saint-Enfant-J\u00e9sus du Mile-End, la \u00ab paroisse-m\u00e8re \u00bb du Plateau Mont-Royal. Elle est dirig\u00e9e, entre 1915 et 1930, par un personnage charismatique, Philippe Perrier, qui va faire de son presbyt\u00e8re non seulement un centre intellectuel du nationalisme canadien-fran\u00e7ais \u2013 Henri Bourassa y rencontre r\u00e9guli\u00e8rement les dirigeants de l&#8217;Action fran\u00e7aise \u2013 mais aussi un p\u00f4le social offrant une s\u00e9rie de services aux r\u00e9sidants d\u00e9munis de la paroisse : Goutte de lait, garderie populaire, etc. Ce caract\u00e8re identitaire est renforc\u00e9 par la pr\u00e9sence d&#8217;une importante notabilit\u00e9 locale \u2013 avocats, journalistes, m\u00e9decins, notaires \u2013 qui r\u00e9side boulevard Saint-Joseph et avenue du Parc. La croissance du secteur manufacturier situ\u00e9 aux abords de la voie ferr\u00e9e attire aussi une population ouvri\u00e8re d\u2019origine vari\u00e9e. La manufacture de v\u00eatements Peck fait figure de pionnier\u00a0: install\u00e9e depuis 1904 coin Saint-Laurent et Saint-Viateur, elle emploie des tailleurs r\u00e9cemment immigr\u00e9s, italiens et surtout juifs, tout comme des couturi\u00e8res canadiennes-fran\u00e7aises.<\/p>\n<div id=\"attachment_4374\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4374\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4374\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-2-600x335.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"335\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-2-600x335.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-2-768x429.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-2-1024x573.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-2.jpg 1100w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4374\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2 &#8211; Le district Laurier, qui a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Ville Saint-Louis en 1910, est divis\u00e9 en trois districts, lors d&#8217;une r\u00e9forme en 1921 : Saint-Jean, au nord de la voie ferr\u00e9e, englobe ce qui correspond aujourd&#8217;hui \u00e0 la Petite-Italie et \u00e0 la Petite-Patrie ; Saint-Michel comprend la partie du Mile End contemporain comprise entre la voie ferr\u00e9e du CP et le nord de l&#8217;avenue Laurier ; finalement, Laurier, va du sud de cette avenue jusqu&#8217;\u00e0 celle du Mont-Royal.<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Deux hommes politiques incarnent cette p\u00e9riode\u00a0: Napol\u00e9on Turcot et Max Seigler. Le premier, couvreur, plombier et promoteur immobilier, est le dernier maire de Ville Saint-Louis au moment de l\u2019annexion par Montr\u00e9al. Il devient, de 1910 \u00e0 1930, \u00e9chevin du district Laurier, en plus d\u2019\u00eatre le d\u00e9put\u00e9 provincial du secteur de 1912 \u00e0 1919. Pendant toutes les ann\u00e9es de sa longue carri\u00e8re politique, Turcot, qui continue \u00e0 repr\u00e9senter Laurier, se pr\u00e9sente comme \u00ab l\u2019ami du peuple \u00bb et le \u00ab candidat ouvrier \u00bb. Sa popularit\u00e9 repose sur le patronage et sur un r\u00e9seau de client\u00e9lisme qui b\u00e9n\u00e9ficie des contrats li\u00e9s \u00e0 l\u2019urbanisation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D&#8217;origine roumaine, Max Seigler est arriv\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al \u00e2g\u00e9 de deux ans. Courtier d&#8217;assurances et dirigeant communautaire tr\u00e8s impliqu\u00e9 dans les dossiers de sant\u00e9 publique, il est repr\u00e9sentatif de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de Juifs ashk\u00e9nazes, venus d&#8217;Europe de l&#8217;est au tournant du XXe si\u00e8cle, qui grandit au Canada. Cette communaut\u00e9, d&#8217;abord surtout implant\u00e9e au sud de la rue Ontario, remonte le corridor du boulevard Saint-Laurent et s&#8217;installe dans les rues adjacentes tout au long des d\u00e9cennies 1910-1920. Du c\u00f4t\u00e9 est du boulevard, il s\u2019agit surtout d\u2019une population ouvri\u00e8re, qui c\u00f4toie les familles ouvri\u00e8res canadiennes-fran\u00e7aises, et qui travaille majoritairement dans les manufactures de v\u00eatement, alors l\u2019une des plus importantes sources d\u2019emplois \u00e0 Montr\u00e9al.\u00a0 Du c\u00f4t\u00e9 ouest du boulevard, une nouvelle classe moyenne juive, compos\u00e9e de marchands, d&#8217;entrepreneurs et de professionnels va prendre la place des Anglos-protestants de Montreal Annex. Ces derniers se d\u00e9placent vers de nouvelles banlieues, notamment Hampstead, NDG et Outremont, apr\u00e8s la Premi\u00e8re guerre mondiale. Entre 1920 et le milieu de la d\u00e9cennie 1950 environ, les membres de cette classe moyenne juive \u00e9mergente et la \u00ab vieille \u00bb \u00e9lite canadienne-fran\u00e7aise du boulevard Saint-Joseph vivront \u00e0 quelques rues, sinon \u00e0 quelques maisons, les uns des autres.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, Napol\u00e9on Turcot domine tellement la vie politique du quartier qu\u2019\u00e0 partir de 1918, il est r\u00e9\u00e9lu par acclamation. Ce n\u2019est qu\u2019en 1926 qu\u2019il fait de nouveau face \u00e0 un opposant et, cette fois, celui-ci est issu de la communaut\u00e9 juive. Il s\u2019agit de Bernard Schwartz, propri\u00e9taire d\u2019une agence de voyage. Turcot le d\u00e9fait en 1926 et en 1928, mais, pour y parvenir, il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 recourir \u00e0 l\u2019antis\u00e9mitisme. Lors de la campagne \u00e9lectorale de 1928, pour \u00e9carter d\u2019\u00e9ventuels opposants canadiens-fran\u00e7ais, Turcot d\u00e9clare\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Voulez-vous un Juif pour repr\u00e9senter au conseil municipal la paroisse de Saint-Enfant-J\u00e9sus du Mile-End et le quartier Laurier\u00a0? C\u2019est le sort qui vous attend \u00e0 moins que vous ne cessiez vos dissensions et que vous ne vous unissiez tous pour supporter un candidat canadien-fran\u00e7ais lors des prochaines \u00e9lections municipales<a name=\"foot_loc_4361_5\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"\u00ab M. Turcot offre de se retirer \u00bb, La Patrie, 29 f\u00e9vrier 1928, p. 12.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/identites-plurielles-et-le-cas-du-mile-end\/#foot_text_4361_5\">5<\/a>.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Nouveau venu en politique, mais dirigeant communautaire d\u00e9j\u00e0 bien connu, Max Seigler vaincra finalement Turcot lors des \u00e9lections de 1930. Ce n&#8217;est pourtant pas faute d&#8217;avoir utilis\u00e9 les grands moyens pour l&#8217;emp\u00eacher : Turcot avait obtenu du Conseil l\u00e9gislatif, l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, un red\u00e9coupage qui ajoute \u00e0 son district 630 \u00e9lecteurs francophones vivant \u00e0 l\u2019est de la rue Saint-Denis. L\u2019\u00e9chevin du district ainsi amput\u00e9 dira qu\u2019il a fait ce sacrifice afin de \u00ab sauver Laurier de J\u00e9rusalem \u00bb. Les notables nationalistes attribuent la d\u00e9faite de Napol\u00e9on Turcot \u00e0 deux facteurs : ils accusent les Juifs, selon eux minoritaires dans le district, de recourir syst\u00e9matiquement \u00e0 la fraude \u00e9lectorale, en usant de \u00ab t\u00e9l\u00e9graphes \u00bb, et ils soutiennent que si l&#8217;on n&#8217;a pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00ab sauver Laurier de J\u00e9rusalem \u00bb, c&#8217;est parce que, contrairement au vote juif, le vote canadien-fran\u00e7ais s&#8217;est divis\u00e9 entre plusieurs candidats. Turcot est en effet hostile au maire Camillien Houde. \u00c9lu une premi\u00e8re fois en 1928, ce dernier lui oppose un candidat canadien-fran\u00e7ais en 1930 et en 1932.<\/p>\n<p>Le retrait de la vie politique de Napol\u00e9on Turcot, apr\u00e8s son ultime d\u00e9faite en 1932, offre donc l\u2019occasion de refaire l\u2019unit\u00e9, autour d\u2019un candidat dit \u00ab d\u2019union nationale \u00bb, le journaliste Omer Langlois. Le Patriote, un des journaux du chef n\u00e9o-nazi Adrien Arcand, d\u00e9crit ainsi l\u2019assembl\u00e9e d\u2019investiture:<\/p>\n<blockquote><p>Jamais un choix n\u2019a \u00e9t\u00e9 plus unanime, jamais une entente plus compl\u00e8te n\u2019a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e. Rouges, bleus, f\u00e9d\u00e9r\u00e9s, fascistes ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019ignorer compl\u00e8tement la couleur politique et de liguer ensemble leurs forces pour vaincre l\u2019invasion juive\u00a0; tous les chefs du quartier se sont solennellement engag\u00e9s \u00e0 ne pas reconna\u00eetre un seul autre chr\u00e9tien qui pourrait \u00eatre amen\u00e9, comme candidat, pour cr\u00e9er la division et faire le jeu du Juif. \u00c0 la convention, huit noms furent propos\u00e9s\u00a0; sept d\u2019entre eux se retir\u00e8rent en faveur du huiti\u00e8me, M. Langlois [\u2026].<br \/>\nLa lutte ne se fera que sur une question\u00a0: redonner aux Canadiens chr\u00e9tiens un si\u00e8ge que la trahison avait fait passer aux mains d\u2019un Juif anti-chr\u00e9tien<a name=\"foot_loc_4361_6\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"\u00ab M. Langlois contre le Juif \u00bb, Le Patriote, 15 mars 1934, p. 1.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/identites-plurielles-et-le-cas-du-mile-end\/#foot_text_4361_6\">6<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<div id=\"attachment_4401\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4401\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4401\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-3-600x336.jpeg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"336\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-3-600x336.jpeg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-3-768x430.jpeg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Figure-3-1024x573.jpeg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4401\" class=\"wp-caption-text\">Figure 3 \u2013 S\u00e9lection de manchettes de journaux lors de la campagne \u00e9lectorale municipale de mars 1934.<\/p><\/div>\n<p>La couverture m\u00e9diatique de la campagne \u00e9lectorale municipale de 1934 est domin\u00e9e par deux th\u00e8mes\u00a0: la reconqu\u00eate de la mairie par Camillien Houde, d\u00e9fait en 1932, et la lutte dans Laurier. Le Devoir donne le ton : \u00ab Les orateurs ont d\u00e9clar\u00e9 sans d\u00e9tour qu\u2019il ne sera pas question de choses municipales dans la pr\u00e9sente campagne dans le quartier Laurier\u00a0; il s\u2019agit simplement de \u201csortir Seigler de l\u2019h\u00f4tel de ville\u201d, de battre un \u00e9chevin juif qui repr\u00e9sente un quartier o\u00f9 les Juifs ne sont qu\u2019une minorit\u00e9<a name=\"foot_loc_4361_7\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"\u00ab M. Omer Langlois dans Laurier \u00bb, Le Devoir, 23 mars 1934, p. 8.\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/identites-plurielles-et-le-cas-du-mile-end\/#foot_text_4361_7\">7<\/a>.\u00bb Les manchettes des journaux t\u00e9moignent de l\u2019intensit\u00e9 de la bataille\u00a0: \u00ab Chr\u00e9tiens contre Juifs dans Laurier \u00bb, \u00ab Une lutte qui sera des plus violentes \u00bb, \u00ab Hebrew Tongue Topic of Protest \u00bb. On affirme m\u00eame que le camp Seigler fera de nouveau appel \u00e0 des \u00ab fiers-\u00e0-bras n\u00e8gres \u00bb, comme lors du scrutin de 1932, pour emp\u00eacher les \u00e9lecteurs canadiens-fran\u00e7ais de voter. Les partisans d\u2019Omer Langlois font de la nouvelle clinique m\u00e9dicale municipale, qui a ouvert ses portes avenue du Mont-Royal coin Henri-Julien en 1933, le symbole de l\u2019affront fait aux Canadiens-fran\u00e7ais\u00a0: c\u2019est qu\u2019elle porte le nom de Clinique Seigler, ce qui est vu comme une usurpation. (Il \u00e9tait alors pratique courante de nommer du nom de l\u2019\u00e9chevin du quartier les nouveaux \u00e9difices publics. La Ville mettra fin \u00e0 la pratique en 1941.) Les plaques de bronze portant le nom Seigler seront d\u00e9rob\u00e9es et les principales \u00e9chauffour\u00e9es, le jour du scrutin, se d\u00e9rouleront devant la clinique.<\/p>\n<p>Seigler est quand m\u00eame r\u00e9\u00e9lu. M\u00eame si les deux camps s\u2019accusent mutuellement de \u00ab soulever le cri de la race \u00bb, il reste qu&#8217;\u00e0 la diff\u00e9rence de Langlois, qui fait exclusivement appel au vote canadien-fran\u00e7ais, Seigler a su s&#8217;appuyer, d\u00e8s 1932, sur une coalition multiethnique. Les orateurs \u00e0 ses assembl\u00e9es s&#8217;expriment en anglais et en yiddish, mais aussi en fran\u00e7ais et en italien. Ses tracts \u00e9lectoraux sont publi\u00e9s en yiddish \u2013 ce que Langlois d\u00e9nonce comme une \u00ab injure \u00bb \u2013 mais aussi en anglais et en fran\u00e7ais. Max Seigler parle d\u2019ailleurs couramment fran\u00e7ais et prononce des allocutions dans cette langue, ce qui est exceptionnel pour l\u2019\u00e9poque. Il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 faire valoir que la clinique dont il s&#8217;est fait le principal promoteur est ouverte \u00e0 tous, sans distinction de langue, de race ou de religion. Et il pr\u00e9cise que tout le personnel m\u00e9dical y est d\u2019origine canadienne-fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>La comparaison avec le district voisin de Saint-Michel est instructive. Alors que les tensions dans le district Laurier captent toute l&#8217;attention des quotidiens montr\u00e9alais, la campagne dans la partie nord du Mile End passe pratiquement inaper\u00e7ue. Pourtant, ici, c\u2019est la communaut\u00e9 juive qui est divis\u00e9e, mettant \u00e0 mal le mythe du bloc monolithique. (Les divergences entre les candidats juifs portent notamment sur l\u2019attitude \u00e0 adopter envers Camillien Houde.) La campagne d\u00e9montre aussi qu\u2019une autre dynamique que celle du \u00ab vote de race \u00bb a pu pr\u00e9valoir pendant cette p\u00e9riode trouble, marqu\u00e9e par la Grande crise \u00e9conomique. Car ce qui est frappant, c\u2019est que tous les candidats, qu\u2019ils soient Canadiens-fran\u00e7ais, Irlandais, ou Juifs, affirment qu\u2019ils vont travailler pour l\u2019ensemble des \u00e9lecteurs du quartier, sans \u00e9gard aux \u00ab distinctions, de race, de classe, ou de croyance \u00bb.<\/p>\n<p>Deux hypoth\u00e8ses peuvent expliquer cette diff\u00e9rence marqu\u00e9e entre les deux districts du Mile End. Ils ont tous deux un caract\u00e8re multiethnique, puisque la fronti\u00e8re n\u2019est pas l\u2019axe est-ouest du boulevard Saint-Laurent, mais plut\u00f4t celui nord-sud de l\u2019avenue Laurier. Mais dans les rues du c\u00f4t\u00e9 sud, situ\u00e9es entre les avenues Laurier et Mont-Royal, la coexistence se fait essentiellement entre deux communaut\u00e9s : les Juifs, qui \u2013 contrairement aux pr\u00e9tentions d\u2019Omer Langlois \u2013 forment d\u00e9j\u00e0 une faible majorit\u00e9 et les Canadiens-fran\u00e7ais. De plus, une importante notabilit\u00e9 francophone vit dans ce district\u00a0: il est int\u00e9ressant de noter que la grande majorit\u00e9 des huit candidats \u00e0 l\u2019investiture, lors de l\u2019assembl\u00e9e pour d\u00e9signer un candidat \u00ab d\u2019unit\u00e9 nationale \u00bb r\u00e9sident boulevard Saint-Joseph. Et qu\u2019ils sont tous, sauf un, avocats, m\u00e9decins et notaires. Parmi les principaux organisateurs et partisans de Langlois, on retrouve notamment, outre les militants fascistes d\u2019Adrien Arcand, des courtiers d\u2019assurances et des journalistes, tel le futur historien Robert Rumilly.<\/p>\n<p>Dans Saint-Michel par contre, trois communaut\u00e9s sont en pr\u00e9sence et chacune repr\u00e9sente, grosso modo, le tiers de la population du district (voir figure 2). Les Juifs d\u2019abord, principalement situ\u00e9s dans l\u2019ancienne Annexe anglo-protestante, entre la rue Saint-Urbain et la rue Hutchison\u00a0; les Irlandais-catholiques ensuite, regroup\u00e9s autour de la paroisse St. Michael, entre la rue Saint-Viateur et la voie ferr\u00e9e, et, finalement les Canadiens-fran\u00e7ais de la paroisse Saint-Georges concentr\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 est du boulevard Saint-Laurent et cohabitant avec les Irlandais au nord de la rue Saint-Viateur. Un jeu d\u2019alliances politiques entre les trois communaut\u00e9s est donc incontournable\u00a0: l\u2019\u00e9chevin pr\u00e9c\u00e9dent du quartier, le capitaine de police retrait\u00e9 d\u2019origine irlandaise Tom Holland, b\u00e9n\u00e9ficiait de l\u2019appui du \u00ab St. Michael\u2019s Hebrew Political Club \u00bb. Son successeur, Dave Rochon, va dominer la vie politique du quartier jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1960. D\u00e8s sa premi\u00e8re campagne, en 1934, il re\u00e7oit l\u2019appui d\u2019une partie substantielle de la communaut\u00e9 irlandaise\u00a0; son \u00e9pouse en est d\u2019ailleurs issue. \u00c0 partir de 1936, il est \u00e9galement appuy\u00e9 par les organisations juives du quartier et est r\u00e9\u00e9lu avec des majorit\u00e9s \u00e9crasantes. De plus, cette partie du Mile End a une composition sociale nettement plus populaire\u00a0que dans Laurier : on n\u2019y retrouve pas la m\u00eame notabilit\u00e9 compos\u00e9e de membres des professions lib\u00e9rales. On peut donc penser que le discours antis\u00e9mite articul\u00e9 par les \u00e9lites nationalistes traditionnelles, v\u00e9hicul\u00e9 notamment dans les pages du Devoir, n\u2019y trouve pas le m\u00eame \u00e9cho.<\/p>\n<p>La campagne \u00e9lectorale de 1934 se d\u00e9roule pendant les ann\u00e9es les plus noires de la Grande crise \u00e9conomique. Elle marque un paroxysme dans les tensions entre les deux principales communaut\u00e9s ethniques du Mile End d\u2019alors. Il faudra attendre les manifestations autour du pl\u00e9biscite sur la conscription de 1942 pour assister \u00e0 un bref retour des affrontements de rue. Les bagarres devant la Clinique Seigler, le jour du scrutin, sont d\u2019ailleurs loin d\u2019avoir atteint l\u2019ampleur de l\u2019\u00e9meute antis\u00e9mite \u00ab Christie Pits \u00bb survenue \u00e0 Toronto en 1933<a name=\"foot_loc_4361_8\" class=\"annie_footnoteRef annie_custom\" title=\"L&#8217;\u00e9meute est survenue \u00e0 la suite d&#8217;un tournoi de balle-molle opposant une \u00e9quipe juive et une \u00e9quipe venue d&#8217;un quartier \u00e0 pr\u00e9dominance anglo-saxonne. Elle \u00e9clata lorsque les partisans de l&#8217;\u00e9quipe anglo-saxonne brandirent un drapeau arborant la swastika nazie ; des centaines de partisans des deux groupes accoururent et l&#8217;\u00e9meute, qui se r\u00e9pandit dans les rues environnantes, dura plus de six heures faisant des dizaines de bless\u00e9s. Daniel Bitonti, \u00ab Remembering the Christie Pits Riots \u00bb, The Globe and Mail, 9 ao\u00fbt 2013. En ligne : https:\/\/www.theglobeandmail.com\/news\/toronto\/remembering-the-christie-pits-riot\/article13695461\/\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/identites-plurielles-et-le-cas-du-mile-end\/#foot_text_4361_8\">8<\/a>. On peut donc se demander si les relations d\u00e9velopp\u00e9es dans le cadre des rapports quotidiens de voisinage n\u2019ont pas agi comme un puissant att\u00e9nuateur des clich\u00e9s et des st\u00e9r\u00e9otypes produits par les discours id\u00e9ologiques de la p\u00e9riode. \u00c0 tout le moins, les t\u00e9moignages que m\u2019ont laiss\u00e9 mon p\u00e8re et mes tantes \u2013 qui ont v\u00e9cu au c\u0153ur du Mile End juif des ann\u00e9es 1930-1950 \u2013 vont dans ce sens. De plus, lorsque Omer Langlois tente de nouveau sa chance, en 1936, il laissera de c\u00f4t\u00e9 le discours antis\u00e9mite. Il proclamera \u00eatre candidat de \u00ab toutes les nationalit\u00e9s \u00bb et tiendra m\u00eame une assembl\u00e9e sp\u00e9cifiquement destin\u00e9e \u00e0 la communaut\u00e9 juive. Ce qui n\u2019emp\u00eachera pas Max Seigler d\u2019\u00eatre r\u00e9\u00e9lu avec une majorit\u00e9 accrue.<\/p>\n<h3><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/identites-plurielles-et-le-cas-du-mile-end-2\/\">Poursuivre vers la deuxi\u00e8me partie<\/a><\/h3>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici le texte de la communication donn\u00e9e par Yves Desjardins, lors de la premi\u00e8re rencontre \u00c9mile-Ollivier, organis\u00e9e par l&#8217;Institut Jacques-Couture de la TELUQ. La rencontre, qui s&#8217;est tenue le 7 d\u00e9cembre 2017, avait comme th\u00e8me \u00abLe cas du Mile End \u00bb. 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