{"id":4924,"date":"2019-02-07T16:20:07","date_gmt":"2019-02-07T21:20:07","guid":{"rendered":"https:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=4924"},"modified":"2022-01-15T13:25:01","modified_gmt":"2022-01-15T18:25:01","slug":"a-cote-de-la-cour-ferroviaire-1910-1965-bois-charbon-ferraille-et-volaille","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/a-cote-de-la-cour-ferroviaire-1910-1965-bois-charbon-ferraille-et-volaille\/","title":{"rendered":"\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de la cour ferroviaire, 1910-1965 : bois, charbon, ferraille et volaille"},"content":{"rendered":"<p><em>Les \u00e9difices \u00e0 grand gabarit en b\u00e9ton, surnomm\u00e9s m\u00e9gastructures, dominent tellement le paysage du nord-est du Mile End, qu\u2019il peut \u00eatre difficile d\u2019imaginer \u00e0 quoi pouvait bien ressembler cet endroit avant leur construction, entre 1964 et 1973. On a vu dans un <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/le-passe-anterieur-du-champ-des-possibles\/\">pr\u00e9c\u00e9dent article<\/a> que le site \u00e9tait auparavant occup\u00e9 par de nombreuses carri\u00e8res, souvent transform\u00e9es en d\u00e9potoirs apr\u00e8s leur exploitation. Une carte publi\u00e9e en 1907 qualifie le secteur de \u00ab terre mar\u00e9cageuse pleine d\u2019\u00e9tangs \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire les anciennes carri\u00e8res devenues d\u00e9potoirs. Mais c\u2019est un secteur d\u00e9j\u00e0 en pleine transformation, puisque l\u2019agrandissement des installations du Canadien Pacifique va modifier de fa\u00e7on d\u00e9cisive la physionomie des lieux. <\/em><\/p>\n<p>L\u2019am\u00e9nagement d\u2019une cour ferroviaire \u00e0 proximit\u00e9 de la <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/gare-du-mile-end\/\">gare du Mile End<\/a>, \u00e0 partir de 1906, accompagne l\u2019intensification de la vocation industrielle du secteur. D\u00e9j\u00e0, la pr\u00e9sence de la gare, ouverte en 1877, avait attir\u00e9 un certain nombre d\u2019entrep\u00f4ts et de manufactures ; on n\u2019a qu\u2019\u00e0 penser au fabricant de v\u00eatements <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/edifice-peck\/\">John W. Peck<\/a> qui s\u2019installe au coin du boulevard Saint-Laurent et de la rue Saint-Viateur en 1904. Les entreprises situ\u00e9es plus pr\u00e8s du chemin de fer ou de la nouvelle cour pourront aussi profiter de quais de d\u00e9barquement priv\u00e9s. Les wagons y acc\u00e8dent pour livrer et r\u00e9cup\u00e9rer des marchandises de toute sorte. Le CP am\u00e9nage \u00e9galement un d\u00e9p\u00f4t de marchandises afin de servir les clients qui ne disposent pas de leur propre desserte ferroviaire.<\/p>\n<div id=\"attachment_4927\" style=\"width: 330px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1907_Goad_Maguire.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4927\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-4927\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1907_Goad_Maguire-481x600.jpg\" alt=\"\" width=\"320\" height=\"399\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1907_Goad_Maguire-481x600.jpg 481w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1907_Goad_Maguire-768x958.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1907_Goad_Maguire-821x1024.jpg 821w\" sizes=\"(max-width: 320px) 100vw, 320px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4927\" class=\"wp-caption-text\">Le secteur occup\u00e9 aujourd\u2019hui par les m\u00e9gastructures, entre la rue Maguire et la voie ferr\u00e9e, en 1907. La carte mentionne que c\u2019est une \u00ab terre mar\u00e9cageuse [\u2026] pleine d\u2019\u00e9tangs. \u00bb La rue Lauretta est aujourd\u2019hui la rue Saint-Viateur Est. Chas E Goad, Insurance Plan of the City of Montreal, Volume V, planche 300, 1892 avec r\u00e9visions jusqu\u2019en 1907. BAnQ (d\u00e9tail).<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_4928\" style=\"width: 409px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cour-Saint-Louis-1949_VM97-3_7P12-32-1.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4928\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-4928\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cour-Saint-Louis-1949_VM97-3_7P12-32-1-600x472.jpg\" alt=\"\" width=\"399\" height=\"314\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cour-Saint-Louis-1949_VM97-3_7P12-32-1-600x472.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cour-Saint-Louis-1949_VM97-3_7P12-32-1-768x604.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cour-Saint-Louis-1949_VM97-3_7P12-32-1-1024x805.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cour-Saint-Louis-1949_VM97-3_7P12-32-1.jpg 1838w\" sizes=\"(max-width: 399px) 100vw, 399px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4928\" class=\"wp-caption-text\">Le m\u00eame secteur en 1949. On aper\u00e7oit le monast\u00e8re des Carm\u00e9lites \u00e0 droite. Les installations de la Sicily Asphaltum et de ce qui \u00e9tait alors la cour \u00e0 bois H. Boisse se trouvent \u00e0 gauche. Archives de la Ville de Montr\u00e9al, VM97-3_7P12-32 (d\u00e9tail).<\/p><\/div>\n<div style=\"clear: both;\"><\/div>\n<p>La famille Beaubien \u2013 les grands propri\u00e9taires fonciers de l\u2019est du Mile End \u2013 en profite pour vendre ses lots adjacents. De nombreuses entreprises vont alors s\u2019installer autour de la cour\u00a0: boulangeries et boucheries industrielles, cours \u00e0 bois, \u00e0 charbon et \u00e0 rebuts, entrep\u00f4ts et manufactures, etc. Pendant plus d\u2019un demi-si\u00e8cle, ce sont les cours \u00e0 bois, \u00e0 charbon et \u00e0 ferraille qui domineront le sud du quadrilat\u00e8re Saint-Viateur, Casgrain, Maguire et de Gasp\u00e9, occup\u00e9 aujourd\u2019hui par les m\u00e9gastructures<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. La partie nord, elle, deviendra l\u2019emplacement de la <em>Sicily Asphaltum Paving<\/em>, l\u2019un des principaux entrepreneurs en pavage au Qu\u00e9bec pendant la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<div id=\"attachment_4929\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4929\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4929\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Carriere-Frere-crop-600x391.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"391\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Carriere-Frere-crop-600x391.png 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Carriere-Frere-crop.png 751w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4929\" class=\"wp-caption-text\">La cour ferroviaire Saint-Louis a desservi des entreprises de toutes sortes pendant la majeure partie du XXe si\u00e8cle. On voit ici la cour \u00e0 bois Carri\u00e8re et fr\u00e8res, situ\u00e9e au sud de la rue Maguire. On remarque \u00e0 droite les wagons d\u2019o\u00f9 \u00e9taient d\u00e9charg\u00e9es les planches et madriers. L\u2019avenue Laurier occupe l\u2019horizon. Le grand b\u00e2timent qui domine au milieu \u00e9tait l\u2019entrep\u00f4t de la Beaubien Produce and Milling, situ\u00e9 entre l\u2019avenue Laurier et le boulevard Saint-Joseph, le long de l\u2019avenue H\u00f4tel-de-Ville. Il a servi tour \u00e0 tour d\u2019entrep\u00f4t de farine et de grains, de charbon et de mat\u00e9riaux de construction. <em>The North End<\/em>, Montreal 1913. Archives de la Ville de Montr\u00e9al.<\/p><\/div>\n<h3><em>Asphalte, cours \u00e0 bois et \u00e0 charbon<\/em><\/h3>\n<p>La Sicily Asphaltum Paving est fond\u00e9e en 1890 par un futur maire de Montr\u00e9al, James Cochrane. Elle va grandement b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019expansion rapide de Montr\u00e9al pendant cette p\u00e9riode et du fait que l\u2019asphalte remplace de plus en plus les pav\u00e9s ou le macadam (\u00e0 l\u2019origine fait d\u2019un assemblage de pierres concass\u00e9es de tailles diverses) pour le rev\u00eatement des chauss\u00e9es<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. D\u2019abord install\u00e9e pr\u00e8s du Vieux-Montr\u00e9al, rue Prince, elle d\u00e9m\u00e9nage rue Saint-Viateur Est en 1913. Une publicit\u00e9 contemporaine affirme que le nouvel emplacement, \u00e0 proximit\u00e9 des installations du CP, permettra \u00e0 la compagnie de r\u00e9pondre rapidement \u00e0 des commandes de toute sorte\u00a0: \u00ab aucun contrat n\u2019est trop gros pour nous<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> \u00bb. L\u2019entreprise occupe un vaste terrain situ\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 sud de la rue Saint-Viateur. Sa limite se trouvait approximativement \u00e0 mi-chemin entre les rues Saint-Viateur et Maguire, juste avant le petit immeuble solitaire situ\u00e9 au 5435 avenue Casgrain.<\/p>\n<p>Les occupants successifs des lots qui vont ensuite jusqu\u2019\u00e0 la rue Maguire, entre les avenues Casgrain et de Gasp\u00e9, ont en commun d\u2019avoir exploit\u00e9 ce vaste espace comme cour \u00e0 charbon. (Quelques duplex situ\u00e9s \u00e0 l\u2019angle nord-est des rues Casgrain et Maguire, aujourd\u2019hui disparus, font exception.) Au milieu du XXe si\u00e8cle, cependant, le mazout remplace le charbon comme principal combustible destin\u00e9 au chauffage. Le dernier utilisateur de la cour \u00e0 charbon, la compagnie Vipond-Tolhurst, y cesse ses activit\u00e9s vers 1943. Le site est alors occup\u00e9 pendant quelques ann\u00e9es par une cour \u00e0 bois. En 1953, un marchand de ferraille et de rebuts, Hyman Singerman, prend la rel\u00e8ve. Il exploite d\u00e9j\u00e0 une cour \u00e0 proximit\u00e9 de la voie ferr\u00e9e, \u00e0 l\u2019est de la rue Saint-Denis. C\u2019est cependant sur le site de la rue Maguire o\u00f9 sa compagnie va prendre le plus d\u2019expansion, en utilisant diverses raisons sociales\u00a0: Provincial Scrap Metal and Tires, Iron and Metal, et, \u00e0 partir de 1960, Ballast Metal. \u00c0 quoi pouvait bien ressembler alors le site ? Un entrep\u00f4t de t\u00f4le ondul\u00e9e, qui existait d\u00e9j\u00e0 du c\u00f4t\u00e9 nord de la rue Maguire<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, sert d\u2019atelier et de bureau. Sinon, tout le reste constitue une \u00e9norme d\u00e9charge \u00e0 ciel ouvert, o\u00f9 les rebuts empil\u00e9s prennent de plus en plus de place au fil des ans. Deux des voies de desserte de la cour ferroviaire du CP traversent l\u2019avenue de Gasp\u00e9, la premi\u00e8re pour desservir la Sicily Asphaltum, et l\u2019autre la cour \u00e0 ferraille, ce qui fait en sorte que la rue est r\u00e9guli\u00e8rement obstru\u00e9e par des wagons. D\u00e9j\u00e0, en 1955, dans son deuxi\u00e8me roman, largement autobiographique, <em>Son of a Smaller Hero<\/em>, Mordecai Richler avait bross\u00e9 une description saisissante des lieux\u00a0: \u00ab Le b\u00e2timent [qui servait de bureau] \u00e9tait vraiment une cabane. Des morceaux de ferraille \u00e9taient \u00e9parpill\u00e9s dans les coins, des pneus us\u00e9s \u00e9taient appuy\u00e9s contre le mur, et des sacs de chiffons \u00e9taient empil\u00e9s jusqu\u2019au plafond<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. \u00bb<\/p>\n<h3><em>Une cour \u00e0 rebuts qui d\u00e9range de plus en plus<\/em><\/h3>\n<p>D\u00e8s 1961, les r\u00e9sidants du voisinage se plaignent de l\u2019amoncellement de d\u00e9tritus, tellement \u00e9lev\u00e9 selon eux qu\u2019il menace la s\u00e9curit\u00e9 des passants et des automobilistes<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Le journal <em>La Presse<\/em> revient \u00e0 la charge en 1965 et d\u00e9nonce \u00ab la montagne hideuse [\u2026] qui grandit de semaine en semaine et offre un spectacle affreux<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. \u00bb Les rebuts de la Ballast Metal s\u2019\u00e9tendent alors des deux c\u00f4t\u00e9s l\u2019avenue de Gasp\u00e9, occupant les terrains du Canadien Pacifique du c\u00f4t\u00e9 est. La rue \u00ab semble couper la montagne de ferraille en deux sections, quand elle n\u2019est pas obstru\u00e9e par les camions et les trains, de ferraille bien entendu. \u00bb L\u2019article est \u00e9crit dans le contexte des campagnes d\u2019embellissement lanc\u00e9es par la Ville de Montr\u00e9al, \u00e0 l\u2019approche d\u2019Expo 67. Il d\u00e9plore surtout la cohabitation entre des usages industriels incompatibles dans le m\u00eame secteur. Car les voisins de Ballast Metal sont des grossistes en alimentation (Canada Packers et Swift Canadian, adjacents rue Maguire, du c\u00f4t\u00e9 est de l\u2019avenue de Gasp\u00e9), qui doivent prot\u00e9ger leurs viandes de la poussi\u00e8re de ferraille. Le journal conclut\u00a0: \u00ab Quant aux r\u00e9sidants, las de respirer la poussi\u00e8re, las des bruits, ils quittent le quartier peu \u00e0 peu. \u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_4930\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4930\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4930\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1961_12_28-LP_cour_feraille_Casgrain-600x438.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"438\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1961_12_28-LP_cour_feraille_Casgrain-600x438.png 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1961_12_28-LP_cour_feraille_Casgrain-768x561.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1961_12_28-LP_cour_feraille_Casgrain-1024x748.png 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1961_12_28-LP_cour_feraille_Casgrain.png 1492w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4930\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e8s 1961, les voisins se plaignaient des inconv\u00e9nients caus\u00e9s par la cour \u00e0 ferraille. Non seulement elle y poursuivra ses activit\u00e9s jusqu\u2019en 1970, mais elle prendra de l\u2019expansion vers l\u2019est et vers le nord, sur les terrains du Canadien Pacifique, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019avenue de Gasp\u00e9, et sur ceux de la Sicily Asphaltum. La Presse, 28 d\u00e9cembre 1961.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_4931\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4931\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4931\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1951_Swift_Maguire_06M_E6S7SS1_P053757-600x443.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"443\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1951_Swift_Maguire_06M_E6S7SS1_P053757-600x443.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1951_Swift_Maguire_06M_E6S7SS1_P053757-768x567.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1951_Swift_Maguire_06M_E6S7SS1_P053757.jpg 800w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-4931\" class=\"wp-caption-text\">La cour \u00e0 ferraille est \u00e9galement d\u00e9nonc\u00e9e parce que plusieurs entreprises de transformation alimentaire se trouvaient \u00e0 proximit\u00e9. C\u2019est le cas de l\u2019abattoir Swift, situ\u00e9 au 215 rue Maguire. Au moment o\u00f9 cette photo a \u00e9t\u00e9 prise, en 1951, le minist\u00e8re qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019Agriculture y faisait une d\u00e9monstration des m\u00e9thodes salubres d\u2019abattage et de d\u00e9pe\u00e7age de la volaille. BAnQ, 06M_E6S7SS1_P053757.<\/p><\/div>\n<p>Mais les r\u00e9sidants ne partiront pas tous du quartier, loin s\u2019en faut. Quelques mois apr\u00e8s la publication de l\u2019article, le vicaire de la paroisse Saint-Enfant-J\u00e9sus, Hubert Falardeau, cr\u00e9e un Comit\u00e9 des citoyens du Mile End afin de faire pression sur les autorit\u00e9s. La pr\u00e9sence de la cour \u00e0 rebuts est l\u2019un des principaux griefs du comit\u00e9\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>On y respire les microbes \u00e0 plein nez. [\u2026] Des cadavres de chats et de chiens y pourrissent. La vermine y a dress\u00e9 ses terriers. Ces terrains abandonn\u00e9s sont pris d\u2019assaut par les enfants. On risque de se blesser dans les vieilles carcasses d\u2019automobiles abandonn\u00e9es. On y fait br\u00fbler des d\u00e9chets. Des odeurs naus\u00e9abondes remplissent le quartier<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-4932\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/VM94-C0883-008-crop-600x413.jpg\" alt=\"\" width=\"360\" height=\"248\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/VM94-C0883-008-crop-600x413.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/VM94-C0883-008-crop-768x528.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/VM94-C0883-008-crop-1024x705.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 360px) 100vw, 360px\" \/><\/p>\n<div id=\"attachment_4933\" style=\"width: 360px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4933\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-4933\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/VM94-C0883-001-584x600.jpg\" alt=\"\" width=\"350\" height=\"360\" \/><p id=\"caption-attachment-4933\" class=\"wp-caption-text\">En 1966, un reportage photographique de la Ville de Montr\u00e9al documente le pi\u00e8tre \u00e9tat des lieux, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019avenue de Gasp\u00e9. Par contre, on voit que la proximit\u00e9 des installations ferroviaires est utile pour le ferrailleur puisque des citernes obsol\u00e8tes peuvent \u00eatre d\u00e9mantel\u00e9es sur place. Archives de la Ville de Montr\u00e9al, VM94-C0883-001, VM94-C0883-008, et VM94-C0883-006.<\/p><\/div>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-4934 alignright\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/VM94-C0883-006-600x586.jpg\" alt=\"\" width=\"360\" height=\"352\" \/><\/p>\n<div style=\"clear: both;\"><\/div>\n<p>Un rapport a bien \u00e9t\u00e9 soumis au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif de la Ville de Montr\u00e9al, \u00e0 l\u2019automne 1966, recommandant l\u2019interdiction \u00ab des cours de bric-\u00e0-brac et de ferraille le long du tron\u00e7on Bernard-Maguire de l\u2019avenue de Gasp\u00e9<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a> \u00bb. Mais il semble qu\u2019il faudra du temps avant que le nouveau r\u00e8glement de zonage n\u2019entre en vigueur, puisque Ballast Metals ne d\u00e9m\u00e9nagera l\u2019ensemble de ses activit\u00e9s \u00e0 Longue Pointe qu\u2019en 1970<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Le changement de vocation du secteur est cependant d\u00e9j\u00e0 amorc\u00e9\u00a0: Sicily Asphaltum a ferm\u00e9 ses portes en 1962 et une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de promoteurs convoite ces vastes terrains vacants. La transformation de la cour ferroviaire Saint-Louis et de ses environs au cours des d\u00e9cennies 1960-1970 sera abord\u00e9e dans un <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/1964-1973-la-naissance-des-megastructures\/\">prochain article<\/a>.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Recherche : Justin Bur et Yves Desjardins.<br \/>\nR\u00e9daction\u00a0: Yves Desjardins.<br \/>\nM\u00e9moire du Mile End tient \u00e0 remercier l\u2019historien Jean-Claude Robert et le chef de la section des archives \u00e0 la Ville de Montr\u00e9al, Mario Robert, pour leur habituelle et g\u00e9n\u00e9reuse collaboration.<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> La cour ferroviaire Saint-Louis s\u2019\u00e9tendait jusqu\u2019\u00e0 l\u2019avenue Laurier et m\u00eame au-del\u00e0\u00a0: une voie ferr\u00e9e descendait jusqu\u2019au boulevard Saint-Joseph. Le secteur occup\u00e9 par les m\u00e9gastructures se termine cependant \u00e0 la rue Maguire.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Le nom n\u2019est pas reli\u00e9 \u00e0 une quelconque origine sicilienne de ses propri\u00e9taires. C\u2019est plut\u00f4t parce que la compagnie disait importer de Sicile un bitume de tr\u00e8s haute qualit\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Lorenzo Prince et al., <em>Montreal, Old and New<\/em>, International Press Syndicate, 1915.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Il a notamment servi d\u2019entrep\u00f4t \u00e0 bois et \u00e0 outillages divers.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Mordecai Richler, <em>Son of a Smaller Hero<\/em>, McClelland &amp; Stewart, 1989, p. 57 (ma traduction). Le p\u00e8re et le grand-p\u00e8re de Richler \u00e9taient effectivement marchands de ferraille, mais leur entreprise \u00e9tait situ\u00e9e rue Prince dans le Vieux-Montr\u00e9al. Dans son roman, Richler situe la cour \u00e0 l\u2019emplacement de celle d\u2019Hyman Singerman pour qu\u2019elle soit \u00e0 proximit\u00e9 du quartier juif d\u2019alors et de la r\u00e9sidence des principaux protagonistes.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> \u00ab La ferraille et les r\u00e9sidences \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 28 d\u00e9cembre 1961.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> \u00ab Montagne de ferraille au c\u0153ur de la ville \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 17 septembre 1965.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Florian Bernard, \u00ab 300\u00a0000 Montr\u00e9alais r\u00e9clament une place au soleil \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 20 mars 1967.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> \u00ab Amendements \u00e0 plusieurs r\u00e8glements de zonage \u00e0 l\u2019ordre du jour du conseil \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 30 septembre 1966.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> L\u2019entreprise existe toujours et est maintenant situ\u00e9e \u00e0 Montr\u00e9al-Nord. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 renomm\u00e9e Balmet pendant les ann\u00e9es 1970, sa raison sociale actuelle est Bonus Metal. C\u2019est une entreprise familiale g\u00e9r\u00e9e par la troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration Singerman\u00a0: http:\/\/www.bonusmetal.com\/fr\/a-propos-de-nous\/.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9difices \u00e0 grand gabarit en b\u00e9ton, surnomm\u00e9s m\u00e9gastructures, dominent tellement le paysage du nord-est du Mile End, qu\u2019il peut \u00eatre difficile d\u2019imaginer \u00e0 quoi pouvait bien ressembler cet endroit avant leur construction, entre 1964 et 1973. On a vu dans un pr\u00e9c\u00e9dent article que le site \u00e9tait auparavant occup\u00e9 par de nombreuses carri\u00e8res, souvent [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":4871,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[41,25],"tags":[32,20,33],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4924"}],"collection":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4924"}],"version-history":[{"count":17,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4924\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5766,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4924\/revisions\/5766"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4871"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4924"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4924"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4924"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}