{"id":5402,"date":"2021-04-02T14:11:48","date_gmt":"2021-04-02T18:11:48","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=5402"},"modified":"2024-04-06T15:35:52","modified_gmt":"2024-04-06T19:35:52","slug":"lecole-polyvalente-emile-nelligan-4750-avenue-henri-julien","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/lecole-polyvalente-emile-nelligan-4750-avenue-henri-julien\/","title":{"rendered":"L&#8217;\u00e9cole polyvalente \u00c9mile-Nelligan  &#8211;  4750 avenue Henri-Julien"},"content":{"rendered":"<p><em>L\u2019ancienne \u00e9cole \u00c9mile-Nelligan, situ\u00e9e avenue Henri-Julien entre Gilford et Villeneuve, est l\u2019un des fruits de la R\u00e9volution tranquille. \u00c0 la suite de la publication du rapport Parent, entre 1963 et 1966, le Qu\u00e9bec cr\u00e9e un r\u00e9seau d\u2019\u00e9coles polyvalentes dans le but d&#8217;am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation secondaire. Cette r\u00e9forme est jug\u00e9e urgente, puisque, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, \u00e0 peine 13% des francophones terminent leur onzi\u00e8me ann\u00e9e alors que la proportion est de 36% chez les anglophones. Afin de favoriser une plus grande mixit\u00e9 sociale, on veut aussi regrouper sous un m\u00eame toit les \u00e9l\u00e8ves qui suivent un parcours professionnel court et ceux qui se destinent aux \u00e9tudes universitaires<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. De plus, \u00e0 Montr\u00e9al, dans les quartiers d\u00e9favoris\u00e9s, la commission scolaire et la ville veulent confier une mission communautaire \u00e0 ces nouvelles \u00e9coles. Or, dans le cas d\u2019\u00c9mile-Nelligan, les espoirs des r\u00e9formistes vont se heurter \u00e0 une complexe r\u00e9alit\u00e9.<\/em><\/p>\n<h3><em>Un projet ambitieux<\/em><\/h3>\n<p>L\u2019\u00e9cole polyvalente \u00c9mile-Nelligan est l\u2019h\u00e9riti\u00e8re de l\u2019\u00e9cole Notre-Dame-de-l\u2019Esp\u00e9rance, une \u00e9cole secondaire pour filles qui \u00e9tait situ\u00e9e rue Saint-Denis, en face du square Saint-Louis<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. En f\u00e9vrier 1965, l\u2019\u00e9cole est ferm\u00e9e en catastrophe, car, en raison des vibrations caus\u00e9es par la construction du m\u00e9tro, on juge que l\u2019\u00e9difice est sur le point de s\u2019effondrer. (Le site est aujourd\u2019hui occup\u00e9 par l\u2019Institut de tourisme et d\u2019h\u00f4tellerie du Qu\u00e9bec<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.) Les 525 \u00e9l\u00e8ves sont dispers\u00e9s dans d\u2019autres \u00e9coles\u00a0tandis que la Commission des \u00e9coles catholiques de Montr\u00e9al (C\u00c9CM, anc\u00eatre du Centre de services scolaire de Montr\u00e9al) s\u2019empresse \u00e0 trouver un nouvel emplacement.<\/p>\n<p>D\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9 suivant, la C\u00c9CM lance un appel d\u2019offres pour d\u00e9molir les b\u00e2timents situ\u00e9s dans le quadrilat\u00e8re compris entre les rues H\u00f4tel-de-Ville, Villeneuve, Henri-Julien, et une ligne reliant les rues Gilford et de Varennes. De son c\u00f4t\u00e9, la Ville de Montr\u00e9al modifie le zonage afin d\u2019y permettre l\u2019am\u00e9nagement d\u2019une \u00e9cole<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Il s\u2019agit d\u2019un secteur mixte, o\u00f9 des duplex et triplex mal entretenus cohabitent avec des cours \u00e0 rebuts et de petites manufactures. La conception et la construction de la nouvelle \u00e9cole prendront cependant plus de cinq ans. On attribue ce d\u00e9lai \u00e0 la surchauffe de l\u2019industrie de la construction, en raison du vaste chantier d\u2019Expo 67, mais surtout parce que, en cours de route, le projet est devenu beaucoup plus ambitieux. Entretemps, la C\u00c9CM va loger les \u00e9l\u00e8ves dans un ancien b\u00e2timent industriel lou\u00e9, situ\u00e9 \u00e0 l\u2019intersection des avenues Laurier et De Gasp\u00e9<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>Si le projet a pris de l\u2019ampleur, c\u2019est parce que la commission scolaire a d\u00e9cid\u00e9 de ne plus simplement remplacer l\u2019\u00e9cole Notre-Dame-de-l\u2019Esp\u00e9rance, mais d\u2019en faire l\u2019une de ses premi\u00e8res \u00e9coles polyvalentes. La commission Parent avait recommand\u00e9 de cr\u00e9er ces \u00e9coles afin de regrouper sous un m\u00eame toit les \u00e9l\u00e8ves qui suivent un parcours professionnel et ceux qui se destinent aux \u00e9tudes universitaires. \u00c0 Montr\u00e9al, l\u2019\u00e9cole polyvalente se voit investie d\u2019une mission suppl\u00e9mentaire\u00a0: elle doit devenir l\u2019un des fers de lance de la lutte contre les in\u00e9galit\u00e9s sociales et la pauvret\u00e9. L\u2019un des principaux architectes du rapport Parent, le sociologue Guy Rocher, r\u00e9sume leur mandat ainsi\u00a0: \u00ab La seule solution sera l\u2019\u00e9cole v\u00e9ritablement polyvalente, qui int\u00e8grera \u00e0 la formation g\u00e9n\u00e9rale une formation professionnelle authentique et diversifi\u00e9e. [\u2026] Ce serait \u00e0 mon avis un scandale si les nouvelles \u00e9coles polyvalentes n\u2019\u00e9taient pas d\u2019abord construites dans les quartiers les plus d\u00e9favoris\u00e9s. \u00bb Rocher ajoute que ceux et celles qui y enseigneront ne doivent plus \u00eatre de simples ma\u00eetres d\u2019\u00e9coles mais \u00ab jouer le r\u00f4le de v\u00e9ritables animateurs sociaux <a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>\u00bb.<\/p>\n<p>La C\u00c9CM embauche alors de nombreux sp\u00e9cialistes et lance plusieurs \u00e9tudes de grande envergure\u00a0: d\u2019abord le projet RAS (recherches en am\u00e9nagement scolaire), financ\u00e9 en partie par la Ford Foundation. Il conduit \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019Institut de recherches et de normalisation \u00e9conomique et scientifique (IRNES), dont le mandat est de d\u00e9finir les normes de construction et le programme p\u00e9dagogique des nouvelles \u00e9coles. La commission scolaire lance simultan\u00e9ment le Projet d\u2019action sociale et scolaire (PASS), qui deviendra l\u2019Op\u00e9ration Renouveau en 1970. Qualifi\u00e9 de \u00ab premier projet qu\u00e9b\u00e9cois d\u2019envergure pour tenter de contrer les effets pervers de la pauvret\u00e9 en milieu d\u00e9favoris\u00e9<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a> \u00bb, il est men\u00e9 de concert avec la Campagne des f\u00e9d\u00e9rations du grand Montr\u00e9al (Centraide aujourd\u2019hui), le Minist\u00e8re des affaires sociales et la Ville de Montr\u00e9al.<\/p>\n<p>Lors du printemps 1967, le pr\u00e9sident de la C\u00c9CM, Andr\u00e9 Gagnon, annonce l\u2019ambitieux nouveau programme\u00a0: \u00ab l\u2019Op\u00e9ration rattrapage \u00bb. Elle pr\u00e9voit la construction de 35 polyvalentes et commencera dans les \u00ab zones grises \u00bb, o\u00f9 ces \u00e9coles seront investies d\u2019une mission communautaire. En collaboration avec la Ville de Montr\u00e9al, elles \u00ab devront constituer le centre de regroupement social et culturel d\u2019un quartier \u00bb et s\u2019ouvrir \u00e0 la population environnante en lui offrant des services comme les biblioth\u00e8ques, les gymnases et les piscines, ainsi que des cours pour adultes<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. L\u2019automne suivant, la commission scolaire d\u00e9voile les plans de ses trois premi\u00e8res polyvalentes. Dans le cas de Notre-Dame-de-l\u2019Esp\u00e9rance, le concept retenu est des plus modernes, incluant un parc-\u00e9cole\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Situ\u00e9e au c\u0153ur d\u2019un secteur dont la r\u00e9novation est envisag\u00e9e par la Ville\u00a0: elle sera [\u2026] adjacente \u00e0 un parc de 100,000 pieds carr\u00e9s qui doit y \u00eatre am\u00e9nag\u00e9. Cette \u00e9cole polyvalente est destin\u00e9e \u00e0 recevoir 2,500 jeunes filles. L\u2019immeuble comprendra une tour de 5 \u00e9tages (salles de cours, biblioth\u00e8que, laboratoires) \u00e9rig\u00e9e au-dessus d\u2019un vaste rez-de-chauss\u00e9e qui contiendra les ateliers lourds et les services communs (caf\u00e9t\u00e9ria, gymnase, auditorium). Le toit de ce rez-de-chauss\u00e9e servira de terrasse (50,000 pieds carr\u00e9s) o\u00f9 l\u2019on pratiquera la gymnastique en plein air<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<div id=\"attachment_5409\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5409\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5409 size-large\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1970_Emile_Nelligan_UdeM-1024x671.png\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"671\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1970_Emile_Nelligan_UdeM-1024x671.png 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1970_Emile_Nelligan_UdeM-600x393.png 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1970_Emile_Nelligan_UdeM-768x503.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1970_Emile_Nelligan_UdeM.png 1108w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><p id=\"caption-attachment-5409\" class=\"wp-caption-text\">La polyvalente \u00c9mile-Nelligan en 1970. Elle a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue par la firme d\u2019architectes Pauer, Bourassa, Gareau et Lalonde. Photo : Pierre-Richard Bisson. Biblioth\u00e8ques de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, PB07371.<\/p><\/div>\n<p>Quelques mois avant l\u2019ouverture de la nouvelle \u00e9cole, trois ans plus tard, le critique architectural du journal <em>La Presse<\/em> ne tarit pas d\u2019\u00e9loges\u00a0: il qualifie le projet de \u00ab r\u00e9volutionnaire \u00bb et salue \u00ab le courage des architectes \u00bb. En cr\u00e9ant un concept novateur qui rappelle l\u2019architecture contemporaine d\u2019Expo 67, ils ont su surmonter, \u00e9crit-il, les contraintes financi\u00e8res et techniques impos\u00e9es par les fonctionnaires, ainsi que celles r\u00e9sultant de l\u2019exigu\u00eft\u00e9 du terrain. Deux innovations sont particuli\u00e8rement remarquables selon lui\u00a0: l\u2019immense puits de lumi\u00e8re qui illumine l\u2019agora du rez-de-chauss\u00e9e et les escaliers roulants conduisant aux \u00e9tages, ce qui en fait \u00ab le centre de communications de l\u2019\u00e9difice \u00bb, et le toit-terrasse qui servira de cour d\u2019\u00e9cole en compl\u00e9ment du parc. Un b\u00e9mol cependant\u00a0: \u00ab on pourrait reprocher \u00e0 l\u2019\u00e9difice son grand volume quand on le voit dans son environnement actuel\u00a0: un ensemble de maisons basses en briques. Dans le plan de r\u00e9am\u00e9nagement de Montr\u00e9al toutefois, ce quartier est vou\u00e9 \u00e0 la d\u00e9molition<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. \u00bb<\/p>\n<p>Le journaliste conclut que les architectes ignorent quelles sont les intentions exactes de la Ville. Ceux-ci souhaitent cependant que les \u00ab hautes conciergeries \u00bb soient tenues \u00e0 une distance raisonnable et qu\u2019un couloir de verdure entoure l\u2019\u00e9cole. De toute fa\u00e7on, un escalier a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 construit pour donner acc\u00e8s au parc que Montr\u00e9al pr\u00e9voit am\u00e9nager entre le c\u00f4t\u00e9 sud de la polyvalente et l\u2019avenue du Mont-Royal. Or, c\u2019est justement l\u2019int\u00e9gration de la nouvelle institution \u00e0 son environnement \u2013 autant social qu\u2019urbanistique \u2013 qui sera la cause de bien des soucis\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_5412\" style=\"width: 740px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5412\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-5412\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1972_Architecture_toit_EN-730x1024.png\" alt=\"\" width=\"730\" height=\"1024\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1972_Architecture_toit_EN-730x1024.png 730w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1972_Architecture_toit_EN-428x600.png 428w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1972_Architecture_toit_EN-768x1077.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1972_Architecture_toit_EN.png 871w\" sizes=\"(max-width: 730px) 100vw, 730px\" \/><p id=\"caption-attachment-5412\" class=\"wp-caption-text\">Dessin repr\u00e9sentant le concept du \u00ab toit de r\u00e9cr\u00e9ation \u00bb. <em>Architecture-Concept<\/em>, mai 1972, p. 3.<\/p><\/div>\n<h3><em>Du r\u00eave \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9<\/em><\/h3>\n<p>La polyvalente ouvre ses portes en septembre 1970, sous son nouveau nom d&#8217;\u00c9mile-Nelligan<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. L\u2019\u00e9cole devient mixte en septembre 1974, lorsqu\u2019on commence l&#8217;int\u00e9gration, \u00e9tal\u00e9e sur trois ans, des gar\u00e7ons qui fr\u00e9quentaient l\u2019\u00e9cole sup\u00e9rieure Saint-Stanislas (ESSS). On leur destinait une autre des nouvelles polyvalentes, mais la C\u00c9CM doit revoir sa planification \u00e0 la baisse en raison de la rapide diminution de la client\u00e8le scolaire. (Les \u00e9l\u00e8ves des deux institutions n\u2019\u00e9taient pas compl\u00e8tement \u00e9trangers les uns aux autres, puisqu&#8217;ils \u00e9taient voisins avenue De Gasp\u00e9 depuis 1967.\u00a0En plus, la c\u00e9l\u00e8bre troupe de danse folklorique Les Sortil\u00e8ges, fond\u00e9e \u00e0 l\u2019ESSS par Jimmy di Genova, \u00e9tait mixte gr\u00e2ce au recrutement des filles d\u2019\u00c9mile-Nelligan<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>.)<\/p>\n<p>Le fait que beaucoup moins d\u2019\u00e9l\u00e8ves que pr\u00e9vu s\u2019inscrivent \u00e0 la polyvalente entraine rapidement d\u2019autres r\u00e9percussions\u00a0: m\u00eame avec l\u2019admission des gar\u00e7ons, la C\u00c9CM calcule qu\u2019elle aura 20 professeurs de trop pour la rentr\u00e9e de l\u2019automne 1974. Ceux-ci, souvent les plus jeunes et les plus militants, deviennent surnum\u00e9raires ou sont mut\u00e9s dans d\u2019autres \u00e9coles. Ils s\u2019insurgent\u00a0: selon eux, la commission scolaire n\u2019a pas pr\u00e9vu, dans la r\u00e9partition de la t\u00e2che, les besoins sp\u00e9cifiques d\u2019une \u00e9cole situ\u00e9e en \u00ab milieu particuli\u00e8rement d\u00e9favoris\u00e9<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>\u00a0\u00bb, ce qui exigerait la pr\u00e9sence de plus d\u2019enseignants.<\/p>\n<p>Les professeurs tiennent des journ\u00e9es d\u2019\u00e9tude et re\u00e7oivent l\u2019appui du commissaire scolaire Gaston Michaud. Ancien vicaire de la paroisse Saint-Louis-de-France, il est l\u2019un des principaux animateurs du Comit\u00e9 des citoyens d\u2019Olier et il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu commissaire du secteur l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Il repr\u00e9sente le Mouvement pour la d\u00e9mocratie scolaire (MDS) en lutte contre le Mouvement scolaire confessionnel, un groupe catholique int\u00e9griste qui contr\u00f4le alors la C\u00c9CM. Michaud propose que les fonds de l\u2019Op\u00e9ration renouveau, auparavant r\u00e9serv\u00e9s aux \u00e9coles primaires, soient aussi allou\u00e9s aux \u00e9coles secondaires polyvalentes. La commission scolaire se rallie \u00e0 cette solution l\u2019automne suivant, au cours d\u2019une r\u00e9union particuli\u00e8rement houleuse\u00a0: des centaines d\u2019\u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles secondaires du secteur V, en gr\u00e8ve depuis plusieurs jours, manifestent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. Le secteur V, qui correspond \u00e0 l\u2019actuel Plateau Mont-Royal et au quartier centre-sud, est alors consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des plus d\u00e9favoris\u00e9s \u00e0 Montr\u00e9al.<\/p>\n<p>Gaston Michaud se fait le porte-parole des manifestants\u00a0: \u00ab Il faut, dit-il, transformer l\u2019\u00e9cole plut\u00f4t que les \u00e9l\u00e8ves, leur conserver leur culture propre, respecter leur rythme, leur langage, leurs int\u00e9r\u00eats, valoriser ce milieu. \u00bb Il cite des statistiques accablantes\u00a0: 80 % des \u00e9l\u00e8ves du secteur qu\u2019il repr\u00e9sente sont en voie all\u00e9g\u00e9e\u00a0; \u00e0 \u00c9mile-Nelligan, 25 % abandonnent avant la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire et 20 % des \u00e9l\u00e8ves font preuve d\u2019absent\u00e9isme chronique. L\u2019Op\u00e9ration rattrapage telle qu\u2019elle est men\u00e9e jusqu\u2019ici, conclut-il, ne sert qu\u2019\u00e0 donner bonne conscience \u00e0 des commissaires qui g\u00e8rent les \u00e9coles \u00ab avec une mentalit\u00e9 de Saint-Vincent-de-Paul<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>. \u00bb<\/p>\n<h3><em>La lutte pour un parc-\u00e9cole<\/em><\/h3>\n<p>Parall\u00e8lement, la Ville de Montr\u00e9al relance son projet de parc qui avait \u00e9t\u00e9 mis en veilleuse. D\u00e9but 1975, elle ach\u00e8te les duplex et triplex situ\u00e9s au sud de la polyvalente dans le but de les d\u00e9molir. Plusieurs locataires ne l\u2019entendent cependant pas de cette oreille\u00a0: ils ne font pas confiance aux promesses de relogement de la Ville et estiment que leurs logements, souvent en bon \u00e9tat, devraient plut\u00f4t \u00eatre r\u00e9nov\u00e9s. Le Comit\u00e9 logement Saint-Louis, qui mobilise ces locataires, fait valoir que le parc devrait plut\u00f4t \u00eatre am\u00e9nag\u00e9 en face de l\u2019\u00e9cole \u00c9mile-Nelligan, du c\u00f4t\u00e9 est de l\u2019avenue Henri-Julien, o\u00f9 se trouve un vaste terrain vacant<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>. La Ville l\u2019a achet\u00e9 en 1972 pour y construire une habitation \u00e0 loyer modique (HLM) destin\u00e9e aux personnes \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n<p>Sous la pression du Comit\u00e9 logement, de Gaston Michaud et des conseillers d\u2019opposition nouvellement \u00e9lus du Rassemblement des citoyens de Montr\u00e9al (RCM), Montr\u00e9al met sur pied, en septembre 1975, un comit\u00e9 consultatif. Une telle consultation est alors sans pr\u00e9c\u00e9dent : le pr\u00e9sident du Comit\u00e9 ex\u00e9cutif, Yvon Lamarre, dit souhaiter que cette exp\u00e9rience serve de mod\u00e8le dans l\u2019avenir<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. Form\u00e9 de fonctionnaires municipaux, de la C\u00c9CM, de repr\u00e9sentants des locataires et du comit\u00e9 de parents d\u2019\u00c9mile-Nelligan, le comit\u00e9 propose d\u2019am\u00e9nager le parc dans le terrain vacant situ\u00e9 en face de l\u2019\u00e9cole, plut\u00f4t qu\u2019au sud de la polyvalente, d\u2019y r\u00e9nover les logements au lieu de les d\u00e9molir, de remplacer par des HLM ceux qui sont trop d\u00e9t\u00e9rior\u00e9s pour \u00eatre r\u00e9nov\u00e9s et de construire une piscine dans l\u2019espace r\u00e9siduel. Il sugg\u00e8re \u00e9galement que l\u2019avenue Henri-Julien soit ferm\u00e9e afin de cr\u00e9er un lien entre l\u2019\u00e9cole et le nouveau parc.<\/p>\n<p>Montr\u00e9al retient une partie des recommandations, mais ne s\u2019engage pas sur la r\u00e9novation des logements et refuse le projet de piscine. Le Comit\u00e9 logement d\u00e9nonce une \u00ab consultation bidon \u00bb en raison de l\u2019\u00e9ch\u00e9ancier jug\u00e9 trop vague, ce qui laisserait la porte ouverte aux sp\u00e9culateurs<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. Le r\u00e9am\u00e9nagement du secteur prendra effectivement de longues ann\u00e9es comme on va le voir.<\/p>\n<div id=\"attachment_5413\" style=\"width: 654px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5413\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-5413\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Comite_lutte_EN-1976-644x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"644\" height=\"1024\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Comite_lutte_EN-1976-644x1024.jpg 644w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Comite_lutte_EN-1976-378x600.jpg 378w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Comite_lutte_EN-1976-768x1220.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Comite_lutte_EN-1976.jpg 1151w\" sizes=\"(max-width: 644px) 100vw, 644px\" \/><p id=\"caption-attachment-5413\" class=\"wp-caption-text\">Extrait d\u2019une brochure produite par le Comit\u00e9 logement Saint-Louis, 1976. Collection Bernard Vall\u00e9e.<\/p><\/div>\n<h3><em>Un \u00ab cancer g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00bb<\/em><\/h3>\n<p>Si l\u2019am\u00e9nagement du parc-\u00e9cole cause des soucis aux \u00e9lus et aux fonctionnaires de la C\u00c9CM, la gestion de la polyvalente n\u2019est pas en reste. Les conflits entre la direction et les enseignants se multiplient\u00a0: en f\u00e9vrier 1978, sept enseignants et cinq professionnels sont mut\u00e9s dans d\u2019autres \u00e9tablissements. Leur syndicat affirme qu\u2019il s\u2019agit de ses membres les plus militants et qu\u2019ils sont sanctionn\u00e9s parce qu\u2019ils refusent la vision \u00ab caporaliste \u00bb du directeur et son comportement d\u2019autocrate<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. S\u2019en suit un long bras de fer ponctu\u00e9 par une multitude de griefs et des manifestations d\u2019enseignants<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>. La crise culmine au mois de mars 1979 lorsque des \u00e9l\u00e8ves d\u00e9clenchent un mouvement de gr\u00e8ve. Ils reprochent \u00e0 la direction de leur refuser l\u2019inscription, lorsqu\u2019ils arrivent en secondaire III, aux cours qui donnent acc\u00e8s au c\u00e9gep. Pr\u00e9textant des notes trop faibles, on les cantonne, disent-ils, dans des cours professionnels d\u00e9valorisants. \u00c0 la suite d\u2019une s\u00e9rie d\u2019incidents, comme des feux de poubelles, la direction ferme l\u2019\u00e9cole \u00e0 quelques reprises pour la journ\u00e9e, mais puisque la tension ne s\u2019apaise pas, la polyvalente ferme ses portes pour de bon le 12 mars<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>.<\/p>\n<p>Le 19 mars, l\u2019\u00e9quipe de direction \u2013 sept personnes \u2013 d\u00e9missionne en bloc, ce qui oblige les commissaires de la C\u00c9CM \u00e0 tenir une r\u00e9union d\u2019urgence, le 22 mars. \u00c0 son issue, le pr\u00e9sident de la commission scolaire, Luc Lariv\u00e9e, annonce, \u00ab pour lutter contre un cancer g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00bb, la nomination d\u2019un tuteur dot\u00e9 de pouvoirs extraordinaires. Il faut dire que l\u2019\u00e9cole a connu cinq \u00e9quipes de direction en six ans\u00a0; celle qui a claqu\u00e9 la porte n\u2019\u00e9tait en poste que depuis septembre. Dans sa lettre de d\u00e9mission, elle accuse les enseignants d\u2019avoir encourag\u00e9 les d\u00e9brayages, ce que r\u00e9fute l\u2019Alliance des professeurs. Le syndicat r\u00e9torque que le cafouillage lors des choix de cours s\u2019explique par le fait que les enseignants ont \u00e9t\u00e9 tenus \u00e0 l\u2019\u00e9cart des d\u00e9cisions p\u00e9dagogiques. Il faut plut\u00f4t s\u2019attaquer, ajoute-t-il, \u00ab au probl\u00e8me des restrictions de choix de cours en milieu populaire<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. \u00bb<\/p>\n<p>Dans son rapport, d\u00e9pos\u00e9 en juin 1979, le tuteur \u00e9carte la fermeture pure et simple de la polyvalente, r\u00e9clam\u00e9e par certains, mais fait des recommandations sur son am\u00e9nagement\u00a0: il faut cloisonner le grand espace ouvert situ\u00e9 sous le puits de lumi\u00e8re central. Il est devenu dangereux, car les \u00e9l\u00e8ves lancent trop souvent depuis les \u00e9tages des chaises et des poubelles vers le rez-de-chauss\u00e9e. Le tuteur ne fait cependant pas compl\u00e8tement table rase du concept original des architectes, puisqu\u2019il recommande aussi de rendre fonctionnel le toit-terrasse qui devait servir de cour d\u2019\u00e9cole<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>. Les murs sont install\u00e9s et une nouvelle \u00e9quipe de direction, form\u00e9e de volontaires, entre en fonction au mois de septembre suivant. La nouvelle directrice, H\u00e9l\u00e8ne Ch\u00e9nier, parle d\u2019un \u00ab d\u00e9part en neuf \u00bb et ajoute qu\u2019elle \u00ab ne veut rien savoir du pass\u00e9 \u00bb. Elle esp\u00e8re aussi que le projet de terrasse sur le toit pourra se r\u00e9aliser un jour. Dans une entrevue, la directrice d\u00e9plore toutefois, consciente du cloisonnement ainsi cr\u00e9\u00e9, de s\u2019\u00eatre vue forc\u00e9e de regrouper les \u00e9l\u00e8ves du programme professionnel court dans une section s\u00e9par\u00e9e de l\u2019\u00e9cole, mais explique n\u2019avoir pas eu le choix puisqu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, dit-elle, \u00c9mile-Nelligan, c\u2019est plusieurs \u00e9coles r\u00e9unies sous un m\u00eame toit<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-5415\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Escaliers_AC_05_1972.png\" alt=\"\" width=\"533\" height=\"420\" \/><\/p>\n<div id=\"attachment_5414\" style=\"width: 591px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5414\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-5414\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Emile-Nelligan_02_1970.png\" alt=\"\" width=\"581\" height=\"489\" \/><p id=\"caption-attachment-5414\" class=\"wp-caption-text\">Les corridors et les escaliers roulants, ouverts sur l\u2019espace central de la polyvalente, situ\u00e9 au rez-de-chauss\u00e9e. Les corridors ont \u00e9t\u00e9 cloisonn\u00e9s \u00e0 la suite des recommandations du tuteur. <em>Architecture-Concept<\/em>, f\u00e9vrier 1970 et mai 1972.<\/p><\/div>\n<p>D\u00e8s l\u2019ann\u00e9e suivante, cependant, la nouvelle \u00e9quipe de direction doit lancer un appel \u00e0 l\u2019aide. Elle dit faire face \u00e0 \u00ab des cas de port d\u2019armes, de fugues, de vandalisme, de drogue, de chantage et de prostitution [qui ne sont] en aucun cas une situation exceptionnelle<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>. \u00bb L\u2019\u00e9cole affronte aussi un nouveau probl\u00e8me\u00a0: pr\u00e8s du tiers des \u00e9l\u00e8ves sont des immigrants r\u00e9cents qui ont de la difficult\u00e9 \u00e0 s\u2019exprimer en fran\u00e7ais. Cette situation r\u00e9sulte de l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la Charte de la langue fran\u00e7aise \u2013 la Loi 101 \u2013 en 1978. Une \u00e9quipe de psycho\u00e9ducateurs et de travailleurs de rue du centre de r\u00e9adaptation pour adolescents Boscoville est envoy\u00e9e en renfort\u00a0; elle a le mandat d\u2019intervenir non seulement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des murs de la polyvalente, mais aussi dans les lieux publics environnants<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_5417\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5417\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-5417\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/EN_BAnQ_1981-1024x664.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"664\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/EN_BAnQ_1981-1024x664.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/EN_BAnQ_1981-600x389.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/EN_BAnQ_1981-768x498.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/EN_BAnQ_1981.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><p id=\"caption-attachment-5417\" class=\"wp-caption-text\">Le 13 janvier 1981, le ministre de l\u2019immigration, G\u00e9rald Godin, et le ministre de l\u2019\u00e9ducation, Camille Laurin, d\u00e9voilent, \u00e0 la polyvalente \u00c9mile-Nelligan, un nouvel outil p\u00e9dagogique \u00ab Mes amis de partout \u00bb. Destin\u00e9 aux enseignants, il vise \u00e0 favoriser un rapprochement entre les enfants francophones et ceux qui sont \u00ab d\u2019origine ethnique \u00bb La directrice de la polyvalente, H\u00e9l\u00e8ne Ch\u00e9nier, prend la parole. Photo : \u00c9lo\u00efse H\u00e9bert, BAnQ, E6,S7,SS1,D810003-810003.<\/p><\/div>\n<p>Trois ans plus tard, la C\u00c9CM jette finalement l\u2019\u00e9ponge. Elle ferme \u00c9mile-Nelligan et transf\u00e8re ses \u00e9l\u00e8ves \u00e0 la polyvalente Jeanne-Mance, rue de Bordeaux, pour la rentr\u00e9e de septembre 1983. Con\u00e7ue pour accueillir 2,500 \u00e9l\u00e8ves, \u00c9mile-Nelligan n\u2019en avait plus que 400 au moment de l\u2019annonce de la fermeture. La cause n\u2019est pas seulement attribuable \u00e0 la forte diminution de la population d\u2019\u00e2ge scolaire \u00e0 cette \u00e9poque\u00a0; en raison de sa mauvaise r\u00e9putation, les parents sont nombreux \u00e0 tout faire pour \u00e9viter que leurs enfants ne fr\u00e9quentent cette \u00e9cole<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>. D\u00e9but 1985, la C\u00c9CM vend l\u2019\u00e9difice \u00e0 l\u2019\u00c9cole de technologie sup\u00e9rieure (ETS) pour la somme de 8 millions de dollars. Le journal <em>Le Devoir<\/em> souligne alors que cette vente de l\u2019un des \u00ab symboles de la R\u00e9volution tranquille \u00bb est la premi\u00e8re vente d\u2019une polyvalente sur l\u2019\u00eele de Montr\u00e9al<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>.<\/p>\n<h3><em>Un secteur transform\u00e9<\/em><\/h3>\n<p>La transformation du secteur, amorc\u00e9e en 1965, aura dur\u00e9 plus de 40 ans. Le parc qui devait \u00eatre situ\u00e9 au sud de la polyvalente a finalement \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9 en face, du c\u00f4t\u00e9 est de l\u2019avenue Henri-Julien, comme le revendiquait le Comit\u00e9 logement Saint-Louis. Il s\u2019agit du parc Villeneuve. (En 2016, il sera renomm\u00e9 parc Palomino\u2013Brind\u2019Amour, en l\u2019honneur de Mercedes Palomino et Yvette Brind\u2019Amour, les fondatrices du Th\u00e9\u00e2tre du Rideau-Vert voisin.) La r\u00e9sidence pour personnes \u00e2g\u00e9es que la Ville voulait construire \u00e0 cet endroit a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9e plus au nord, en 1978, au coin des avenues Laurier Est et Henri-Julien. La plupart des logements situ\u00e9s \u00e0 l\u2019emplacement pr\u00e9vu initialement pour le parc sont devenus des HLM. Environ la moiti\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9nov\u00e9s et les autres remplac\u00e9s par des b\u00e2timents neufs. L\u2019ensemble est g\u00e9r\u00e9 par l\u2019Office municipal d\u2019habitation de Montr\u00e9al. Le CPE Les Ateliers occupe depuis 2005 la partie sud du terrain.<\/p>\n<p>Le parc \u00c9mile-Nelligan existe pourtant bel et bien\u00a0: mais au lieu d\u2019englober tout le quadrilat\u00e8re initialement pr\u00e9vu, il se fait tout discret, cach\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 se termine l\u2019avenue Laval, qui, au nord de l\u2019avenue Mont-Royal, prend l\u2019allure d\u2019une ruelle. Tout cela fait en sorte que les espaces verts sont particuli\u00e8rement nombreux dans ce secteur, puisqu\u2019il comprend deux autres petits parcs\u00a0: le parc Pierre-Boucher-acteur, \u00e0 l\u2019intersection des rues Gilford et Henri-Julien, et le parc Gilles-Lefebvre (anciennement le parc Drolet), du nom du fondateur des Jeunesses musicales du Canada. L\u2019organisme occupe l\u2019immeuble adjacent, celui de l\u2019ancienne <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/clinique-laurier\/\">clinique m\u00e9dicale Seigler<\/a>, avenue du Mont-Royal angle Henri-Julien.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019\u00e9difice de la polyvalente \u00c9mile-Nelligan, il a abrit\u00e9 l\u2019ETS jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9m\u00e9nagement rue Notre-Dame, pr\u00e8s du centre-ville, en 1997. L\u2019\u00c9cole nationale d\u2019administration publique (ENAP) et le Conservatoire de musique et d\u2019art dramatique du Qu\u00e9bec ont pris le relais. Ils ont d\u00fb d\u00e9m\u00e9nager temporairement \u00e0 leur tour \u00e0 la suite d\u2019un spectaculaire incendie, le 7 d\u00e9cembre 2005. Les travaux de r\u00e9novation, qui ont dur\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 2010, ont permis de renouer en partie avec le concept des ann\u00e9es 1960, puisque l\u2019atrium central a retrouv\u00e9 l\u2019espace ouvert qui le relie au puits de lumi\u00e8re. Le toit qui devait servir de cour d\u2019\u00e9cole est finalement devenu un toit vert. Et si les murs de b\u00e9ton de l\u2019\u00e9difice dominent toujours les duplex et triplex des rues environnantes, ils sont maintenant d\u00e9cor\u00e9s par les <a href=\"http:\/\/plepuc.org\/fr\/oeuvre\/je-ne-suis-pas-revenu-pour-revenir-je-suis-arriv-ce-qui-commence\">vers de Gaston Miron<\/a> qui y ont \u00e9t\u00e9 peints<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>.<\/p>\n<p><em>En 1974, la r\u00e9alisatrice H\u00e9l\u00e8ne Girard a r\u00e9alis\u00e9 le documentaire \u00ab Les filles c\u2019est pas pareil \u00bb. Tourn\u00e9 en partie \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et aux alentours de la polyvalente, il recueille les t\u00e9moignages d\u2019adolescentes qui fr\u00e9quentaient alors \u00c9mile-Nelligan. Le film peut \u00eatre vu <a href=\"https:\/\/www.onf.ca\/film\/filles_cest_pas_pareil\/\">sur le site de l\u2019ONF<\/a>.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p>Recherche et r\u00e9daction\u00a0: Yves Desjardins, mars 2021<br \/>\nR\u00e9visions mineures\u00a0: Justin Bur<\/p>\n<hr \/>\n<h3>Notes<\/h3>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Andr\u00e9e Dufour, <em>Histoire de l\u2019\u00e9ducation au Qu\u00e9bec<\/em>, Bor\u00e9al, 1997.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> La Commission des \u00e9coles catholiques de Montr\u00e9al avait fait l\u2019acquisition du b\u00e2timent en 1956, pour la somme symbolique de 1 $. C\u2019\u00e9tait auparavant l\u2019\u00e9cole protestante Aberdeen, qui s\u2019\u00e9tait install\u00e9e l\u00e0, dans deux anciennes r\u00e9sidences bourgeoises, en 1896. L\u2019adresse officielle \u00e9tait le 420 rue de Malines, une petite rue situ\u00e9e entre Berri et Saint-Denis, car l\u2019entr\u00e9e principale s\u2019y trouvait.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> \u00ab 525 \u00e9l\u00e8ves d\u2019une \u00e9cole trop vieille ont obtenu un cong\u00e9 impr\u00e9vu \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 9 f\u00e9vrier 1965, p. 3.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> \u00ab C\u00c9CM \u2013 soumissions. Avis aux entrepreneurs en d\u00e9molition \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 7 juin 1965\u00a0; \u00ab Modification \u00e0 des r\u00e8glements de zonage \u00bb, La Presse, 13 juillet 1965, p. 7.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Inaugur\u00e9 en 1915, l\u2019\u00e9difice a d\u2019abord servi \u00e0 la compagnie Ford et ensuite au fabricant d\u2019\u00e9lectrom\u00e9nagers Electrolux. Il abrite aujourd\u2019hui les bureaux de l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Yves Leclerc, \u00ab Il faut appliquer imm\u00e9diatement \u00e0 Montr\u00e9al l\u2019Op\u00e9ration 55 \u2013 M. Guy Rocher \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 9 novembre 1966, p. 3\u00a0; \u00ab Guy Rocher d\u00e9nonce la situation scolaire \u00e0 Montr\u00e9al \u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 9 novembre 1966, p. 3. L\u2019Op\u00e9ration 55 visait \u00e0 r\u00e9duire le nombre de commissions scolaires au Qu\u00e9bec pour rationaliser leur administration. \u00c0 Montr\u00e9al, selon Guy Rocher, cela revenait \u00e0 abolir les commissions scolaires des municipalit\u00e9s riches, comme Outremont et Westmount, afin de mieux financer les \u00e9coles des quartiers d\u00e9favoris\u00e9s.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Robert Gagnon, <em>Histoire de la Commission des \u00e9coles catholiques de Montr\u00e9al<\/em>, Bor\u00e9al, 1996, p. 273.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Claude Gravel, \u00ab Un objectif du nouveau pr\u00e9sident de la C\u00c9CM : que le renouveau scolaire d\u00e9bute dans les zones grises \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 22 avril 1967, p. 15.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> \u00ab Trois nouvelles \u00e9coles \u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 8 novembre 1967, p. 3.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Normand Th\u00e9riault, \u00ab Je joue sur le toit, j\u2019\u00e9tudie dans la tour \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 30 mai 1970, p. 40.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Appel\u00e9e Notre-Dame-de-l&#8217;Esp\u00e9rance tout au long du processus de construction, l&#8217;\u00e9cole re\u00e7oit son nouveau nom juste \u00e0 temps pour l&#8217;inauguration du nouvel \u00e9difice. Voir Lysiane Gagnon, \u00ab \u00c9coles \u00e9l\u00e9mentaires du Qu\u00e9bec: 27,000 \u00e9l\u00e8ves de moins que l&#8217;an dernier\u00a0\u00bb, <em>La Presse<\/em>, 3 septembre 1970, p. 14.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Alfred Laflamme, \u00ab De la gloire au d\u00e9clin de l\u2019\u00e9cole Saint-Stanislas \u00bb, <em>Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019histoire et de g\u00e9n\u00e9alogie du Plateau-Mont-Royal<\/em>, vol. 4, no 2, \u00e9t\u00e9 2009, p. 6-7.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> \u00ab Les profs d\u2019\u00c9mile-Nelligan s\u2019insurgent contre la C\u00c9CM \u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 24 mai 1974, p. 3.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> \u00ab Des \u00e9coliers assi\u00e8gent la C\u00c9CM \u00bb\u00a0; Lise Bissonnette, \u00ab L\u2019Op\u00e9ration-Renouveau s\u2019\u00e9tendra \u00e0 l\u2019\u00e9cole secondaire \u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 4 octobre 1974, p. 3. Les \u00e9coles en gr\u00e8ve \u00e9taient Le Plateau (aujourd\u2019hui une \u00e9cole primaire), \u00c9mile-Nelligan, Jeanne-Mance et Pierre-Dupuy (aujourd\u2019hui l\u2019\u00c9cole-des-m\u00e9tiers-des-Faubourgs-de-Montr\u00e9al). L\u2019Alliance des professeurs de Montr\u00e9al appuie le mouvement, mais se d\u00e9fend d\u2019en avoir \u00e9t\u00e9 l\u2019instigateur.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Ibid et Gaston Michaud, \u00ab Une mentalit\u00e9 de Saint-Vincent-de-Paul appliqu\u00e9e \u00e0 un renouveau en \u00e9ducation \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 22 janvier 1975, p. A5.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Comit\u00e9 de lutte \u201f\u00c9mile-Nelligan\u201d, <em>La lutte du parc-\u00e9cole \u00c9mile-Nelligan, 1975-1976<\/em>, Comit\u00e9 logement Saint-Louis, s.d. [1976], collection Bernard Vall\u00e9e.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> \u00ab Formation d\u2019un comit\u00e9 pour \u00e9tudier le probl\u00e8me du parc-\u00e9cole \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 24 septembre 1975, p. E10\u00a0; Claude Turcotte, \u00ab Des citoyens relancent la lutte sur le parc-\u00e9cole \u00c9mile-Nelligan \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 31 octobre 1975, p. A10<br \/>\n<a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> La lutte du parc-\u00e9cole \u00c9mile-Nelligan, 1975-1976, op. cit.\u00a0; Bernard Desc\u00f4teaux, \u00ab Le parc-\u00e9cole \u00c9mile-Nelligan se fera, mais sans l\u2019unanimit\u00e9 \u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 17 d\u00e9cembre 1975, p. 3\u00a0; Claude Turcotte, \u00ab La consultation sur le parc-\u00e9cole \u00c9mile-Nelligan s\u2019est termin\u00e9e dans la cacophonie \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 17 d\u00e9cembre 1975, p. F12.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Fran\u00e7ois Roberge, \u00ab L\u2019Alliance d\u00e9fendra ses membres mut\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00c9mile-Nelligan \u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 7 mars 1978, p. 3.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Paule des Rivi\u00e8res, \u00ab \u00c9mile-Nelligan\u00a0: la C\u00c9CM va en appel \u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 6 f\u00e9vrier 1979, p. 6\u00a0; Mariane Favreau, \u00ab Les profs mut\u00e9s d\u2019\u00c9mile-Nelligan\u00a0: la C\u00c9CM impassible devant 200 profs venus r\u00e9clamer justice pour les leurs \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 17 f\u00e9vrier 1979, p. C6.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> Mariane Favreau, \u00ab \u00c9mile-Nelligan\u00a0: les \u00e9l\u00e8ves sont en col\u00e8re, l\u2019\u00e9cole est ferm\u00e9e \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 13 mars 1979, p. A12.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> Paule des Rivi\u00e8res, \u00ab Les professeurs d\u00e9noncent la fermeture d\u2019\u00c9mile-Nelligan \u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 22 mars 1979, p. 8\u00a0; Idem, \u00ab Pour contrer un \u201fcancer g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9\u201d, l\u2019\u00e9cole \u00c9mile-Nelligan est mise sous tutelle \u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 23 mars 1979, p. 1\u00a0; Mariane Favreau, \u00ab Le myst\u00e8re plane sur la d\u00e9mission en bloc des sept administrateurs d\u2019\u00c9mile-Nelligan \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 23 mars 1979, p. A11.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> Mariane Favreau, \u00ab \u00c0 la polyvalente \u00c9mile-Nelligan, le tuteur a oubli\u00e9 les coupables \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 27 juin 1979, p. I2.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Paule des Rivi\u00e8res, \u00ab La polyvalente \u00c9mile-Nelligan tourne la page \u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 18 septembre 1979, p. 13.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Paule des Rivi\u00e8res, \u00ab Un projet de la polyvalente \u00c9mile-Nelligan pour aider les adolescents perturb\u00e9s \u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 15 octobre 1980, p. 4.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> Ibid.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Mariane Favreau, \u00ab La polyvalente \u00c9mile-Nelligan ferme ses portes\u00a0: une exp\u00e9rience qui remet bien des choses en question \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 4 mai 1983, p. B8.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> Jean-Pierre Proulx, \u00ab Une premi\u00e8re\u00a0: la polyvalente \u00c9mile-Nelligan passe \u00e0 l\u2019ETS \u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 22 janvier 1985, p. 1.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a>\u00a0<a href=\"https:\/\/www.v2com-newswire.com\/fr\/salle-de-presse\/categories\/architecture-institutionnelle\/dossiers-de-presse\/558-01\/le-conservatoire-de-musique-et-d-art-dramatiquede-montreal-et-les-installations-de-l-enap\">https:\/\/www.v2com-newswire.com\/fr\/salle-de-presse\/categories\/architecture-institutionnelle\/dossiers-de-presse\/558-01\/le-conservatoire-de-musique-et-d-art-dramatiquede-montreal-et-les-installations-de-l-enap<\/a><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ancienne \u00e9cole \u00c9mile-Nelligan, situ\u00e9e avenue Henri-Julien entre Gilford et Villeneuve, est l\u2019un des fruits de la R\u00e9volution tranquille. \u00c0 la suite de la publication du rapport Parent, entre 1963 et 1966, le Qu\u00e9bec cr\u00e9e un r\u00e9seau d\u2019\u00e9coles polyvalentes dans le but d&#8217;am\u00e9liorer l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation secondaire. 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