{"id":5582,"date":"2021-07-15T11:02:31","date_gmt":"2021-07-15T15:02:31","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=5582"},"modified":"2022-11-04T13:43:50","modified_gmt":"2022-11-04T17:43:50","slug":"montreal-annex-a-strictly-high-class-suburb","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/montreal-annex-a-strictly-high-class-suburb\/","title":{"rendered":"Montreal Annex: \u00abA Strictly High-Class Suburb\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><em>En 1890, le village de Saint-Louis-du-Mile-End compte environ 3\u00a0500 habitants. Majoritairement Canadiens-fran\u00e7ais, ils sont regroup\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 est de la rue Saint-Laurent, entre l\u2019avenue Mont-Royal et la rue Saint-Louis, l\u2019actuelle avenue Laurier. La plupart d\u2019entre eux sont des artisans\u00a0et des ouvriers\u00a0: ils travaillent dans les commerces de la rue Saint-Laurent ou encore dans les nombreuses carri\u00e8res de pierre des environs.<\/em><\/p>\n<p><em>Le Mile End situ\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 ouest de la rue Saint-Laurent est encore rural. Deux grands propri\u00e9taires terriens se partagent presque tout le territoire\u00a0: la succession Nowlan et la famille Bagg. Ces propri\u00e9taires louent leurs terres \u00e0 des fermiers qui les utilisent depuis plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, surtout comme p\u00e2turages pour leurs chevaux et vaches. La partie sud de ce territoire \u2013 de l\u2019avenue Mont-Royal \u00e0 l\u2019actuel boulevard Saint-Joseph \u2013 accueille, depuis les ann\u00e9es 1870, une exposition agricole et industrielle. Un petit rectangle voisin, jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;actuelle avenue Fairmount, appartient encore aux Religieuses hospitali\u00e8res de Saint-Joseph.<\/em><\/p>\n<p><em>Ce paysage va cependant \u00eatre compl\u00e8tement transform\u00e9 en \u00e0 peine une d\u00e9cennie. Car une importante innovation est sur le point d\u2019atteindre Montr\u00e9al\u00a0: le tramway \u00e9lectrique. D\u2019ambitieux promoteurs vont faire la promotion de nouvelles banlieues \u00ab vertes \u00bb, o\u00f9, gr\u00e2ce \u00e0 ce moyen de transport, l\u2019on \u00e9chappe aux inconv\u00e9nients de la ville tout en \u00e9tant \u00e0 quelques minutes seulement de son lieu de travail. Dans le cas de l\u2019ouest du Mile End, ces promoteurs viennent de Toronto\u00a0: ils veulent reproduire \u00e0 Montr\u00e9al le succ\u00e8s de la Janes Annex \u2013 encore aujourd\u2019hui un quartier chic de la m\u00e9tropole ontarienne. C\u2019est la raison pour laquelle ils nomment leur projet \u00ab Montreal Annex. \u00bb<\/em><\/p>\n<h2>Des promoteurs venus de Toronto<\/h2>\n<p>Le 2 d\u00e9cembre 1890, le quotidien <em>La Presse <\/em>publie un article intitul\u00e9 \u00ab Perte de Toronto \u2013 gain de Montr\u00e9al \u00bb\u00a0: il annonce le d\u00e9m\u00e9nagement \u00e0 Montr\u00e9al de Rienzi Athel Mainwaring, un agent d\u2019immeuble torontois. Le journal \u00e9crit\u00a0: \u00ab La phrase suivante\u00a0: \u201fMainwaring a du nerf\u201d est devenue proverbiale parmi les sp\u00e9culateurs d\u2019immeubles. [On] souhaite que M. Mainwaring obtienne autant de succ\u00e8s \u00e0 Montr\u00e9al qu\u2019il a obtenu \u00e0 Toronto, d\u2019o\u00f9 son d\u00e9part est g\u00e9n\u00e9ralement regrett\u00e9<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. \u00bb<\/p>\n<p>Quelques mois auparavant, le 26 mai 1890, Mainwaring et son associ\u00e9 torontois, Clarence J. McCuaig, avaient achet\u00e9 la ferme de la succession Nowlan<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Compris entre les actuelles rues Durocher (\u00e0 Outremont), Esplanade, Fairmount et Saint-Zotique, ce vaste terrain \u00e9tait \u00e0 vendre depuis quelques ann\u00e9es. Les Clercs de Saint-Viateur, qui g\u00e8rent <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/institution-des-sourds-muets\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019Institution des sourds-muets<\/a> au Mile End depuis 1850, ont fait une offre d\u2019achat, mais la transaction a \u00e9chou\u00e9 car la communaut\u00e9 religieuse estime que le prix demand\u00e9 est trop \u00e9lev\u00e9. Les Clercs se rabattent plut\u00f4t sur les fermes Pratt, McDougall et Wiseman, adjacentes du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Outremont, qu&#8217;ils ach\u00e8tent entre 1885 et 1887 pour la somme globale de 48 000\u00a0$<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. La communaut\u00e9 religieuse y installe sa ferme \u00e9cole et anticipe qu\u2019\u00e0 plus long terme ces terres prendront de la valeur lors de leur lotissement. La succession Nowlan peut se r\u00e9jouir d\u2019avoir refus\u00e9 l\u2019offre des Clercs de Saint-Viateur, puisque McCuaig et Mainwaring, eux, payent une somme beaucoup plus \u00e9lev\u00e9e, soit 130 000\u00a0$<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p>S\u2019ils sont pr\u00eats \u00e0 d\u00e9bourser un tel prix, c\u2019est parce que les deux agents d\u2019immeuble ont de grandes ambitions. En 1890, Toronto est aux prises avec une fi\u00e8vre sp\u00e9culative qui atteint son paroxysme. Les deux agents cherchent donc \u00e0 ouvrir une nouvelle fronti\u00e8re aux sp\u00e9culateurs. La revue commerciale montr\u00e9alaise <em>Le Prix courant<\/em> souligne que l\u2019arriv\u00e9e d\u2019investisseurs torontois \u00e0 Montr\u00e9al n\u2019est pas \u00e9trang\u00e8re au fait que la bulle immobili\u00e8re dans la capitale ontarienne est sur le point de crever. La revue soutient toutefois qu\u2019un tel p\u00e9ril ne guette pas encore Montr\u00e9al\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>D&#8217;apr\u00e8s un confr\u00e8re, la propri\u00e9t\u00e9 immobili\u00e8re est dans un \u00e9tat de crise \u00e0 Toronto. [\u2026] C&#8217;est probablement pour cela que les capitalistes de Toronto viennent acheter des terrains aux environs de Montr\u00e9al, \u00e0 Blue Bonnets, \u00e0 Mile End, etc. [\u2026] S&#8217;il y a crise \u00e0 Toronto, ce n&#8217;est pas le cas \u00e0 Mtl, parce qu\u2019ici point de sp\u00e9culation. Nous remarquons une vente de lots \u00e0 b\u00e2tir \u00e0 Mile End sur la ferme Nowlan [\u2026]. Cette localit\u00e9 para\u00eet destin\u00e9e \u00e0 un brillant avenir par la classe de b\u00e2tisses que l&#8217;on y construit. C&#8217;est d&#8217;ailleurs la continuation de la rue Bleury et du quartier <em>fashionable<\/em> qui s&#8217;\u00e9tend, en ville, depuis la rue St Laurent, \u00e0 l&#8217;Est, jusqu&#8217;aux limites Ouest de la ville<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>La toute premi\u00e8re publicit\u00e9 de McCuaig &amp; Mainwaring qui offre des lots \u00e0 vendre sur un site nomm\u00e9 \u00ab Montreal Annex \u00bb est d\u2019ailleurs publi\u00e9e par un quotidien torontois d\u00e8s le mois d&#8217;ao\u00fbt 1890<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. La premi\u00e8re publicit\u00e9 montr\u00e9alaise recens\u00e9e est publi\u00e9e par <em>The Gazette<\/em>, le 16 octobre suivant. Ces annonces mettent en relief deux caract\u00e9ristiques du secteur\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Le chemin de fer d\u2019abord\u00a0: \u00ab\u00a0La voie ferr\u00e9e du Canadien Pacifique traverse le nord de la propri\u00e9t\u00e9 et la <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/gare-du-mile-end\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">gare du Mile End<\/a> se trouve \u00e0 seulement 300 verges. La nouvelle cour du triage du CPR est adjacente du c\u00f4t\u00e9 nord-ouest, ce qui fait du nord de la propri\u00e9t\u00e9 un endroit id\u00e9al pour les usines\u00a0\u00bb.<\/li>\n<li>L\u2019emplacement ensuite\u00a0: \u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9 est adjacente aux terrains de l\u2019Exposition. Son site est similaire au <em>Janes Annex<\/em> de Toronto. Les immeubles r\u00e9sidentiels montr\u00e9alais sont surpeupl\u00e9s \u00e0 un tel point que \u00e7a ne peut qu\u2019entrainer un d\u00e9veloppement rapide des banlieues<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une autre publicit\u00e9, publi\u00e9e le 6 d\u00e9cembre 1890, donne la mesure de leur ambition\u00a0: \u00ab nous allons construire une ville dans le nord qui aura une population de 10 \u00e0 20\u00a0000 personnes d\u2019ici 5 ans<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. \u00bb<\/p>\n<div style=\"background: #9db667; margin-left: 43pt; padding: 1em;\">\n<h2><em>La famille Perrault\u2013Nowlan et le Mile End<\/em><\/h2>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\"><em>Le 29 mars 1890, avant m\u00eame que la transaction ne soit conclue, Mainwaring envoie une p\u00e9tition au conseil municipal de Saint-Louis-du-Mile-End. Appuy\u00e9 notamment par les S\u0153urs de l\u2019H\u00f4tel-Dieu, et se pr\u00e9sentant comme le \u00ab propri\u00e9taire de la ferme Nowlan \u00bb, il demande au village de changer le nom de l\u2019avenue Nowlan \u00ab en avenue du Parc ou Park avenue<a style=\"color: #ffffff;\" href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. \u00bb Quelques mois auparavant en effet, le 22 novembre 1889, Henri-Maurice Perrault, Maurice Cuvillier et Joseph A. Gravel, \u00e0 titre \u00ab\u00a0d\u2019administrateurs et d\u2019ex\u00e9cuteurs testamentaires de la Succession Nowlan\u00a0\u00bb, avaient demand\u00e9 au m\u00eame conseil de donner ce nom \u00e0 la nouvelle avenue. Ils soulignent avoir donn\u00e9 gratuitement au village les terrains n\u00e9cessaires pour la prolongation vers l\u2019ouest de la rue Saint-Louis (Laurier) et pour la prolongation de la rue Bleury (Parc) vers le nord. En retour, les h\u00e9ritiers demandent que\u00a0: \u00ab\u00a0la rue continuation de l\u2019avenue du Parc, \u00e0 commencer \u00e0 l\u2019avenue Mont-Royal et allant vers le nord, porte \u00e0 l\u2019avenir le nom de <u>l\u2019avenue Nowlan<\/u>. Ce sera \u00e0 leurs yeux le meilleur moyen de perp\u00e9tuer le souvenir d\u2019une personne qui passa un demi-si\u00e8cle au milieu de votre population<a style=\"color: #ffffff;\" href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>.\u00a0\u00bb Le conseil municipal accepte le changement de nom demand\u00e9 par Mainwaring, contribuant ainsi \u00e0 faire sombrer dans l\u2019oubli le r\u00f4le jou\u00e9 par la famille Perrault-Nowlan dans l\u2019histoire du Mile End.<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\"><em>On retrouve sa trace d\u00e8s 1781, lorsque Joseph Perrault est identifi\u00e9 comme propri\u00e9taire d\u2019une maison, de cinq arpents de vergers et de 15 arpents qualifi\u00e9s de \u00ab\u00a0d\u00e9sert\u00a0\u00bb (c&#8217;est-\u00e0-dire inutilis\u00e9s), dans une grande terre du coteau Saint-Louis qui chevauche l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 est de l\u2019actuel Outremont et l\u2019ouest du Mile End<a style=\"color: #ffffff;\" href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. Agriculteur et marchand de bois, Joseph Perrault \u00e9pouse Marie-Anne Tavernier. Le couple a dix enfants, dont quatre atteignent l&#8217;\u00e2ge adulte\u00a0: l&#8217;a\u00een\u00e9, Julien est l&#8217;anc\u00eatre d&#8217;une dynastie d&#8217;architectes \u2013 Henri-Maurice, Joseph, Maurice et Jean-Julien ; Marie-Claire \u00e9pousera Austin Cuvillier, un important marchand montr\u00e9alais ; Joseph fils deviendra d\u00e9put\u00e9 ; et, finalement, Agathe. Elle \u00e9pousera un lieutenant d\u2019origine catholique irlandaise, Maurice Nowlan. Il est tu\u00e9, apr\u00e8s seulement deux ann\u00e9es de mariage, pendant la guerre de 1812. Dor\u00e9navant connue sous le nom de \u00ab\u00a0veuve Maurice Nowlan\u00a0\u00bb, Agathe ne se remariera jamais. <\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\"><em>Le couple \u00e9l\u00e8ve aussi, comme une fille adoptive, leur ni\u00e8ce \u00c9milie Tavernier. Sa m\u00e8re est morte lorsqu&#8217;elle n&#8217;avait que quatre ans. \u00c9milie se lie d&#8217;amiti\u00e9 avec sa cousine Agathe. Leur relation, qui durera toute une vie, contribuera \u00e0 la cr\u00e9ation des <a style=\"color: #8040a0;\" href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/couvent-de-la-providence\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">refuges des s\u0153urs de la Providence<\/a>, l&#8217;ordre fond\u00e9 par \u00c9milie<a style=\"color: #ffffff;\" href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. Car la veuve Nowlan est devenue une importante m\u00e9c\u00e8ne. Elle a h\u00e9rit\u00e9 d&#8217;une fortune consid\u00e9rable de ses parents et, probablement, de son fr\u00e8re Joseph, rest\u00e9 c\u00e9libataire. En 1868, elle a notamment fait un don qui permet aux s\u0153urs de construire leur couvent, juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9glise Saint-Enfant-J\u00e9sus. Agathe Nowlan, qui n\u2019a pas eu d\u2019enfant, d\u00e9c\u00e8de en 1871. Son neveu, Maurice Cuvillier, et son filleul, Henri-Maurice Perrault, fils de son fr\u00e8re Julien, deviennent alors ses ex\u00e9cuteurs testamentaires et ses h\u00e9ritiers<a style=\"color: #ffffff;\" href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>. Henri-Maurice Perrault est architecte et arpenteur. D\u00e8s 1873, il dresse un plan qui anticipe le lotissement de la ferme familiale<a style=\"color: #ffffff;\" href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. Son fils, Joseph, et son petit-fils, Jean-Julien, \u00e9galement architectes, joueront un r\u00f4le important dans l\u2019urbanisation du Mile End et d\u2019Outremont. <\/em><\/span><\/p>\n<\/div>\n<h2>Montreal Annex et un quartier hupp\u00e9 de Toronto, la Janes Annex<\/h2>\n<p>McCuaig &amp; Mainwaring jouent initialement sur deux tableaux pour vendre leurs lots\u00a0: une nouvelle ville ouvri\u00e8re et une banlieue chic. Leurs publicit\u00e9s expliquent que les installations du Canadien Pacifique ne manqueront pas d\u2019attirer de nombreuses usines dans la partie nord de leur propri\u00e9t\u00e9 et donneront naissance \u00e0 une nouvelle ville au-del\u00e0 de la montagne\u00a0: \u00ab\u00a0Une cour de triage de cet ampleur va employer 800 hommes et, comme la plupart d\u2019entre eux ont des familles, [\u00e7a cr\u00e9era] une ville d\u2019environ 5\u00a0000 habitants. \u00bb Et c\u2019est sans compter, ajoute l\u2019annonce, les employ\u00e9s des abattoirs et des usines qui s\u2019installeront aux alentours de la cour de triage <a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_5587\" style=\"width: 570px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1890_Mtl_Annex.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5587\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5587 size-large\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1890_Mtl_Annex-560x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"560\" height=\"1024\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1890_Mtl_Annex-560x1024.jpg 560w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1890_Mtl_Annex-328x600.jpg 328w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1890_Mtl_Annex-768x1403.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1890_Mtl_Annex.jpg 1047w\" sizes=\"(max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5587\" class=\"wp-caption-text\">Lithogravure Montreal Annex, publi\u00e9e par Newsome &amp; Brownscombe, Toronto, 1890. BAnQ, P318, S4, P14.<\/p><\/div>\n<p>Cependant, les m\u00eames publicit\u00e9s vantent aussi l\u2019air pur et la tranquillit\u00e9 du plateau qui domine la ville, et la proximit\u00e9 du mont Royal. Tout cela fait de Montreal Annex \u00ab\u00a0la propri\u00e9t\u00e9 r\u00e9sidentielle haut de gamme (high class) vacante la plus proche de la ville\u00a0\u00bb. En cela, explique l\u2019une des annonces, elle ressemble \u00e0 la cossue Janes Annex torontoise, \u00e0 la diff\u00e9rence que les lots se vendent moins cher \u00e0 Montr\u00e9al. McCuaig &amp; Mainwaring publient m\u00eame, en f\u00e9vrier 1891, leur propre magazine, le <em>Real Estate Record<\/em>. Une annonce sur deux pages rend encore plus explicite le parall\u00e8le entre la Janes Annex et Montreal Annex\u00a0: \u00ab\u00a0nous offrons aux investisseurs, tant \u00e0 Toronto qu&#8217;\u00e0 Montr\u00e9al, une magnifique subdivision que nous avons nomm\u00e9e <em>Montreal Annex<\/em>, un titre plus qu&#8217;appropri\u00e9, \u00e0 cause de la grande similitude entre son emplacement et celui de la Janes Annex de Toronto<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_5586\" style=\"width: 594px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?attachment_id=5586\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5586\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5586 size-medium\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/01_1891_Real-Estate-Record-584x600.png\" alt=\"\" width=\"584\" height=\"600\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/01_1891_Real-Estate-Record-584x600.png 584w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/01_1891_Real-Estate-Record-768x789.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/01_1891_Real-Estate-Record.png 877w\" sizes=\"(max-width: 584px) 100vw, 584px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5586\" class=\"wp-caption-text\">Publicit\u00e9 pour Montreal Annex, publi\u00e9e dans McCuaig &amp; Mainwaring Real Estate Record, Toronto, f\u00e9vrier 1891 (d\u00e9tail).<\/p><\/div>\n<p>La Janes Annex a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par Simeon Herman Janes, l\u2019un des plus prosp\u00e8res promoteurs immobiliers ontariens de la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. En 1886, il ach\u00e8te et lotit des terres agricoles, situ\u00e9es juste au-del\u00e0 de la fronti\u00e8re nord de Toronto. Le succ\u00e8s est imm\u00e9diat et en fait une banlieue tr\u00e8s recherch\u00e9e<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. Avec ses rues bord\u00e9es d\u2019arbres et ses r\u00e9sidences de style Queen Anne, le quartier attire des familles fortun\u00e9es, comme celle de Timothy Eaton, fondateur de la cha\u00eene de magasins du m\u00eame nom. Apr\u00e8s une p\u00e9riode de d\u00e9clin, dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, c\u2019est encore aujourd\u2019hui l\u2019un des quartiers les plus hupp\u00e9s de Toronto (et il est toujours connu sous le nom \u00ab\u00a0The Annex\u00a0\u00bb). La similitude revendiqu\u00e9e entre les deux projets est telle que le premier plan de lotissement de l\u2019Annexe montr\u00e9alaise reprend plusieurs des noms de rues du quartier torontois\u00a0: Spadina, Madison, Admiral et Bernard, qui correspondent respectivement aux actuelles rues Durocher, Hutchison, Jeanne-Mance et Bernard.<\/p>\n<p>La campagne publicitaire de McCuaig &amp; Mainwaring prend de l\u2019envergure d\u00e8s le d\u00e9but de 1891. La volont\u00e9 de faire de Montreal Annex une banlieue exclusive en est le leitmotiv\u00a0: \u00ab\u00a0la propri\u00e9t\u00e9 est situ\u00e9e sur un terrain sur\u00e9lev\u00e9, libre de l\u2019air humide et malsain des lots situ\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 du fleuve. [\u2026] Des restrictions s\u00e9v\u00e8res seront impos\u00e9es pour la construction\u00a0; seuls les \u00e9difices en brique et en pierre seront autoris\u00e9s<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>.\u00a0\u00bb Une autre publicit\u00e9 affirme que la future avenue du Parc est \u00ab\u00a0destin\u00e9e \u00e0 devenir le plus grandiose boulevard de Montr\u00e9al\u00a0\u00bb. De plus, la vue magnifique et la proximit\u00e9 du mont Royal \u00ab\u00a0en feront la propri\u00e9t\u00e9 r\u00e9sidentielle la plus recherch\u00e9e sur l&#8217;\u00eele. Un soin particulier a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9 \u00e0 la classe des maisons qui y seront construites [\u2026], assurant ainsi la construction de r\u00e9sidences de haut niveau<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>.\u00a0\u00bb Un slogan coiffe plusieurs de ces annonces\u00a0: \u00ab\u00a0No Tenements!\u00a0\u00bb. Le \u00ab\u00a0tenement\u00a0\u00bb, c&#8217;est l&#8217;immeuble \u00e0 appartements honni des quartiers immigrants les plus pauvres des grandes villes nord-am\u00e9ricaines. Dans le contexte montr\u00e9alais, il est synonyme des duplex et triplex en rang\u00e9e.<\/p>\n<h2>La bataille du tramway<\/h2>\n<p>Or, pour que ce projet devienne r\u00e9alit\u00e9, il manque encore un ingr\u00e9dient crucial\u00a0: un moyen de transport efficace et rapide entre la nouvelle banlieue et le centre-ville. L\u2019une des publicit\u00e9s de 1891 affirme qu\u2019un service d\u2019omnibus sera \u00e9tabli \u00ab\u00a0de la rue Craig [Saint-Antoine], passant par l\u2019avenue Park, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Annexe de Montr\u00e9al, de bonheur [sic] ce printemps<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>\u00a0\u00bb. Elle pr\u00e9sente aussi l\u2019annexion du nouveau quartier \u00e0 Montr\u00e9al comme un fait accompli. Ce qui r\u00e9\u00e9diterait le sc\u00e9nario de la Janes Annex, annex\u00e9e par Toronto d\u00e8s 1887, soit environ un an \u00e0 peine apr\u00e8s le d\u00e9but de son lotissement. Mais Saint-Louis-du-Mile-End demeurera une municipalit\u00e9 distincte pour encore pr\u00e8s de 20 ans. Une telle situation viendra singuli\u00e8rement compliquer la cr\u00e9ation d\u2019un service de transport en commun, ainsi que celle de toutes les infrastructures n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019urbanisation d\u2019un territoire rural\u2026<\/p>\n<p>Les ventes de lots d\u00e9collent quand m\u00eame au cours du printemps 1891. Elles sont cependant de nature essentiellement sp\u00e9culative, car les acheteurs, en grande majorit\u00e9 des Torontois, ach\u00e8tent des blocs de lots, parfois consid\u00e9rables, d\u2019un seul coup. Les premiers acheteurs de Montreal Annex misent sur la hausse rapide de la valeur des terrains pour faire des profits substantiels, gr\u00e2ce \u00e0 une revente \u00e0 court terme. La plupart du temps, rien ne se construit sur les lots vendus. McCuaig &amp; Mainwaring ne se contentent toutefois pas de miser sur les sp\u00e9culateurs torontois. Ils veulent aussi attirer un public montr\u00e9alais \u00e0 la recherche d\u2019une r\u00e9sidence en banlieue. C\u2019est la raison pour laquelle leur campagne publicitaire devient, au printemps 1891, un v\u00e9ritable manifeste en faveur du tramway \u00e9lectrique\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>La Compagnie des chars urbains n\u2019offre pas un service ad\u00e9quat pour les besoins de Montr\u00e9al [\u2026]. Les citoyens de Montr\u00e9al ne vivent pas entass\u00e9s les uns sur les autres par choix\u00a0; ils expriment une pr\u00e9f\u00e9rence claire pour les banlieues o\u00f9 ils peuvent profiter d\u2019un air salubre et d\u2019espace pour eux et leurs enfants. Mais les circonstances les forcent \u00e0 vivre ainsi, et la principale cause est un service de transport inad\u00e9quat. LA DEMANDE IMP\u00c9RATIVE de l\u2019heure est pour un service de transport rapide et une solution doit et va \u00eatre trouv\u00e9e. De fait, nous travaillons au d\u00e9veloppement d\u2019un projet complet de TRANSPORT RAPIDE PAR CHEMIN DE FER \u00c9LECTRIQUE<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<div id=\"attachment_5589\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5589\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-5589\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1891_04_03-CJC-Annex-Tramway-360x600.png\" alt=\"\" width=\"360\" height=\"600\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1891_04_03-CJC-Annex-Tramway-360x600.png 360w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1891_04_03-CJC-Annex-Tramway-768x1281.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1891_04_03-CJC-Annex-Tramway-614x1024.png 614w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1891_04_03-CJC-Annex-Tramway.png 817w\" sizes=\"(max-width: 360px) 100vw, 360px\" \/><p id=\"caption-attachment-5589\" class=\"wp-caption-text\">Publicit\u00e9 de McCuaig &amp; Mainwaring en faveur du tramway \u00e9lectrique, Canadian Journal of Commerce, 3 avril 1891.<\/p><\/div>\n<p>Mainwaring se lance ainsi \u00e0 pieds joints dans l\u2019une des grandes batailles de l\u2019histoire montr\u00e9alaise, en cette fin de XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. La banlieue propos\u00e9e par McCuaig &amp; Mainwaring vise une client\u00e8le fortun\u00e9e, \u00e0 la recherche d\u2019une r\u00e9sidence \u00e9loign\u00e9e du lieu de travail tout en \u00e9tant facilement accessible, ce qui la diff\u00e9rencie du Mile End ouvrier situ\u00e9 \u00e0 l\u2019est de la rue Saint-Laurent. Mais, en 1891, la <em>Montreal Street Railway <\/em>(MSR) \u2013 aussi connue en fran\u00e7ais sous le nom de Compagnie des chars urbains \u2013 est oppos\u00e9e au tramway \u00e9lectrique. Elle consid\u00e8re que l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est une technologie nouvelle qui n\u2019a pas fait ses preuves et dont les co\u00fbts sont excessifs. Mainwaring devient donc \u00e9galement promoteur de tramways\u00a0: si la MSR ne le fait pas, il construira sa propre ligne de tramways \u00e9lectriques sur l\u2019avenue du Parc, depuis la rue Craig jusqu\u2019aux limites de l\u2019Annexe.<\/p>\n<p>Le 13 avril 1891, une semaine apr\u00e8s leurs publicit\u00e9s d\u00e9non\u00e7ant la MSR, McCuaig &amp; Mainwaring incorporent la <em>Consolidated Land and Investment Company<\/em><a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. Dot\u00e9e d\u2019un capital-actions initial de 199 000 $, le si\u00e8ge social et les actionnaires sont torontois, mais l\u2019enjeu est montr\u00e9alais. La compagnie est form\u00e9e afin de rassembler des capitaux \u00ab\u00a0pour la construction et l\u2019entretien d\u2019une ligne de tramways, ainsi que l\u2019am\u00e9nagement des routes n\u00e9cessaires\u00a0\u00bb. Le probl\u00e8me des transports en commun et le surpeuplement all\u00e9gu\u00e9 des quartiers centraux montr\u00e9alais passionnent alors l\u2019opinion publique. Le <em>Canadian Journal of Commerce<\/em> attribue cette surpopulation \u00e0 l\u2019absence du tramway \u00e9lectrique car, sauf pour les plus riches, les habitants de la ville doivent s\u2019entasser dans des logements insalubres situ\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 du lieu de travail. Le \u00ab\u00a0Tenement\u00a0\u00bb, poursuit le journal, en est l\u2019arch\u00e9type le plus malsain et le plus disgracieux. Tout cela alors que la valeur d\u2019immenses terrains \u00e0 b\u00e2tir, situ\u00e9s au nord du centre-ville, reste fortement sous-\u00e9valu\u00e9e. L&#8217;\u00e9ditorialiste n&#8217;h\u00e9site d&#8217;ailleurs pas \u00e0 en faire la promotion\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Montreal Annex est une magnifique propri\u00e9t\u00e9 situ\u00e9e des deux c\u00f4t\u00e9s de la r\u00e9cente prolongation de l\u2019avenue du Parc. Des lots peuvent [y] \u00eatre achet\u00e9s \u00e0 des prix 400\u00a0% moins \u00e9lev\u00e9s que ceux des lots de l\u2019avenue Greene, \u00e0 C\u00f4te-Saint-Antoine [la future Westmount], une localit\u00e9 pourtant situ\u00e9e \u00e0 la m\u00eame distance du bureau de poste central<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Le journal conclut qu\u2019avec l\u2019av\u00e8nement d\u2019un nouveau mode de transport en commun moderne, rapide et qui ne d\u00e9pendra plus de la traction animale \u2013 inad\u00e9quate sur les c\u00f4tes montr\u00e9alaises \u2013 une telle anomalie ne saurait durer. On ne peut mieux exprimer jusqu&#8217;\u00e0 quel point, pour ses promoteurs et ses investisseurs, l\u2019avenir de l\u2019Annexe, d\u00e9pend du tramway \u00e9lectrique\u00a0! L\u2019opposition de la MSR au tramway \u00e9lectrique ne faiblit pas pour autant. L\u2019un des principaux arguments du pr\u00e9sident de la compagnie, Jesse Joseph, est la rigueur des hivers montr\u00e9alais. Selon lui, seuls des tramways hippomobiles sur tra\u00eeneaux peuvent circuler dans les rues en cette saison<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_5591\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5591\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5591 size-medium\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1892_tramway_Annexe-600x391.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"391\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1892_tramway_Annexe-600x391.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1892_tramway_Annexe-768x501.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1892_tramway_Annexe-1024x668.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-5591\" class=\"wp-caption-text\">\u00abPark Avenue &amp; Belt Line Electric Railway \u00bb La ligne de tramway \u00e9lectrique promue par Mainwaring qui ne s&#8217;est jamais mat\u00e9rialis\u00e9e. &#8211; Montreal Annex at the Head of Park Avenue, Sabiston Lith &amp; Pub Co, vers 1893 (d\u00e9tail). BAnQ, P488.<\/p><\/div>\n<p>Mainwaring est cependant loin d\u2019\u00eatre le seul promoteur \u00e0 se bousculer aux portes du Comit\u00e9 des chemins du Conseil municipal, puisque le contrat qui lie la MSR \u00e0 la Ville de Montr\u00e9al vient \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance en 1892. Or, le pr\u00e9sident de ce comit\u00e9 n\u2019est nul autre que Raymond Pr\u00e9fontaine, le \u00ab\u00a0parrain\u00a0\u00bb de la politique municipale pendant toute cette p\u00e9riode. Il est \u00e9troitement associ\u00e9 \u00e0 Louis-Joseph Forget, le plus important capitaliste canadien-fran\u00e7ais d\u2019alors, qui amassera une immense fortune gr\u00e2ce aux importants travaux d\u2019infrastructure entrepris dans un Montr\u00e9al en pleine croissance. Forget est non seulement membre du conseil d\u2019administration de la MSR, mais aussi un des principaux actionnaires de la <em>Royal Electric Company<\/em>. Cette derni\u00e8re b\u00e9n\u00e9ficiera \u00e9videmment de l\u2019\u00e9lectrification du r\u00e9seau de transport, si elle en obtient le contrat. Pendant que des promoteurs rivaux multiplient les propositions de nouveaux r\u00e9seaux de tramways \u00e9lectriques devant le conseil municipal, Forget, lui, organise un putsch contre Jesse Joseph au conseil d&#8217;administration de la MSR. Il obtient sa t\u00eate au printemps 1892 et devient lui-m\u00eame pr\u00e9sident. La MSR ne s\u2019oppose plus dor\u00e9navant \u00e0 l\u2019\u00e9lectrification de son r\u00e9seau. Au m\u00eame moment \u2013 gr\u00e2ce \u00e0 son ami Pr\u00e9fontaine \u2013, le conseil municipal de Montr\u00e9al accorde un nouveau contrat de 30 ans \u00e0 la compagnie, en \u00e9change de l\u2019\u00e9lectrification du r\u00e9seau, et rejette les offres des autres promoteurs<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>.<\/p>\n<p>Pour Mainwaring, rien n\u2019est cependant r\u00e9gl\u00e9. Car la MSR a peu d&#8217;int\u00e9r\u00eat pour \u00e9tendre son r\u00e9seau vers des banlieues clairsem\u00e9es\u00a0; elle pr\u00e9f\u00e8re attendre que l&#8217;urbanisation soit un fait accompli. La MSR ouvre sa premi\u00e8re ligne \u00e9lectrique en 1892, rue Bleury et avenue du Parc, mais le terminus se trouve \u00e0 l\u2019avenue Mont-Royal. Les promoteurs des nouvelles banlieues et des tramways \u00e9lectriques, souvent les m\u00eames, courtisent alors les conseils municipaux des municipalit\u00e9s qui entourent Montr\u00e9al.<\/p>\n<p>La <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/la-famille-beaubien\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">famille Beaubien<\/a>, grands propri\u00e9taires fonciers au Mile End et \u00e0 Outremont, a justement fond\u00e9 la Montreal Park and Island Railway (MP&amp;IR). Son but est de relier les banlieues au centre-ville. Une \u00e9preuve de force s\u2019engage avec la MSR qui tente d\u2019abord de lui en bloquer l\u2019acc\u00e8s. Le conflit dure plusieurs mois et entraine une surench\u00e8re de promesses\u00a0: il se conclut le 13 juillet 1893, lorsque les deux compagnies s\u2019entendent pour se partager le territoire de l&#8217;\u00eele de Montr\u00e9al. La MSR contr\u00f4le la ville de Montr\u00e9al, Saint-Henri, Sainte-Cun\u00e9gonde et C\u00f4te Saint-Antoine [Westmount], tandis que la MP&amp;IR obtient le Mile End, Outremont, C\u00f4te-Saint-Louis, C\u00f4te Visitation et les municipalit\u00e9s du nord de l&#8217;\u00eele. La MP&amp;IR, qui a promis d\u2019ouvrir une ligne sur l\u2019avenue du Parc, de l\u2019avenue Mont-Royal jusqu\u2019\u00e0 la voie ferr\u00e9e du CP, obtient aussi le droit d&#8217;utiliser le r\u00e9seau de la MSR pour acc\u00e9der au centre-ville<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>. Mainwaring peut se remettre \u00e0 esp\u00e9rer, mais d\u2019autres obstacles se dressent sur son chemin.<\/p>\n<h2>Une villa au milieu des champs<\/h2>\n<p>Entretemps, Montreal Annex a poursuivi son expansion. Le 16 novembre 1891, McCuaig &amp; Mainwaring s\u2019associent \u00e0 un nouveau groupe d\u2019investisseurs pour cr\u00e9er une autre compagnie, avec une charte provinciale cette fois\u00a0: la <em>Montreal Freehold Company<\/em><a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>. Il s\u2019agit de financer une op\u00e9ration de taille\u00a0: l\u2019achat de 156 arpents des fermes \u00ab\u00a0Mile-End\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Black Gate\u00a0\u00bb, adjacentes \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 Nowlan et appartenant \u00e0 la <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/chapitre-3-deuxieme-partie-stanley-clark-bagg\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">famille Bagg<\/a><a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>. Avec cette acquisition, l\u2019Annexe s&#8217;\u00e9tend maintenant de la rue Durocher, \u00e0 Outremont, jusqu\u2019aux abords de la rue Saint-Laurent.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin de 1891, McCuaig &amp; Mainwaring ont engag\u00e9 des capitaux consid\u00e9rables dans l\u2019aventure montr\u00e9alaise, soit \u2013 seulement pour l\u2019achat de terrains \u2013 359\u00a0487\u00a0$, selon les transactions recens\u00e9es dans <em>Le Prix courant<\/em>. Et c\u2019est sans compter les frais de l\u2019imposante campagne publicitaire et ceux du projet de tramway. Au cours de la m\u00eame ann\u00e9e, les deux entrepreneurs ont vendu pour 202\u00a0878\u00a0$ de lots dans la portion Nowlan de l\u2019Annexe. Mais il s\u2019agit d\u2019achats sp\u00e9culatifs, car, d\u00e9but 1892, \u00e0 peu pr\u00e8s tous les lots vendus sont toujours vacants.<\/p>\n<p>En 1892, Mainwaring franchit un autre pas pour rendre plus concr\u00e8te sa vision d\u2019une banlieue r\u00e9sidentielle de prestige \u00e0 proximit\u00e9 du mont Royal. Il entreprend la construction de sa propre villa, une \u00ab\u00a0maison mod\u00e8le\u00a0\u00bb en quelque sorte, sur la nouvelle avenue du Parc. Elle est situ\u00e9e au nord-est de l\u2019actuelle avenue Fairmount, au milieu des champs, dans un secteur encore compl\u00e8tement d\u00e9sert. Il en confie la conception \u00e0 la firme d\u2019architectes torontoise Knox &amp; Elliott. Le <em>Montreal Daily Herald<\/em> d\u00e9crit une r\u00e9sidence somptueuse, construite au co\u00fbt de 30\u00a0000 $ \u2013 une somme consid\u00e9rable alors \u2013, \u00e9quip\u00e9e d\u2019une plomberie novatrice, et dont l\u2019int\u00e9rieur est recouvert de riches boiseries. L\u2019article ajoute que le contrema\u00eetre qui supervise les travaux sera heureux de faire visiter la maison \u00e0 toute personne int\u00e9ress\u00e9e<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_5590\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5590\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-5590\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1892_12_15-Mtl_Herald_Mainwaring_residence-copie-580x600.jpg\" alt=\"\" width=\"580\" height=\"600\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1892_12_15-Mtl_Herald_Mainwaring_residence-copie-580x600.jpg 580w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1892_12_15-Mtl_Herald_Mainwaring_residence-copie-768x794.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1892_12_15-Mtl_Herald_Mainwaring_residence-copie-990x1024.jpg 990w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1892_12_15-Mtl_Herald_Mainwaring_residence-copie.jpg 1062w\" sizes=\"(max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><p id=\"caption-attachment-5590\" class=\"wp-caption-text\">Dessin repr\u00e9sentant la villa Mainwaring lors de sa construction. Montreal Daily Herald, 15 d\u00e9cembre 1892.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_5594\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5594\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5594 size-medium\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1909_villa_Mainwaring-600x550.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"550\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1909_villa_Mainwaring-600x550.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1909_villa_Mainwaring-768x704.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1909_villa_Mainwaring-1024x939.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1909_villa_Mainwaring.jpg 1232w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-5594\" class=\"wp-caption-text\">La premi\u00e8re photo connue montrant la villa Mainwaring, avenue du Parc. La Patrie, 29 mai 1909.<\/p><\/div>\n<p>Le m\u00eame journal souligne que les promoteurs de Montreal Annex ont tout mis en \u0153uvre pour en faire la meilleure banlieue de Montr\u00e9al\u00a0: seules des r\u00e9sidences \u00ab de premi\u00e8re classe \u00bb pourront \u00eatre construits au sud de l\u2019avenue Van Horne et \u00e0 l\u2019ouest de la rue Saint-Laurent. L\u2019article conclut que, gr\u00e2ce aux efforts acharn\u00e9s de Mainwaring, la ligne de tramway tant attendue devrait finalement \u00eatre prolong\u00e9e, depuis l\u2019avenue Mont-Royal jusqu\u2019\u00e0 la voie ferr\u00e9e du CP, au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9 1893, ce qui augmentera consid\u00e9rablement la valeur des propri\u00e9t\u00e9s adjacentes<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a>.<\/p>\n<h2>Nouveaux revers<\/h2>\n<p>La construction des premi\u00e8res r\u00e9sidences, avenue du Parc, r\u00e9v\u00e8le cependant un autre probl\u00e8me. Les infrastructures n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019urbanisation, aqueduc, \u00e9gouts, \u00e9clairage et trottoirs, se font attendre. L\u2019annexion \u00e0 Montr\u00e9al \u2013 pourtant pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00ab\u00a0imminente\u00a0\u00bb deux ans auparavant \u2013 n\u2019est toujours pas au rendez-vous. Mainwaring doit composer avec le conseil municipal d\u2019un village dont le c\u0153ur se situe plus \u00e0 l\u2019est et qui a d\u2019autres priorit\u00e9s. L\u2019absence d\u2019\u00e9gouts, sur une avenue promise comme \u00ab\u00a0la plus prestigieuse de Montr\u00e9al\u00a0\u00bb, devient une importante pomme de discorde. Le 16 mars 1893, Mainwaring envoie une lettre personnelle aux conseillers municipaux. Il r\u00e9clame une r\u00e9union extraordinaire du conseil, car le sous-sol de sa villa est inond\u00e9\u00a0: \u00ab 14 pouces d\u2019eau croupissent dans la cave, ce qui m\u2019a oblig\u00e9 \u00e0 employer des hommes nuit et jour pour la pomper \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur afin d\u2019en diminuer le niveau, de crainte qu\u2019elle ne d\u00e9truise les fondations. \u00bb Il attribue ce d\u00e9sastre \u00e0 l\u2019absence d\u2019\u00e9gouts, et ajoute qu\u2019il n\u2019entreprendra pas la construction de nouvelles maisons tant que le conseil n\u2019aura pas r\u00e9gl\u00e9 le probl\u00e8me. Et puisque la municipalit\u00e9 invoque le manque de fonds, Mainwaring offre de financer lui-m\u00eame les travaux<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a>.<\/p>\n<p>Lorsque ceux-ci vont finalement de l\u2019avant, \u00e0 l\u2019automne 1893, l\u2019\u00e9gout s\u2019arr\u00eate \u00e0 la hauteur de la villa de Mainwaring, ce qui laisse en plan environ 90 % de la superficie de Montreal Annex\u00a0! Ce dernier revient \u00e0 la charge avec une nouvelle lettre au conseil\u00a0: il y souligne qu\u2019un autre promoteur, l\u2019agent d\u2019immeubles Georges Marcil, propri\u00e9taire de maisons construites pr\u00e8s de la rue Saint-Viateur ne peut trouver de locataires, \u00ab\u00a0parce que les caves sont inond\u00e9es chaque fois qu\u2019il pleut\u00a0\u00bb, et que plusieurs personnes qui ont achet\u00e9 des lots, \u00ab\u00a0veulent b\u00e2tir aussit\u00f4t que le canal d\u2019\u00e9gout sera compl\u00e9t\u00e9<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Comme si ce n\u2019\u00e9tait pas suffisant, la r\u00e9cession, qui frappe l\u2019\u00e9conomie nord-am\u00e9ricaine, atteint son sommet cette ann\u00e9e-l\u00e0\u00a0: c\u2019est \u00ab\u00a0la panique de 1893<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a>\u00a0\u00bb. Le march\u00e9 immobilier s\u2019est effondr\u00e9 d\u00e8s 1892 dans la capitale ontarienne, entra\u00eenant plusieurs faillites spectaculaires, incluant probablement celles d\u2019investisseurs qui esp\u00e9raient r\u00e9\u00e9diter \u00e0 Montr\u00e9al le succ\u00e8s de l\u2019Annexe torontoise. Le <em>Canadian Journal of Commerce <\/em>\u00e9crit que plus personne n\u2019ach\u00e8te \u00e0 Toronto, peu importe le prix demand\u00e9, et que des banques sont au bord de la faillite, car elles ont stupidement pr\u00eat\u00e9 aux sp\u00e9culateurs<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a>. Le journal craint qu\u2019une situation semblable ne soit en train de se produire \u00e0 Montr\u00e9al\u00a0: \u00ab\u00a0si les constructeurs ne font pas preuve de prudence, le march\u00e9 va s\u2019effondrer ici aussi, comme \u00e7a s\u2019est produit \u00e0 Toronto<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\">[35]<\/a>.\u00a0\u00bb Ce sera effectivement le cas\u00a0: l\u2019immobilier ne reprendra son essor \u00e0 Montr\u00e9al qu\u2019en 1897.<\/p>\n<p>Pour Mainwaring, c\u2019en est trop. D\u00e9but janvier 1894, il \u00e9crit une lettre am\u00e8re au conseil municipal de Saint-Louis-du-Mile-End. Il affirme que lui et ses associ\u00e9s ont \u00ab d\u00e9bours\u00e9 beaucoup d\u2019argent, non seulement pour acheter, mais pour d\u00e9velopper ces terrains. Nos taxes ont augment\u00e9 et nous avons peu de choses \u00e0 montrer pour trois ann\u00e9es de rude travail. \u00bb Ainsi, \u00ab le service de tramway \u00e9tait garanti pour l\u2019ann\u00e9e 1893 \u00bb, mais, ajoute-t-il, il ne circule toujours pas avenue du Parc et de fa\u00e7on sporadique sur Saint-Laurent. De plus, les r\u00e9sidences de l\u2019avenue du Parc sont invendables, car l\u2019\u00e9gout n\u2019a toujours pas \u00e9t\u00e9 prolong\u00e9 au-del\u00e0 de sa r\u00e9sidence. Mainwaring conclut\u00a0: \u00ab Il y a d\u00e9j\u00e0 trois ans que je suis ici et j\u2019ai commenc\u00e9 avec la plus brillante perspective de faire non seulement une grande ville mais aussi des grands profits et je n\u2019ai rencontr\u00e9 que des d\u00e9sappointements<a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a>. \u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame s\u2019il termine sa lettre en souhaitant que le conseil municipal prenne les moyens pour forcer la compagnie de tramways \u00e0 respecter ses engagements, Mainwaring a d\u00e9j\u00e0 jet\u00e9 l\u2019\u00e9ponge\u00a0: lui et McCuaig mettent fin \u00e0 leur association au cours de ce m\u00eame mois de janvier 1894<a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\">[37]<\/a>. Mainwaring continuera sa carri\u00e8re comme agent d\u2019immeubles ailleurs \u00e0 Montr\u00e9al et en banlieue, notamment \u00e0 Beaconsfield, o\u00f9 il poss\u00e8de une r\u00e9sidence et une ferme, jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s, en 1905. Clarence J. McCuaig, qui \u00e9tait rest\u00e9 \u00e0 Toronto, d\u00e9m\u00e9nage alors \u00e0 son tour \u00e0 Montr\u00e9al pour r\u00e9organiser les affaires.<\/p>\n<h2>La Montreal Investment &amp; Freehold Company<\/h2>\n<p>Le 26 septembre 1894, une requ\u00eate est d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e l\u00e9gislative du Qu\u00e9bec pour amalgamer la \u00ab\u00a0Consolidated Land &amp; Investment\u00a0\u00bb et la \u00ab\u00a0Montreal Freehold<a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\">[38]<\/a>\u00a0\u00bb. La loi cr\u00e9ant la nouvelle entreprise, la \u00ab\u00a0Montreal Investment &amp; Freehold Co.\u00a0\u00bb est sanctionn\u00e9e le 12 janvier 1895 et elle dispose d\u2019un capital-actions initial de 250\u00a0000\u00a0$<a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\">[39]<\/a>. McCuaig est le g\u00e9rant et l\u2019un des administrateurs. Le changement le plus important concerne cependant les principaux actionnaires\u00a0; les sp\u00e9culateurs torontois de 1891 ne font plus partie du d\u00e9cor. La compagnie est aux mains de certains des plus gros noms de l\u2019\u00e9lite des milieux d\u2019affaires anglo-montr\u00e9alais de la rue Saint-Jacques. Ainsi, le pr\u00e9sident, Robert Archer, est \u00e9galement pr\u00e9sident du Montreal Board of Trade, le vice-pr\u00e9sident, David Morrice, est l\u2019un des barons de l\u2019industrie canadienne du textile et membre de tous les clubs de l\u2019\u00e9lite canadienne<a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\">[40]<\/a> et le secr\u00e9taire-tr\u00e9sorier, G. W. Badgley, est issu d\u2019une des plus grandes familles de la bourgeoisie anglophone montr\u00e9alaise<a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\">[41]<\/a>.<\/p>\n<p>Ces nouveaux promoteurs tentent de relancer le projet d\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9 1894. Le 14 juin, la Consolidated Land &amp; Investment pr\u00eate 10\u00a0000 $ au village pour prolonger l\u2019\u00e9gout de l\u2019avenue du Parc depuis la r\u00e9sidence Mainwaring jusqu\u2019\u00e0 la rue Bernard. Le conseil municipal accepte le pr\u00eat \u00ab parce que les citoyens de cette municipalit\u00e9 sont pour la plupart sans travail [\u2026] et qu\u2019il est dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la municipalit\u00e9 de donn\u00e9 [sic] de l\u2019ouvrage \u00e0 ses habitants<a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\">[42]<\/a>. \u00bb La r\u00e9solution souligne \u00e9galement que ces travaux permettront la construction de \u00ab bonnes r\u00e9sidences \u00bb, avenue du Parc. En juillet, la compagnie annonce que des \u00ab r\u00e9sidences de premi\u00e8re classe \u00bb vont \u00eatre \u00e9rig\u00e9es avenue du Parc<a href=\"#_ftn43\" name=\"_ftnref43\">[43]<\/a>.<\/p>\n<p>D\u00e9but d\u00e9cembre, McCuaig et ses associ\u00e9s invitent les journalistes \u00e0 visiter les nouvelles demeures. Les articles, qui soulignent que les investisseurs de Toronto ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s par des Montr\u00e9alais, ne tarissent pas d\u2019\u00e9loges sur la qualit\u00e9 de ces \u00ab magnifiques r\u00e9sidences \u00bb\u00a0: elles sont non seulement dot\u00e9es \u00ab de tout le confort moderne \u00bb, mais poss\u00e8dent de superbes foyers, des halls spacieux et des escaliers \u00ab d\u2019une grande \u00e9l\u00e9gance, d\u00e9cor\u00e9s avec le meilleur go\u00fbt. \u00bb Le tout, situ\u00e9 \u00ab sur un site splendide \u00e0 proximit\u00e9 du mont Royal. \u00bb La Montreal Investment &amp; Freehold a construit ces maisons, concluent les journalistes, parce qu\u2019elle est convaincue que Montr\u00e9al a besoin d\u2019une autre banlieue qui soit l\u2019\u00e9gale de C\u00f4te-Saint-Antoine, la future Westmount<a href=\"#_ftn44\" name=\"_ftnref44\">[44]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_5592\" style=\"width: 1324px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1894_12_08-Mtl_Herald_Annex-copie.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5592\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5592 size-full\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1894_12_08-Mtl_Herald_Annex-copie.png\" alt=\"\" width=\"1314\" height=\"633\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1894_12_08-Mtl_Herald_Annex-copie.png 1314w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1894_12_08-Mtl_Herald_Annex-copie-600x289.png 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1894_12_08-Mtl_Herald_Annex-copie-768x370.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1894_12_08-Mtl_Herald_Annex-copie-1024x493.png 1024w\" sizes=\"(max-width: 1314px) 100vw, 1314px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5592\" class=\"wp-caption-text\">Publicit\u00e9 montrant les nouvelles demeures construites avenue du Parc en 1894. La maison situ\u00e9e \u00e0 l&#8217;extr\u00eame gauche de la rang\u00e9e a surv\u00e9cu, mais son rez-de-chauss\u00e9e est transform\u00e9. L&#8217;\u00e9difice qui abrite le supermarch\u00e9 PA occupe aujourd&#8217;hui l&#8217;espace des autres maisons. Sur la troisi\u00e8me photo, on aper\u00e7oit la villa Mainwaring, \u00e0 droite, et, \u00e0 l&#8217;horizon, le bois\u00e9 qui \u00e9tait situ\u00e9 \u00e0 la hauteur de la rue Saint-Viateur. Montreal Daily Herald, 8 d\u00e9cembre 1894.<\/p><\/div>\n<p>L\u2019\u00e9t\u00e9 suivant, le samedi 4 ao\u00fbt 1895, la compagnie convie de nouveau les m\u00e9dias, ainsi que tous les Montr\u00e9alais, \u00e0 une \u00ab journ\u00e9e portes ouvertes \u00bb, afin de montrer les progr\u00e8s accomplis depuis un an. L\u2019activit\u00e9 prend la forme d\u2019un pique-nique\u00a0champ\u00eatre\u00a0: un go\u00fbter et des rafraichissements seront gracieusement offerts, sous un grand chapiteau \u00e9rig\u00e9 au milieu des ch\u00eanes, dans \u00ab le magnifique bocage [petit bois] de l\u2019avenue du Parc \u00bb, le tout agr\u00e9ment\u00e9 par le concert d\u2019une fanfare. Les publicit\u00e9s soulignent que l\u2019\u00e9clairage \u00e9lectrique a \u00e9t\u00e9 install\u00e9 au printemps, que de grands arbres ont \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019avenue, que les plates-bandes menant aux maisons sont maintenant gazonn\u00e9es, et, surtout, que la ligne de tramways \u00e9lectriques, maintes fois promise, est sur le point de devenir r\u00e9alit\u00e9<a href=\"#_ftn45\" name=\"_ftnref45\">[45]<\/a>. La Montreal Investment &amp; Freehold promet \u00e9galement de pr\u00e9server le bois\u00e9 de l\u2019avenue du Parc, situ\u00e9 au nord de la rue Saint-Viateur du c\u00f4t\u00e9 de la rue Hutchison, pour en faire un parc. <em>The Gazette<\/em> affirme que c\u2019est un choix judicieux, car de magnifiques arbres et fourr\u00e9s couvrent tout le terrain<a href=\"#_ftn46\" name=\"_ftnref46\">[46]<\/a>. Les comptes rendus de la journ\u00e9e pr\u00e9cisent que les lots au sud de la voie ferr\u00e9e sont vendus \u00e0 la condition que seules des r\u00e9sidences de haute qualit\u00e9 y soient construites et que les \u00ab tenements \u00bb sont toujours interdits<a href=\"#_ftn47\" name=\"_ftnref47\">[47]<\/a>. La volont\u00e9 de concurrencer Westmount demeure pr\u00e9sente\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Il y a quelques ann\u00e9es \u00e0 peine, l\u00e0 o\u00f9 on ne voyait que les fermes des successions Nowlan et Bagg, on trouve aujourd\u2019hui de larges et splendides avenues avec de jolies r\u00e9sidences dans le go\u00fbt moderne. [\u2026] La cit\u00e9 s&#8217;est enrichie d&#8217;un nouveau faubourg qui d\u00e9j\u00e0 rivalise avec le populaire faubourg de la C\u00f4te-Saint-Antoine.<\/p>\n<p>Il devient \u00e9vident que les Montr\u00e9alais d\u00e9sireux d\u2019avoir autour de leur maison un espace o\u00f9 ils puissent respirer et jouir des agr\u00e9ments de la campagne tout en profitant des bienfaits de la ville seront attir\u00e9s vers ce charmant faubourg. [\u2026] L&#8217;Avenue du Parc est r\u00e9ellement un des plus beaux boulevards de la Cit\u00e9 et quand les travaux en cours seront termin\u00e9s, elle deviendra la promenade favorite des \u00e9quipages.<a href=\"#_ftn48\" name=\"_ftnref48\">[48]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 est cependant moins rose. La compagnie de tramways des Beaubien, la MP&amp;IR, cr\u00e9\u00e9e pour favoriser l\u2019urbanisation de la \u00ab campagne de Montr\u00e9al \u00bb, peine \u00e0 faire ses frais. Le prolongement de la ligne de l\u2019avenue du Parc jusqu\u2019\u00e0 la voie ferr\u00e9e du CP est enfin termin\u00e9, d\u00e9but 1896, mais les tramways n\u2019y circulent que de fa\u00e7on \u00e9pisodique, ce qui \u00ab\u00a0cause de forts d\u00e9sagr\u00e9ments aux r\u00e9sidents de l\u2019Annexe<a href=\"#_ftn49\" name=\"_ftnref49\">[49]<\/a>\u00a0\u00bb, se plaint en f\u00e9vrier le conseil municipal de Ville Saint-Louis, la nouvelle d\u00e9nomination de Saint-Louis-du-Mile-End depuis \u00e0 peine deux mois. D\u2019autres lettres semblables sont envoy\u00e9es par Ville Saint-Louis \u00e0 la MP&amp;IR, le 4 mars (elle fait \u00e9tat d\u2019une p\u00e9tition demandant l\u2019annulation du contrat) et le 8 avril<a href=\"#_ftn50\" name=\"_ftnref50\">[50]<\/a>. Finalement, le 3 juillet 1896, le conseil municipal autorise l\u2019envoi d\u2019une mise en demeure \u00e0 la compagnie\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Attendu que la Cie du parc et de l&#8217;ile a obtenu une franchise pour \u00e9tablir un r\u00e9seau de tramway \u00e9lectrique dans cette municipalit\u00e9\u00a0; attendu que la Cie refuse de remplir ses obligations\u00a0; \u00e0 savoir qu&#8217;elle ne vend pas ses billets au prix pr\u00e9vu\u00a0; qu&#8217;elle ne donne pas le service promis sur l&#8217;avenue du Parc\u00a0; qu&#8217;elle n&#8217;entretient pas la voie ferr\u00e9e \u00e0 ses frais\u00a0; qu&#8217;elle ne donne pas de billet de transfert, il est r\u00e9solu que le maire soit autoriser \u00e0 protester dans les 8 jours contre la dite Cie et que si la Cie ne r\u00e9pond pas au prot\u00eat, le conseil utilise tous les moyens l\u00e9gaux pour r\u00e9silier le dit contrat<a href=\"#_ftn51\" name=\"_ftnref51\">[51]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Les tribunaux n&#8217;auront cependant pas \u00e0 trancher. La MP&amp;IR, qui n\u2019a jamais atteint le seuil de rentabilit\u00e9, subit un autre coup dur pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 1896. Dans la nuit du 30 juillet, un incendie d\u00e9vaste ses ateliers (il emportera \u00e9galement les b\u00e2timents de l\u2019Exposition provinciale). Tout le mat\u00e9riel roulant est d\u00e9truit et la compagnie ne peut continuer ses activit\u00e9s qu\u2019en louant des voitures \u00e0 la MSR. Accul\u00e9e au pied du mur, la MP&amp;IR d\u00e9clare faillite en 1898, alors que les proc\u00e9dures de Ville Saint-Louis sont en cours. La MSR prend le contr\u00f4le de son ancienne rivale, qu\u2019elle transforme en filiale, avant de l\u2019absorber compl\u00e8tement en 1911<a href=\"#_ftn52\" name=\"_ftnref52\">[52]<\/a>.<\/p>\n<h2>L\u2019Annexe prend son envol<\/h2>\n<p>L\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique reprend cependant son essor \u00e0 Montr\u00e9al, \u00e0 partir de 1897. Elle entraine un boom immobilier sans pr\u00e9c\u00e9dent qui ne s&#8217;essouffle qu&#8217;avec la r\u00e9cession de 1913 et le d\u00e9but de la Premi\u00e8re Guerre mondiale<a href=\"#_ftn53\" name=\"_ftnref53\">[53]<\/a>. Ville Saint-Louis entre alors dans une phase de croissance acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e\u00a0; elle perd d\u00e9finitivement son caract\u00e8re rural et devient pleinement une banlieue montr\u00e9alaise. Un observateur contemporain remarque, dans un guide touristique, la transformation en cours et le contraste entre les parties est et ouest du Mile End\u00a0: \u00ab\u00a0St-Louis du Mile End [est] la continuation de St-Jean-Baptiste<a href=\"#_ftn54\" name=\"_ftnref54\">[54]<\/a> sur la grande art\u00e8re nord\u00a0[c&#8217;est-\u00e0-dire Saint-Laurent].\u00a0\u00bb Par contre\u00a0: \u00ab\u00a0Montr\u00e9al-Annexe [\u2026] de cr\u00e9ation r\u00e9cente [est habit\u00e9] par des employ\u00e9s qui viennent \u00e0 Montr\u00e9al le matin et s\u2019en retournent le soir. Ils occupent de petits cottages qui commencent \u00e0 se grouper et \u00e0 faire nombre<a href=\"#_ftn55\" name=\"_ftnref55\">[55]<\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La transition entre les fonctions rurales et suburbaines de l\u2019ouest du Mile End entraine toutefois certains inconv\u00e9nients, comme en t\u00e9moigne cette p\u00e9tition des r\u00e9sidents de l\u2019Annexe, en 1899\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>Si nous voulons attirer dans notre ville la classe qui fuit la grande ville de Montr\u00e9al \u00e0 cause des nombreux inconv\u00e9nients qui concourent \u00e0 en rendre le s\u00e9jour d\u00e9sagr\u00e9able, nous devons par tous les moyens en notre pouvoir, t\u00e2cher de rendre \u00e0 ces futurs citoyens le s\u00e9jour dans notre ville aussi attractif que possible.<\/p>\n<p>Rien de plus attrayant pendant l&#8217;\u00e9t\u00e9 que la vue de pelouses et de fleurs bien vertes et bien entretenues en face des r\u00e9sidences des citoyens et des carr\u00e9s publics\u00a0?<\/p>\n<p>Malheureusement avec l&#8217;\u00e9tat de choses actuel, il est tout-\u00e0-fait impossible de garder des fleurs et encore moins de la verdure devant nos maisons \u00e0 cause des nombreux troupeaux de vaches et de chevaux qui errent \u00e0 l&#8217;aventure l&#8217;\u00e9t\u00e9 sur les lots vacants durant le jour et la nuit. N&#8217;y aurait-il pas moyen que votre conseil nous viendrait en aide pour mettre fin \u00e0 cet \u00e9tat de choses\u00a0?<a href=\"#_ftn56\" name=\"_ftnref56\">[56]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p>C\u2019est surtout une communaut\u00e9 anglo-protestante, compos\u00e9e de jeunes m\u00e9nages de classe moyenne, qui s\u2019enracine dans l\u2019Annexe et y tisse son r\u00e9seau institutionnel. Quelques \u00e9difices du quartier, toujours pr\u00e9sents, en t\u00e9moignent. Mentionnons, avenue Fairmount, la <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/fairmount-model-school\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Fairmount Model School<\/a>, une \u00e9cole \u00e9l\u00e9mentaire protestante, qui ouvre ses portes, au coin d\u2019Esplanade, en 1895 ; \u00e0 l\u2019intersection de Jeanne-Mance, le premier \u00e9difice du YMCA, \u00e9rig\u00e9 en 1909, et, un peu plus \u00e0 l\u2019ouest, au coin de la rue Hutchison, la Fairmount Methodist Church, construite en 1907. La <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/eglise-de-lascension\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">paroisse anglicane de l\u2019Ascension<\/a> b\u00e2tit son \u00e9glise avenue du Parc, juste au sud de Saint-Viateur, en 1904-1905.<\/p>\n<div id=\"attachment_5617\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/YMCA-rue-Fairmount-copie.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5617\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5617 size-medium\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/YMCA-rue-Fairmount-copie-600x366.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"366\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/YMCA-rue-Fairmount-copie-600x366.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/YMCA-rue-Fairmount-copie.jpg 616w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5617\" class=\"wp-caption-text\">L&#8217;\u00e9difice occup\u00e9 par le YMCA, avenue Fairmount Ouest, entre 1909 et 1913. Fairmount et Jeanne-Mance. Un d\u00e9panneur occupe le rez-de-chauss\u00e9e et les \u00e9tages sup\u00e9rieurs ont \u00e9t\u00e9 transform\u00e9s en appartements. BAnQ, Collection Massicotte, CP 5573 CON.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_5618\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fairmount-Methodist.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5618\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5618 size-medium\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fairmount-Methodist-600x384.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"384\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fairmount-Methodist-600x384.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fairmount-Methodist-768x491.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fairmount-Methodist-1024x655.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fairmount-Methodist.jpg 1627w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5618\" class=\"wp-caption-text\">L&#8217;\u00e9glise Fairmount Methodist, avenue Fairmount Ouest, vers 1910. L&#8217;\u00e9difice deviendra la synagogue Chevra Kadisha en 1929. Il abrite aujourd&#8217;hui la F\u00e9d\u00e9ration nationale ukrainienne du Canada. Pointe-\u00e0-Calli\u00e8re, Cit\u00e9 d&#8217;arch\u00e9ologie et d&#8217;histoire de Montr\u00e9al, Fonds Christian Paquin.<\/p><\/div>\n<p>Parall\u00e8lement, l\u2019avenue du Parc devient, au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, une adresse de choix pour les notables, comme l\u2019avaient esp\u00e9r\u00e9 les premiers promoteurs de l\u2019Annexe. Le quartier situ\u00e9 \u00e0 l&#8217;ouest de la rue Clark abrite un groupe social nettement plus prosp\u00e8re que celui qui vit \u00e0 l&#8217;est de la rue Saint-Laurent. Dans son m\u00e9moire de ma\u00eetrise sur l\u2019urbanisation du Mile End, Guy Mongrain note d&#8217;ailleurs, qu\u2019il n\u2019est pas rare, en 1901, \u00ab\u00a0d\u2019y rencontrer des chefs de familles dont le revenu annuel d\u00e9passe all\u00e8grement mille dollars<a href=\"#_ftn57\" name=\"_ftnref57\">[57]<\/a>.\u00a0\u00bb Il ajoute que si on y retrouve surtout des m\u00e9nages d\u2019origine britannique, c\u2019est en raison de leur situation dominante dans l\u2019\u00e9conomie montr\u00e9alaise\u00a0: \u00ab\u00a0cette section de la ville est ouverte \u00e0 tous, pourvu qu\u2019on en ait les moyens<a href=\"#_ftn58\" name=\"_ftnref58\">[58]<\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_5595\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5595\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5595 size-large\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1910_Annex-1024x650.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"650\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1910_Annex-1024x650.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1910_Annex-600x381.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1910_Annex-768x487.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><p id=\"caption-attachment-5595\" class=\"wp-caption-text\">Carte postale montrant l&#8217;avenue du Parc au nord de l&#8217;avenue Fairmount, vers 1910. Pointe-\u00e0-Calli\u00e8re, Cit\u00e9 d&#8217;arch\u00e9ologie et d&#8217;histoire de Montr\u00e9al, Fonds Christian Paquin.<\/p><\/div>\n<h2>Un quartier h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne<\/h2>\n<p>Il n\u2019en reste pas moins que, vingt ans apr\u00e8s le lancement de l\u2019Annexe, la majorit\u00e9 des lots situ\u00e9s le long de l\u2019avenue du Parc sont toujours vacants. L\u2019<a href=\"https:\/\/numerique.banq.qc.ca\/patrimoine\/details\/52327\/2244207\">atlas Pinsonneault<\/a>, publi\u00e9 en 1907, indique qu\u2019entre Fairmount et Saint-Viateur \u2013 le c\u0153ur de l\u2019Annexe \u2013 seulement 18 r\u00e9sidences ont \u00e9t\u00e9 construites sur les 51 lots disponibles<a href=\"#_ftn59\" name=\"_ftnref59\">[59]<\/a>. La situation est semblable dans plusieurs rues adjacentes. Si l\u2019agent d\u2019immeubles Georges Marcil, qui poss\u00e8de plusieurs lots \u00e0 vendre dans l\u2019Annexe, proclame encore, en 1899, qu\u2019elle est \u00ab le Westmount canadien [et] la localit\u00e9 favorite de l\u2019\u00e9lite canadienne-fran\u00e7aise<a href=\"#_ftn60\" name=\"_ftnref60\">[60]<\/a> \u00bb, les publicit\u00e9s de la Montreal Investment &amp; Freehold, elles, changent de ton. Ce qui domine maintenant, c\u2019est la possibilit\u00e9 d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 pour le m\u00eame prix qu\u2019un loyer, gr\u00e2ce \u00e0 la vente \u00e0 temp\u00e9rament. La client\u00e8le vis\u00e9e est celle des locataires\u00a0: \u00ab L\u2019Annexe de Montr\u00e9al est la banlieue pour les jeunes gens, parce qu\u2019ils peuvent acheter une r\u00e9sidence moderne par paiements mensuels, comme le loyer. Pas d\u2019argent comptant<a href=\"#_ftn61\" name=\"_ftnref61\">[61]<\/a>. \u00bb Les publicit\u00e9s dans les journaux francophones, auparavant beaucoup moins nombreuses que dans la presse anglophone, deviennent plus fr\u00e9quentes.<\/p>\n<p>En visant une nouvelle client\u00e8le moins fortun\u00e9e, on ouvre ainsi la porte aux entrepreneurs sp\u00e9cialis\u00e9s dans la construction de duplex et de triplex<a href=\"#_ftn62\" name=\"_ftnref62\">[62]<\/a>\u00a0: c\u2019est l\u2019une des formes importantes d\u2019accession \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al \u00e0 cette \u00e9poque. La famille acheteuse occupe le rez-de-chauss\u00e9e et tire un revenu de la location des logements situ\u00e9s aux \u00e9tages sup\u00e9rieurs. Cette situation entraine, \u00e0 partir de 1905, une s\u00e9rie de controverses sur les r\u00e8glements encadrant la construction r\u00e9sidentielle dans l\u2019Annexe. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, le conseil municipal est mis devant un fait accompli lorsqu\u2019un promoteur construit une s\u00e9rie de triplex, aux longs escaliers ext\u00e9rieurs, avenue du Parc, au sud de Fairmount. Les propri\u00e9taires des r\u00e9sidences adjacentes se mobilisent pour emp\u00eacher la construction de d\u2019autres immeubles semblables, assimil\u00e9s aux ex\u00e9crables \u00ab tenements \u00bb. Ils obtiennent un amendement au r\u00e8glement de zonage interdisant les escaliers ext\u00e9rieurs de plus de huit marches. Les entrepreneurs ripostent et demandent, d\u2019abord en vain, qu\u2019ils soient autoris\u00e9s<a href=\"#_ftn63\" name=\"_ftnref63\">[63]<\/a>. L\u2019ann\u00e9e suivante, c\u2019est au tour de la Montreal Investment &amp; Freehold de soumettre une requ\u00eate pour obtenir l\u2019assouplissement du r\u00e8glement de zonage sur l\u2019avenue du Parc<a href=\"#_ftn64\" name=\"_ftnref64\">[64]<\/a>.<\/p>\n<p>Le conseil municipal fait volte-face \u00e0 plusieurs reprises, au gr\u00e9 des p\u00e9titions et\u00a0contre-p\u00e9titions\u00a0: par exemple, en mai 1907, il permet la construction d\u2019escaliers ext\u00e9rieurs de 14 marches avenue du Parc, except\u00e9 entre Saint-Joseph et Bernard. Le journal <em>La Patrie<\/em> d\u00e9plore que les \u00e9lus changent ainsi leur fusil d\u2019\u00e9paule, deux ans seulement apr\u00e8s les avoir interdits\u00a0: \u00ab [Cela] d\u00e9note un \u00e9tat de choses susceptible de nuire s\u00e9rieusement \u00e0 la ville, [d\u2019autant plus que] la restriction premi\u00e8re est elle-m\u00eame venue trop tard, lorsque venait d\u2019\u00eatre construit, sur l\u2019avenue du Parc \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la rue Fairmount, un \u00e9norme p\u00e2t\u00e9 de maisons avec sur la fa\u00e7ade trois ou quatre grands escaliers qui d\u00e9pareront \u00e0 jamais [cette] section de la rue<a href=\"#_ftn65\" name=\"_ftnref65\">[65]<\/a>. \u00bb<\/p>\n<p>Si les promoteurs de l\u2019Annexe se r\u00e9signent finalement \u00e0 la construction des duplex et des triplex, au cours des ann\u00e9es 1900, c\u2019est parce que la demande pour des maisons unifamiliales est insuffisante pour vendre tous les lots. D\u2019autant plus que les Montr\u00e9alais sont sollicit\u00e9s par une foule de projets immobiliers entre 1900 et 1913, une p\u00e9riode marqu\u00e9e par une forte fi\u00e8vre sp\u00e9culative. Dans le cas du Mile End, la plupart de ces nouveaux projets visent d\u2019abord \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la forte demande pour des logements locatifs destin\u00e9s aux classes populaires. Cette situation tient au fait que Montr\u00e9al est une ville de locataires, nettement plus que Toronto. En 1881, la proportion est de 85\u00a0% \u00e0 Montr\u00e9al contre 66\u00a0% \u00e0 Toronto<a href=\"#_ftn66\" name=\"_ftnref66\">[66]<\/a>.<\/p>\n<p>Toute cette p\u00e9riode est le th\u00e9\u00e2tre d\u2019une lutte entre ceux qui veulent maintenir le caract\u00e8re exclusif de l\u2019ouest du Mile End et ceux, surtout des commer\u00e7ants et entrepreneurs locaux, qui veulent profiter au maximum d\u2019une urbanisation rapide.<\/p>\n<div id=\"attachment_5622\" style=\"width: 376px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Joseph-Perrault.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5622\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-5622\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Joseph-Perrault.jpg\" alt=\"\" width=\"366\" height=\"512\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5622\" class=\"wp-caption-text\">L&#8217;architecte Joseph Perrault, l&#8217;un des dirigeants de la Ligue des citoyens de Ville Saint-Louis,<\/p><\/div>\n<p>Joseph Perrault, l\u2019un des dirigeants de la Ligue des citoyens de Ville Saint-Louis, est repr\u00e9sentatif du premier camp. Il est un descendant de la famille Perrault, les anciens grands propri\u00e9taires du secteur. M\u00eame s\u2019il a con\u00e7u la plupart des b\u00e2timents industriels situ\u00e9s dans la partie est du Mile End \u2013 par exemple la <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/edifice-peck\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">manufacture de v\u00eatements Peck<\/a>, la fabrique de <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/craig-piano\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">pianos Craig<\/a>, l\u2019usine de peinture Brandram Henderson et la Phillips Electrical Works \u2013, Perrault tient aussi \u00e0 ce que les zones r\u00e9sidentielles et les lieux de travail et de loisir soient clairement s\u00e9par\u00e9s dans l\u2019espace urbain. Il s\u2019est d\u2019ailleurs construit, en 1904, une <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fairmount-court-appartements\/\">splendide r\u00e9sidence<\/a> avenue du Parc, presqu\u2019en face de celle de Mainwaring. La Ligue des citoyens lutte donc pour maintenir le caract\u00e8re exclusivement r\u00e9sidentiel de l\u2019ouest du Mile End, ou encore pour interdire les d\u00e9bits d\u2019alcool \u00e0 proximit\u00e9 du mont Royal<a href=\"#_ftn67\" name=\"_ftnref67\">[67]<\/a>. Puisque la plupart de ses membres travaillent au centre-ville, la Ligue est peu int\u00e9ress\u00e9e par le d\u00e9veloppement local et se soucie surtout des d\u00e9penses, jug\u00e9es extravagantes, de la municipalit\u00e9.<\/p>\n<p>Les petits commer\u00e7ants et les entrepreneurs qui contr\u00f4lent le conseil municipal se pr\u00e9occupent plut\u00f4t du sort des \u00ab lots \u00e0 b\u00e2tir \u00bb, dont ils sont souvent les propri\u00e9taires et qu\u2019ils souhaitent revendre \u00e0 profit. De plus, leur base \u00e9lectorale est majoritairement compos\u00e9e des ouvriers et des petits employ\u00e9s canadiens-fran\u00e7ais qui vivent \u00e0 l\u2019est du boulevard Saint-Laurent et au nord de la voie ferr\u00e9e. Le patronage, gr\u00e2ce aux emplois g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les importants travaux d\u2019infrastructures d\u2019une nouvelle banlieue, est un outil important pour obtenir leur appui. Pour toutes ces raisons, Ville Saint-Louis n\u2019impose pas un zonage aussi contraignant que les banlieues rivales d\u2019Outremont et de Westmount. D\u00e8s 1904, la vocation strictement r\u00e9sidentielle de l\u2019Annexe est mise \u00e0 mal par l\u2019installation d\u2019une buanderie industrielle, \u00ab\u00a0Queen\u2019s Jubilee Laundry\u00a0\u00bb, au coin des rues Saint-Urbain et Laurier. Les propri\u00e9taires des rues environnantes d\u00e9noncent \u00ab\u00a0le fait que cette buanderie est dans un milieu o\u00f9 il n\u2019y a que des r\u00e9sidences priv\u00e9es, dans un des plus beaux quartiers de la ville, et que les propri\u00e9taires des alentours apr\u00e8s avoir investi plusieurs milliers de piastres dans ce quartier voient avec peine leurs propri\u00e9t\u00e9s diminu\u00e9es<a href=\"#_ftn68\" name=\"_ftnref68\">[68]<\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h2>Un\u00a0parc pour les enfants de l\u2019Annexe<\/h2>\n<p>La cr\u00e9ation d\u2019un parc est un autre exemple des tensions qui divisent Ville Saint-Louis. On l\u2019a vu, les promoteurs de l\u2019Annexe avaient promis de pr\u00e9server le \u00ab splendide bocage \u00bb, situ\u00e9 \u00e0 la hauteur de la rue Saint-Viateur, pour en faire un parc, mais ce terrain est sacrifi\u00e9 au lotissement vers le milieu des ann\u00e9es 1900. Les r\u00e9sidents de l\u2019Annexe ne renoncent pas pour autant \u00e0 leur parc. Ils multiplient les p\u00e9titions, entre 1906 et 1908, pour que Ville Saint-Louis acqui\u00e8re le \u00ab\u00a0terrain des s\u0153urs de l\u2019H\u00f4tel-Dieu\u00a0\u00bb, compris entre les avenues Fairmount, Laurier, Parc et Esplanade. Le quadrilat\u00e8re est qualifi\u00e9 d\u2019id\u00e9al pour la cr\u00e9ation d\u2019un parc \u00ab\u00a0tant sous le rapport de la beaut\u00e9 et de l\u2019embellissement de la ville que sous le rapport de la sant\u00e9 des contribuables et de la valeur de la propri\u00e9t\u00e9<a href=\"#_ftn69\" name=\"_ftnref69\">[69]<\/a>.\u00a0\u00bb Une autre p\u00e9tition mentionne \u00ab\u00a0avoir appris de bonne source\u00a0\u00bb que la municipalit\u00e9 peut acqu\u00e9rir le terrain \u00e0 prix d\u2019aubaine et que, si elle ne le fait pas, il sera rapidement subdivis\u00e9 en lots \u00e0 b\u00e2tir. Le <em>Montreal Daily Herald<\/em> appuie les citoyens\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019absence d\u2019un parc a dissuad\u00e9 de nombreuses personnalit\u00e9s de venir s\u2019\u00e9tablir dans l\u2019Annexe. Les enfants en souffrent le plus, car ils sont oblig\u00e9s de se rendre \u00e0 la montagne, ou m\u00eame \u00e0 Fletcher\u2019s Field, lorsqu\u2019ils veulent jouer\u00a0; c\u2019est beaucoup trop \u00e9loign\u00e9<a href=\"#_ftn70\" name=\"_ftnref70\">[70]<\/a>.\u00a0\u00bb Le journal revient \u00e0 la charge la semaine suivante\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Un fort mouvement est organis\u00e9 par les contribuables, en fait par tous les r\u00e9sidents de l\u2019Annexe, pour acheter un terrain situ\u00e9 au sud de Fairmount et \u00e0 l\u2019est de l\u2019avenue du Parc afin de le convertir en parc public, pour l\u2019usage des enfants et l\u2019embellissement de la ville. Il est admirablement situ\u00e9, pourrait \u00eatre achet\u00e9 et am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 co\u00fbt modique et am\u00e9liorerait consid\u00e9rablement la valeur des propri\u00e9t\u00e9s environnantes<a href=\"#_ftn71\" name=\"_ftnref71\">[71]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Le conseil fait cependant la sourde oreille. Pourtant, lorsque, l\u2019ann\u00e9e suivante, les paroissiens de Saint-Jean-de-la-Croix demandent \u00e0 leur tour que la ville ach\u00e8te des terrains pour la cr\u00e9ation d\u2019un parc, cette fois le conseil accepte<a href=\"#_ftn72\" name=\"_ftnref72\">[72]<\/a>. Il faut dire que les terrains en question appartiennent \u00e0 l\u2019\u00e9chevin Joseph Martel, un alli\u00e9 du maire Turcot, lui-m\u00eame un entrepreneur actif dans la construction, et qu\u2019on se retrouve l\u00e0 au c\u0153ur de leur bastion politique du nord\u2026 Situ\u00e9 \u00e0 l\u2019angle du boulevard Saint-Laurent et de la rue Saint-Zotique, c\u2019est aujourd\u2019hui le parc de la Petite-Italie.<\/p>\n<h2>Les mutations de l\u2019Annexe<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019annexion de Ville Saint-Louis par Montr\u00e9al, le 1er janvier 1910, les propri\u00e9taires des r\u00e9sidences cossues de l\u2019avenue du Parc m\u00e8nent un combat d\u2019arri\u00e8re-garde pour pr\u00e9server le caract\u00e8re exclusivement r\u00e9sidentiel de leur art\u00e8re. Montr\u00e9al tente une premi\u00e8re fois de modifier le zonage, le 16 octobre 1912, pour permettre l\u2019utilisation de l\u2019avenue \u00e0 des fins commerciales<a href=\"#_ftn73\" name=\"_ftnref73\">[73]<\/a>. Les opposants parviennent cependant \u00e0 faire annuler ce changement \u00e0 deux reprises, lors de l\u2019\u00e9tude annuelle de la Charte de Montr\u00e9al par l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative<a href=\"#_ftn74\" name=\"_ftnref74\">[74]<\/a>. Leur avocat fait valoir en 1913 que les contrats de vente de ses clients incluent une clause garantissant le caract\u00e8re r\u00e9sidentiel de l\u2019avenue. Les propri\u00e9taires oppos\u00e9s au changement re\u00e7oivent aussi l\u2019appui de la Ville d\u2019Outremont, qui envoie une d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 Qu\u00e9bec pour r\u00e9clamer le maintien de l\u2019interdiction des commerces sur l\u2019avenue<a href=\"#_ftn75\" name=\"_ftnref75\">[75]<\/a>. Les \u00e9chevins montr\u00e9alais r\u00e9torquent que la majorit\u00e9 des propri\u00e9taires souhaitent ce changement et que la construction est paralys\u00e9e, avenue du Parc, en raison de cette clause. De toute fa\u00e7on, ajoute l\u2019un d\u2019eux, \u00ab l\u2019avenue du Parc est devenue inhabitable, \u00e0 cause du bruit caus\u00e9 par les tramways et le volumineux trafic. De fait, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 une rue commerciale. On y trouve des banques, des pharmacies, des bureaux, des marchands de fruits, etc.<a href=\"#_ftn76\" name=\"_ftnref76\">[76]<\/a> \u00bb<\/p>\n<p>La page est finalement tourn\u00e9e le 25 mars 1914 lorsque la Ville de Montr\u00e9al fait approuver le r\u00e8glement permettant \u00ab la construction de magasins et l\u2019\u00e9tablissement de places d\u2019affaires sur l\u2019avenue du Parc, entre l\u2019avenue Mont-Royal et la rue Bernard<a href=\"#_ftn77\" name=\"_ftnref77\">[77]<\/a>. \u00bb Le journal <em>La Presse <\/em>se r\u00e9jouit de \u00ab cette solution longtemps attendue \u00bb\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Les entrepreneurs ne voulaient plus y construire de r\u00e9sidences tandis que l\u2019on refusait les permis pour les \u00e9difices de commerce. [\u2026] Plusieurs entrepreneurs viennent de signer des contrats importants et l\u2019on s\u2019attend \u00e0 une recrudescence d\u2019activit\u00e9 dans le monde de la construction. L\u2019avenue du Parc est devenue l\u2019une des plus importantes art\u00e8res de la ville et le trafic des pi\u00e9tons et des tramways est devenu si consid\u00e9rable que c\u2019est maintenant l\u2019un des principaux d\u00e9bouch\u00e9s entre l\u2019extr\u00eame nord et le centre de la m\u00e9tropole<a href=\"#_ftn78\" name=\"_ftnref78\">[78]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Joseph Perrault, l\u2019un des plus ardents d\u00e9fenseurs du caract\u00e8re exclusif de l\u2019avenue, s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 adapt\u00e9 \u00e0 son changement de vocation. Il a construit en 1910 un immeuble \u00e0 appartements dans les jardins adjacents \u00e0 sa villa ; cette derni\u00e8re sera \u00e0 son tour subdivis\u00e9e en appartements en 1924. L\u2019ensemble forme aujourd\u2019hui la <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/fairmount-court-appartements\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">coop\u00e9rative d\u2019habitation Le Ch\u00e2telet<\/a>, l\u2019un des t\u00e9moins les mieux pr\u00e9serv\u00e9s de l\u2019\u00e9poque des r\u00eaves de grandeur de l\u2019avenue du Parc<a href=\"#_ftn79\" name=\"_ftnref79\">[79]<\/a>. Plusieurs autres immeubles \u00e0 appartement seront d\u2019ailleurs \u00e9rig\u00e9s le long de l\u2019avenue pendant la m\u00eame p\u00e9riode\u00a0: les <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/appartements-valmont\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">appartements Valmont<\/a>, au sud de la rue Saint-Viateur en constituent un bon exemple. Les \u00e9difices commerciaux et les triplex combleront rapidement les autres lots vacants. Pour ce qui est des luxueuses r\u00e9sidences construites lors de la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dente, on am\u00e9nagera souvent des magasins au rez-de-chauss\u00e9e, tandis que les \u00e9tages sup\u00e9rieurs seront transform\u00e9s en appartements. Quant \u00e0 la villa pionni\u00e8re de Rienzi Athel Mainwaring, elle devient une maison de chambres en 1925, avant d\u2019\u00eatre <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/maison-rienzi-athel-mainwaring\/\">emport\u00e9e par un incendie criminel<\/a> en 1973.<\/p>\n<div id=\"attachment_5596\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-5596\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-5596\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lendemain-compresse-600x369.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"369\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lendemain-compresse-600x369.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lendemain-compresse-768x473.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lendemain-compresse.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lendemain-compresse-570x350.jpg 570w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-5596\" class=\"wp-caption-text\">La villa Mainwaring au lendemain de l&#8217;incendie criminel qui l&#8217;a d\u00e9truite, 8 avril 1973. Photo\u00a0: Jean Goupil. Archives du journal La Presse.<\/p><\/div>\n<p>La vocation exclusive de l\u2019avenue du Parc a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 mal par la concurrence du boulevard Saint-Joseph, termin\u00e9 dans sa portion Mile End (\u00e0 l&#8217;ouest de la rue Drolet) en 1905. Les \u00e9lus de Ville Saint-Louis veulent en faire une autre art\u00e8re r\u00e9sidentielle r\u00e9serv\u00e9e aux classes ais\u00e9es. Les longs escaliers ext\u00e9rieurs et les triplex y sont autoris\u00e9s, sauf qu&#8217;ils abritent de grands appartements bien plus cossus que les logements ouvriers. Montr\u00e9al maintient aussi l\u2019interdiction des fonctions commerciales sur cette rue apr\u00e8s l\u2019annexion\u00a0: le boulevard Saint-Joseph devient ainsi une adresse de choix pour de nombreux notables jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1950.<\/p>\n<p>La fin de l\u2019Annexe tient aussi pour beaucoup au d\u00e9veloppement d\u2019Outremont, o\u00f9 l\u2019urbanisation prend son essor \u00e0 partir de la d\u00e9cennie 1910. La famille Beaubien poss\u00e8de, depuis les ann\u00e9es 1840, d\u2019importants terrains tant au Mile End qu\u2019\u00e0 Outremont. Au Mile End, ils sont situ\u00e9s \u00e0 l\u2019est de la rue Saint-Laurent ; les Beaubien y privil\u00e9gient le d\u00e9veloppement d\u2019un quartier ouvrier, centr\u00e9 sur la gare et les industries environnantes. Les lots de l\u2019Annexe, du c\u00f4t\u00e9 ouest de Saint-Laurent, appartiennent \u00e0 d\u2019autres promoteurs\u00a0: la cr\u00e9ation d\u2019une banlieue exclusive n&#8217;int\u00e9resse pas les Beaubien, car elle concurrence leurs propres projets du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Outremont. D\u2019autant plus que, contrairement \u00e0 Ville Saint-Louis, les Beaubien y contr\u00f4lent \u00e0 la fois le d\u00e9veloppement immobilier et la vie politique locale<a href=\"#_ftn80\" name=\"_ftnref80\">[80]<\/a>.<\/p>\n<p>Joseph Beaubien, fils de Louis et petit-fils de Pierre, est l\u2019\u00e9chevin du quartier sud, le plus prosp\u00e8re, depuis 1902. \u00c9lu maire en 1910, il dirigera d\u2019une main de fer le d\u00e9veloppement de sa ville pendant 40 ans et imposera un zonage tr\u00e8s strict. Les escaliers ext\u00e9rieurs sont bannis du sud et de l\u2019ouest d\u2019Outremont en 1910, au moment m\u00eame o\u00f9 Montr\u00e9al les permet finalement sur l\u2019avenue du Parc. Outremont imite aussi Westmount en multipliant les espaces verts au c\u0153ur de ses quartiers r\u00e9sidentiels. De plus, le zonage confine les industries et les immeubles appartements \u00e0 des secteurs bien pr\u00e9cis<a href=\"#_ftn81\" name=\"_ftnref81\">[81]<\/a>. Lorsque la construction r\u00e9sidentielle reprend, apr\u00e8s l\u2019interlude caus\u00e9 par la r\u00e9cession et la guerre, Outremont exerce une force d\u2019attraction irr\u00e9sistible, autant pour la bourgeoisie canadienne-fran\u00e7aise qui r\u00e9sidait auparavant sur les rues Cherrier, Saint-Denis ou Saint-Hubert, que pour de nombreux r\u00e9sidents de l\u2019Annexe. Tout au long de la d\u00e9cennie 1920, la communaut\u00e9 anglo-protestante qui y avait \u00e9lu domicile, d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 Outremont ou dans d\u2019autres nouvelles banlieues, comme Notre-Dame-de-Gr\u00e2ce.<\/p>\n<p>Une nouvelle classe moyenne en pleine ascension sociale, issue des immigrants juifs venus nombreux d\u2019Europe de l\u2019Est depuis la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, prend la place des Anglo-protestants de l\u2019Annexe. L\u2019\u0153uvre de Mordecai Richler\u00a0t\u00e9moigne de cette p\u00e9riode. La partie de l&#8217;Annexe situ\u00e9e au nord de la rue Saint-Viateur se d\u00e9veloppe surtout apr\u00e8s 1910\u00a0: elle est domin\u00e9e par les duplex et les triplex. Ceux-ci accueillent une population d\u2019ouvriers qualifi\u00e9s et de cols blancs, majoritairement canadiens-fran\u00e7ais et catholiques irlandais\u00a0: leur attachement au quartier s\u2019exprimera \u00e0 travers le r\u00e9seau sociocommunautaire li\u00e9 \u00e0 leurs paroisses respectives, <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/eglise-saint-georges\/\">Saint-Georges<\/a> et <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/eglise-st-michael-the-archangel\/\">St. Michael<\/a>.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle ceinture de banlieues adapt\u00e9es \u00e0 l\u2019automobile, apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, entraine une nouvelle migration des classes moyennes du Mile End. La communaut\u00e9 juive se d\u00e9place vers l\u2019ouest \u2013 Snowdon, C\u00f4te-Saint-Luc, Hampstead \u2013, tandis que les Canadiens-fran\u00e7ais et les Irlandais migrent vers Ahuntsic, Rosemont ou encore Laval. De nouvelles vagues d\u2019immigrants, Italiens, Grecs, Juifs hassidiques et Portugais surtout, vont s\u2019installer dans les rues de l\u2019ancienne Annexe. Pour accueillir cette population d\u00e9munie, les cottages seront souvent convertis en appartements ou en maisons de chambre, effa\u00e7ant un peu plus les traces des origines du quartier. Le retour du balancier s\u2019amorcera \u00e0 partir de la d\u00e9cennie 1980, dans le contexte de la revalorisation des quartiers centraux montr\u00e9alais qu\u2019on croyait auparavant vou\u00e9s \u00e0 la d\u00e9molition.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"https:\/\/www.septentrion.qc.ca\/catalogue\/histoire-du-mile-end\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-4888 size-medium\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/L97828944888981-480x600.jpg\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"125\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/L97828944888981-480x600.jpg 480w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/L97828944888981.jpg 720w\" sizes=\"(max-width: 100px) 100vw, 100px\" \/><\/a>Ce texte est une version revue et corrig\u00e9e d\u2019un extrait de l\u2019<em><a href=\"https:\/\/www.septentrion.qc.ca\/catalogue\/histoire-du-mile-end\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Histoire du Mile End<\/a><\/em>, par Yves Desjardins, \u00c9ditions du Septentrion, 2017. Avec l\u2019aimable permission de l\u2019\u00e9diteur.<\/p>\n<div style=\"clear: both;\"><\/div>\n<hr \/>\n<h2>Notes<\/h2>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> \u00ab Perte de Toronto \u2013 gain de Montr\u00e9al \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 2 d\u00e9cembre 1890, p. 16.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> \u00ab Revue immobili\u00e8re \u00bb, <em>Le Prix courant<\/em>, vol. 6, n<sup>o<\/sup> 15, 13 juin 1890, p. 11.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Antoine Bernard, <em>Les Clercs de Saint-Viateur au Canada. Le premier demi-si\u00e8cle, 1847 \u00e0 <\/em>1897, Les Clercs de Saint-Viateur, Montr\u00e9al, 1947, p. 585 ; Robert Rumilly, <em>Histoire d&#8217;Outremont<\/em>, Lem\u00e9ac, Montr\u00e9al, 1975, p. 52-53.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> \u00ab Revue immobili\u00e8re \u00bb, <em>Le Prix courant<\/em>, vol. 6, n<sup>o<\/sup> 15, 13 juin 1890, p. 11.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> \u00ab Revue immobili\u00e8re \u00bb, <em>Le Prix courant<\/em>, vol. 6, n<sup>o<\/sup> 21, 27 juillet 1890, p. 7 et 10.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> \u00ab Montreal Annex \u00bb, <em>Toronto Daily Mail<\/em>, 2 ao\u00fbt 1890, p. 3.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> (Ma traduction). Ibid.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> (Ma traduction.) \u00ab Montreal Annex \u00bb, <em>Montreal Herald<\/em>, 6 d\u00e9cembre 1890, p. 12.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> P\u00e9tition au conseil municipal de Saint-Louis-du-Mile-End, 29 mars 1890. Archives de la Ville de Montr\u00e9al, Fonds Ville de Saint-Louis, <em>Correspondance re\u00e7ue, voirie<\/em>, P28\/B2,29. Dor\u00e9navant\u00a0: AVM\/FVSL.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> AVM, FVSL, <em>Correspondance re\u00e7ue<\/em>, 22 novembre 1889, P28\/B2, 1. Le soulign\u00e9 est dans l\u2019original.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Ludger Beauregard, \u00ab Outre mont Royal, 1694-1875 \u00bb, <em>Histoire Qu\u00e9bec<\/em>, vol. 8, no 2, 2002, p. 11. Il cite l\u2019Aveu et d\u00e9nombrement des Sulpiciens, alors les seigneurs de l\u2019\u00eele de Montr\u00e9al.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Anonyme (\u00ab par une religieuse de son institut \u00bb), <em>Notes sur la vie de M\u00e8re Gamelin, fondatrice et premi\u00e8re sup\u00e9rieure des S\u0153urs de la charit\u00e9 de la Providence<\/em>, E. S\u00e9n\u00e9cal, Montr\u00e9al, 1901, p. 12. Voir \u00e9galement Marguerite Jean, \u00ab \u00c9milie Tavernier \u00bb, <em>Dictionnaire biographique du Canada <\/em>:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.biographi.ca\/fr\/bio\/tavernier_emilie_8F.html\">http:\/\/www.biographi.ca\/fr\/bio\/tavernier_emilie_8F.html<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> L.W. Sicotte, <em>Livre de renvoi officiel de la paroisse de Montr\u00e9al<\/em>, Montr\u00e9al, Presses de la Minerve, 1872, p. 142.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> <em>Succession Nowlan plan figuratif<\/em>, H. M. Perrault, novembre 1873, BAnQ, CA601,S53, SS1, P221.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> \u00ab Montreal Annex\/Newsome\u00a0&amp; Brownscombe Lith. Toronto \u00bb, vers fin 1890-d\u00e9but 1891. L\u2019article cit\u00e9 est ins\u00e9r\u00e9 sous forme de cartouche dans la lithogravure\u00a0: <em>From Montreal Star<\/em> (s.d.), BAnQ, P318, S4, P14.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> (Ma traduction). <em>McCuaig &amp; Mainwaring Real Estate Record<\/em>, vol. 1, n<sup>o<\/sup> 1, Toronto, f\u00e9vrier 1891.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Adam Mayers, \u00ab Daring developper built the Annex \u00bb, <em>Toronto Star<\/em>, 10 septembre 2007. En ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.thestar.com\/news\/article\/254785--daring-developer-built-the-annex.\">\u00a0A daring developer built the Annex.<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> (Ma traduction). \u00ab Montreal Annex \u00bb, <em>Montreal Daily Witness<\/em>, 10 janvier 1891, p. 8.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> (Ma traduction). \u00ab Montreal Annex \u00bb<em>, The Gazette<\/em>, 2 mai 1891, p. 12.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> \u00ab L\u2019Annexe de Montr\u00e9al \u00bb, <em>Le Progr\u00e8s municipal<\/em>, vol. 1, n<sup>o<\/sup> 1, 29 janvier 1891, p. 4.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> (Les majuscules sont dans l&#8217;annonce. Ma traduction). \u00ab Montreal Annex \u00bb<em>, Canadian Journal of Commerce<\/em>, vol. 32, n<sup>o<\/sup> 3, 3 avril 1891, p. 3. La m\u00eame annonce pleine page est publi\u00e9e par <em>The Gazette<\/em>, le 4 avril 1891, p. 5.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> <em>Sessional Papers<\/em>, n<sup>o<\/sup> 16, 55 Victoria, 1892.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> \u00a0(Ma traduction). \u00ab Montreal Real Estate \u00bb, <em>Canadian Journal of Commerce<\/em>, 19 juin 1891, p. 1188.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> \u00ab Montreal Street Railway Co. Annual Meeting \u00bb, <em>Ottawa Citizen<\/em>, 5 novembre 1891, p. 3.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Paul-Andr\u00e9 Linteau, <em>Histoire de Montr\u00e9al depuis la Conf\u00e9d\u00e9ration<\/em>, Montr\u00e9al, Bor\u00e9al, 1992, p. 126-127 ; STM, <em>Quelques notes historiques sur la Street Railways Company<\/em>, Archives de la Soci\u00e9t\u00e9 des Transports de Montr\u00e9al, s.d.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> Archives de la STM, Montreal Park and Island Railway Company, <em>Livre des minutes, <\/em>13 juillet 1893, S2\/2, 1888-1906.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> <em>Gazette Officielle du Qu\u00e9bec<\/em>, 5 d\u00e9cembre 1891, p. 2662-2663.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> Amelia Josephine Bagg Mulholland, <em>Grand livre 1891-1927,<\/em> Mus\u00e9e McCord, Fonds Bagg, P070\/B07 ; <em>Le<\/em> <em>Prix courant<\/em>, vol. 9, n<sup>o<\/sup> 14, 4 d\u00e9cembre 1891, p. 14.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> \u00ab Mr. Mainwaring\u2019s House \u00bb, <em>Montreal Daily Herald, <\/em>15 d\u00e9cembre 1892, p. 11.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> \u00ab Montreal Annex \u00bb, <em>Montreal Daily Herald, <\/em>15 d\u00e9cembre 1892, p. 11.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> (Ma traduction). AVM, FVSL, <em>Correspondance de l\u2019ing\u00e9nieur<\/em>, P28\/F3,1.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a> AVM, FVSL, <em>Correspondance de l\u2019ing\u00e9nieur<\/em>, P28\/F3,1, 2 septembre 1893.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a> Jean Hamelin et Yves Roby, <em>Histoire \u00e9conomique du Qu\u00e9bec<\/em>, Fides, 1971, p. 96-97.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a> (Ma traduction). \u00ab Toronto Real Estate Speculators \u00bb, <em>The Canadian Journal of Commerce<\/em>, vol. 35, n<sup>o<\/sup>\u00a01, 7 juillet 1892, p. 17.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a> \u00ab City Real Estate Sales in June \u00bb<em>,<\/em> <em>The Canadian Journal of Commerce<\/em>, vol. 35, n<sup>o<\/sup> 3, 15 juillet 1892, p. 101.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a> AVM, AVSL, <em>Correspondance et requ\u00eates<\/em>, P28\/B2,19, 4 janvier 1894. \u00c0 souligner que, cette fois, la lettre est \u00e9crite en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\">[37]<\/a> \u00ab Re-organizing the Staff. R.A. Mainwaring Ready for this Season\u2019s Real Estate Business \u00bb, <em>Montreal Daily <\/em>Herald, 23 avril 1894<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\">[38]<\/a> \u00ab Demandes \u00e0 la l\u00e9gislature \u00bb, <em>Gazette Officielle du Qu\u00e9bec<\/em>, vol. XXVI, n<sup>o<\/sup> 39, 29 septembre 1894, p. 2158.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\">[39]<\/a> <em>Loi concernant la Consolidated Land and Investment Company Limited, et la Montreal Freehold Company, et constituant en corporation la Montreal Investment and Freehold Company<\/em>. 58 Victoria, chapitre 75, 12 janvier 1895.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\">[40]<\/a> \u00c0 son sujet, Paul-Andr\u00e9 Linteau, <em>Histoire de Montr\u00e9al<\/em>, <em>op. cit<\/em>., p. 56-57.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\">[41]<\/a> Atherton, <em>Montreal, 1535-1914<\/em>, <em>op. cit<\/em>., p. 20-21. Son p\u00e8re, William, fut l\u2019un des principaux dirigeants tory du Bas-Canada au milieu du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\">[42]<\/a> AVM, FVSL, <em>Proc\u00e8s-verbaux des assembl\u00e9es priv\u00e9es du conseil<\/em>, P28\/A2, P002, 14 juin 1894.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref43\" name=\"_ftn43\">[43]<\/a> \u00ab This Cut Shows the Class of Houses Being Erected on Montreal Annex \u00bb, <em>Montreal Herald<\/em>, 21 juillet 1894.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref44\" name=\"_ftn44\">[44]<\/a> \u00ab Montreal Annex \u00bb, <em>The Gazette<\/em>, 3 d\u00e9cembre 1894, p. 5 ; \u00ab Montreal Annex \u00bb, <em>The Montreal Daily Herald<\/em>, 3 d\u00e9cembre 1894, p. 4.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref45\" name=\"_ftn45\">[45]<\/a> \u00ab Un joli boulevard \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 21 mars 1895, p. 11 ; \u00ab La compagnie du parc et de l\u2019\u00eele pousse activement ses travaux \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 3 juin 189, p. 7 ; \u00ab Grand pique-nique, Annexe de Montr\u00e9al \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 22 juillet 1895, p. 3 ; \u00ab Montreal Annex, Montreal\u2019s Most Beautiful Suburb \u00bb, <em>Montreal Daily Herald<\/em>, 3 ao\u00fbt 1895, p. 3.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref46\" name=\"_ftn46\">[46]<\/a> \u00ab Real Estate \u00bb, <em>The Gazette<\/em>, 19 juin 1895, p. 5.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref47\" name=\"_ftn47\">[47]<\/a> \u00ab Montreal Annex. A Big Celebration on Saturday Afternoon \u00bb, <em>Montreal Daily Herald<\/em>, 5 ao\u00fbt 1895, p. 2.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref48\" name=\"_ftn48\">[48]<\/a> \u00ab Montr\u00e9al Annexe \u00bb, <em>Le prix courant<\/em>, 9 ao\u00fbt 1895, p. 833.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref49\" name=\"_ftn49\">[49]<\/a> AVM, FVSL, <em>Correspondance du maire<\/em>, P28\/B1,1, 17 f\u00e9vrier 1896.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref50\" name=\"_ftn50\">[50]<\/a> <em>Ibid<\/em>., 4 mars et 8 avril 1896. Le village de Saint-Louis-du-Mile-End est devenu ville en 1895 et a chang\u00e9 de nom. C\u00f4te-Saint-Antoine devient Westmount cette m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref51\" name=\"_ftn51\">[51]<\/a> AVM, FVSL, <em>Correspondance du maire<\/em>, P28\/B1,1, 4 octobre 1896.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref52\" name=\"_ftn52\">[52]<\/a> STM, <em>Archives de la Soci\u00e9t\u00e9 de transport de Montr\u00e9al, <\/em>\u00ab Quelques notes historiques sur la Montreal Park and Island Railway Company, \u00bb s.d.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref53\" name=\"_ftn53\">[53]<\/a> Paul-Andr\u00e9 Linteau, <em>Histoire de Montr\u00e9al depuis la Conf\u00e9d\u00e9ration<\/em>, op. cit., p. 191-193. \u00c9galement, Jean Hamelin et Yves Roby, <em>Histoire \u00e9conomique du Qu\u00e9bec 1851-1896<\/em>, op. cit., p. 95-98.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref54\" name=\"_ftn54\">[54]<\/a> L\u2019ancien village de Saint-Jean-Baptiste \u00e9tait situ\u00e9 au sud du Mile End, entre l\u2019avenue Mont-Royal et les environs de l\u2019avenue Duluth. Il est devenu un quartier montr\u00e9alais en 1886.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref55\" name=\"_ftn55\">[55]<\/a> A. Leblond de Brumath,<em> Guide de Montr\u00e9al et de ses environs<\/em>, Granger Fr\u00e8res, 1897, p. 81.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref56\" name=\"_ftn56\">[56]<\/a> AVM, FVSL, P\u00e9titions, <em>Correspondance du maire<\/em>, P28\/B1,2, 2 mai 1899.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref57\" name=\"_ftn57\">[57]<\/a> Guy Mongrain, <em>Population et territoire dans un contexte de croissance urbaine\u00a0: Saint-Louis-du-Mile-End, 1881-1909<\/em>. M\u00e9moire de ma\u00eetrise, histoire, UQAM, 1998, p. 87-88.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref58\" name=\"_ftn58\">[58]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 94.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref59\" name=\"_ftn59\">[59]<\/a> A. R. Pinsonneault, <em>Atlas of the Island and City of Montreal and Ile Bizard\u2026<\/em>, 1907, <a href=\"https:\/\/numerique.banq.qc.ca\/patrimoine\/details\/52327\/2244207?docref=AB0nnq45ZPWSI6MFZk1sUw\">planche 16<\/a>, BAnQ G1144\/M65G475\/P5\/1907 CAR.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref60\" name=\"_ftn60\">[60]<\/a> \u00ab Le Westmount canadien \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 9 septembre 1899.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref61\" name=\"_ftn61\">[61]<\/a> \u00ab On se h\u00e2te de construire \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 2 ao\u00fbt 1898.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref62\" name=\"_ftn62\">[62]<\/a> Alors qualifi\u00e9s de \u00ab flats \u00bb ou plain-pied. Le terme triplex n\u2019existe pas encore dans l\u2019usage.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref63\" name=\"_ftn63\">[63]<\/a> \u00ab Au conseil du Mile-End \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 14 novembre 1905, p. 8.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref64\" name=\"_ftn64\">[64]<\/a> AVM, FVSL, <em>Proc\u00e8s-verbaux du conseil<\/em>, 12 juin 1906.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref65\" name=\"_ftn65\">[65]<\/a> \u00ab R\u00e8glements de construction \u00bb, <em>La Patrie<\/em>, 10 mai 1907, p. 5.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref66\" name=\"_ftn66\">[66]<\/a> Paul-Andr\u00e9 Linteau, <em>Histoire de Montr\u00e9al<\/em>, <em>op. cit<\/em>., p. 100.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref67\" name=\"_ftn67\">[67]<\/a> \u00ab S\u00e9ance orageuse. L\u2019octroi des licences \u00e0 Saint-Louis du Mile End \u00bb, <em>La Patrie<\/em>, 2 mai 1902, p. 1.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref68\" name=\"_ftn68\">[68]<\/a> AVM, FVSL, \u00ab P\u00e9tition au maire et aux \u00e9chevins de la Ville de St. Louis \u00bb, <em>Correspondance du maire<\/em>, 1904, P28\/B1, 2.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref69\" name=\"_ftn69\">[69]<\/a> Quatre p\u00e9titions distinctes, mais dont le contenu est semblable, trois en fran\u00e7ais et une en anglais, sont vers\u00e9es au dossier. AVM, FVSL, <em>Requ\u00eates<\/em>, 1908, P28\/B2, 20.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref70\" name=\"_ftn70\">[70]<\/a> (Ma traduction). \u00ab New Park Proposal Crops Up Again \u00bb, <em>Montreal Daily Herald<\/em>, 4 juillet 1908, p. 15.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref71\" name=\"_ftn71\">[71]<\/a> (Ma traduction). \u00ab Feeling High in St. Louis \u00bb, <em>Montreal Daily Herald<\/em>, 11 juillet 1908, p. 13.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref72\" name=\"_ftn72\">[72]<\/a> AVM, FVSL, \u00ab P\u00e9tition des r\u00e9sidents de la paroisse Saint-Jean de la Croix \u00bb, <em>Requ\u00eates<\/em>, 15 juillet 1909, P28\/B2,20.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref73\" name=\"_ftn73\">[73]<\/a> \u00ab City and District \u00bb, <em>The Gazette<\/em>, 17 octobre 1912, p. 3\u00a0; \u00ab Conseil de ville \u00bb, <em>Le Canada<\/em>, 17 octobre 1912, p. 5.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref74\" name=\"_ftn74\">[74]<\/a> \u00ab Montreal Bill Over First Stage \u00bb, <em>The Gazette<\/em>, 19 d\u00e9cembre 1912, p. 5.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref75\" name=\"_ftn75\">[75]<\/a> \u00ab Au conseil d\u2019Outremont. Le conseil s\u2019oppose \u00e0 ce que l\u2019avenue du Parc devienne une art\u00e8re commerciale \u00bb, <em>Le Canada<\/em>, 4 d\u00e9cembre 1913, p. 8.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref76\" name=\"_ftn76\">[76]<\/a> \u00ab Le bill de Montr\u00e9al, \u00bb <em>Le Canada<\/em>, 13 d\u00e9cembre 1913, p. 13.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref77\" name=\"_ftn77\">[77]<\/a> Archives de la Ville de Montr\u00e9al, R\u00e8glements municipaux, r\u00e8glement no 526, 25 mars 1914, VM001_33_PO526.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref78\" name=\"_ftn78\">[78]<\/a> \u00ab Dans le monde de l\u2019immeuble \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 30 mars 1914, p. 17.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref79\" name=\"_ftn79\">[79]<\/a> Jean-Julien, \u00e9galement architecte, jouera un r\u00f4le important dans le d\u00e9veloppement d\u2019Outremont. Apr\u00e8s avoir \u00e9pous\u00e9 la fille de Joseph Beaubien, sa firme, Gadbois-Perrault, concevra de nombreux \u00e9difices commerciaux, institutionnels et r\u00e9sidentiels de la ville.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref80\" name=\"_ftn80\">[80]<\/a> \u00c0 Ville Saint-Louis, les politiciens populistes, majoritaires au conseil, accusent leurs adversaires d\u2019\u00eatre au service de \u00ab la clique Beaubien-Perrault. \u00bb<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref81\" name=\"_ftn81\">[81]<\/a> \u00c0 ce sujet\u00a0: Mich\u00e8le Dagenais, <em>Faire et fuir la ville. Espaces publics de culture et de loisir \u00e0 Montr\u00e9al et Toronto au XIX<sup>e<\/sup> et XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, <\/em>Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval, 2006 ; Robert Rumilly, <em>Histoire d&#8217;Outremont 1875-1975<\/em>, <em>op. cit<\/em>., p. 118-120 et Walter Van Nus, \u00ab Une communaut\u00e9 de communaut\u00e9s \u00bb, dans <em>Montr\u00e9al m\u00e9tropole, 1880-1930<\/em>, Bor\u00e9al et Centre canadien d\u2019architecture, 1998, p. 68-72.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1890, le village de Saint-Louis-du-Mile-End compte environ 3\u00a0500 habitants. Majoritairement Canadiens-fran\u00e7ais, ils sont regroup\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 est de la rue Saint-Laurent, entre l\u2019avenue Mont-Royal et la rue Saint-Louis, l\u2019actuelle avenue Laurier. La plupart d\u2019entre eux sont des artisans\u00a0et des ouvriers\u00a0: ils travaillent dans les commerces de la rue Saint-Laurent ou encore dans les nombreuses [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[25],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5582"}],"collection":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5582"}],"version-history":[{"count":48,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5582\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5928,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5582\/revisions\/5928"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5582"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5582"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5582"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}