{"id":6290,"date":"2024-04-06T14:04:55","date_gmt":"2024-04-06T18:04:55","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=6290"},"modified":"2024-04-13T10:37:33","modified_gmt":"2024-04-13T14:37:33","slug":"un-etablissement-iconique-du-mile-end-la-taverne-de-la-veuve-wilson","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/un-etablissement-iconique-du-mile-end-la-taverne-de-la-veuve-wilson\/","title":{"rendered":"Un \u00e9tablissement iconique du Mile End :  la Taverne de la veuve Wilson"},"content":{"rendered":"<p><em>Le rez-de-chauss\u00e9e du triplex situ\u00e9 au 278-282 avenue Laurier Ouest, tout juste \u00e0 l\u2019est de l\u2019avenue du Parc, abrite une s\u00e9rie de commerces depuis ses origines en 1912. En 1936, c\u2019est au tour d\u2019une taverne de s\u2019\u00e9tablir \u00e0 cet endroit : outre les r\u00e9sidents des environs, elle servira de rendez-vous pour plusieurs g\u00e9n\u00e9rations d\u2019artistes, d\u2019\u00e9tudiants et de professeurs, dont certains deviendront c\u00e9l\u00e8bres, tels Pierre P\u00e9ladeau et Pierre Elliott Trudeau. Situ\u00e9e non loin de la fronti\u00e8re entre le Mile End et Outremont, l\u2019\u00e9tablissement acquerra ainsi au fil des ans, la r\u00e9putation d\u2019\u00eatre \u00e0 la fois un lieu malfam\u00e9 et l\u2019un des rep\u00e8res de la contre-culture montr\u00e9alaise.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><em>L\u2019histoire de ce triplex, c\u2019est aussi en partie celle de l\u2019auteur, puisque c\u2019est son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re paternel qui l\u2019a fait construire, et parce que trois g\u00e9n\u00e9rations de sa famille y ont v\u00e9cu. <\/em><em>Issu d\u2019une famille de cultivateurs du nord de l\u2019\u00eele de Montr\u00e9al, l\u2019a\u00efeul, Maxime Jarry, s\u2019est \u00e9tabli, au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, \u00e0 Ville Saint-Louis, alors une nouvelle banlieue en pleine croissance. L\u2019immeuble fut aussi la sc\u00e8ne d\u2019une improbable rencontre entre deux femmes\u00a0: l\u2019une, la propri\u00e9taire du triplex construit par son p\u00e8re, et l\u2019autre, l\u2019exploitante de la taverne, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 une telle activit\u00e9 \u00e9tait mal vue par les bien-pensants.<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_6282\" style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Wilson_1973_BAnQ-06M_MSS391S7SS1D7.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6282\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6282 size-full\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Wilson_1973_BAnQ-06M_MSS391S7SS1D7.png\" alt=\"\" width=\"680\" height=\"800\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Wilson_1973_BAnQ-06M_MSS391S7SS1D7.png 680w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Wilson_1973_BAnQ-06M_MSS391S7SS1D7-510x600.png 510w\" sizes=\"(max-width: 680px) 100vw, 680px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6282\" class=\"wp-caption-text\">La taverne Wilson en 1973. Photo d\u2019Errol Gagn\u00e9. BAnQ, Fonds Patrick Straram, MSS391,S7,SS1, D7.<\/p><\/div>\n<h3>1. Une famille de cultivateurs s\u2019installe au Mile End<\/h3>\n<p>Le 17 avril 1909, Maxime Jarry (1871-1927), un cultivateur de la c\u00f4te Saint-Michel, ach\u00e8te deux lots \u00e0 b\u00e2tir \u00e0 Ville Saint-Louis pour la somme de 2 266 $. Ils sont situ\u00e9s sur les anciens terrains de <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/palais-de-cristal-terrain-des-expositions\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019Exposition provinciale<\/a>, avenue Laurier Ouest, juste \u00e0 l\u2019est de l\u2019avenue du Parc. En agissant de la sorte, Maxime imite son jeune fr\u00e8re, Joseph-Ad\u00e9lard (1875-1924), avocat \u00e0 Montr\u00e9al. Bien qu\u2019il travaille au service juridique de la Ville, o\u00f9 il terminera sa carri\u00e8re comme chef du contentieux, Joseph-Ad\u00e9lard sp\u00e9cule en m\u00eame temps sur l\u2019urbanisation du Plateau Mont-Royal, alors en plein boom immobilier\u00a0: il ach\u00e8te et revend de nombreux \u00ab lots \u00e0 b\u00e2tir \u00bb, et fait construire des immeubles \u00e0 appartements destin\u00e9s aux classes fortun\u00e9es sur le boulevard Saint-Joseph r\u00e9cemment ouvert.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><em>Pour plus de d\u00e9tails sur l&#8217;histoire des Jarry, lire l\u2019article : <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=6317&amp;preview=true\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">De la campagne \u00e0 la ville\u00a0: la famille Jarry, la c\u00f4te Saint-Michel et le Plateau Mont-Royal<\/a>.<\/em><\/span><\/p>\n<p>Maxime veut lui aussi profiter de cette croissance, puisqu\u2019il se d\u00e9crit dor\u00e9navant comme un \u00ab constructeur de maisons. \u00bb Il fait construire un triplex sur un de ses lots de l\u2019avenue Laurier (aujourd&#8217;hui 284-288), et il emm\u00e9nage dans l\u2019appartement du deuxi\u00e8me \u00e9tage en 1910, accompagn\u00e9 de son \u00e9pouse Z\u00e9lia Pigeon (1872-1929) et de ses trois filles, \u00c9glantine (1893-1968), Alice (1895-1986) et Yvonne (1900-1926). En 1912, Maxime b\u00e2tit un second triplex sur le lot adjacent, c\u00f4t\u00e9 est (278-282). Il est identique, mais avec une diff\u00e9rence notable : le rez-de-chauss\u00e9e abrite un commerce, plut\u00f4t qu\u2019un appartement. Maxime Jarry anticipe vraisemblablement que la <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/montreal-annex-a-strictly-high-class-suburb\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">nouvelle vocation commerciale de l\u2019avenue du Parc<\/a> adjacente \u2013 auparavant exclusivement r\u00e9sidentielle \u2013 aura un impact sur les environs. Une boutique de broderie, The Needlecraft Shop, est le premier locataire. Le rez-de-chauss\u00e9e h\u00e9berge ensuite, jusqu\u2019en 1936, une vari\u00e9t\u00e9 de commerces : salons de barbier, de coiffure, magasin de bonbons, atelier de rembourrage, etc.<\/p>\n<div id=\"attachment_6283\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Needlecraft-Shop-1913.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6283\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6283\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Needlecraft-Shop-1913-600x468.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"468\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Needlecraft-Shop-1913-600x468.png 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Needlecraft-Shop-1913-1024x799.png 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Needlecraft-Shop-1913-768x599.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Needlecraft-Shop-1913.png 1280w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6283\" class=\"wp-caption-text\">Le premier commerce situ\u00e9 au rez-de-chauss\u00e9e du triplex (l\u2019adresse a \u00e9t\u00e9 chang\u00e9e pour le 278 en 1928). Extrait de <em>The North End, 1913<\/em>. Archives de la Ville de Montr\u00e9al, CA M001 P028-Z-D01.<\/p><\/div>\n<p>Cependant, m\u00eame si Maxime se d\u00e9clare toujours \u00ab contracteur \u00bb, selon les annuaires Lovell, jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1910, sa carri\u00e8re dans l\u2019immobilier semble s\u2019arr\u00eater l\u00e0. Lors du recensement de 1921, il se qualifie d\u00e9sormais de rentier. Sa sant\u00e9 est \u00e9galement chancelante depuis plusieurs ann\u00e9es, car il a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 sous tutelle \u00e0 aux moins deux reprises en raison de son alcoolisme<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Maxime Jarry d\u00e9c\u00e8de le 25 mai 1927 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 56 ans. Il r\u00e9sidait alors avec son \u00e9pouse au troisi\u00e8me \u00e9tage du deuxi\u00e8me triplex (le 282 Laurier Ouest aujourd\u2019hui), tandis que ses deux filles et leurs maris \u00e9taient locataires dans ses autres logements. Puisque Maxime Jarry est mort sans testament et qu&#8217;il \u00e9tait mari\u00e9 en communaut\u00e9 de biens, le partage des biens immobiliers de la succession se fait sous forme d&#8217;encan judiciaire : \u00c9glantine et Alice ach\u00e8tent alors les deux triplex de l\u2019avenue Laurier : Alice celui construit en 1909 et \u00c9glantine le second, construit en 1912. Dans ce dernier cas, la somme pay\u00e9e est de 25 000 $.<\/p>\n<div id=\"attachment_6284\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maxime-et-Ze\u0301lia-.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6284\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6284\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maxime-et-Ze\u0301lia--600x338.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maxime-et-Ze\u0301lia--600x338.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maxime-et-Ze\u0301lia--768x432.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maxime-et-Ze\u0301lia-.jpg 960w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6284\" class=\"wp-caption-text\">Maxime Jarry et Z\u00e9lia Pigeon, date inconnue. Collection de l\u2019auteur.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_6285\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Parc-et-Laurier.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6285\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6285 size-large\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Parc-et-Laurier-1024x532.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"532\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Parc-et-Laurier-1024x532.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Parc-et-Laurier-600x312.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Parc-et-Laurier-768x399.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Parc-et-Laurier.jpg 1371w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6285\" class=\"wp-caption-text\">L\u2019intersection des avenues du Parc et Laurier Ouest, direction est, vers 1929. On aper\u00e7oit le triplex d\u2019\u00c9glantine Jarry \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite de la photo. Archives de la Ville de Montr\u00e9al, VM98-Y_1P025.<\/p><\/div>\n<h3>2. De la taverne St-Vincent \u00e0 celle de la veuve Wilson<\/h3>\n<p>En 1930, l\u2019appartement situ\u00e9 au rez-de-chauss\u00e9e du triplex construit en 1909, le 288 Laurier Ouest, devient commercial \u00e0 son tour : les fr\u00e8res F\u00e9lix et Joseph St-Vincent y ouvrent la Taverne St-Vincent. De plus, F\u00e9lix emm\u00e9nage au deuxi\u00e8me \u00e9tage. Six ans plus tard, le 1<sup>er<\/sup> mai 1936, les deux fr\u00e8res d\u00e9m\u00e9nagent leur commerce au rez-de-chauss\u00e9e du triplex adjacent (278), celui de 1912, qui appartient \u00e0 \u00c9glantine Jarry. Les fr\u00e8res St-Vincent signent alors un bail de cinq ans, moyennant un loyer mensuel de 125 $ pour les trois premi\u00e8res ann\u00e9es et de 150 $ pour les deux ann\u00e9es suivantes. Ce loyer inclut aussi le logement situ\u00e9 au-dessus de la taverne (280), o\u00f9 d\u00e9m\u00e9nage F\u00e9lix, ainsi qu\u2019une option de renouvellement pour cinq autres ann\u00e9es en \u00e9change d\u2019un loyer de 200 $.<\/p>\n<p>Or, m\u00eame si la taverne est exploit\u00e9e par les fr\u00e8res St-Vincent, ce sont les s\u0153urs Jarry \u2013 Alice et \u00c9glantine \u2013 qui assument tous les frais du d\u00e9m\u00e9nagement\u00a0: le bail inclut des sp\u00e9cifications d\u00e9taill\u00e9es pour l\u2019am\u00e9nagement du local en taverne, l\u2019achat du mobilier, l\u2019installation de l\u2019enseigne ext\u00e9rieure, ainsi que le co\u00fbt du transfert de la licence de la Commission des liqueurs. Le contrat pr\u00e9voit m\u00eame que les fr\u00e8res St-Vincent seront d\u00e9dommag\u00e9s en cas de retard dans les travaux d\u2019am\u00e9nagement du nouveau local. En retour, \u00c9glantine Jarry demeure propri\u00e9taire de toutes les additions et am\u00e9liorations qui y seront apport\u00e9es<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Quant au 288, une fois la taverne partie, il h\u00e9bergera pendant plusieurs ann\u00e9es un salon de coiffure.<\/p>\n<div id=\"attachment_6286\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/E\u0301mile-et-E\u0301glantine-01-07-1949.jpeg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6286\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6286\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/E\u0301mile-et-E\u0301glantine-01-07-1949-600x356.jpeg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"356\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/E\u0301mile-et-E\u0301glantine-01-07-1949-600x356.jpeg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/E\u0301mile-et-E\u0301glantine-01-07-1949-1024x607.jpeg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/E\u0301mile-et-E\u0301glantine-01-07-1949-768x455.jpeg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/E\u0301mile-et-E\u0301glantine-01-07-1949.jpeg 1296w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6286\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9mile Desjardins et \u00c9glantine Jarry, 1er juillet 1949. Collection de l&#8217;auteur.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_6287\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Alice-Wilson.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6287\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6287\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Alice-Wilson-375x600.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"480\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Alice-Wilson-375x600.png 375w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Alice-Wilson.png 416w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6287\" class=\"wp-caption-text\">Alice S\u00e9n\u00e9cal, veuve Wilson, <em>La Presse<\/em>, 14 novembre 1966.<\/p><\/div>\n<p>Alice S\u00e9n\u00e9cal (1894-1966), une r\u00e9sidente de l\u2019avenue Outremont, entre en sc\u00e8ne au cours de l\u2019automne 1940, lorsque les fr\u00e8res St-Vincent lui c\u00e8dent l\u2019exploitation de la taverne \u00e0 partir du 1<sup>er<\/sup> mai suivant. Elle est la veuve de Paul-\u00c9mile Wilson, un marchand de charbon d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 19 septembre 1935 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 42 ans. Alice, \u00e2g\u00e9e de 41 ans lors de la mort de son mari et m\u00e8re de six enfants, ne se remariera jamais. Apr\u00e8s avoir conclu un bail de dix ans avec \u00c9glantine Jarry (le loyer reste fix\u00e9 \u00e0 200 $ par mois)<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, elle renomme l\u2019\u00e9tablissement la Wilson\u2019s Tavern\u00a0: celle-ci sera dor\u00e9navant plus connue sous le nom de Taverne de la veuve Wilson par les habitu\u00e9s.<\/p>\n<p>En se lan\u00e7ant dans un tel commerce, Alice S\u00e9n\u00e9cal anticipe-t-elle l\u2019impact qu\u2019aura le d\u00e9m\u00e9nagement de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al ? \u00c0 l\u2019\u00e9troit dans son campus du Quartier latin, rue Saint-Denis, l\u2019institution veut s\u2019installer sur la montagne depuis les ann\u00e9es 1920. Le chantier, situ\u00e9 sur le versant nord du mont Royal \u00e0 C\u00f4te-des-Neiges, commence en 1928 mais la Grande Crise \u00e9conomique des ann\u00e9es 1930 interrompt les travaux. Le nouveau campus n&#8217;est finalement inaugur\u00e9 que le 3 juin 1943; les \u00e9tudiants, employ\u00e9s et professeurs ont commenc\u00e9 \u00e0 y converger d\u00e8s l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Pour plusieurs d\u2019entre eux, la ligne de tramway 29 (aujourd\u2019hui les circuits d\u2019autobus 51 \u00c9douard-Montpetit et 129 C\u00f4te-Sainte-Catherine) constitue le principal mode d\u2019acc\u00e8s. De plus, \u00e0 l\u2019intersection des avenues Laurier et du Parc, le 29 croise le tramway 80, l\u2019un des plus achaland\u00e9s du r\u00e9seau, ce qui en fait un important carrefour. Pour se rendre \u00e0 l\u2019universit\u00e9, il faut ensuite traverser Outremont, une ville o\u00f9 r\u00e8gne alors une prohibition totale. Non seulement on n\u2019y trouve aucun d\u00e9bit de boissons, mais m\u00eame les \u00e9piceries n\u2019ont pas le droit d\u2019y vendre de la bi\u00e8re.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que pour de nombreux \u00e9tudiants et professeurs, des ann\u00e9es 1940 jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1970, la Taverne de la veuve Wilson devint un lieu de rendez-vous incontournable, avant ou apr\u00e8s les cours. C\u2019\u00e9tait le cas de mon p\u00e8re, alors \u00e9tudiant au Coll\u00e8ge Sainte-Marie, situ\u00e9 rue de Bleury, au centre-ville. Photographe attitr\u00e9 du journal du coll\u00e8ge, il poss\u00e9dait une chambre noire au sous-sol du triplex, et il fallait passer par la taverne pour y acc\u00e9der. M\u00eame s\u2019il n\u2019avait pas encore l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal pour fr\u00e9quenter les d\u00e9bits d\u2019alcool, il me racontera plus tard que les serveurs n\u2019\u00e9taient pas trop regardants lorsqu\u2019il y amenait ses amis prendre une bi\u00e8re, comme Pierre P\u00e9ladeau qui r\u00e9sidait non loin de l\u00e0 \u00e0 Outremont. Par contre, m\u00eame si Ginette Reno et sa famille ont v\u00e9cu, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950, dans l\u2019appartement situ\u00e9 au deuxi\u00e8me \u00e9tage, la chanteuse n\u2019a pu entrer dans la taverne, car les femmes ne seront pas admises dans ces \u00e9tablissements au Qu\u00e9bec avant 1978.<\/p>\n<p>Pendant cette p\u00e9riode, la Wilson est notamment fr\u00e9quent\u00e9e par Pierre Elliott Trudeau \u2013 alors professeur de droit \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al \u2013 qui y a ses habitudes\u00a0: on dit qu\u2019il appr\u00e9cie sa soupe aux hu\u00eetres<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Un de ses camarades de la revue <em>Cit\u00e9 Libre<\/em>, Guy Cormier, devenu \u00e9ditorialiste au journal <em>La Presse<\/em>, rappellera plus tard les d\u00e9bats qui y avaient cours : ainsi, en 1962, la question de l\u2019ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne et ses parall\u00e8les avec la situation qu\u00e9b\u00e9coise, l\u2019opposa \u00e0 Trudeau, en pr\u00e9sence du sociologue Fernand Cadieux et du cin\u00e9aste Arthur Lamothe<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Ce que l\u2019histoire ne dit pas cependant, c\u2019est si les \u00e9tudiants qui buvaient leur bi\u00e8re au m\u00eame moment \u00e0 la table d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 \u00e9taient des militants du Front de lib\u00e9ration du Qu\u00e9bec (FLQ). Car, r\u00e9put\u00e9 comme \u00ab un lieu de rendez-vous des ind\u00e9pendantistes \u00bb, l\u2019\u00e9tablissement est aussi un repaire des felquistes : l\u2019un d\u2019entre eux, Jacques Lanciault, un habitu\u00e9, y tenait des r\u00e9unions avec ses camarades. Mais, ce que ces derniers ignoraient, c\u2019est que Lanciault est \u00e9galement un d\u00e9lateur : en \u00e9change d\u2019une prime de 60 000 $, il permit \u00e0 la police d\u2019arr\u00eater en 1963 les membres du premier FLQ<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>.<\/p>\n<h3>3. Un haut lieu de la contre culture<\/h3>\n<p>Au cours de la d\u00e9cennie suivante, la Wilson devint l\u2019un des refuges de la contre-culture qu\u00e9b\u00e9coise des ann\u00e9es 1970, et particuli\u00e8rement celui d\u2019une de ses figures de proue\u00a0: l\u2019\u00e9crivain Patrick Straram (1934-1988), dit \u00ab Le Bison ravi \u00bb. Immigrant d\u2019origine fran\u00e7aise, il \u00e9crira : \u00ab c\u2019est la taverne o\u00f9 je bus mes deux premi\u00e8res <em>draughts<\/em> [une fois arriv\u00e9] \u00e0 Montr\u00e9al un matin de juin 58<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. \u00bb Apr\u00e8s avoir emm\u00e9nag\u00e9 \u00e0 deux pas de l\u00e0, avenue de l\u2019Esplanade coin Laurier, d\u00e9but 1971, il en fait \u00ab sa \u00bb taverne\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>On trouvera le bison dans les r\u00e9serves o\u00f9 l\u2019on a bonne conscience \u00e0 l\u2019exposer. Taverne Wilson ou Asociaci\u00f3n Espa\u00f1ola, o\u00f9 l\u2019on ne se force pas \u00e0 faire semblant d\u2019avoir du \u201ffun\u201d, o\u00f9 \u00e9crire, boire, vivre des camaraderies vraies.<br \/>\nJe suis maintenant chez moi [\u00e0 la Wilson], d\u00e9j\u00e0 y inscrites tant de tr\u00e8s riches heures avec quelques camarades, avec lesquels donner valeur de signe \u00e0 trinquer \u00e0 des <em>sant\u00e9s, <\/em>dissidents jouant le \u00ab dr\u00f4le de jeu \u00bb o\u00f9 se dire en une des derni\u00e8res places publiques encore accessibles, \u00ab praticables \u00bb, ici aujourd\u2019hui importe plus qu\u2019emploi, salaire, profits et privil\u00e8ges, confort et propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e\u2026<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a><\/p><\/blockquote>\n<div id=\"attachment_6288\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Taverne_Wilson_Straram_1975.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6288\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6288 size-large\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Taverne_Wilson_Straram_1975-1024x682.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"682\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Taverne_Wilson_Straram_1975-1024x682.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Taverne_Wilson_Straram_1975-600x400.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Taverne_Wilson_Straram_1975-768x512.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Taverne_Wilson_Straram_1975.jpg 1280w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6288\" class=\"wp-caption-text\">Patrick Straram en compagnie des deux serveurs de la taverne Wilson, Raoul et Gaston. La photo a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e le 1er novembre 1975 par le quotidien <em>Le Jour<\/em> : elle accompagnait un portrait de Straram \u00e9crit par Pierrot L\u00e9ger, une autre figure de la contre-culture d\u2019alors. Photo : Claire Beaugrand-Champagne, avec son aimable permission. L\u2019auteur la remercie.<\/p><\/div>\n<p>Straram y retrouve le sculpteur Armand Vaillancourt, les fondateurs du Centre d\u2019essai Le Conventum \u2013 un des p\u00f4les de la cr\u00e9ation culturelle d\u2019avant-garde d\u2019alors \u2013 ainsi que de nombreux autres artistes et marginaux. Toute cette faune \u00e9tait servie, poursuit-il, par Gaston et Raoul, serveurs des lieux depuis 30 ans d\u00e9j\u00e0 : il d\u00e9crit Raoul comme un \u00ab gargantuesque \u201fwaiter\u201d \u00e0 l\u2019humour \u00e0 la Alphonse Allais des bas-fonds \u00bb, et ajoute qu\u2019ils servaient autrefois P.-E. Trudeau, mais que celui-ci juge maintenant \u00ab plus sage de n\u2019y plus para\u00eetre<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. \u00bb Tirant plus souvent qu\u2019autrement le diable par la queue, Straram exprime \u00e9galement sa reconnaissance envers les deux serveurs et le propri\u00e9taire de la taverne, Bohdan Kowalsky\u00a0: non seulement ils lui font cr\u00e9dit, mais ils lui pr\u00eatent aussi de l\u2019argent lorsqu\u2019il ne lui reste plus un sou pour manger et acheter ses cigares<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>.<\/p>\n<h3>4.\u00a0D\u00e9clin et nouvelle vie<\/h3>\n<p>Alice Wilson a pass\u00e9 la main en 1962 \u00e0 Bohdan Kowalsky, un commer\u00e7ant d\u2019origine ukrainienne, qui exploite d\u00e9j\u00e0 une autre taverne. Il reprend le bail de dix ans sign\u00e9 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente avec \u00c9glantine Jarry. Apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s et celui de son mari, \u00c9mile Desjardins, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960, ce sont leurs enfants \u2013 mon p\u00e8re et mes tantes \u2013 qui renouvellent le bail de Bohdan Kowalsky pour dix autres ann\u00e9es, \u00e0 compter du 1<sup>er<\/sup> mai 1971. Le loyer est alors de 325 $ par mois. Ma famille vend finalement le triplex le 26 avril 1973. Reflet de la perception selon laquelle le quartier environnant s\u2019est fortement d\u00e9t\u00e9rior\u00e9 au cours de cette p\u00e9riode, la transaction est conclue pour la somme de 25\u00a0000 $, soit le m\u00eame montant qu\u2019en 1927, presqu\u2019un demi-si\u00e8cle plus t\u00f4t !<\/p>\n<p>D\u2019autres y voient cependant une occasion d\u2019affaires, puisque, moins d\u2019un an plus tard, le 20 f\u00e9vrier 1974, l\u2019acheteur du triplex, L\u00e9opold Lalonde, le vend aux Placements Masson qui le revendent le m\u00eame jour \u00e0 T. Michopoulos. Le 8 juin 1979, Bohdan Kowalsky devient finalement propri\u00e9taire des lieux\u00a0: il revend le tout peu de temps apr\u00e8s \u00e0 son \u00e9pouse, Ann Karman Kowalsky qui contracte alors une hypoth\u00e8que de 72\u00a0000 $. Celle-ci devient \u00e9galement l\u2019exploitante l\u00e9gale de la taverne, puisque c\u2019est elle qui demande le renouvellement du permis en 1980 et sa modification pour en faire un bar avec terrasse. L\u2019\u00e9tablissement souffre alors d\u2019une r\u00e9putation sulfureuse, d\u00e9crite ainsi par la journaliste de <em>La Presse<\/em>, Marie-Claude Lortie\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Quand j\u2019\u00e9tais ado, ce lieu s\u2019appelait la Taverne Wilson. Et elle n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s fr\u00e9quentable. Certes, c\u2019\u00e9tait un lieu o\u00f9 l\u2019on pouvait ais\u00e9ment trouver du pot, hautement ill\u00e9gal \u00e0 l\u2019\u00e9poque, et on n\u2019y scrutait pas minutieusement les cartes d\u2019identit\u00e9 prouvant notre majorit\u00e9. Mais ce n\u2019\u00e9tait pas le genre de lieu respirant la joie et la libert\u00e9 o\u00f9 l\u2019on avait envie de passer ses soir\u00e9es quand on \u00e9tait une jeune femme. J\u2019avais oubli\u00e9 tout cela, souvenirs glauques rang\u00e9s bien loin dans tous mes souvenirs glauques d\u2019ado<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>M\u00eame si Ann Karman, devenue veuve, c\u00e8de l\u2019exploitation du bar \u00e0 d\u2019autres personnes \u00e0 partir de 1985, elle demeure la propri\u00e9taire du triplex jusqu\u2019en 2006. Elle le vend alors \u00e0 Daniel Veillette, son gestionnaire depuis 1989. La nouvelle r\u00e9putation du Mile End comme \u00ab quartier branch\u00e9 \u00bb a fait bondir la valeur du triplex et de son commerce, puisque ce dernier d\u00e9bourse 600 000 $ pour en faire l\u2019acquisition. Sans doute soucieux de changer l\u2019image de l\u2019\u00e9tablissement, Veillette l\u2019a renomm\u00e9 \u00ab L\u2019Autre bar Wilson \u00bb au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 (Wilson dispara\u00eet quelques ann\u00e9es plus tard). Il a \u00e9galement obtenu la permission de pr\u00e9senter des spectacles : des ensembles de jazz s\u2019y produisent vers le milieu des ann\u00e9es 1990, accompagn\u00e9s d\u2019invit\u00e9s telle la chanteuse Terez Montcalm. Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Daniel Veillette, le 2 mai 2015, l\u2019immeuble est de nouveau vendu \u00e0 quelques reprises : le r\u00f4le d\u2019\u00e9valuation de 2023 de la Ville de Montr\u00e9al estime que sa valeur est maintenant de 1 500 000 $. Quant au rez-de-chauss\u00e9e, L\u2019Autre bar est devenu la Taverne du P\u00e9lican en 2018.<\/p>\n<div id=\"attachment_6289\" style=\"width: 662px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lautre_Bar_Helman.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6289\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6289 size-large\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lautre_Bar_Helman-652x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"652\" height=\"1024\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lautre_Bar_Helman-652x1024.jpg 652w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lautre_Bar_Helman-382x600.jpg 382w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lautre_Bar_Helman-768x1205.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lautre_Bar_Helman-979x1536.jpg 979w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lautre_Bar_Helman-1305x2048.jpg 1305w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Lautre_Bar_Helman.jpg 1512w\" sizes=\"(max-width: 652px) 100vw, 652px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6289\" class=\"wp-caption-text\">L\u2019int\u00e9rieur de L\u2019Autre bar, ann\u00e9es 2000. Dessin de Michel Hellman. Avec son aimable permission.<\/p><\/div>\n<p>Recherche et r\u00e9daction : Yves Desjardins, avril 2024.<\/p>\n<p>R\u00e9vision : Justin Bur et Jean-Claude Robert.<\/p>\n<p>Outre les sources cit\u00e9es plus bas, cet article s&#8217;appuie sur les actes de vente et les baux conserv\u00e9s au Registre foncier du Qu\u00e9bec.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Maxime avait \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 une premi\u00e8re fois sous la tutelle de son fr\u00e8re en 1909 pour \u00ab\u00a0ivrognerie d\u2019habitude. \u00bb En janvier 1922, c\u2019est son \u00e9pouse, Z\u00e9lia, qui obtient une interdiction de capacit\u00e9 l\u00e9gale \u00e0 l\u2019endroit de son mari et sr fait d\u00e9signer comme sa curatrice. Pour plus de d\u00e9tails, voir <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=6317&amp;preview=true\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019article sur la famille Jarry<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Bail entre \u00c9glantine Jarry et F\u00e9lix et Joseph St-Vincent, Actes du notaire Joseph-Philippe Lamarche, 7 novembre 1935, Registre foncier : bureau de Montr\u00e9al, no 383612. On peut penser que les s\u0153urs Jarry consid\u00e8rent l\u2019op\u00e9ration comme un investissement, puisque c\u2019est Alice qui a pr\u00eat\u00e9 aux fr\u00e8res une partie des fonds requis pour exploiter leur taverne : le bail pr\u00e9voit \u00e9galement la prorogation jusqu\u2019en 1939 d\u2019un billet \u00e0 ordre de 5000 $ avec int\u00e9r\u00eat de 5% qu\u2019elle leur a consenti.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Bail entre \u00c9glantine Jarry et Alice S\u00e9n\u00e9cal, Actes du notaire Thomas Ducharme, 20 novembre 1940, Registre foncier : bureau de Montr\u00e9al, no 491402. Le bail, qui inclut toujours la location du 2<sup>e<\/sup> \u00e9tage \u00e0 des fins r\u00e9sidentielles, comprend une nouveaut\u00e9\u00a0: \u00c9glantine Jarry se r\u00e9serve l\u2019acc\u00e8s et l\u2019usage en tout temps d\u2019une partie du sous-sol. Le local sera utilis\u00e9 comme chambre noire par le p\u00e8re de l\u2019auteur.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Fran\u00e7ois Forest, \u00ab Les taverniers semblent d\u2019accord, \u00e0 diff\u00e9rents degr\u00e9s \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 27 septembre 1978, p. E20.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Guy Cormier, \u00ab Quand allons-nous d\u00e9loger Duvalier ? \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 6 janvier 1981, p. A6.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Luc Beauregard, \u00ab Qui est Jean-Jacques Lanciault ? \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 6 juillet 1963, p. 1 ; Louis Fournier, <em>F.L.Q. Histoire d\u2019un mouvement clandestin, <\/em>Qu\u00e9bec-Am\u00e9rique, 1982, p. 45-47.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Patrick Straram, \u00ab Le Bison ravi fend la bise \u00bb, <em>Le Jour<\/em>, 26 ao\u00fbt 1974, p. 13.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Patrick Straram, \u00ab Information \/ Lieu d\u2019un autoportrait f\u00eate \u00bb, <em>Ovo Photo,<\/em> no 6, f\u00e9vrier 1972 p. 50 et : \u00ab Quelques draughts \u00e0 la taverne de Kowalski et la Brador \u00e0 l\u2019Asociacion de Pedro \u00bb, <em>Ovo Photo<\/em>, no 8, juillet 1972.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Ibid.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Patrick Straram, \u00ab Un \u00e9crire critique, une \u00e9rotique \/ politique \u00bb, <em>Chroniques<\/em>, juin 1975, p. 99.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Marie-Claude Lortie, \u00ab La Taverne du P\u00e9lican\u00a0: un agr\u00e9able oiseau rare dans le Mile End \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 11 juin 2018.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le rez-de-chauss\u00e9e du triplex situ\u00e9 au 278-282 avenue Laurier Ouest, tout juste \u00e0 l\u2019est de l\u2019avenue du Parc, abrite une s\u00e9rie de commerces depuis ses origines en 1912. En 1936, c\u2019est au tour d\u2019une taverne de s\u2019\u00e9tablir \u00e0 cet endroit : outre les r\u00e9sidents des environs, elle servira de rendez-vous pour plusieurs g\u00e9n\u00e9rations d\u2019artistes, d\u2019\u00e9tudiants [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[41,25],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6290"}],"collection":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6290"}],"version-history":[{"count":29,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6290\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6359,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6290\/revisions\/6359"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6290"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6290"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6290"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}