{"id":6317,"date":"2024-04-08T19:52:29","date_gmt":"2024-04-08T23:52:29","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=6317"},"modified":"2026-02-03T14:28:17","modified_gmt":"2026-02-03T19:28:17","slug":"de-la-campagne-a-la-ville-la-famille-jarry-la-cote-saint-michel-et-le-plateau-mont-royal","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/de-la-campagne-a-la-ville-la-famille-jarry-la-cote-saint-michel-et-le-plateau-mont-royal\/","title":{"rendered":"De la campagne \u00e0 la ville : la famille Jarry, la c\u00f4te Saint-Michel et le Plateau Mont-Royal"},"content":{"rendered":"<p><em>Pendant plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, les Jarry furent de prosp\u00e8res cultivateurs des paroisses Saint-Laurent et du Sault-au-R\u00e9collet, dans la partie nord de l\u2019\u00eele de Montr\u00e9al. Au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, l\u2019une des familles Jarry quitte la c\u00f4te Saint-Michel, o\u00f9 elle poss\u00e8de de nombreuses terres, pour s\u2019installer au Mile End et \u00e0 Outremont. Sa trajectoire illustre bien l\u2019ampleur des changements en cours pendant cette p\u00e9riode de forte croissance urbaine, que ce soit l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la notabilit\u00e9, l\u2019\u00e9mergence des nouvelles banlieues et la fin de la vocation agricole d\u2019un ancien territoire rural.<\/em><\/p>\n<p>Maxime Jarry p\u00e8re (1841-1921) est issu d\u2019une des familles fondatrices de la paroisse Saint-Laurent, les Bleignier dit Jarry<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a> : ses a\u00efeux y sont cultivateurs depuis plusieurs g\u00e9n\u00e9rations. Le 4 f\u00e9vrier 1868, il \u00e9pouse Marie-Louise Lecavalier, alors \u00e2g\u00e9e de 18 ans, qui r\u00e9side dans la paroisse voisine du Sault-au-R\u00e9collet. Apr\u00e8s leur union, le couple emm\u00e9nage dans une ferme de cette paroisse : elle est situ\u00e9e de part et d\u2019autre du chemin de la C\u00f4te-Saint-Michel, juste \u00e0 l\u2019est de la mont\u00e9e Saint-Michel, c\u2019est-\u00e0-dire la rue Jarry Est et le boulevard Saint-Michel aujourd\u2019hui<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. D\u2019une superficie totale d\u2019environ 93 arpents, c\u2019est surtout une ferme mara\u00eech\u00e8re qui alimente la ville en fruits et l\u00e9gumes, particuli\u00e8rement les pommes de terre. Maxime et Marie-Louise y auront sept enfants\u00a0: Marie-Louise (1869-?), Georgiana (1870-1946), Maxime fils (1871-1927), Bernadette (1874-1941), Joseph-Ad\u00e9lard (1875-1924), Albert (1877-1910) et Anna (1880-1962)<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_6318\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maxime-et-JA.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6318\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6318\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maxime-et-JA-600x338.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"338\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maxime-et-JA-600x338.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maxime-et-JA-768x432.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maxime-et-JA.jpg 960w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6318\" class=\"wp-caption-text\">Maxime Jarry p\u00e8re et son fils Joseph-Ad\u00e9lard. Dates inconnues.<\/p><\/div>\n<p>L\u2019exploitation est prosp\u00e8re puisque, le 15 ao\u00fbt 1877, Maxime l\u2019agrandit : il acquiert une autre ferme, situ\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 sud du chemin de la C\u00f4te-Saint-Michel, \u00ab\u00a0avec maison de pierre, grange et autres b\u00e2timents\u00a0\u00bb, pour la somme de 9000\u00a0$<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Les recensements indiquent aussi que la famille dispose de domestiques qui vivent sur place\u00a0: un adolescent et une jeune femme. On peut penser qu\u2019ils sont employ\u00e9s aux travaux agricoles et m\u00e9nagers. Maxime devient \u00e9galement un notable de la municipalit\u00e9 de Saint-L\u00e9onard de Port-Maurice, lorsque celle-ci se d\u00e9tache du Sault-au-R\u00e9collet, en avril 1886\u00a0: il y est tour \u00e0 tour \u00e9lu conseiller municipal, commissaire d\u2019\u00e9cole et marguiller.<\/p>\n<div id=\"attachment_6305\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Jarry_03Q_E6S8SS1SSS0647D03496PC10.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6305\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6305 size-large\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Jarry_03Q_E6S8SS1SSS0647D03496PC10-1024x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"1024\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Jarry_03Q_E6S8SS1SSS0647D03496PC10-1024x1024.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Jarry_03Q_E6S8SS1SSS0647D03496PC10-600x600.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Jarry_03Q_E6S8SS1SSS0647D03496PC10-150x150.jpg 150w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Jarry_03Q_E6S8SS1SSS0647D03496PC10-768x767.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Jarry_03Q_E6S8SS1SSS0647D03496PC10.jpg 1500w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6305\" class=\"wp-caption-text\">La maison acquise par Maxime Jarry p\u00e8re en 1877 a surv\u00e9cu jusqu\u2019\u00e0 au moins 1947, ann\u00e9e o\u00f9 G\u00e9rard Morisset a pris cette photo dans le cadre d&#8217;un inventaire patrimonial. C\u2019est aujourd\u2019hui l\u2019emplacement de l\u2019ar\u00e9na Saint-Michel. BAnQ, E6,S8,SS1,SSS647,D3496.<\/p><\/div>\n<p>Parmi les trois fils Jarry, c\u2019est le benjamin, Albert, qui semble le plus dispos\u00e9 \u00e0 prendre la rel\u00e8ve : il gagne \u00e0 plusieurs reprises des prix de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019agriculture du comt\u00e9 d\u2019Hochelaga. Par exemple, celui de meilleur jeune laboureur, du meilleur attelage et de la meilleure paire de chevaux, ou encore pour les terres les mieux entretenues et pour le plus beau demi-arpent de tomates. Lorsque Albert \u00e9pouse Florida Jodoin, le 28 janvier 1902, on n\u2019est donc pas surpris d\u2019apprendre que Maxime leur offre la ferme achet\u00e9e en 1877 comme cadeau de mariage. Il s\u2019agit aussi d\u2019assurer ses vieux jours, puisque le contrat de mariage pr\u00e9voit qu\u2019en \u00e9change, Albert versera une rente viag\u00e8re annuelle de 300\u00a0$ \u00e0 ses parents. Maxime et son \u00e9pouse Marie-Louise obtiennent aussi le droit \u00ab\u00a0d\u2019aller et venir \u00e0 leur guise\u00a0\u00bb sur la propri\u00e9t\u00e9, ainsi que \u00ab\u00a0la jouissance \u00e0 vie de trois appartements situ\u00e9es au rez-de-chauss\u00e9e de la maison de pierres, [\u2026] et de celle du petit verger situ\u00e9 derri\u00e8re la grange.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_6306\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1896_concours_labour.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6306\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6306\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1896_concours_labour-600x474.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"474\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1896_concours_labour-600x474.png 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1896_concours_labour-1024x809.png 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1896_concours_labour-768x607.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1896_concours_labour.png 1230w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6306\" class=\"wp-caption-text\">Le 30 octobre 1896, le dessinateur du Montreal Daily Witness a bross\u00e9 ce portrait d\u2019un concours de labourage, organis\u00e9 \u00e0 la c\u00f4te Saint-Michel par la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019agriculture du comt\u00e9 d\u2019Hochelaga.<\/p><\/div>\n<p>Bien que, contrairement \u00e0 son jeune fr\u00e8re, on ne retrouve que rarement le nom de l\u2019a\u00een\u00e9, Maxime fils, parmi les laur\u00e9ats des concours de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019agriculture, il commence lui aussi sa carri\u00e8re comme cultivateur. Pourtant, m\u00eame s\u2019il a \u00e9pous\u00e9 Z\u00e9lia Pigeon le 13 f\u00e9vrier 1893, ce n\u2019est que le 30 avril 1904 que son p\u00e8re lui vend son autre ferme de la c\u00f4te Saint-Michel. La transaction est conclue pour 10\u00a0000\u00a0$, moins une somme de 4000\u00a0$ donn\u00e9e \u00e0 son fils comme cadeau de mariage. Auparavant, Maxime fils exploitait probablement d\u00e9j\u00e0 cette ferme comme locataire, puisque le recensement de 1901 indique qu\u2019il y vit avec sa femme, ses trois filles et deux employ\u00e9s, tandis que son p\u00e8re et sa m\u00e8re vivent dans une autre maison situ\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 \u2013 sans doute celle donn\u00e9e \u00e0 Albert en 1902 \u2013 en compagnie des deux enfants qui restent encore avec eux, soit Albert et Joseph-Ad\u00e9lard.<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, Maxime fils va bient\u00f4t renoncer \u00e0 son m\u00e9tier de cultivateur. Le 21 septembre 1908, il loue sa ferme pour cinq ans \u00e0 George Catafort et Alcidas Proulx, deux cultivateurs de la paroisse de Saint-Placide, du comt\u00e9 de Deux-Montagnes. La transaction est conclue en \u00e9change d\u2019un loyer annuel de 600\u00a0$ pour les trois premi\u00e8res ann\u00e9es et de 650\u00a0$ pour les deux ann\u00e9es suivantes. Le bail pr\u00e9voit \u00e9galement que, s\u2019il est renouvel\u00e9 pour cinq autres ann\u00e9es, le loyer passera \u00e0 700\u00a0$. Maxime fils s\u2019appr\u00eate en effet \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager en ville, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Ville Saint-Louis, une nouvelle banlieue alors en pleine croissance. Tout indique qu\u2019il a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019investir dans l\u2019immobilier, puisque le 17 avril 1909, il ach\u00e8te deux lots \u00e0 b\u00e2tir, situ\u00e9s sur les anciens terrains de <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/palais-de-cristal-terrain-des-expositions\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019Exposition provinciale<\/a>, pour la somme de 2266\u00a0$. Le 8 mai suivant, il hypoth\u00e8que sa ferme de la c\u00f4te Saint-Michel \u00e0 hauteur de 5000\u00a0$, tandis que le 8 octobre, il emprunte 3700\u00a0$ au Cr\u00e9dit foncier franco-canadien<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><em>L\u2019histoire des Jarry au Mile End \u2013 et celle de la taverne situ\u00e9e au rez-de-chauss\u00e9e d\u2019un de leurs triplex \u2013 est racont\u00e9e dans cet article\u00a0: <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=6290&amp;preview=true\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Un \u00e9tablissement iconique du Mile End\u00a0: la taverne de la veuve Wilson.<\/a><\/em><\/span><\/p>\n<p>En agissant ainsi, Maxime fils veut probablement imiter son jeune fr\u00e8re Joseph-Ad\u00e9lard. Apr\u00e8s des \u00e9tudes classiques, d\u2019abord au Coll\u00e8ge de Saint-Laurent et ensuite au Coll\u00e8ge de Montr\u00e9al, il entre \u00e0 la Facult\u00e9 de droit de l\u2019Universit\u00e9 Laval \u00e0 Montr\u00e9al. Une fois son dipl\u00f4me obtenu, Joseph-Ad\u00e9lard gravit rapidement les \u00e9chelons de la soci\u00e9t\u00e9 montr\u00e9alaise\u00a0: son admission au Barreau, en 1903, fait l\u2019objet d\u2019une f\u00eate qui d\u00e9fraie la chronique mondaine<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> ; en 1905, il \u00e9pouse Berthe Valli\u00e8res, la fille d\u2019un influent \u00e9chevin montr\u00e9alais<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a> ; et l\u2019ann\u00e9e suivante, il devient avocat \u00e0 la Ville de Montr\u00e9al o\u00f9 il terminera sa carri\u00e8re comme chef du contentieux<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.<\/p>\n<p>De telles fonctions n\u2019emp\u00eachent pas Joseph-Ad\u00e9lard de sp\u00e9culer sur l\u2019urbanisation du Plateau Mont-Royal alors en plein boom immobilier : entre 1906 et 1909, selon la revue <em>Le Prix courant<\/em>, lui et son \u00e9pouse ach\u00e8tent des dizaines de lots \u00e0 b\u00e2tir pour y vendre ensuite des maisons nouvellement construites. En 1909, il confie \u00e0 l\u2019architecte Joseph Sawyer la conception des Appartements Outremont<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>, un immeuble destin\u00e9 aux classes fortun\u00e9es, situ\u00e9 sur le boulevard Saint-Joseph r\u00e9cemment ouvert, entre l\u2019avenue Querbes et la rue Hutchison. En 1910, associ\u00e9 au promoteur Joseph Clavette, il se lance dans un projet encore plus ambitieux, lorsqu\u2019il commande au c\u00e9l\u00e8bre architecte Dalb\u00e9 Viau les plans de deux \u00e9difices d\u2019appartements de prestige, <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/mountain-view-appartements\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">les Mount Royal et Mountain View<\/a><a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a> toujours boulevard Saint-Joseph, cette fois entre la rue Hutchison et l\u2019avenue du Parc.<\/p>\n<div id=\"attachment_6323\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Appartements-Outremont-1.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6323\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6323\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Appartements-Outremont-1-600x506.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"506\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Appartements-Outremont-1-600x506.png 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Appartements-Outremont-1-768x647.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Appartements-Outremont-1.png 968w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6323\" class=\"wp-caption-text\">Les Appartements Outremont, que Joseph-Ad\u00e9lard Jarry fait construire boulevard Saint-Joseph, en 1909. Photo : Google Street View.<\/p><\/div>\n<p>En plus de sa carri\u00e8re d\u2019avocat et de promoteur immobilier, Joseph-Ad\u00e9lard continue \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux affaires agricoles et \u00e0 celles de sa famille : ainsi, entre 1904 et 1907, il est secr\u00e9taire-tr\u00e9sorier de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019agriculture du comt\u00e9 d\u2019Hochelaga. De plus, le 24 janvier 1907, il se porte acqu\u00e9reur, lors d\u2019un encan judiciaire, d\u2019une terre situ\u00e9e entre les deux fermes familiales, et qui faisait l\u2019objet d\u2019un litige de longue date entre plusieurs cr\u00e9anciers. Le 2 janvier 1909, Joseph-Ad\u00e9lard vend ensuite la moiti\u00e9 indivise de cette terre \u00e0 son fr\u00e8re Albert qui peut ainsi agrandir son exploitation. Gr\u00e2ce \u00e0 cette acquisition, la famille poss\u00e8de maintenant trois fermes contigu\u00ebs situ\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 sud du chemin de la C\u00f4te-Saint-Michel : elles vont de l\u2019actuelle rue Jarry jusqu\u2019\u00e0 la rue B\u00e9langer.<\/p>\n<p>Mais, l\u2019ann\u00e9e suivante, une trag\u00e9die frappe les Jarry. Le 21 octobre 1910, Albert re\u00e7oit \u00e0 son domicile le notaire \u00c9douard-Rivard Dufresne pour recueillir ses derni\u00e8res volont\u00e9s\u00a0: il va d\u00e9c\u00e9der de la fi\u00e8vre typho\u00efde le 11 novembre suivant. \u00c2g\u00e9 de seulement 33 ans, il laisse dans le deuil son \u00e9pouse et quatre enfants en bas \u00e2ge. Dans son testament, Albert donne \u00e0 sa veuve l\u2019usufruit \u2013 et non la propri\u00e9t\u00e9 \u2013 de ses biens \u00ab\u00a0sa vie durant ou jusqu\u2019\u00e0 son remariage\u00a0\u00bb. Advenant qu\u2019elle se remarie, ce sont ses enfants et petits-enfants qui b\u00e9n\u00e9ficieront de l\u2019usufruit. De plus, Albert nomme son p\u00e8re Maxime et son fr\u00e8re Joseph-Ad\u00e9lard ses ex\u00e9cuteurs testamentaires, avec \u00ab\u00a0les droits les plus \u00e9tendus pour ali\u00e9ner, \u00e9changer, hypoth\u00e9quer, vendre ses possessions.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Fort de ces pouvoirs, Joseph-Ad\u00e9lard ne tarde pas \u00e0 passer \u00e0 l\u2019action. Est-ce parce qu\u2019il a compris que la vocation agricole de sa famille est termin\u00e9e, faute de rel\u00e8ve ? Est-ce parce qu\u2019il anticipe que le caract\u00e8re rural de la c\u00f4te Saint-Michel tire \u00e0 sa fin ? Peut-\u00eatre un peu des deux\u2026 Toujours est-il qu\u2019au cours de ce m\u00eame automne 1910, il offre les fermes familiales situ\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 sud de la c\u00f4te Saint-Michel \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 nouvellement form\u00e9e, la Compagnie de l\u2019Exposition industrielle. Elle a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par un groupe d\u2019hommes d\u2019affaires et de politiciens montr\u00e9alais qui veulent lancer une exposition annuelle permanente, sur le mod\u00e8le de celles qui existent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Qu\u00e9bec, Toronto, et Vancouver. Gr\u00e2ce aux promesses de subventions des gouvernements f\u00e9d\u00e9ral, provincial et municipal, les promoteurs ont lanc\u00e9 un appel d\u2019offres pour trouver un site.\u00a0Apr\u00e8s plusieurs rondes d\u2019\u00e9limination trois terrains restent en lice\u00a0: la Ville de Maisonneuve offre l\u2019emplacement du futur parc \u00e9ponyme, les courtiers immobiliers Howard &amp; Finlay proposent \u00ab\u00a0le haut de l\u2019avenue du Parc\u00a0\u00bb (c\u2019est-\u00e0-dire une bonne partie du futur quartier de Parc-Extension), et le journal <em>La Patrie<\/em> se fait le champion des \u00ab\u00a0terrains de la c\u00f4te Saint-Michel\u00a0\u00bb, soit, pour l\u2019essentiel, les fermes Jarry.<\/p>\n<div id=\"attachment_6308\" style=\"width: 500px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1911_01_16-Patrie_site_expo_P.1.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6308\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6308\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1911_01_16-Patrie_site_expo_P.1-490x600.png\" alt=\"\" width=\"490\" height=\"600\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1911_01_16-Patrie_site_expo_P.1-490x600.png 490w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1911_01_16-Patrie_site_expo_P.1-836x1024.png 836w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1911_01_16-Patrie_site_expo_P.1-768x941.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1911_01_16-Patrie_site_expo_P.1.png 978w\" sizes=\"(max-width: 490px) 100vw, 490px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6308\" class=\"wp-caption-text\">Le 16 janvier 1911, <em>La Patrie<\/em> publie cette carte montrant les trois sites finalistes pour la tenue de l\u2019exposition. Les terres des Jarry correspondent au site no 17.<\/p><\/div>\n<p>Le choix final fait l\u2019objet d\u2019\u00e2pres d\u00e9bats. <em>La Patrie<\/em> fait valoir que le site de la c\u00f4te Saint-Michel, offert \u00e0 800\u00a0$ l\u2019arpent, est le moins cher, alors que Maisonneuve co\u00fbterait 3000\u00a0$ l\u2019arpent et l\u2019avenue du Parc 1500\u00a0$ l\u2019arpent. De plus, il est le plus facile \u00e0 assainir, car il contient d\u00e9j\u00e0 un cours d\u2019eau homologu\u00e9 qui peut agir comme \u00e9gout naturel. Finalement, conclut le journal, il suffirait de d\u00e9placer la ligne de tramways existante de la rue Masson vers la rue B\u00e9langer (la limite sud des fermes), ce qui n\u2019impliquerait pas de co\u00fbteux travaux de tunnels sous les voies ferr\u00e9es comme pour les deux autres sites. <em>La Presse<\/em>, qui favorisait un site \u00e9cart\u00e9 \u00e0 Longue-Pointe, r\u00e9plique que l\u2019emplacement de la c\u00f4te Saint-Michel \u00ab\u00a0est encore si priv\u00e9 de communications, qu\u2019un directeur qui voulut l\u2019autre jour s\u2019y transporter en voiture dut revenir \u00e0 pied ayant d\u00e9moli son attelage<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>.\u00a0\u00bb Quoi qu\u2019il en soit, profond\u00e9ment divis\u00e9s, les promoteurs de l\u2019exposition s\u2019av\u00e8rent incapables de choisir un site et tout le projet tombe \u00e0 l\u2019eau au cours du printemps 1911.<\/p>\n<p>Cet \u00e9chec fait probablement l\u2019affaire de Joseph-Ad\u00e9lard, car un autre acheteur s\u2019est manifest\u00e9 entretemps. L\u2019affaire se d\u00e9roule en trois temps\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Le 28 mars 1911, devant le notaire Dufresne et en compagnie de son p\u00e8re, il renonce \u00e0 son r\u00f4le d\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire. Tout de suite apr\u00e8s, il se porte acqu\u00e9reur de la ferme de son fr\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9, ainsi que de la moiti\u00e9 indivise de la ferme voisine qu\u2019il lui avait c\u00e9d\u00e9e en 1909.<\/li>\n<li>Le 31 juillet 1911, Joseph-Ad\u00e9lard se rend de nouveau chez le notaire Dufresne\u00a0: il commence par acheter \u00e0 Zotique Gagnon, pour la somme de 60\u00a0000\u00a0$, la ferme voisine de la sienne du c\u00f4t\u00e9 ouest, soit celle qui longe la mont\u00e9e (boulevard) Saint-Michel, adjacente au noyau villageois d\u2019alors.<\/li>\n<li>Toujours devant le notaire Dufresne et le m\u00eame jour, il la revend aussit\u00f4t \u00e0 la Ross Realty, un important promoteur foncier montr\u00e9alais de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, engrangeant ainsi un profit instantan\u00e9 de 5230\u00a0$. La Ross Realty lui ach\u00e8te \u00e9galement trois des fermes familiales, soit celles acquises en mars de la succession de son fr\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9 et la partie sud de la ferme appartenant \u00e0 son fr\u00e8re ain\u00e9, Maxime fils. Le total des quatre transactions s\u2019\u00e9tablit \u00e0 229\u00a0182\u00a0$, une somme consid\u00e9rable alors.<\/li>\n<\/ul>\n<p>M\u00eame si les actes ne sont sign\u00e9s que le 31 juillet, l\u2019affaire \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 conclue, puisque <em>La Patrie <\/em>avait comment\u00e9 ainsi le march\u00e9 une semaine plus t\u00f4t\u00a0: \u00ab\u00a0Ces quatre fermes avaient \u00e9t\u00e9 offertes, il y a quelques mois, \u00e0 la Compagnie d\u2019Exposition, qui fut toutefois incapable [\u2026] de choisir entre les diverses propri\u00e9t\u00e9s qui lui \u00e9taient propos\u00e9es. Le prix pay\u00e9 par la Ross Realty est d\u2019environ 12\u00a0000\u00a0$ plus \u00e9lev\u00e9 que le prix alors demand\u00e9 \u00e0 la Compagnie d\u2019Exposition<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>.\u00a0\u00bb La transaction l\u00e8ve \u00e9galement le voile sur d\u2019autres probl\u00e8mes de la famille Jarry et, probablement, sur l\u2019une des raisons pour lesquelles Maxime fils a abandonn\u00e9 la carri\u00e8re de cultivateur. En effet, c\u2019est Joseph-Ad\u00e9lard qui vend la ferme de son fr\u00e8re, en tant que son tuteur. Car, \u00e0 la suite d\u2019une ordonnance de la Cour sup\u00e9rieure, Maxime fils est \u00ab\u00a0interdit pour ivrognerie d\u2019habitude\u00a0\u00bb depuis le 2 novembre 1909, soit l\u2019ann\u00e9e m\u00eame o\u00f9 il a d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 en ville. De plus, il s\u2019agit d\u2019une vente en justice, et les profits doivent servir \u00e0 rembourser ses cr\u00e9anciers en tout premier lieu. Visiblement, la carri\u00e8re de promoteur immobilier de Maxime fils n\u2019a pas eu le m\u00eame succ\u00e8s que celui de son fr\u00e8re\u2026<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Glencoe.jpeg\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-6309\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Glencoe-600x400.jpeg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Glencoe-600x400.jpeg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Glencoe-768x512.jpeg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Glencoe.jpeg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/p>\n<div id=\"attachment_6310\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/JA.jpeg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6310\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6310\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/JA-600x400.jpeg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/JA-600x400.jpeg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/JA-768x512.jpeg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/JA.jpeg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6310\" class=\"wp-caption-text\">En 1911, l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 il vend les terres familiales de la c\u00f4te Saint-Michel, Joseph-Ad\u00e9lard Jarry emm\u00e9nage dans cette luxueuse r\u00e9sidence. Con\u00e7ue par l\u2019architecte Joseph Sawyer, elle est situ\u00e9e au 718 chemin de la C\u00f4te-Sainte-Catherine, \u00e0 l\u2019intersection de l\u2019avenue Glencoe. En 2024, l\u2019int\u00e9rieur avait subi peu de modifications. Photos : Centris.ca<\/p><\/div>\n<p>Au terme de toutes ces transactions, la famille Jarry s\u2019est d\u00e9partie de ses terres de la c\u00f4te Saint-Michel, \u00e0 l\u2019exception du lot 360, celui situ\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 nord de la route. Maxime Jarry p\u00e8re, maintenant retrait\u00e9, et son \u00e9pouse Marie-Louise d\u00e9m\u00e9nagent alors en ville\u00a0: d\u2019abord \u00e0 Outremont, au 243 avenue Querbes, et ensuite dans l\u2019un des appartements de l\u2019un des triplex de son fils Maxime, avenue Laurier Ouest. Maxime p\u00e8re y d\u00e9c\u00e8de le 7 janvier 1921 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 76 ans. Cette m\u00eame ann\u00e9e, Joseph-Ad\u00e9lard se voit forc\u00e9 d\u2019abandonner ses fonctions d\u2019avocat en chef de la Ville de Montr\u00e9al, en raison \u00ab\u00a0d\u2019un mal qui ne pardonne pas.\u00a0\u00bb Il meurt le 18 novembre 1924, \u00e2g\u00e9 de 49 ans, \u00ab\u00a0des suites d\u2019une tr\u00e8s longue maladie<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>\u00a0\u00bb. Lorsque Maxime fils d\u00e9c\u00e8de \u00e0 son tour, le 25 mai 1927 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 56 ans, on apprend qu\u2019il \u00e9tait encore une fois sous le coup d\u2019une interdiction de capacit\u00e9 l\u00e9gale depuis le 24 janvier 1922. Cette fois, c\u2019est son \u00e9pouse, Z\u00e9lia Pigeon, qui est sa curatrice<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_6311\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fermes-Jarry_1909.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6311\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6311 size-full\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fermes-Jarry_1909.png\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"913\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fermes-Jarry_1909.png 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fermes-Jarry_1909-600x535.png 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fermes-Jarry_1909-768x685.png 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6311\" class=\"wp-caption-text\">Les fermes Jarry \u00e0 la c\u00f4te Saint-Michel. Les lots 360 et 442, encadr\u00e9s en rouge, correspondent aux terres exploit\u00e9es par Maxime Jarry p\u00e8re d\u00e8s 1871. Les lots encadr\u00e9s en bleu, correspondent aux fermes achet\u00e9es par Maxime p\u00e8re en 1877 (lot 445) et par son fils Joseph-Ad\u00e9lard en 1907 (lot 443). Ce dernier fera l\u2019acquisition du lot 446 adjacent (Da. Scott) en 1911, juste avant de revendre le tout, \u00e0 l\u2019exception du lot 360, \u00e0 la Ross Realty. Tir\u00e9 de l\u2019Atlas H. W. Hopkins, 1879, p. 106 (d\u00e9tail), BAnQ.<\/p><\/div>\n<p>En d\u00e9pit de ses d\u00e9boires, Maxime fils est loin d\u2019\u00eatre ruin\u00e9. Au moment de la liquidation de sa succession, le 5 septembre 1929, ses actifs s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 86\u00a0500\u00a0$, en incluant ses deux triplex de l\u2019avenue Laurier et la terre restante de la c\u00f4te Saint-Michel (le lot 360). Dans ce dernier cas, c\u2019est Joseph Dumont, l\u2019\u00e9poux de sa fille Alice, qui en fait l\u2019acquisition, pour la somme de 4300\u00a0$, lors du partage des biens immobiliers entre les h\u00e9ritiers<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>. Le couple s\u2019y fera construire une maison, situ\u00e9e au 3733 chemin Saint-Michel (rue Jarry), qui leur servira de r\u00e9sidence jusque vers la fin des ann\u00e9es 1930.<\/p>\n<div id=\"attachment_6313\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fe\u0302te-Dieu-ville-Saint-Michel.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6313\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6313\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fe\u0302te-Dieu-ville-Saint-Michel-600x388.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"388\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fe\u0302te-Dieu-ville-Saint-Michel-600x388.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fe\u0302te-Dieu-ville-Saint-Michel-1024x662.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fe\u0302te-Dieu-ville-Saint-Michel-768x496.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Fe\u0302te-Dieu-ville-Saint-Michel.jpg 1506w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6313\" class=\"wp-caption-text\">F\u00eate-Dieu, maison Dumont-Jarry, ville Saint-Michel, vers 1935. Collection de l&#8217;auteur.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_6314\" style=\"width: 385px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/scan0007.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6314\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6314\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/scan0007-375x600.jpg\" alt=\"\" width=\"375\" height=\"600\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/scan0007-375x600.jpg 375w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/scan0007.jpg 488w\" sizes=\"(max-width: 375px) 100vw, 375px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6314\" class=\"wp-caption-text\">Malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de la carri\u00e8re, la maison se situait dans un environnement \u00e0 pr\u00e9dominance champ\u00eatre, comme en t\u00e9moigne cette photo de la fin des ann\u00e9es 1930. Elle montre Pierre Desjardins \u2013 le fils d\u2019\u00c9glantine Jarry et le p\u00e8re de l\u2019auteur \u2013 et son cousin Louis Blouin, le fils d\u2019Yvonne Jarry. Collection de l\u2019auteur.<\/p><\/div>\n<p>Le 20 juillet 1943, Joseph Dumont vend la maison du 3733 chemin Saint-Michel, ainsi que la terre situ\u00e9e \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, \u00e0 Charles Marquette pour la somme de 17\u00a0500\u00a0$ pay\u00e9s comptant. En r\u00e9alit\u00e9, Charles Marquette sert de pr\u00eate-nom \u00e0 la National Quarries (la future carri\u00e8re Francon) voisine qui veut s\u2019agrandir\u00a0: une semaine plus tard, il revend le tout \u2013 ainsi que d\u2019autres lots adjacents \u2013 \u00e0 cette compagnie, au m\u00eame prix et aux m\u00eames conditions. D\u00e9tail non n\u00e9gligeable, Charles Marquette est fonctionnaire au D\u00e9partement de la voirie provinciale, un des principaux clients de la National Quarries ! Quant au couple Dumont-Jarry, il d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 Notre-Dame-de-Gr\u00e2ce, mettant ainsi fin aux liens entre la famille Jarry et la c\u00f4te Saint-Michel. Il a aussi fait l\u2019acquisition d\u2019un chalet au Lac-des-\u00celes, dans les Laurentides, un environnement nettement plus bucolique que celui de l\u2019envahissante carri\u00e8re\u2026<\/p>\n<div id=\"attachment_6315\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Dumont_Jarry.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6315\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6315 size-large\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Dumont_Jarry-1024x623.png\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"623\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Dumont_Jarry-1024x623.png 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Dumont_Jarry-600x365.png 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Dumont_Jarry-768x467.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Maison_Dumont_Jarry.png 1502w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6315\" class=\"wp-caption-text\">Par contre, si cette photo a\u00e9rienne d\u00e9montre que la maison Dumont-Jarry (au bout de la fl\u00e8che blanche) existait toujours en 1972, l\u2019expansion de la carri\u00e8re Francon a fait en sorte que toutes les traces du pass\u00e9 rural environnant ont disparu. Le March\u00e9 d\u2019Asie Kim Phat occupe aujourd\u2019hui l\u2019emplacement de la maison. La carri\u00e8re est devenue un d\u00e9p\u00f4t \u00e0 neige de la Ville de Montr\u00e9al. Archives de la Ville de Montr\u00e9al, VM94-b102-005.<\/p><\/div>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, la Ross Realty s\u2019est associ\u00e9e \u00e0 la firme d\u2019ing\u00e9nieurs B\u00e9ique et Charton, en 1912, pour lotir les fermes Jarry sous le nom de \u00ab\u00a0Shaughnessy Park\u00a0\u00bb. Le plan, inspir\u00e9 du mouvement des cit\u00e9s-jardins, pr\u00e9voit de paisibles petites rues r\u00e9sidentielles dispos\u00e9es autour d\u2019un parc octogonal central. Les deux guerres mondiales et la Grande Crise \u00e9conomique des ann\u00e9es 1930 vont cependant faire en sorte qu\u2019il faudra attendre plusieurs d\u00e9cennies avant que le secteur ne soit compl\u00e8tement d\u00e9velopp\u00e9. De plus, la construction du boulevard M\u00e9tropolitain, \u00e0 partir de 1959, s\u00e9parera de fa\u00e7on irr\u00e9m\u00e9diable les parties nord et sud des anciennes fermes. En d\u00e9pit de cela, la municipalit\u00e9 de Saint-Michel (cr\u00e9\u00e9e en 1912 et annex\u00e9e par Montr\u00e9al en 1968) va largement respecter, au cours des ann\u00e9es 1950-1960, le plan de lotissement de 1912. C\u2019est la raison pour laquelle le centre civique de Saint-Michel, avec son h\u00f4tel de ville, sa biblioth\u00e8que, son \u00e9cole secondaire et ses installations sportives a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 dans le parc octogonal \u2013 Fran\u00e7ois-Perrault aujourd\u2019hui \u2013 soit au c\u0153ur de l\u2019ancien domaine des Jarry.<\/p>\n<div id=\"attachment_6316\" style=\"width: 1290px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Shaughnessy_Park_4588276.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6316\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6316 size-full\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Shaughnessy_Park_4588276.jpg\" alt=\"\" width=\"1280\" height=\"850\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Shaughnessy_Park_4588276.jpg 1280w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Shaughnessy_Park_4588276-600x398.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Shaughnessy_Park_4588276-1024x680.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Shaughnessy_Park_4588276-768x510.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1280px) 100vw, 1280px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6316\" class=\"wp-caption-text\">Le plan de lotissement Shaughnessy Park, pr\u00e9par\u00e9 par B\u00e9ique et Charton (1912), r\u00e9vision de d\u00e9cembre 1915. Le \u00ab\u00a0Grand Boulevard\u00a0\u00bb correspond \u00e0 l\u2019emplacement du boulevard m\u00e9tropolitain qui a coup\u00e9 en deux les anciennes fermes Jarry. BAnQ, G\/3454\/S325G46\/1915\/B45 CAR.<\/p><\/div>\n<p>Recherche et r\u00e9daction : Yves Desjardins, avril 2024.<\/p>\n<p>R\u00e9vision : Justin Bur et Jean-Claude Robert.<\/p>\n<p><em>Outre les sources mentionn\u00e9es, cet article s\u2019appuie sur les recensements f\u00e9d\u00e9raux de 1871 \u00e0 1921 et sur les actes de vente, baux et testaments notari\u00e9s conserv\u00e9s par le Registre foncier du Qu\u00e9bec.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> C&#8217;est le fr\u00e8re cadet de Maxime Jarry, Stanislas (1843-1901), qui a inscrit le premier tron\u00e7on de la rue Jarry en 1900 sur un plan de lotissement de sa terre. Quant au parc Jarry (am\u00e9nag\u00e9 sur un terrain acquis de la famille Bagg), son nom est d\u00fb \u00e0 Raoul Jarry (1885-1930), fils de Stanislas, \u00e9chevin du quartier Villeray de 1921 \u00e0 1930 et membre du comit\u00e9 ex\u00e9cutif de la ville.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> On ne sait pas exactement \u00e0 quelles conditions Maxime Jarry fit l\u2019acquisition de la ferme, car le premier acte notari\u00e9 retrac\u00e9, lorsqu\u2019il la c\u00e8de \u00e0 son fils en 1904, se contente de mentionner qu\u2019il en est le propri\u00e9taire \u00ab\u00a0suivant de bons titres\u00a0\u00bb. Il est cependant fort possible qu\u2019elle appart\u00eent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 sa famille ou \u00e0 celle de son \u00e9pouse, et que la transaction faisait partie de leur contrat de mariage, puisque c\u2019est ainsi que Maxime proc\u00e9dera avec ses propres fils. D\u2019autant plus que plusieurs branches des Jarry de Saint-Laurent avaient d\u00e9j\u00e0 tiss\u00e9 des liens matrimoniaux avec des familles d\u2019agriculteurs du Sault-au-R\u00e9collet. Ainsi, le p\u00e8re de Maxime, Fran\u00e7ois Bleignier dit Jarry, cultivateur de la paroisse Saint-Laurent, a lui-m\u00eame \u00e9pous\u00e9, le 13 juin 1826, Marguerite Corbeil, la fille d\u2019un cultivateur du Sault-au-R\u00e9collet, et a acquis des terres dans cette paroisse.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Marie-Louise est probablement d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en bas \u00e2ge, car elle est absente du recensement de 1881, et elle n\u2019a laiss\u00e9 aucune autre trace.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Une partie de cette terre est exploit\u00e9e en carri\u00e8res, puisque Maxime Jarry s\u2019engage dans l\u2019acte de vente sign\u00e9 avec Pierre Corbeil \u00e0 respecter les baux d\u00e9tenus par deux carriers jusqu\u2019\u00e0 leur terme, en \u00e9change de la perception des loyers.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> \u00ab\u00a0Pr\u00eats et obligations hypoth\u00e9caires\u00a0\u00bb, <em>Le Prix courant,<\/em> 14 mai et 15 octobre 1909, p. 44 et 48.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> \u00ab\u00a0Joyeuse f\u00eate\u00a0\u00bb, <em>Le Rappel<\/em>, 22 f\u00e9vrier 1903, p. 3. Au nombre des invit\u00e9s, on remarque un d\u00e9put\u00e9 provincial et le maire de la municipalit\u00e9 de De Lorimier.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> \u00c9galement commer\u00e7ant et homme d\u2019affaires, S. D. Valli\u00e8res a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sident du Comit\u00e9 des finances de la Ville de Montr\u00e9al, ainsi que de celui de la voirie.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> \u00ab\u00a0Jos.-Ad\u00e9lard Jarry, C.R.\u00a0\u00bb, <em>Biographies canadiennes-fran\u00e7aises, <\/em>1922, p. 424.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> \u00ab\u00a0Contrats donn\u00e9s\u00a0\u00bb, <em>Le Prix courant<\/em>, 11 juin 1909. Joseph Sawyer concevra \u00e9galement la luxueuse r\u00e9sidence de J.-A. Jarry, situ\u00e9e chemin de la C\u00f4te-Sainte-Catherine, \u00e0 l\u2019intersection de l\u2019avenue Glencoe : <a href=\"http:\/\/dictionaryofarchitectsincanada.org\/node\/2448\">http:\/\/dictionaryofarchitectsincanada.org\/node\/2448<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> \u00ab\u00a0L\u2019enqu\u00eate sur l\u2019incendie du Mountain View\u00a0\u00bb, <em>Le Devoir<\/em>, 4 mai 1911, p. 3. L\u2019\u00e9difice, pourtant r\u00e9put\u00e9 ignifuge, avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit par un incendie, peu apr\u00e8s son ouverture, en avril 1911. Il sera reconstruit avec un \u00e9tage en moins.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> \u00ab\u00a0Le site de l\u2019exposition\u00a0\u00bb, <em>La Patrie<\/em>, 16 janvier 1911, p. 1 ; \u00ab\u00a0La marche de l\u2019exposition\u00a0\u00bb, <em>La Presse<\/em>, 31 janvier 1911, p. 15.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> \u00ab\u00a0Quatre fermes vendues \u00e0 la C\u00f4te Saint-Michel\u00a0\u00bb, <em>La Patrie<\/em>, lundi 24 juillet 1911, p. 12. On peut se demander pourquoi la Ross Realty a accept\u00e9 de payer une prime de plus de 5000$ \u00e0 un interm\u00e9diaire, plut\u00f4t que d\u2019acheter directement la ferme de son propri\u00e9taire. Une hypoth\u00e8se, c\u2019est que celui-ci \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 n\u00e9gocier avec des voisins de longue date mais pas avec des \u00e9trangers.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> L\u2019acte pr\u00e9cise que Joseph-Ad\u00e9lard est autoris\u00e9 \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 la vente, car aucun ench\u00e9risseur ne s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 lors de l\u2019encan judiciaire tenu au Palais de justice le 13 juillet pr\u00e9c\u00e9dent. L\u2019acte de vente mentionne aussi que Maxime fils est \u00ab\u00a0voiturier\u00a0\u00bb, alors qu\u2019il se disait \u00ab\u00a0constructeur de maisons\u00a0\u00bb lors du recensement tenu la m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> \u00ab\u00a0Le d\u00e9c\u00e8s de Me J.-A. Jarry\u00a0\u00bb, <em>La Presse<\/em>, 19 novembre 1924, p. 13.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Je n\u2019ai pu d\u00e9terminer si Z\u00e9lia prend alors la rel\u00e8ve de son beau-fr\u00e8re Joseph-Ad\u00e9lard en raison de sa maladie.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Pour plus de d\u00e9tails sur le partage de son patrimoine, voir <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/?p=6290&amp;preview=true\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019article sur la Taverne de la veuve Wilson<\/a>. Les autres actifs consistent en des pr\u00eats hypoth\u00e9caires priv\u00e9s consentis par le notaire Joseph-\u00c9douard Jeannotte qui g\u00e8re la succession. On remarque notamment un pr\u00eat de 15\u00a0000\u00a0$ au Dr Louis de Lotbini\u00e8re Harwood, un gyn\u00e9cologue renomm\u00e9, \u00e9galement doyen de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al (voir : <a href=\"http:\/\/www.biographi.ca\/fr\/bio\/harwood_louis_de_lotbiniere_16F.html)\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.biographi.ca\/fr\/bio\/harwood_louis_de_lotbiniere_16F.html)<\/a>.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pendant plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, les Jarry furent de prosp\u00e8res cultivateurs des paroisses Saint-Laurent et du Sault-au-R\u00e9collet, dans la partie nord de l\u2019\u00eele de Montr\u00e9al. Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, l\u2019une des familles Jarry quitte la c\u00f4te Saint-Michel, o\u00f9 elle poss\u00e8de de nombreuses terres, pour s\u2019installer au Mile End et \u00e0 Outremont. 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