{"id":6364,"date":"2024-04-14T19:58:52","date_gmt":"2024-04-14T23:58:52","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=6364"},"modified":"2024-06-27T12:32:44","modified_gmt":"2024-06-27T16:32:44","slug":"la-synagogue-poale-zedek","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/la-synagogue-poale-zedek\/","title":{"rendered":"La synagogue Poale Zedek"},"content":{"rendered":"<p><strong>7161 rue Saint-Urbain<\/strong><\/p>\n<p><em>La fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et le d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle correspondent \u00e0 une p\u00e9riode de forte immigration juive \u00e0 Montr\u00e9al. Provenant surtout d\u2019Europe de l\u2019Est, la communaut\u00e9 se regroupe d\u2019abord \u00e0 proximit\u00e9 du port de Montr\u00e9al, entre les rues Notre-Dame et Ontario, dans l\u2019axe du boulevard Saint-Laurent. Elle remonte ensuite le boulevard vers le nord : les Juifs montr\u00e9alais s\u2019installent de plus en plus nombreux dans la partie ouest de l\u2019actuel Plateau Mont-Royal, de la rue Sherbrooke jusqu\u2019\u00e0 l\u2019avenue du Mont-Royal, et apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;avenue Van Horne. \u00c0 tel point que ce secteur deviendra leur principal quartier r\u00e9sidentiel montr\u00e9alais jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1950. Mais d\u00e9j\u00e0 en 1910, certains groupes s\u2019\u00e9tablissent \u00e0 la frange urbaine au-del\u00e0 de la voie ferr\u00e9e, dans la partie nord du Mile End d\u2019alors, ainsi qu\u2019autour de l&#8217;avenue Papineau.<\/em><\/p>\n<p><em>C\u2019est ce que font les membres de la congr\u00e9gation Poale Zedek (Les travailleurs de la justice<\/em><em>) qui, de plus, construisent eux-m\u00eames leur synagogue, entre 1910 et 1920, rue Saint-Urbain, juste au sud de la rue Jean-Talon. La synagogue y est rest\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980; l&#8217;\u00e9difice est depuis 1992 un temple vietnamien.<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_6362\" style=\"width: 491px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Poale-Zedek_1987-copie.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6362\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-6362\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Poale-Zedek_1987-copie.png\" alt=\"\" width=\"481\" height=\"640\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Poale-Zedek_1987-copie.png 481w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Poale-Zedek_1987-copie-451x600.png 451w\" sizes=\"(max-width: 481px) 100vw, 481px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6362\" class=\"wp-caption-text\">La synagogue en 1988, peu apr\u00e8s son incendie. On remarque les deux \u00e9toiles de David, de chaque c\u00f4t\u00e9 de la porte d&#8217;entr\u00e9e. Don de Louis Sheiner. <a href=\"https:\/\/www.cjhn.ca\/link\/cjhn79\">Archives juives canadiennes, I 0077<\/a>.<\/p><\/div>\n<p>En 1910, la partie nord du Mile End<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, situ\u00e9e de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la voie ferr\u00e9e du Canadien Pacifique et qui correspond \u00e0 l\u2019actuelle Petite-Italie et le Mile-Ex, est encore tr\u00e8s peu d\u00e9velopp\u00e9e. Les terrains vagues sont nombreux et les services municipaux, comme l\u2019eau courante, l\u2019\u00e9clairage et les \u00e9gouts, absents. En revanche, on peut s\u2019y installer \u00e0 peu de frais, d\u2019autant plus qu\u2019on peut acqu\u00e9rir un lot gr\u00e2ce \u00e0 une promesse de vente, une forme d&#8217;accession \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 par temp\u00e9rament qui n\u2019exige qu\u2019une minime mise de fonds initiale<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Les co\u00fbts sont encore moins \u00e9lev\u00e9s si, en plus, l\u2019acheteur est dispos\u00e9 \u00e0 b\u00e2tir lui-m\u00eame son commerce ou sa r\u00e9sidence, ce qui se produisait fr\u00e9quemment alors dans le nord du Mile End comme dans les quartiers voisins de Parc-Extension, Villeray et Rosemont, tous situ\u00e9s aux limites de l&#8217;urbanisation d&#8217;alors.<\/p>\n<p>C\u2019est le cas des membres de la congr\u00e9gation Poale Zedek, qui s\u2019implante au Mile End en 1910<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Elle est compos\u00e9e d\u2019artisans et de petits commer\u00e7ants qui proviennent pour la plupart de l\u2019empire russe\u00a0: ses administrateurs sont charpentier, peintre, entrepreneurs (\u00ab\u00a0contractor\u00a0\u00bb), marchand de ferraille et tailleur<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Avec leurs confr\u00e8res, ils consacrent de longues heures de b\u00e9n\u00e9volat pour construire eux-m\u00eames le b\u00e2timent qui h\u00e9bergera leur synagogue : par exemple, Benjamin Morris, pr\u00e9sident de la congr\u00e9gation pendant les ann\u00e9es 1950, raconte que c\u2019est son p\u00e8re, un charpentier, qui \u00e9rigea la charpente.<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><\/a> Harry, le fils d\u2019Isaac Korengberg, un administrateur de la premi\u00e8re heure, se souvient pour sa part que son p\u00e8re et ses partenaires tiraient une grande fiert\u00e9 d\u2019avoir accompli tout ce travail eux-m\u00eames<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Pour cette raison, Poale Zedek est surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0the Workingmen\u2019s Shul\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire la synagogue des travailleurs. Cette auto-construction d&#8217;une synagogue est un ph\u00e9nom\u00e8ne rare : la plupart des autres synagogues sont plut\u00f4t \u00e9tablies dans l\u2019arri\u00e8re-boutique de commerces ou dans des duplex r\u00e9sidentiels convertis.<\/p>\n<p>Par contre, il faudra y mettre du temps. Les membres de la congr\u00e9gation louent d\u2019abord les terrains \u00e0 Nicola Venturo, un ma\u00e7on d\u2019origine italienne. Celui-ci a sign\u00e9, le 24 septembre 1910, une promesse de vente avec la succession Stanley Bagg, dans le cadre d\u2019un projet immobilier nomm\u00e9 \u00ab Parc Central \u00bb. Venturo transf\u00e8re cette promesse aux administrateurs de Poale Zedek le 23 septembre 1912. Ces derniers n\u2019ont cependant pas attendu avant d\u2019entreprendre les travaux de construction du sous-sol. Il est termin\u00e9 en 1911 et h\u00e9bergera pendant plusieurs ann\u00e9es encore les activit\u00e9s de la congr\u00e9gation. La premi\u00e8re \u00e9cole yiddish de Montr\u00e9al utilisera \u00e9galement les lieux, mais elle y restera peu de temps, en raison, justement, de l\u2019isolement du secteur. Le t\u00e9moignage de l\u2019un des fondateurs de l\u2019\u00e9cole permet de constater le caract\u00e8re multiethnique de ce quartier en \u00e9mergence, o\u00f9 se c\u00f4toyaient des familles ouvri\u00e8res canadiennes-fran\u00e7aises, irlandaises, italiennes et juives :<\/p>\n<blockquote><p>Je me rappelle la f\u00eate d\u2019ouverture de l\u2019\u00e9cole [\u2026] situ\u00e9e dans le Mile End, et comment nous avions d\u00fb marcher \u00e0 t\u00e2tons dans la noirceur, \u00e0 travers des champs boueux et en enjambant les voies ferr\u00e9es, avant de trouver cet endroit. De plus, je me souviens comment les Irlandais nous avaient \u00e9cout\u00e9s parler entre nous avec \u00e9tonnement, eux qui entendaient des mots yiddish pour la premi\u00e8re fois<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>La congr\u00e9gation devient pleinement propri\u00e9taire des lieux le 6\u00a0novembre 1917, en \u00e9change d\u2019un paiement final de 480 $. Les travaux de construction de l\u2019\u00e9difice et l\u2019am\u00e9nagement de l\u2019int\u00e9rieur ne seront cependant pas compl\u00e9t\u00e9s avant 1920-1922.<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><\/a> Les al\u00e9as du b\u00e9n\u00e9volat et la difficult\u00e9 de r\u00e9unir les fonds n\u00e9cessaires expliquent probablement ces d\u00e9lais\u00a0: ainsi, en 1913, la congr\u00e9gation a d\u00fb c\u00e9der sa promesse de vente \u00e0 <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/l-villeneuve-et-compagnie\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">L. Villeneuve et Cie<\/a> comme garantie de paiement des mat\u00e9riaux de construction. La quittance n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9mise que le 5\u00a0novembre 1917, soit la veille de la signature de l\u2019acte de vente.<\/p>\n<p>Une fois termin\u00e9e, la synagogue peut recevoir environ 350 personnes et est dot\u00e9e d\u2019un balcon circulaire destin\u00e9 aux femmes. Le sous-sol h\u00e9berge une \u00e9cole religieuse. Malgr\u00e9 la simplicit\u00e9 de sa composition, l\u2019historien de l\u2019architecture Barry L. Stiefel consid\u00e8re que c\u2019est un immeuble remarquable, non seulement en raison du talent de ses artisans, mais parce qu\u2019il constitue probablement le premier exemple d\u2019un style architectural \u00ab\u00a0canado-juif\u00a0\u00bb. Il souligne la pr\u00e9sence des deux grandes \u00e9toiles de David sur la fa\u00e7ade, la r\u00e9p\u00e9tition de ce motif dans le ch\u00e2ssis des fen\u00eatres et la richesse de la d\u00e9coration int\u00e9rieure, en raison de ses nombreuses boiseries<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_6363\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Poale-Zedek-inte\u0301rieur.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6363\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6363\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Poale-Zedek-inte\u0301rieur-600x475.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"475\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Poale-Zedek-inte\u0301rieur-600x475.png 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Poale-Zedek-inte\u0301rieur-768x608.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Poale-Zedek-inte\u0301rieur.png 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6363\" class=\"wp-caption-text\">L&#8217;int\u00e9rieur de la synagogue Poale Zedek. Photo tir\u00e9e de : Sheldon Levitt et al. <em>Treasures of a People: The Synagogues of Canada,<\/em> 1985.<\/p><\/div>\n<p>Le 6 septembre 1988, un incendie endommage la synagogue<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. M\u00eame si les d\u00e9g\u00e2ts sont surtout caus\u00e9s par l\u2019eau et la fum\u00e9e, car les flammes se sont limit\u00e9es au sous-sol, l\u2019immeuble est mis en vente peu de temps apr\u00e8s. Car la fr\u00e9quentation est aussi en forte baisse, en raison du d\u00e9part de la communaut\u00e9 juive vers les banlieues de l\u2019ouest de l\u2019\u00eele de Montr\u00e9al\u00a0: il ne restait plus alors qu\u2019une trentaine de membres. La congr\u00e9gation Poale Zedek finira par fusionner avec <a href=\"https:\/\/www.adath.ca\/page_ourhistory.html\">Adath Isra\u00ebl<\/a>, situ\u00e9e \u00e0 Hampstead, en 1992. Suite \u00e0 une autre fusion, la congr\u00e9gation s&#8217;appelle depuis 2008 Adath Isra\u00ebl Poale Zedek Anshei Ozeroff.<\/p>\n<p>Mais d&#8217;abord, en 1989, l\u2019ann\u00e9e suivant l\u2019incendie, des sc\u00e8nes du film <em>Enemies, A Love Story<\/em>, de Paul Mazursky. sont tourn\u00e9es \u00e0 la synagogue. L\u2019histoire, bas\u00e9e sur un roman d\u2019Isaac Bashevis Singer, se d\u00e9roule cependant \u00e0 New-York : comme pour plusieurs autres productions hollywoodiennes, Montr\u00e9al fait office de substitut. L&#8217;ancienne synagogue est finalement achet\u00e9e en 1991 par une association religieuse vietnamienne, le Temple caoda\u00efque de Montr\u00e9al. Le caoda\u00efsme est une religion vietnamienne fond\u00e9e dans les ann\u00e9es 1920, en continuit\u00e9 avec les traditions tao\u00efste, bouddhiste et confuc\u00e9enne, avec l&#8217;ajout de plusieurs \u00e9l\u00e9ments occidentaux, dans une volont\u00e9 de constituer une foi universelle et synth\u00e9tique<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. Apr\u00e8s des r\u00e9novations, le temple est inaugur\u00e9 en octobre 1992. En fa\u00e7ade, les deux \u00e9toiles de David sont transform\u00e9es en lozanges et la brique est peinte en jaune. \u00c0 l&#8217;automne 2013, le rev\u00eatement de la fa\u00e7ade est enti\u00e8rement remplac\u00e9; il est d\u00e9sormais en brique beige sans peinture et aucune trace des \u00e9toiles de David ne subsiste.<\/p>\n<div id=\"attachment_6387\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/poale-zedek-2020.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6387\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6387\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/poale-zedek-2020-600x450.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"450\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/poale-zedek-2020-600x450.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/poale-zedek-2020-768x576.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/poale-zedek-2020.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6387\" class=\"wp-caption-text\">La fa\u00e7ade du temple caoda\u00efque en 2020 (photo: Marjolaine Poirier)<\/p><\/div>\n<p>Une autre congr\u00e9gation juive montr\u00e9alaise a construit son propre b\u00e2timent pour h\u00e9berger sa synagogue vers 1910, comme Poale Zedek.\u00a0Il s\u2019agit de Tifereth Jerusalem, \u00e9galement compos\u00e9e d\u2019artisans et petits commer\u00e7ants provenant surtout de l\u2019empire russe. Ils se sont install\u00e9s au d\u00e9but du XX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle dans le lotissement Rossland, aujourd&#8217;hui une partie de la Petite-Patrie, un secteur qu\u2019ils ont nomm\u00e9 <em>Papeniou<\/em> parce que situ\u00e9 aux alentours de l\u2019avenue Papineau et de la rue Beaubien. Leur synagogue, qui ouvre ses portes vers 1910-1911, est surnomm\u00e9e <em>The Red Shul<\/em> en raison du rev\u00eatement en briques rouges de la fa\u00e7ade<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. Mais contrairement \u00e0 Poale Zedek, son b\u00e2timent situ\u00e9 au 6627 rue Cartier a disparu. Un petit immeuble \u00e0 appartements avec une fa\u00e7ade de briques blanches occupe les lieux depuis 1966.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Recherche : Marjolaine Poirier, <a href=\"https:\/\/lhpm.uqam.ca\/\">Laboratoire d&#8217;histoire et de patrimoine de Montr\u00e9al<\/a><\/p>\n<p>R\u00e9daction : Yves Desjardins<\/p>\n<p>R\u00e9vision : Justin Bur et Michelle Comeau.<\/p>\n<p><em>Nous remercions \u00e9galement l&#8217;historien Pierre Anctil pour ses observations \u00e0 propos de la congr\u00e9gation Poale Zedek, et Patrick Donovan pour son \u00e9tude patrimoniale sur l&#8217;\u00e9difice.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/lhpm.uqam.ca\/\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3909\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/logo-uqam-lhpm-petit.png\" alt=\"logo-uqam-lhpm-petit\" width=\"307\" height=\"121\" \/><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h2>Notes<\/h2>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> La fronti\u00e8re nord du Mile End, \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la Ville de Saint-Louis, se situait aux environs de l\u2019actuelle rue Jean-Talon. Apr\u00e8s l\u2019annexion de cette banlieue par Montr\u00e9al, en 1910, les immigrants italiens et juifs install\u00e9s dans ce secteur au-del\u00e0 de la voie ferr\u00e9e continueront, pendant plusieurs ann\u00e9es encore, \u00e0 d\u00e9signer leur quartier comme \u00e9tant le Mile End.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> La promesse de vente est un contrat priv\u00e9 qui ne requiert pas l\u2019intervention d\u2019un notaire. L\u2019acheteur n\u2019obtient ses titres de propri\u00e9t\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s avoir acquitt\u00e9 au moins la moiti\u00e9 du prix de vente, et, s\u2019il est en d\u00e9faut de paiement, le vendeur peut reprendre possession du terrain sans compensation. Cette forme d\u2019accession \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 a souvent \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par les promoteurs des banlieues qui se d\u00e9veloppent au d\u00e9but du XX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle, afin d\u2019attirer une client\u00e8le \u00e0 revenus modestes. L\u2019historien Guy Gaudreau a document\u00e9 ce ph\u00e9nom\u00e8ne dans le quartier voisin de Villeray\u00a0: \u00ab\u00a0Le ro\u0302le me\u0301connu des promesses de vente dans le processus d\u2019urbanisation a\u0300 Montre\u0301al : le cas du village de Villeray au tournant du XXe sie\u0300cle\u00a0\u00bb, <em>Urban History Review \/ Revue d&#8217;histoire urbaine<\/em>, 48 (1), 2020, p.10\u201321.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Selon l\u2019archiviste du Congr\u00e8s juif canadien, David Rome, la premi\u00e8re mention de cette congr\u00e9gation se retrouve dans le quotidien yiddish <em>Keneder Adler <\/em>du 14 ao\u00fbt 1910.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Ces informations sont tir\u00e9es des diff\u00e9rentes transactions concernant le terrain et le b\u00e2timent conserv\u00e9es par le Registre foncier du Qu\u00e9bec et dans le greffe du notaire Adolphe Labadie (BAnQ <a href=\"https:\/\/numerique.banq.qc.ca\/patrimoine\/archives\/52327\/4305801?docref=N2gRkX3oLm1v3NOsoJtKmg\">CN601,S896<\/a>).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Sheldon Levitt, Lynn Milstone, and Sidney T. Tenenbaum, <em>Shuls: Synagogue Architecture<\/em>, Toronto, 1977, p. 66-67 (d\u00e9pos\u00e9 aux Archives juives de l&#8217;Ontario, <a href=\"https:\/\/search.ontariojewisharchives.org\/Permalink\/descriptions283714\">Fonds 64 \u2013 The Shuls Project fonds<\/a>). Cit\u00e9 dans Barry L. Stiefel, \u00ab\u00a0Building a house of gathering on our own: Jews, synagogues, architecture, and the building trades in the modern anglophone world\u00a0\u00bb, <em>Jewish Historical Studies<\/em>, vol. 46, 2014, p. 131-153. L\u2019article ajoute qu\u2019on n\u2019a aucune autre indication concernant le p\u00e8re de Benjamin Morris, pas m\u00eame son pr\u00e9nom. Le recensement de 1921 mentionne cependant qu\u2019un charpentier du nom d\u2019Isaac Morris, arriv\u00e9 de Russie en 1907, vit \u00e0 proximit\u00e9 de la synagogue. L\u2019un de ses fils se nomme Benny, diminutif de Benjamin. Un acte de 1913 mentionne aussi l\u2019existence d\u2019un autre charpentier, Louis Shapiro, parmi les administrateurs de la congr\u00e9gation.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Marian Scott, \u00ab\u00a0\u201fWorking man&#8217;s synagogue\u201d is up for sale; Immigrant laborers spent 12 years building St. Urbain St. temple\u00a0\u00bb, <em>The Gazette<\/em>, 10 d\u00e9cembre 1990, p. A5.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Hershl Novak, <em>La premi\u00e8re \u00e9cole yiddish de Montr\u00e9al, 1911-1914<\/em>, traduction de Pierre Anctil, Septentrion, 2009, p. 70. Cette f\u00eate a eu lieu le 22 janvier 1911 dans une salle irlandaise nomm\u00e9e Shamrock, situ\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 de la synagogue, ce qui indique que le sous-sol n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas alors compl\u00e8tement termin\u00e9. L\u2019\u00e9cole d\u00e9m\u00e9nagera en 1913 au Prince-Arthur Hall, 57 rue Prince-Arthur Est, un des principaux lieux de r\u00e9union de la gauche montr\u00e9alaise des ann\u00e9es 1920-1940. Apr\u00e8s une scission, elle donnera naissance \u00e0 deux \u00e9coles socialistes juives \u00e9tablies sur le Plateau Mont-Royal, les <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/yidishe-folks-shuln\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00c9coles juives populaires<\/a> et Peretz.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Sheldon Levitt, Lynn Milstone, and Sidney T. Tenenbaum, <em>Treasures of a People: The Synagogues of Canada<\/em>, Toronto, Lester &amp; Orpen Dennys, 1985, p. 63. (Il s&#8217;agit du livre issu du Shuls Project, d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9.)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Barry L. Stiefel, \u00ab\u00a0Synagogue Architecture in Canada: A Summary History\u00a0\u00bb, <em>Journal of the Society for the Study of Architecture in Canada \/ Le Journal de la Socie\u0301te\u0301 pour l&#8217;e\u0301tude de l&#8217;architecture au Canada<\/em>, vol. 46, no 2, 2021, p. 97-98.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> \u00ab\u00a0Synagogue fire not anti-Semitic act: Jewish Congress\u00a0\u00bb, <em>The Gazette<\/em>, 9 septembre 1988, p. A3.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Patrick Donovan, Le temple caoda\u00efque de Montr\u00e9al : \u00e9tude patrimoniale, 2004 (manuscrit non publi\u00e9).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Barry L. Stiefel, \u00ab\u00a0Synagogue Architecture in Canada: A Summary History\u00a0\u00bb, p. 98. Voir aussi : <em><a href=\"https:\/\/www.tbdj.org\/history\">Congregation Tifereth Beth David Jerusalem\u00a0: Our History.<\/a><\/em><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>7161 rue Saint-Urbain La fin du XIXe si\u00e8cle et le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle correspondent \u00e0 une p\u00e9riode de forte immigration juive \u00e0 Montr\u00e9al. Provenant surtout d\u2019Europe de l\u2019Est, la communaut\u00e9 se regroupe d\u2019abord \u00e0 proximit\u00e9 du port de Montr\u00e9al, entre les rues Notre-Dame et Ontario, dans l\u2019axe du boulevard Saint-Laurent. 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