{"id":6449,"date":"2024-06-13T08:28:22","date_gmt":"2024-06-13T12:28:22","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=6449"},"modified":"2024-09-13T20:32:47","modified_gmt":"2024-09-14T00:32:47","slug":"les-maisons-lorge","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/les-maisons-lorge\/","title":{"rendered":"Les maisons Lorge"},"content":{"rendered":"<p><div id=\"attachment_6456\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/dDLZHm6gSDuTnzHMPH9pEw_thumb_6f7.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6456\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6456\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/dDLZHm6gSDuTnzHMPH9pEw_thumb_6f7-600x519.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"519\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/dDLZHm6gSDuTnzHMPH9pEw_thumb_6f7-600x519.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/dDLZHm6gSDuTnzHMPH9pEw_thumb_6f7-768x665.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/dDLZHm6gSDuTnzHMPH9pEw_thumb_6f7.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6456\" class=\"wp-caption-text\">Les maisons Lorge, mars 2020 [photo Marjolaine Poirier]<\/p><\/div><em>Une paire de maisons jumel\u00e9es rev\u00eatues de brique rouge (peinte en jaune), avec un toit en mansarde coiff\u00e9 d\u2019une tourelle, sises en retrait de la pittoresque rue de Grand-Pr\u00e9&nbsp;: cela ne manque pas d\u2019attirer la curiosit\u00e9. Exceptionnelles tout au long de leur existence, ces maisons arrivent en 2024 \u00e0 leur 150<sup>e<\/sup> anniversaire. Quelle est leur histoire?<\/em><\/p>\n<p>Les maisons Lorge, 4660\u20134664 rue de Grand-Pr\u00e9, sont la r\u00e9alisation unique d\u2019un projet de lotissement de 1874, sur un grand champ situ\u00e9 dans le village du Coteau Saint-Louis, non loin du centre villageois. Le tr\u00e8s ancien chemin de Saint-Michel, ou des Tanneries, qui devient vers 1875 la rue des Carri\u00e8res (actuelles rues Gilford et Berri), s\u2019\u00e9lance en diagonale \u00e0 travers les terres entre le hameau des Tanneries-des-B\u00e9lair (avenues du Mont-Royal et Henri-Julien) et le centre du village autour des actuels \u00e9dicules de la station de m\u00e9tro Laurier. Aucun \u00e9difice de ce paysage rural n\u2019existe aujourd\u2019hui, \u00e0 part un tr\u00e8s petit nombre de maisons anciennes de la rue Berri. Les maisons Lorge sont un t\u00e9moin pr\u00e9coce de son urbanisation subs\u00e9quente.<\/p>\n<p>Corneille Lorge (n\u00e9 \u00e0 Bruxelles en 1821, mort \u00e0 Montr\u00e9al en 1894), chapelier, quitte la Belgique en 1840 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 19 ans avec son amoureuse, Sophie Paquet, pour s\u2019installer en Am\u00e9rique. \u00c0 New York, il anglicise son pr\u00e9nom, qui devient Cornelius. Arriv\u00e9e \u00e0 Montr\u00e9al en 1852<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, la famille s\u2019installe au faubourg Saint-Laurent. La boutique de chapeaux Lorge se trouve depuis 1856 sur la rue Saint-Laurent, juste au nord de Craig (Saint-Antoine); elle y demeure jusqu\u2019\u00e0 sa fermeture en 1911. Le couple Lorge\u2013Paquet se marie en bonne et due forme \u00e0 l\u2019\u00e9glise Notre-Dame en f\u00e9vrier 1856, reconnaissant \u00e0 l\u2019occasion leurs quatre enfants Anne, Jean-Baptiste, Marie et Rachel.<\/p>\n<p>Il y a tr\u00e8s peu de Belges au Canada dans les ann\u00e9es 1850. Les Lorge entretiennent n\u00e9anmoins leurs racines belges&nbsp;: deux des trois filles Lorge \u00e9pouseront des Belges \u00e0 Montr\u00e9al, et le fils affirmera plus tard dans ses biographies qu\u2019il est n\u00e9 \u00e0 Bruxelles, m\u00eame si c\u2019\u00e9tait probablement \u00e0 New York. Plus important pour les affaires, cependant, la boutique Lorge pourra se vanter d\u2019offrir aux Montr\u00e9alais les nouveaut\u00e9s de la mode europ\u00e9enne \u2013 surtout fran\u00e7aise<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>\u00a0!<\/p>\n<div id=\"attachment_6450\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1905-5572752_1.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6450\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6450\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1905-5572752_1-600x398.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"398\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1905-5572752_1-600x398.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1905-5572752_1-768x510.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1905-5572752_1.jpg 1024w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6450\" class=\"wp-caption-text\">La boutique Lorge &amp; Co., au 21 rue Saint-Laurent (adresse entre 1862 et 1905), devenue le 923 boul. Saint-Laurent. Carte postale, 1904 ou 1905, <a href=\"https:\/\/numerique.banq.qc.ca\/patrimoine\/details\/52327\/4187375\">BAnQ, coll. Pierre Monette<\/a>.<br \/>Inclus dans le corridor d\u2019expropriation de l\u2019autoroute Ville-Marie en 1965, le terrain est acquis par le minist\u00e8re de la Voirie en 1969; situ\u00e9 en marge de la tranch\u00e9e autorouti\u00e8re, il demeure en friche depuis plus d\u2019un demi-si\u00e8cle.<\/p><\/div>\n<p>Vingt ans apr\u00e8s sa fondation, la boutique de chapeaux est inscrite en 1872 sous la nouvelle raison sociale de C. Lorge &amp; Co. Cela annonce le d\u00e9but de la transition entre Corneille et son fils Jean-Baptiste, qui se trouve seul aux commandes vers 1875. Corneille se tourne alors vers le d\u00e9veloppement immobilier, un domaine qui l\u2019int\u00e9ressait depuis quelques ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p>Entre 1863 et 1870, Corneille Lorge et Sophie Paquet accumulent une s\u00e9rie de petites propri\u00e9t\u00e9s fonci\u00e8res dans le but de devenir rentiers. Ils acqui\u00e8rent ainsi deux lots avec des maisons \u00e0 louer dans le faubourg Saint-Laurent, et une petite terre rurale au Coteau Saint-Louis, s\u2019\u00e9tendant entre le chemin des Tanneries et la rue Saint-Louis (Laurier). Toujours en \u00e9vitant de s\u2019endetter, Lorge ach\u00e8te cette terre, un lopin \u00e0 la fois, par neuf transactions s\u2019\u00e9talant entre septembre 1867 et mars 1870. Le couple s\u2019y installe en 1870 dans une vieille maison le long du chemin, la seule sur le terrain (d\u00e9molie vers 1899). Le gros de la terre est initialement lou\u00e9 \u00e0 un agriculteur, tandis que du c\u00f4t\u00e9 nord, rue Saint-Louis, les Lorge font construire une maison semi-d\u00e9tach\u00e9e \u00e0 louer.<\/p>\n<p><div id=\"attachment_6451\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CA601S171SS1SSS2D3-3-7-r.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6451\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6451\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CA601S171SS1SSS2D3-3-7-r-600x201.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"201\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CA601S171SS1SSS2D3-3-7-r-600x201.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CA601S171SS1SSS2D3-3-7-r-1024x342.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CA601S171SS1SSS2D3-3-7-r-768x257.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CA601S171SS1SSS2D3-3-7-r-1536x514.jpg 1536w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CA601S171SS1SSS2D3-3-7-r.jpg 2025w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6451\" class=\"wp-caption-text\">Lotissement de la propri\u00e9t\u00e9 Lorge, 11 mai 1874, dessin\u00e9 par l&#8217;arpenteur Andr\u00e9-William Lipp\u00e9<br \/>[ANQ-M CA601,S171,SS1,SSS2,D3-3-7]<\/p><\/div>En mai 1874, la famille Lorge accomplit son grand geste d\u2019urbanisme. L\u2019arpenteur Andr\u00e9-William Lipp\u00e9 dessine un lotissement<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> de presque tout le terrain, travers\u00e9 par la rue Lorge et crois\u00e9 par le futur boulevard Saint-Joseph (un tout nouveau projet), pr\u00e9voyant 88 lots pour des maisons en rang\u00e9e jumel\u00e9es. Pourquoi \u00e0 ce moment? C\u2019est l\u2019ann\u00e9e de tous les espoirs pour une pouss\u00e9e d\u2019urbanisation au village, avec la mise en place du tramway hippomobile sur Saint-Denis jusqu\u2019\u00e0 Mont-Royal (\u00e0 quelques pas de chez Lorge) en plus des rumeurs selon lesquelles le nouveau chemin de fer vers les Laurentides aurait son terminus avenue du Mont-Royal<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> (\u00e9galement \u00e0 quelques pas de chez Lorge). Plusieurs promoteurs ont lanc\u00e9 des projets de d\u00e9veloppement au Coteau Saint-Louis en 1874\u20131875 avant que la bulle \u00e9clate, les espoirs envol\u00e9s; le d\u00e9veloppement urbain \u00e0 grande \u00e9chelle se fera surtout \u00e0 partir de 1895.<\/p>\n<p>Sur deux lots jumel\u00e9s donnant sur le c\u00f4t\u00e9 ouest de la rue Lorge, juste au nord de la rue des Carri\u00e8res, une paire de maisons semi-d\u00e9tach\u00e9es en brique est construite en 1874<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Avec un toit en mansarde et un pavillon central, l\u2019ensemble affiche son appartenance au style Second Empire. Ce style d\u2019origine fran\u00e7aise \u00e9tait au go\u00fbt du jour \u00e0 Montr\u00e9al<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>, ce qui le rendait sans doute incontournable pour Corneille Lorge. Les maisons n\u2019ont qu\u2019un \u00e9tage principal, exhauss\u00e9 de deux m\u00e8tres. Chacune des maisons est accessible par un court escalier, du c\u00f4t\u00e9 excentr\u00e9, donnant sur un porche. Ce n\u2019est pas tout&nbsp;: les combles d\u2019un toit en mansarde sont habitables, tandis que le demi-sous-sol en pierre calcaire fournit un grand espace pour la cuisine et l\u2019appartement de la domestique \u2013 ou sinon pour un logement secondaire. Ce sont donc de vraies maisons bourgeoises, dignes de la rue Saint-Denis ou Sainte-Famille en ville (fa\u00e7ade de pierre grise en moins), transplant\u00e9es au milieu des champs. Ou encore, pour faire une comparaison entre \u00e9gaux, si on fait abstraction de la porte-coch\u00e8re et de la tourelle, ces maisons ont beaucoup en commun (mat\u00e9riaux, style, dimensions) avec leurs contemporaines du c\u00f4t\u00e9 ouest de la rue Drolet, ou du c\u00f4t\u00e9 est de l\u2019avenue Laval, entre Roy et Duluth, sur le lotissement \u00ab&nbsp;Ferme Comte&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Concernant l\u2019architecte des maisons, on peut seulement faire une hypoth\u00e8se bas\u00e9e sur la proximit\u00e9 stylistique et g\u00e9ographique. Apr\u00e8s avoir pratiqu\u00e9 l\u2019architecture pendant une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, Michel Laurent (1834\u20131891)<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a> est devenu en 1872, en collaboration avec S\u00e9v\u00e8re Rivard, Gustave-Adolphe Drolet et Ferdinand David, promoteur du \u00ab&nbsp;Ferme Comte&nbsp;\u00bb, s\u2019\u00e9tendant entre la rue Roy et l\u2019avenue du Mont-Royal, dans l\u2019axe et \u00e0 l\u2019ouest de la rue Saint-Denis. Laurent est vraisemblablement l\u2019architecte des maisons en rang\u00e9e de la rue Drolet qu\u2019on vient de mentionner, ainsi que de la r\u00e9sidence de Drolet, la Villa Pia construite en 1875 au coin sud-ouest des rues Saint-Denis et Rachel (d\u00e9molie 1928)<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Sa propre maison de 1867 (dont la jumelle appartenait \u00e0 Ferdinand David), rue Saint-Denis au sud de la rue Ontario, abrite aujourd\u2019hui le Resto V\u00e9go. Laurent \u00e9tait un adepte du style Second Empire et ne manquait pas l\u2019occasion d\u2019incorporer une tourelle centrale dans ses r\u00e9sidences. C\u2019est donc un candidat pour les maisons Lorge \u2013 sans qu\u2019on puisse en avoir la certitude.<\/p>\n<p>Selon le plan de lotissement, plusieurs paires de maisons semblables devaient former une longue rang\u00e9e, chaque paire perc\u00e9e par une porte coch\u00e8re traversant le b\u00e2timent sous la tour, donnant acc\u00e8s \u00e0 la cour arri\u00e8re (aucune ruelle n\u2019\u00e9tait pr\u00e9vue et la rue Drolet n\u2019existait pas) o\u00f9 se trouvaient les hangars n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019entreposage du bois de chauffage, et probablement les latrines dans les premi\u00e8res ann\u00e9es; les \u00e9gouts ont tard\u00e9 \u00e0 arriver au Coteau Saint-Louis. La rue Lorge allait passer juste devant les escaliers laissant un petit jardin avant. La m\u00eame chose devait se r\u00e9p\u00e9ter de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rue. Dans les faits, la rue Lorge n\u2019a jamais d\u00e9pass\u00e9 le mur nord des maisons, et m\u00eame ce petit bout est devenu, environ 25 ans plus tard, leur cour avant.<\/p>\n<p>Les deux maisons sont lou\u00e9es \u00e0 partir de mai 1875 \u00e0 des commis. Les locataires sont inscrits \u00e0 l\u2019annuaire Lovell de 1875, section des banlieues, aux adresses 1 et 2 rue Lorge<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. Par la suite elles seront rarement vacantes et sans doute appr\u00e9ci\u00e9es par leurs occupants. Mais le reste du projet de lotissement tombe \u00e0 l\u2019eau, au moment o\u00f9 la famille Lorge entame une quinzaine d\u2019ann\u00e9es difficiles.<\/p>\n<p>Sophie Paquet meurt en d\u00e9cembre 1876. Corneille se remarie avec sa jeune ni\u00e8ce r\u00e9cemment arriv\u00e9e de Belgique. \u00c0 partir de 1880 ou 1881, la maison de droite (l\u2019actuel 4664 de Grand-Pr\u00e9) n\u2019est plus lou\u00e9e, mais occup\u00e9e par Corneille et sa jeune \u00e9pouse avec sa fille Anne. Anne et son mari Fran\u00e7ois-Xavier D\u00e9om, confiseur belge devenu agent de collection, y habitent sans interruption de 1886 \u00e0 1897.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de 1878, les taxes municipales ne sont plus pay\u00e9es r\u00e9guli\u00e8rement. Des fragments de la terre sont saisis et vendus en 1883 par la municipalit\u00e9 (r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s plus tard par la famille). Mais avec l\u2019urbanisation qui se poursuit, les taxes augmentent et des cotisations sp\u00e9ciales s\u2019ajoutent pour la construction d\u2019\u00e9gouts. Fran\u00e7ois-Xavier D\u00e9om paie de nombreuses d\u00e9penses de sa poche concernant les propri\u00e9t\u00e9s Lorge.<\/p>\n<p>Fin mai 1890, un mois et demi apr\u00e8s la mort de sa jeune \u00e9pouse, Corneille se remet aux soins de ses enfants. Il meurt \u00e0 son tour le 9 mai 1894, toujours dans la maison de droite.<\/p>\n<p>Pour payer les arr\u00e9rages de taxes et pouvoir partager leur h\u00e9ritage, les enfants Lorge d\u00e9cident de liquider le patrimoine au moyen d\u2019une vente aux ench\u00e8res sous l\u2019autorit\u00e9 de la justice en d\u00e9cembre 1896<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Les acheteurs sont les cousins L\u00e9onidas (1849\u20131913) et Joseph-Octave (1836\u20131901) Villeneuve, marchands et politiciens, et \u00c9douard D. Roy (1853\u20131906), agent immobilier, qui proc\u00e8dent rapidement \u00e0 la confection d\u2019un nouveau plan de lotissement dessin\u00e9 par Joseph-\u00c9mile Vanier<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>.<\/p>\n<p><div id=\"attachment_6452\" style=\"width: 260px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1911-3028516_281-extrait.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6452\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-6452\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1911-3028516_281-extrait-385x600.png\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"389\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1911-3028516_281-extrait-385x600.png 385w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1911-3028516_281-extrait-656x1024.png 656w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1911-3028516_281-extrait-768x1198.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1911-3028516_281-extrait.png 796w\" sizes=\"(max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6452\" class=\"wp-caption-text\">Plan d&#8217;assurance-incendie, vol 5 pl 281, 1911 (extrait) [BAnQ], montrant la porte coch\u00e8re et les hangars d\u2019origine qui encombrent l\u2019emprise \u00e9largie de la rue Drolet.<\/p><\/div>La rue Drolet est depuis quelques ann\u00e9es envisag\u00e9e le long de la limite ouest de la propri\u00e9t\u00e9; \u00e0 cette fin le nouveau plan r\u00e9serve 18 pieds de terrain, et d\u00e9place la rue centrale du lotissement de 18 pieds vers l\u2019est. En cons\u00e9quence, les maisons Lorge, implant\u00e9es selon le plan de lotissement original de 1874, b\u00e9n\u00e9ficient selon le nouveau plan (lot 197-140) d\u2019une cour avant plus profonde, au prix de perdre la plupart de leur cour arri\u00e8re. (Leurs hangars d\u2019origine se retrouvent au milieu de l\u2019emprise r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 la rue Drolet, enfin acquise par la Ville en 1929 au terme d\u2019une dispute prolong\u00e9e<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>.)<\/p>\n<p>La nouvelle rue centrale est appel\u00e9e Saint-\u00c9douard en 1900, en l\u2019honneur du copropri\u00e9taire \u00c9douard D. Roy, alors l\u2019un des conseillers municipaux du quartier Saint-Jean-Baptiste. Le conseil de ville change le nom en 1911 pour \u00ab&nbsp;Grand-Pr\u00e9&nbsp;\u00bb \u2013\u00a0lieu important dans l\u2019histoire de l\u2019Acadie mais sans rapport avec le quartier.<\/p>\n<p>De nouvelles maisons apparaissent dans cette rue en 1899, en commen\u00e7ant par la rang\u00e9e adjacente aux maisons Lorge (4668\u20134698 de Grand-Pr\u00e9). Ce sont huit duplex avec fa\u00e7ades en pierre grise et des galeries en bois, particuli\u00e8rement bien conserv\u00e9es. (Des maisons du m\u00eame type se trouvent ailleurs sur le Plateau \u2013\u00a0par exemple, rue Resther au nord de Mont-Royal \u2013 sans avoir re\u00e7u la m\u00eame qualit\u00e9 d\u2019entretien.) Comme c\u2019est souvent le cas pendant les ann\u00e9es 1890 et 1900, une fausse mansarde ponctu\u00e9e de fausses lucarnes d\u00e9core leur \u00e9tage sup\u00e9rieur; le toit, cependant, est plat, la norme de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Le terrain triangulaire entre les maisons Lorge et la rue des Carri\u00e8res (Gilford) reste vacant jusqu\u2019en 1910, lorsque les quincaillers Denis &amp; Fr\u00e8res y construisent un petit entrep\u00f4t et un ensemble triangulaire de logements. La publicit\u00e9 murale visible de la rue de Grand-Pr\u00e9 fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un locataire, North End Welding &amp; Radiators, pr\u00e9sent dans les annuaires entre 1921 et 1923. Le Th\u00e9\u00e2tre du Rideau-Vert acquiert la propri\u00e9t\u00e9 triangulaire en 1966. Les b\u00e2timents de 1910 sont d\u00e9molis et reconstruits en 2015, en conservant leurs \u00e9l\u00e9ments architecturaux d\u2019origine et m\u00eame la publicit\u00e9 murale<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>.<\/p>\n<p>Selon un partage des lots en d\u00e9cembre 1903, c\u2019est L\u00e9onidas Villeneuve qui devient seul propri\u00e9taire des maisons Lorge<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. \u00c0 la fin de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la porte coch\u00e8re est \u00e9limin\u00e9e en faveur d\u2019une nouvelle entr\u00e9e ind\u00e9pendante pour le sous-sol<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a> et une pi\u00e8ce avec une fen\u00eatre au centre du rez-de-chauss\u00e9e \u00e0 la jonction des deux maisons jumel\u00e9es. Les enfants et petits-enfants Villeneuve restent propri\u00e9taires (les maisons sont occup\u00e9es par une succession de locataires) jusqu\u2019en 1947, lorsque la propri\u00e9t\u00e9 est vendue \u00e0 Simone Duchesne. Des membres de la famille Duchesne avec d\u2019autres locataires vivront dans les maisons jusqu\u2019en 1963.<\/p>\n<p><div id=\"attachment_6453\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1952.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6453\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6453\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1952-600x407.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"407\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1952-600x407.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1952-1024x694.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1952-768x521.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1952-1536x1041.jpg 1536w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1952-2048x1388.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6453\" class=\"wp-caption-text\">La maison avec la famille Duchesne en 1952 [copie tir\u00e9e de l\u2019album de Jean-Paul Lauzon]<\/p><\/div>Jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, les maisons sont divis\u00e9es en quatre appartements; par la suite, le maximum sera trois. Le nouveau propri\u00e9taire en 1968 est artiste-peintre, tandis que celui de 1972 est Yvan Boulerice, photographe et \u00e9diteur, qui y am\u00e9nagera les bureaux de sa maison d\u2019\u00e9dition pendant sa tenure (1972\u20131977). C\u2019est vraisemblablement \u00e0 ce moment que le rev\u00eatement de brique est peint en beige. (La peinture jaune actuelle date de 2012.)<\/p>\n<div id=\"attachment_6454\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1977-05.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6454\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6454\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1977-05-600x493.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"493\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1977-05-600x493.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1977-05-1024x841.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1977-05-768x631.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1977-05-1536x1262.jpg 1536w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1977-05.jpg 1546w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6454\" class=\"wp-caption-text\">Mai 1977, peinte en beige, avant la restauration de Jean-Paul Lauzon<\/p><\/div>\n<p>En 1977, Jean-Paul Lauzon en devient copropri\u00e9taire, puis propri\u00e9taire seul de 1979 jusqu\u2019en 2008. C\u2019est lui qui a restaur\u00e9 le b\u00e2timent \u2013\u00a0en partie par n\u00e9cessit\u00e9 urgente, en partie \u00e0 cause d\u2019un programme de la Ville de Montr\u00e9al (PIQA, Programme d&#8217;intervention dans les quartiers anciens) en 1982-83, mais surtout \u00e0 cause de son attachement \u00e0 ces maisons. L\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 du toit est r\u00e9tablie, les r\u00e9parations effectu\u00e9es. Un solarium allongeant l\u2019espace habitable \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de quelques pieds (un ajout datant de la fin des ann\u00e9es 1910, suite \u00e0 la fermeture de la porte coch\u00e8re) est restaur\u00e9, tandis que les hangars qui d\u00e9paraient l\u2019arri\u00e8re sont d\u00e9molis en 1977. Pendant une dizaine d\u2019ann\u00e9es (1989\u20131998), Jean-Paul Lauzon et Bernard Autet y exploitent un g\u00eete du passant de cinq chambres nomm\u00e9 La maison de Grand-Pr\u00e9<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>.<\/p>\n<p>Depuis 2008, les propri\u00e9taires subs\u00e9quentes ont continu\u00e9 \u00e0 entretenir et \u00e0 moderniser les maisons. La configuration actuelle regroupe trois logements, avec un m\u00e9lange agr\u00e9able d\u2019\u00e9l\u00e9ments d\u2019origine conserv\u00e9s et d&#8217;ajouts bien choisis. Apr\u00e8s 150 ans, ayant retrouv\u00e9 leur \u00e9l\u00e9gance initiale, les maisons Lorge sont en bonne forme pour l\u2019avenir.<\/p>\n<p><div id=\"attachment_6457\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/maison-en-rangee-de-ville-plateau-mont-royal-1600-10154987.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6457\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6457\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/maison-en-rangee-de-ville-plateau-mont-royal-1600-10154987-600x450.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"450\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/maison-en-rangee-de-ville-plateau-mont-royal-1600-10154987-600x450.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/maison-en-rangee-de-ville-plateau-mont-royal-1600-10154987-1024x768.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/maison-en-rangee-de-ville-plateau-mont-royal-1600-10154987-768x576.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/maison-en-rangee-de-ville-plateau-mont-royal-1600-10154987-1536x1152.jpg 1536w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/maison-en-rangee-de-ville-plateau-mont-royal-1600-10154987.jpg 1600w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6457\" class=\"wp-caption-text\">Salon de la maison de gauche, 2019, montrant le plafonnier pour \u00e9clairage \u00e0 gaz [coll. Bernard Cooper]<\/p><\/div>Dans la foul\u00e9e du plan d\u2019urbanisme de 2004, elles sont d\u00e9sign\u00e9es \u00ab&nbsp;t\u00e9moin architectural significatif&nbsp;\u00bb par l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Recherche initiale&nbsp;: Marjolaine Poirier, Laboratoire d\u2019histoire et de patrimoine de Montr\u00e9al, UQAM, 2020<br \/>\nRecherches suppl\u00e9mentaires, analyse et r\u00e9daction&nbsp;: Justin Bur, M\u00e9moire du Mile End, 2024<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/lhpm.uqam.ca\/\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3909\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/logo-uqam-lhpm-petit.png\" alt=\"logo-uqam-lhpm-petit\" width=\"307\" height=\"121\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Remerciements&nbsp;: Jean-Paul Lauzon (documentation et discussion) et Bernard Cooper (visite des lieux et photos additionnelles).<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p><b><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Les-maisons-Lorge.pdf\">T\u00e9l\u00e9charger la version longue de ce texte<\/a><\/b> [PDF]<\/p>\n<p><b>Articles de Rose-Aim\u00e9e Automne T. Morin, <em>La Presse<\/em><\/b><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.lapresse.ca\/maison\/chroniques\/2023-01-28\/immobilier\/la-flamboyante-ruelle-des-veuves.php\">2023-01-28 \u00ab&nbsp;La flamboyante, ruelle des veuves&nbsp;\u00bb<\/a> <br \/>[correction importante: pour \u00ab&nbsp;En 1979, deux hommes ont transform\u00e9 la propri\u00e9t\u00e9 en maison de chambres&nbsp;\u00bb lire \u00ab&nbsp;En 1979, deux hommes ont transform\u00e9 la propri\u00e9t\u00e9 en g\u00eete du passant ou chambres d&#8217;h\u00f4te&nbsp;\u00bb]<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.lapresse.ca\/maison\/chroniques\/2023-03-05\/les-destins-croises-de-la-maison-jaune.php\">2023-03-05 \u00ab&nbsp;Les destins crois\u00e9s de la maison jaune&nbsp;\u00bb<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<hr \/>\n<h2>Notes<\/h2>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cornelius Lorge appara\u00eet dans l\u2019annuaire Mackay (futur Lovell) pour la premi\u00e8re fois en 1852, profession&nbsp;: chapelier. Plus tard, les publicit\u00e9s pour l\u2019entreprise de chapeaux indiqueront souvent \u00ab&nbsp;depuis 1852&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Exemples de publicit\u00e9s&nbsp;: C. Lorge, chapelier parisien, <em>La Minerve<\/em>, 22 septembre 1863, p. 3; Lorge &amp; cie, chapeliers parisiens, <em>Le journal du dimanche<\/em> [Montr\u00e9al], 20 septembre 1884, p. 8. Si on regarde l\u2019ensemble de ses publicit\u00e9s, toutefois, le mot \u00ab&nbsp;parisien&nbsp;\u00bb n\u2019appara\u00eet pas souvent.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> ANQ-M, CA601,S171,SS1,SSS2,D3-3-7 (le dossier contient en plus un plan de 1884). Merci \u00e0 Marjolaine Poirier de l\u2019avoir d\u00e9nich\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Voir r\u00e9sum\u00e9 dans Yves Desjardins, <em>Histoire du Mile End<\/em>, p. 60-65.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Au plus tard, au d\u00e9but du printemps 1875. Leur construction doit \u00eatre post\u00e9rieure au plan de lotissement du 11 mai 1874 et ant\u00e9rieure au d\u00e9but des baux du 1<sup>er<\/sup> mai 1875 (greffe du notaire J. A. O. Labadie, actes nos 126 et 128 du 28 avril 1875, ANQ-M CN601,S646).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Deux exemples notables&nbsp;: l\u2019H\u00f4tel de ville de Montr\u00e9al (Alexander Cowper Hutchison et Henri-Maurice Perrault, 1872\u20131878) et les maisons jumelles de Duncan McIntyre et Robert Brown, rue Dorchester (William Tutin Thomas, 1874\u20131876, mieux connues comme la maison Shaughnessy du Centre canadien d\u2019architecture).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Voir son entr\u00e9e dans Robert G. Hill, <em>Biographical Dictionary of Architects in Canada<\/em>, http:\/\/dictionaryofarchitectsincanada.org\/node\/1436<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Bernard Vall\u00e9e, \u00ab&nbsp;La Villa Pia&nbsp;: le ch\u00e2teau du Zouave&nbsp;\u00bb, <em>Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019histoire du Plateau Mont-Royal<\/em>, vol 17 no 1, printemps 2022, p. 16-17.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> D\u00e8s l\u2019ann\u00e9e suivante, les adresses sont chang\u00e9es pour la rue Carri\u00e8re, nouveau nom du chemin des Tanneries. Elles reviendront sur la rue transversale, devenue Saint-\u00c9douard (actuelle de Grand-Pr\u00e9), vers 1900.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Les d\u00e9tails sont donn\u00e9s dans le greffe du notaire L\u00e9onard-Ovide H\u00e9tu, acte no 13647 du 8 janvier 1897 (ANQ-M CN601,S468).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> \u00ab&nbsp;Subdivision d\u2019une partie du lot num\u00e9ro 197 du cadastre du Village incorpor\u00e9 de la C\u00f4te St Louis&nbsp;\u00bb, en deux parties&nbsp;: le 25 juin 1897, subdivisions 197-1 \u00e0 197-17 (pr\u00e8s de la rue Saint-Louis (Laurier)), d\u00e9pos\u00e9 au Registre foncier le 8 juillet 1897; et le 29 juillet 1897, subdivisions 197-18 \u00e0 197-142 (le reste de la terre), d\u00e9pos\u00e9 au Registre foncier le 11 ao\u00fbt 1897. Les deux sont sign\u00e9s par J. \u00c9mile Vanier, arpenteur-g\u00e9om\u00e8tre provincial, et les trois copropri\u00e9taires J. O. Villeneuve, L. Villeneuve et Ed. Roy.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> \u00ab&nbsp;Villeneuve Estate Recovers $11,812&nbsp;\u00bb, <em>The Gazette<\/em>, 26 avril 1927, p. 5.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Jacques Lachapelle, <em>Recherche pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019analyse de l\u2019int\u00e9r\u00eat patrimonial du 351\u2013361 rue Gilford<\/em>, d\u00e9cembre 2010. Anciennement <a href=\"http:\/\/ville.montreal.qc.ca\/pls\/portal\/docs\/PAGE\/ARROND_PMR_FR\/MEDIA\/DOCUMENTS\/351_361_GILFORD_ETUDE_PATRIMONIALE.pdf\">en ligne<\/a> sur le site de la Ville de Montr\u00e9al<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Pour l\u2019histoire \u00e0 partir de ce point, l\u2019album de Jean-Paul Lauzon, <em>L\u2019histoire d\u2019une maison&nbsp;: la maison de Grand-Pr\u00e9<\/em> (1997), donne beaucoup d\u2019informations utiles. Nous remercions M. Lauzon de nous avoir permis de le consulter. Cet album est rest\u00e9 dans les mains des propri\u00e9taires subs\u00e9quents des maisons.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> \u00c0 partir de l\u2019annuaire de 1913, les maisons sont divis\u00e9es en trois appartements (2, 2a, 4); d\u00e8s 1917, il y en a quatre (2, 2a, 4, 4a), ce qui sugg\u00e8re que l\u2019espace de la porte coch\u00e8re a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9. Le plan d\u2019assurance de 1920 montre la configuration \u00e0 4 adresses.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Le g\u00eete est inscrit dans les guides touristiques, et aura la chance d\u2019\u00eatre mentionn\u00e9 dans un article du <em>New York Times<\/em> donnant des suggestions de choses \u00e0 faire \u00e0 Montr\u00e9al (\u201cWhat\u2019s Doing in Montreal\u201d, 11 f\u00e9vrier 1990, section 5 (Travel), p. 10).<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une paire de maisons jumel\u00e9es rev\u00eatues de brique rouge (peinte en jaune), avec un toit en mansarde coiff\u00e9 d\u2019une tourelle, sises en retrait de la pittoresque rue de Grand-Pr\u00e9&nbsp;: cela ne manque pas d\u2019attirer la curiosit\u00e9. Exceptionnelles tout au long de leur existence, ces maisons arrivent en 2024 \u00e0 leur 150e anniversaire. 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