{"id":6616,"date":"2025-09-04T14:46:18","date_gmt":"2025-09-04T18:46:18","guid":{"rendered":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/?p=6616"},"modified":"2026-02-11T14:07:40","modified_gmt":"2026-02-11T19:07:40","slug":"un-batisseur-de-lannexe-robert-neville","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/un-batisseur-de-lannexe-robert-neville\/","title":{"rendered":"Un b\u00e2tisseur de l&#8217;Annexe : Robert Neville"},"content":{"rendered":"<p><em>Robert Neville fils est l\u2019un des pionniers de Montr\u00e9al Annexe, un nouveau quartier r\u00e9sidentiel cr\u00e9\u00e9 par des promoteurs torontois sur d\u2019anciennes terres agricoles dans la partie ouest du Mile End au d\u00e9but des ann\u00e9es 1890. Fils de charpentier, il fait ses d\u00e9buts dans ce m\u00e9tier avec son p\u00e8re. Le d\u00e9veloppement de l\u2019Annexe va lui donner l\u2019occasion de devenir un important constructeur de maisons et le conduira \u00e0 se lancer en politique municipale. Neville sera aussi un des b\u00e2tisseurs les plus actifs \u00e0 Outremont lorsque cette banlieue d\u00e9tr\u00f4nera l\u2019Annexe comme quartier r\u00e9sidentiel exclusif au cours des d\u00e9cennies 1910-1920<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a>.<\/em><\/p>\n<div id=\"attachment_6618\" style=\"width: 810px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Charney_1971.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6618\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6618 size-large\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Charney_1971-800x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"1024\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Charney_1971-800x1024.jpg 800w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Charney_1971-468x600.jpg 468w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Charney_1971-768x984.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Charney_1971-1199x1536.jpg 1199w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Charney_1971.jpg 1400w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6618\" class=\"wp-caption-text\">Les cottages construits par Robert Neville, rue Waverly. Photo de 1971 par Melvin Charney, <a href=\"https:\/\/www.cca.qc.ca\/en\/search\/details\/collection\/object\/1462\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Centre canadien d&#8217;architecture.<\/a><\/p><\/div>\n<p><u>L\u2019ouverture de la rue Waverly<\/u><\/p>\n<p>Le 12 octobre 1896, Robert Neville fils (1862-1926), un charpentier \u00e2g\u00e9 de 34 ans d&#8217;origine irlandaise, se rend aux bureaux du notaire William Marler, rue Saint-Jacques. Il vient y signer l\u2019acte de vente d\u2019un lot appartenant \u00e0 Henrietta Jackson situ\u00e9 rue Waverly, au c\u0153ur du projet immobilier <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/montreal-annex-a-strictly-high-class-suburb\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Montr\u00e9al Annexe<\/a>, lanc\u00e9 cinq ans plus t\u00f4t. Ce qu\u2019il y a d\u2019inusit\u00e9 dans cette transaction, c\u2019est qu\u2019Henrietta Jackson avait acquis ce lot quelques semaines auparavant \u00e0 peine, soit le 30 juillet. De plus, elle le revend \u00e0 Neville au m\u00eame prix alors pay\u00e9, soit 355 $, ne faisant ainsi aucun profit.<\/p>\n<div id=\"attachment_6619\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1906_Neville_ExpansionduCanada.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6619\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6619 size-medium\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1906_Neville_ExpansionduCanada-600x596.png\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"596\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1906_Neville_ExpansionduCanada-600x596.png 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1906_Neville_ExpansionduCanada-150x150.png 150w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1906_Neville_ExpansionduCanada-768x763.png 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1906_Neville_ExpansionduCanada.png 916w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6619\" class=\"wp-caption-text\">Robert Neville fils. Tir\u00e9 de <em>L&#8217;expansion du Canada<\/em>, 1906.<\/p><\/div>\n<p>Les conditions de la vente permettent de mieux comprendre l\u2019affaire : Henrietta Jackson est l\u2019\u00e9pouse d\u2019un entrepreneur en construction, Peter Wand. Lors de la signature de leur acte de vente, le 30 septembre 1896<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, le notaire Marler leur a aussi pr\u00eat\u00e9 la somme de 300 $ garantie par une hypoth\u00e8que sur le lot et la maison qui y est en construction. L\u2019acte de pr\u00eat pr\u00e9cise m\u00eame que les fondations sont termin\u00e9es et que le ma\u00e7on qui les a r\u00e9alis\u00e9es a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pay\u00e9. Or, quand le couple Jackson-Wand revend la propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 Neville, le nouvel acte stipule que celui-ci s\u2019engage \u00e0 compl\u00e9ter cette maison avant le 1<sup>er<\/sup> mars suivant, le tout en conformit\u00e9 avec les plans et devis pr\u00e9par\u00e9s par les architectes James Wright et fils. Le document ajoute que le vendeur conserve le droit de reprendre la propri\u00e9t\u00e9 moyennant compensation \u00e0 Neville, mais que, s\u2019il n\u2019exerce pas cette option d\u2019ici au 1<sup>er<\/sup> mai 1897, Neville deviendra le seul propri\u00e9taire des lieux.<\/p>\n<p>On peut donc en conclure que Wand \u00e9prouve des difficult\u00e9s financi\u00e8res, et que, inquiets pour leur cr\u00e9ance et pour le sort du chantier en cours, le notaire et les architectes ont trouv\u00e9 un nouvel entrepreneur<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Il faut souligner que la rue Waverly, m\u00eame si elle a \u00e9t\u00e9 trac\u00e9e d\u00e8s 1892, n\u2019est encore que virtuelle\u00a0: le chantier de Peter Wand est situ\u00e9 au beau milieu d\u2019un champ, et les infrastructures requises pour son urbanisation \u2013 pavage, trottoirs, eau, \u00e9gouts, \u00e9lectricit\u00e9 \u2013 n\u2019existent pas encore. Peter Wand et James Wright (1833-1911) avaient d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 ensemble\u00a0: le premier a construit une manufacture de meubles \u00e0 Griffintown con\u00e7ue par le second<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. James Wright a lui aussi commenc\u00e9 sa carri\u00e8re comme charpentier avant de se consacrer exclusivement \u00e0 l\u2019architecture ; s\u2019il se tourne vers Neville pour reprendre le projet de la rue Waverly, c\u2019est peut-\u00eatre parce qu\u2019il l\u2019a \u00e9galement connu, lui ou son p\u00e8re, sur les chantiers montr\u00e9alais. Et si l\u2019Annexe int\u00e9resse James Wright, ce n\u2019est sans doute pas \u00e9tranger au fait qu\u2019il r\u00e9side \u00e0 Saint-Lambert, une banlieue qui se d\u00e9veloppe pendant la m\u00eame p\u00e9riode autour de la gare du Grand Tronc du c\u00f4t\u00e9 sud du pont Victoria. Il y a con\u00e7u plusieurs r\u00e9sidences, commerces et \u00e9glises\u00a0: Wright esp\u00e8re probablement que l\u2019Annexe conna\u00eetra un essor semblable.<\/p>\n<div id=\"attachment_6620\" style=\"width: 439px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/James-Wright-1901.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6620\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6620\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/James-Wright-1901-429x600.jpg\" alt=\"\" width=\"429\" height=\"600\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/James-Wright-1901-429x600.jpg 429w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/James-Wright-1901.jpg 546w\" sizes=\"(max-width: 429px) 100vw, 429px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6620\" class=\"wp-caption-text\">L&#8217;architecte James Wright. Tir\u00e9 de <em>Men of Canada<\/em>, 1901.<\/p><\/div>\n<p>Or, lanc\u00e9 au tout d\u00e9but des ann\u00e9es 1890, ce projet immobilier conna\u00eet des d\u00e9buts difficiles\u00a0: une r\u00e9cession paralyse l\u2019\u00e9conomie montr\u00e9alaise depuis 1893 ; le tramway \u00e9lectrique, pr\u00e9sent\u00e9 comme la clef du d\u00e9veloppement des nouvelles banlieues, ne relie toujours pas de fa\u00e7on fiable l\u2019Annexe au centre-ville, malgr\u00e9 des promesses r\u00e9p\u00e9t\u00e9es ; la majorit\u00e9 des lots vendus l\u2019ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 des sp\u00e9culateurs qui, misant sur une revente rapide, n\u2019y b\u00e2tissent rien. Une compagnie, la Montreal Investment &amp; Freehold, a \u00e9t\u00e9 form\u00e9e \u00e0 la fin de 1895 pour relancer l\u2019Annexe\u00a0: ses administrateurs ont compris qu\u2019ils doivent aussi attirer des constructeurs, comme en t\u00e9moigne cette annonce : \u00ab On demande\u2026 des constructeurs, des entrepreneurs, des charpentiers pour construire \u00e0 Montr\u00e9al Annexe. [Lots \u00e0] seulement 25$ comptant<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. \u00bb La compagnie recourt aussi \u00e0 la vente \u00e0 temp\u00e9rament et offre des pr\u00eats pour financer l\u2019\u00e9rection des maisons. Elle a \u00e9galement r\u00e9alis\u00e9 que la demande n\u2019est pas suffisante pour r\u00e9server tous ses lots \u00e0 des r\u00e9sidences unifamiliales, tel que pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019origine : l\u2019\u00e9rection de duplex et de triplex locatifs est maintenant permise. D\u2019ailleurs, lorsque Neville ach\u00e8te d&#8217;autres lots, en 1897, la clause interdisant l\u2019\u00e9rection de \u00ab Tenement Houses \u00bb (synonyme de triplex) a \u00e9t\u00e9 ray\u00e9e \u00e0 la main du contrat standard imprim\u00e9.<\/p>\n<p>Robert Neville a aussi plus de chance que Peter Wand puisque lorsqu\u2019il termine, au cours du printemps 1897, la maison commenc\u00e9e par ce dernier, Ville Saint-Louis a enfin entrepris les travaux requis pour l\u2019ouvertures de la rue<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Cette toute premi\u00e8re r\u00e9sidence de la rue Waverly existe toujours\u00a0: situ\u00e9e au 47-49 (5297-5299 aujourd\u2019hui), il s\u2019agit d\u2019un duplex. Il est cependant plus spacieux que les duplex plus anciens situ\u00e9s dans la partie ouvri\u00e8re du Mile End, \u00e0 l\u2019est du boulevard Saint-Laurent<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. Les architectes ont aussi soign\u00e9 la fa\u00e7ade : le logement du rez-de-chauss\u00e9e est sur\u00e9lev\u00e9 par rapport \u00e0 la rue ; il poss\u00e8de des fen\u00eatres en baie (oriels) qui servent d\u2019appui au balcon de l\u2019\u00e9tage ; le toit plat est camoufl\u00e9 par un couronnement fait de tuiles d\u2019ardoise et de pignons de bois ouvr\u00e9 inspir\u00e9s des fausses mansardes. De tels logements sont destin\u00e9s \u00e0 une client\u00e8le de cols blancs, un groupe alors en pleine expansion : les premiers locataires de Neville sont commis ou \u00ab vendeurs d\u2019ameublements pour gentlemen. \u00bb De plus, contrairement aux premiers duplex montr\u00e9alais, situ\u00e9s directement face au trottoir sans marge de recul, celui de Neville est s\u00e9par\u00e9 de la rue par un terrain gazonn\u00e9 agr\u00e9ment\u00e9 par des arbustes et des fleurs. Cet espace vert est d\u2019ailleurs une exigence de la Freehold, impos\u00e9e avant que les municipalit\u00e9s n\u2019aient recours \u00e0 des r\u00e8glements de zonage.<\/p>\n<div id=\"attachment_6617\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/5297_5299_Waverly.jpeg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6617\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6617 size-medium\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/5297_5299_Waverly-600x565.jpeg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"565\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/5297_5299_Waverly-600x565.jpeg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/5297_5299_Waverly-1024x964.jpeg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/5297_5299_Waverly-768x723.jpeg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/5297_5299_Waverly-1536x1446.jpeg 1536w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/5297_5299_Waverly.jpeg 2025w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6617\" class=\"wp-caption-text\">La premi\u00e8re maison de la rue Waverly, construite en 1896-1897 par Robert Neville. Le cottage \u00e0 gauche a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 construit par lui en 1899. Photo : Yves Desjardins, 2025.<\/p><\/div>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Les premiers cottages de la rue Waverly<\/span><\/p>\n<p>Robert Neville ne renonce pas pour autant aux r\u00e9sidences unifamiliales. Le 25 septembre 1897, il ach\u00e8te de la Freehold trois terrains situ\u00e9s en face de son premier duplex, du c\u00f4t\u00e9 ouest de la rue. La vente est conclue pour la somme de 2245 $, que Neville paye comptant<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Il fait ensuite de nouveau appel aux architectes James Wright et fils, cette fois pour concevoir un ensemble de sept cottages en rang\u00e9e<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. C\u2019est la Freehold qui finance la construction des maisons : le 2 novembre 1897, le Coll\u00e8ge presbyt\u00e9rien de Montr\u00e9al pr\u00eate 11 200 $ \u00e0 Neville. Cette somme est garantie par les cottages en construction, qui doivent \u00eatre termin\u00e9s pour le printemps 1898. Celui qui signe l\u2019acte de pr\u00eat se nomme David Morrice : non seulement c\u2019est le pr\u00e9sident du Coll\u00e8ge presbyt\u00e9rien et un des magnats du textile canadien, c&#8217;est \u00e9galement le pr\u00e9sident de la Montreal Investment &amp; Freehold Company.<\/p>\n<div id=\"attachment_6623\" style=\"width: 468px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CN601S448P_027949-scaled.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6623\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6623\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CN601S448P_027949-458x600.jpg\" alt=\"\" width=\"458\" height=\"600\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CN601S448P_027949-458x600.jpg 458w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CN601S448P_027949-782x1024.jpg 782w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CN601S448P_027949-768x1005.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CN601S448P_027949-1174x1536.jpg 1174w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CN601S448P_027949-1565x2048.jpg 1565w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/06M_CN601S448P_027949-scaled.jpg 1956w\" sizes=\"(max-width: 458px) 100vw, 458px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6623\" class=\"wp-caption-text\">Document adress\u00e9 \u00e0 Robert Neville fils, sur papier \u00e0 ent\u00eate de la Montreal Investment &amp; Freedhold Company, BAnQ.<\/p><\/div>\n<p>Au cours du printemps 1898, Robert Neville emm\u00e9nage avec son \u00e9pouse, Clara Jane Wilkinson, et leur fille de deux ans, Mabel, dans la premi\u00e8re maison de la s\u00e9rie, celle situ\u00e9e la plus au sud, au 38 rue Waverly (le 5292 aujourd\u2019hui). Il publie \u00e9galement des annonces pour vendre ses autres maisons, d\u00e9crites comme des \u00ab Terrace houses \u00bb : \u00ab Belle r\u00e9sidence en briques de deux \u00e9tages. Tout y est de premi\u00e8re classe, avec les am\u00e9liorations les plus modernes. Une seule reste \u00e0 vendre.<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a> \u00bb Les \u00ab Terrace Houses \u00bb, d\u2019inspiration britannique, ont surtout \u00e9t\u00e9 construites \u00e0 Montr\u00e9al dans la partie sud du Mille Carr\u00e9 dor\u00e9 pendant les d\u00e9cennies 1850-1860. Il s\u2019agissait de maisons individuelles en rang\u00e9e, rassembl\u00e9es derri\u00e8re une fa\u00e7ade commune monumentale afin de donner l\u2019impression d\u2019un seul \u00e9difice. Si elles ont pu inspirer les architectes pour leur projet de la rue Waverly, il s&#8217;agit-l\u00e0 d&#8217;une version nettement plus modeste : ils ont voulu faire une composition d\u2019ensemble avec les fa\u00e7ades en alternant des couronnements horizontaux recouverts de tuiles d\u2019ardoise avec d\u2019autres dot\u00e9s de pignons, reli\u00e9s entre eux par des moulures en bois ouvrag\u00e9. Chaque maison est dot\u00e9e d\u2019une v\u00e9randa pleine largeur prot\u00e9g\u00e9e par un toit de t\u00f4le inclin\u00e9 agr\u00e9ment\u00e9 d\u2019un pignon de bois peint, le tout soutenu par des colonnes en bois tourn\u00e9 ; des frises d\u00e9corent le dessous de ces toits, afin de renforcer l\u2019impression de continuit\u00e9 entre les maisons.<\/p>\n<p>De plus, alors que les lots \u00e9taient con\u00e7us pour h\u00e9berger des maisons d\u2019une largeur de 25 pieds, les cottages construits par Neville n\u2019ont qu\u2019environ 21 pieds et demi de fa\u00e7ade ; cela lui permet d\u2019ajouter une septi\u00e8me maison au bout de la rang\u00e9e. D\u2019autres publicit\u00e9s d\u00e9crivent l\u2019int\u00e9rieur de ces \u00ab \u00e9l\u00e9gants cottages \u00bb :\u00a0 la finition int\u00e9rieure est en cerisier et en noyer ; ils sont \u00ab magnifiquement d\u00e9cor\u00e9s avec du papier peint \u00bb ; les fen\u00eatres sont agr\u00e9ment\u00e9es de vitraux ; le salon dispose d\u2019un foyer au gaz avec linteau ; la cuisine, la salle de bains et la pi\u00e8ce de lavage sont dot\u00e9s d\u2019\u00e9viers et de bassins \u00e9maill\u00e9s blancs ; le chauffage est assur\u00e9 par une fournaise au gaz dernier cri ; la cave est ciment\u00e9e et toute la maison poss\u00e8de des planchers de bois franc<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>.<\/p>\n<p>Cependant, lorsque Neville affirme, dans son annonce de mai 1898, qu\u2019il ne lui reste qu\u2019une maison \u00e0 vendre, il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un pieux mensonge. Car il ne vend son premier cottage, adjacent au sien, qu\u2019au d\u00e9but du mois de juillet suivant : l\u2019acheteur se nomme Thomas DeWitt, un t\u00e9l\u00e9phoniste de 28 ans. Lui et son \u00e9pouse, Margaret, sont les parents de deux petites filles \u00e2g\u00e9es de 3 et 1 an. La transaction, conclue pour la somme de 3000 $, est financ\u00e9e en partie par Neville lui-m\u00eame puisqu\u2019il accorde une hypoth\u00e8que de 2000 $ \u00e0 l\u2019acheteur. La vente suivante a lieu le 11 juillet lorsque le r\u00e9v\u00e9rend Duncan McDonald ach\u00e8te le 44 (5304 aujourd\u2019hui) pour la m\u00eame somme. \u00c2g\u00e9 de 62 ans, ce dernier vient tout juste de quitter son poste de mod\u00e9rateur du synode presbyt\u00e9rien de Montr\u00e9al et Ottawa. Mais les autres transactions se font \u00e0 pas de tortue. \u00c0 tel point que le 14 juillet, Neville publie une nouvelle annonce affirmant qu\u2019il lui reste \u00ab deux ou trois cottages \u00e0 vendre \u00e0 prix r\u00e9duit. Une bonne affaire pour un acheteur rapide<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. \u00bb. La prochaine vente de Neville, la seule cette ann\u00e9e-l\u00e0, n\u2019a lieu qu\u2019au d\u00e9but de 1899 lorsque Frank Draper, un voyageur de commerce, ach\u00e8te le 46 (5308). \u00a0Ses deux autres maisons restent vacantes et il doit se r\u00e9signer \u00e0 les offrir en location.<\/p>\n<div id=\"attachment_6621\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1980_rue_Waverly.jpeg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6621\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6621 size-large\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1980_rue_Waverly-1024x733.jpeg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"733\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1980_rue_Waverly-1024x733.jpeg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1980_rue_Waverly-600x430.jpeg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1980_rue_Waverly-768x550.jpeg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1980_rue_Waverly.jpeg 1424w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6621\" class=\"wp-caption-text\">Les cottages construits par Robert Neville photographi\u00e9s en 1981. Les fa\u00e7ades d&#8217;origine sont rest\u00e9es intactes, sauf pour ceux convertis en duplex, comme celui \u00e0 gauche. Un balcon a alors \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9 pour l&#8217;appartement de l&#8217;\u00e9tage et le pignon supprim\u00e9. Photo de Nancy H\u00e9roux.<\/p><\/div>\n<p>Au bout de la rang\u00e9e de sept cottages il reste de l&#8217;espace pour deux maisons encore plus \u00e9troites, 19 pieds chacune (car la <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/la-rue-groll\/\">rue Groll<\/a> a grug\u00e9 12 pieds). La premi\u00e8re (5320), plut\u00f4t sobre, est construite en 1898 par William F. Goodbody. Celle qui fait le coin (5324), avec une grande saillie, est construite par Neville au printemps 1900 et rapidement vendue.<\/p>\n<p>D\u2019autres charpentiers, canadiens-fran\u00e7ais cette fois, entreprennent la construction de cottages en rang\u00e9e le long de la rue Waverly au cours de la m\u00eame p\u00e9riode. Le premier entrepreneur, Roch Magnan, en b\u00e2tit quatre, du c\u00f4t\u00e9 est de la rue juste au nord de l\u2019avenue Fairmount, au cours de l\u2019hiver 1898. Tout comme Neville, il demeurera quelques ann\u00e9es dans l\u2019une de ses maisons avant de se lancer dans d\u2019autres projets. Le second, \u00c9mile Niquet, ach\u00e8te le 26 octobre 1898 trois lots de la Freehold, cette fois du c\u00f4t\u00e9 ouest, tout de suite apr\u00e8s la petite rue Groll, situ\u00e9e plus au nord. Dans son cas, il s\u2019agit d\u2019une <u>promesse <\/u>de vente\u00a0: le contrat stipule que tant que l\u2019acheteur n\u2019aura pas pay\u00e9 au moins la moiti\u00e9 du prix de vente, il ne sera aucunement propri\u00e9taire des lots qui demeureront en la possession de la compagnie. Celle-ci pourra \u00e9galement annuler l\u2019accord \u00e0 tout moment si l\u2019acheteur fait d\u00e9faut<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>. Il s\u2019agit de projets plus haut de gamme que ceux de Neville, puisque Magnan et Niquet \u00e9rigent des maisons de style Second Empire avec fa\u00e7ades de pierre grise, tourelles et fen\u00eatres en baie (oriels).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cottages_Magnan.jpeg\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6649 aligncenter\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cottages_Magnan-600x586.jpeg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"586\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cottages_Magnan-600x586.jpeg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cottages_Magnan-1024x1001.jpeg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cottages_Magnan-768x751.jpeg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cottages_Magnan.jpeg 1280w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><\/p>\n<div id=\"attachment_6650\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cottages_Niquet.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6650\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6650 size-medium\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cottages_Niquet-600x476.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"476\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cottages_Niquet-600x476.jpg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cottages_Niquet-1024x813.jpg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cottages_Niquet-768x610.jpg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Cottages_Niquet.jpg 1280w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6650\" class=\"wp-caption-text\">Ensembles de maisons en rang\u00e9e contemporains de ceux de Robert Neville, rue Waverly : le premir a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par Roch Magnan et le second par \u00c9mile Niquet. Photos d&#8217;Yves Desjardins, 2024.<\/p><\/div>\n<p>La Freehold s\u2019associe \u00e9galement \u00e0 Neville pour conclure des ventes incluant la construction d\u2019une maison : ainsi, le 20 mai 1899, Agnes Williams, \u00e9pouse d\u2019Henry Blanchford, comptable, ach\u00e8te un cottage adjacent, du c\u00f4t\u00e9 nord, au duplex construit par Neville en 1897. L\u2019acte de vente pr\u00e9cise que la transaction est conclue en vertu d\u2019un promesse de vente sous seing priv\u00e9 sign\u00e9e le 21 janvier 1899 pour la somme de 316,67 $. Le document ajoute : \u00ab \u00c0 cette vente intervient Robert Neville Jr., b\u00e2tisseur, qui, ayant \u00e9tant partie \u00e0 cette promesse, reconna\u00eet avoir re\u00e7u 3000 $ de la part de l\u2019acheteur, et, puisque l\u2019acheteur se dit satisfait de la maison en briques de deux \u00e9tages construite sur ce lot par lui, celle-ci et son prix sont incluses dans cet acte<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. \u00bb La m\u00eame formule est utilis\u00e9e lors de la vente de deux cottages adjacents identiques. M\u00eame si, dans ces cas, il n\u2019a pu \u00eatre \u00e9tabli s\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us par les architectes James Wright et fils, c&#8217;est probablement le cas puisque leur style est semblable \u00e0 celui des cottages construits en face l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente par Neville.<\/p>\n<p><u>Nouvel essor et nouveaux partenariats<\/u><\/p>\n<p>Il n\u2019en reste pas moins que la rue Waverly se d\u00e9veloppe au ralenti. En 1900, elle ne compte que 21 adresses occup\u00e9es et aucune construction au nord de la rue Groll, \u00e0 l\u2019exception des cottages d\u2019\u00c9mile Niquet. Et on a vu que Neville a d\u00fb se r\u00e9soudre \u00e0 louer des maisons pour lesquelles il n\u2019a pu trouver d\u2019acheteur. Cette situation n\u2019est pas \u00e9trang\u00e8re au fait que le service de tramway, sur lequel repose une bonne partie du marketing de l\u2019Annexe, est erratique depuis les d\u00e9buts du projet. La Freehold esp\u00e8re que la page est enfin tourn\u00e9e en 1901, lorsque la Montreal Street Railway prend le contr\u00f4le de la compagnie rivale, en s\u00e9rieuses difficult\u00e9s financi\u00e8res, qui dessert les banlieues. Les promoteurs de l\u2019Annexe publient alors des publicit\u00e9s pleine page dans les quotidiens montr\u00e9alais : elles annoncent que le \u00ab temps officiel des tramways \u00e9lectriques \u00bb est maintenant disponible et claironnent que plus de 700 maisons ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 construites, \u00ab&nbsp;nonobstant le fait que jusqu\u2019\u00e0 la semaine derni\u00e8re il n\u2019y avait pour ainsi dire aucun service de tramway<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>.&nbsp;\u00bb Neville profite lui aussi de l\u2019occasion pour s\u2019offrir ce qui serait qualifi\u00e9 aujourd\u2019hui de publireportage\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>Mr. Robert Neville jr. ci-devant l\u2019un des plus grands constructeurs de Westmount, qui a obtenu tant de succ\u00e8s dans ses constructions dans l\u2019annexe de Montr\u00e9al, commencera imm\u00e9diatement l\u2019\u00e9rection d\u2019une couple de cottages sur l\u2019avenue du Parc, maintenant que les tramways circulent dans l\u2019annexe. M. Neville construira sur une tr\u00e8s large \u00e9chelle, et il se propose d\u2019\u00e9riger au moins 28 cottages l\u2019ann\u00e9e prochaine<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<div id=\"attachment_6629\" style=\"width: 751px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1901_11_08_LP_Annexe.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6629\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-6629\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1901_11_08_LP_Annexe.jpg\" alt=\"\" width=\"741\" height=\"800\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1901_11_08_LP_Annexe.jpg 741w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/1901_11_08_LP_Annexe-556x600.jpg 556w\" sizes=\"(max-width: 741px) 100vw, 741px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6629\" class=\"wp-caption-text\">Publicit\u00e9 de la Montreal Investment &amp; Freehold, <em>La Presse<\/em>, 8 novembre 1901.<\/p><\/div>\n<p>Depuis le printemps 1900, en effet, la Freehold s\u2019est associ\u00e9e \u00e0 Neville et \u00e0 un inspecteur d\u2019assurances nomm\u00e9 Cyprien G\u00e9linas (1842-1928), pour racheter les lots vacants de l\u2019avenue du Parc d\u00e9tenus par des sp\u00e9culateurs torontois. Ainsi, le 10 avril 1900, Thomas Henry Yeoman, un prosp\u00e8re chimiste torontois, revend \u00e0 G\u00e9linas et \u00e0 Neville un important bloc de lots achet\u00e9s en mars 1891. Le secr\u00e9taire-tr\u00e9sorier de la Freehold, Thomas Badgley, agit comme interm\u00e9diaire puisque c\u2019est lui qui repr\u00e9sente le Torontois lors de la signature de l\u2019acte de vente. La compagnie s\u2019allie ainsi \u00e0 un entrepreneur pr\u00eat \u00e0 b\u00e2tir des maisons avenue du Parc, et \u00e0 un notable de l\u2019Annexe qui se fera \u00e9lire maire de Ville Saint-Louis quelques mois plus tard, soit le 4 f\u00e9vrier 1901. Le 2 juillet 1902, G\u00e9linas revend \u00e0 Neville sa part des lots de l\u2019avenue du Parc ; la Freehold pr\u00eate ensuite 11 000 $ \u00e0 Neville pour financer la construction de r\u00e9sidences. Il s\u2019agit notamment de trois duplex situ\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 est de l\u2019avenue, juste au nord de la rue Saint-Viateur. Neville d\u00e9m\u00e9nagera dans l\u2019un d\u2019entre eux en 1904 ; lui et sa famille y vivront jusqu\u2019\u00e0 leur d\u00e9part pour Outremont en 1910. Un de ces duplex a surv\u00e9cu, plus ou moins intact : situ\u00e9 au 5585-5587 avenue du Parc, il abrite aujourd\u2019hui les bureaux du festival POP Montr\u00e9al. Auparavant, ce fut l\u2019emplacement, pendant pr\u00e8s d\u2019un demi-si\u00e8cle de <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/portraits-mariages-passeports\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Regent Photos<\/a>, un studio bien connu de la communaut\u00e9 juive montr\u00e9alaise.<\/p>\n<div id=\"attachment_6628\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Duplex_Neville_Parc.jpeg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6628\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6628 size-large\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Duplex_Neville_Parc-1024x666.jpeg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"666\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Duplex_Neville_Parc-1024x666.jpeg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Duplex_Neville_Parc-600x390.jpeg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Duplex_Neville_Parc-768x499.jpeg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Duplex_Neville_Parc-1536x998.jpeg 1536w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Duplex_Neville_Parc.jpeg 1920w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6628\" class=\"wp-caption-text\">Les trois duplex construits par Neville en 1903-1904 avenue du Parc. Seul celui du centre a conserv\u00e9 quelques \u00e9l\u00e9ments d&#8217;origine. Photo d&#8217;Yves Desjardins, 2025.<\/p><\/div>\n<p>Dans d\u2019autres cas, G\u00e9linas et Neville seront partenaires pour reprendre des lots \u00e0 des acheteurs qui n\u2019ont pu respecter leurs obligations. Les nombreuses transactions autour de deux duplex construits par Neville, rue Waverly, pendant l\u2019automne 1902 ont valeur d\u2019exemple : situ\u00e9s un peu plus au sud (5277-5283 rue Waverly aujourd\u2019hui) que celui \u00e9rig\u00e9 en 1897, ils sont identiques \u00e0 celui-ci \u00e0 la diff\u00e9rence pr\u00e8s qu\u2019une simple corniche de bois ouvrag\u00e9 remplace la fausse mansarde du plus ancien. Neville a fait l\u2019acquisition du lot le 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1902 ; il l\u2019ach\u00e8te de Jessie Campbell, \u00e9pouse de William Black, qui l\u2019avait elle-m\u00eame achet\u00e9 de la Freehold le 19 septembre 1899. Elle l\u2019a pay\u00e9 700 $ dont 400 $ comptant. Charles Gurd, un riche embouteilleur montr\u00e9alais bien connu et un investisseur dans l\u2019Annexe, lui pr\u00eate la balance. Ce pr\u00eat venant \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance le 16 ao\u00fbt 1902, Jessie Campbell et William Black n\u2019ont probablement pas les moyens de le rembourser puisqu\u2019ils revendent le lot \u00e0 Neville au m\u00eame prix qu\u2019en 1899, donc sans faire de profit. Celui-ci rembourse Gurd et Cyprien G\u00e9linas finance le tout en pr\u00eatant 2\u00a0250 $ \u00e0 Neville pour construire les deux duplex.<\/p>\n<p>En f\u00e9vrier 1903, Neville met en vente les deux duplex. Il demande 4 500 $ pour l\u2019un d\u2019entre eux et 3 800 $ pour le deuxi\u00e8me (la diff\u00e9rence de prix s\u2019explique par le fait que le premier dispose d\u2019une \u00e9curie dans la cour arri\u00e8re). Le 5 mars 1903, Gilchrist Collard, un voyageur de commerce, ach\u00e8te un des deux duplex. Il emm\u00e9nage alors au rez-de-chauss\u00e9e et loue l\u2019\u00e9tage. Le 8 juin suivant, Collard ach\u00e8te le second duplex adjacent. Le m\u00eame jour, il renonce \u00e9galement \u00e0 une promesse de vente sous seing priv\u00e9 sign\u00e9e avec la Freehold le 21 juillet 1897 : il c\u00e8de \u00e0 Neville sans contrepartie ses droits sur deux lots vacants de la rue Waverly situ\u00e9s plus au sud. Celui-ci le tire probablement d\u2019affaires, car, dans l\u2019acte de vente, Neville s\u2019engage \u00e0 payer toutes les taxes impay\u00e9es depuis 1897. Sur ces lots il va construire deux autres duplex (5237-5243 aujourd\u2019hui).<\/p>\n<p><u>Un constructeur prolifique<\/u><\/p>\n<p>M\u00eame si l\u2019article de 1901 de <em>La Presse<\/em> disait que Neville s\u2019appr\u00eate construire de nombreux cottages, il b\u00e2tit dor\u00e9navant surtout des duplex et des triplex. Les maisons unifamiliales ne sont pr\u00e9sentes en grand nombre que dans les secteurs les plus anciens de l\u2019Annexe, sur l\u2019avenue du Parc, ainsi que les rues Jeanne-Mance et Waverly.\u00a0La tr\u00e8s forte demande pour des logements locatifs, au cours des ann\u00e9es 1900, fait en sorte que les duplex et triplex deviennent rapidement le mod\u00e8le d\u2019habitation dominant, au fur et \u00e0 mesure de la progression de l\u2019urbanisation du quartier.<\/p>\n<p>Pendant cette m\u00eame d\u00e9cennie, Neville \u00e9tend ses activit\u00e9s au-del\u00e0 de l\u2019Annexe. Il construit des triplex ailleurs \u00e0 Montr\u00e9al, notamment rue Saint-Urbain \u00e0 la hauteur de la rue Prince-Arthur et rue Parthenais, dans le Centre-sud. Les Appartements-Bishop Court, construits en 1904-1905 \u00e0 l\u2019intersection de la rue Bishop et du boulevard de Maisonneuve Ouest, sont sa r\u00e9alisation la plus prestigieuse. Pour r\u00e9aliser ce projet, Neville proc\u00e8de \u00e0 un \u00e9change de terrains avec le r\u00e9v\u00e9rend Jacob Ellegood, un dirigeant de l\u2019\u00c9glise anglicane de Montr\u00e9al, propri\u00e9taire des lots de la rue Bishop. Celui-ci acquiert en retour des lots avenue du Parc<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. Neville fait ensuite appel \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre firme d\u2019architectes Saxe &amp; Archibald pour concevoir un luxueux \u00e9difice de style n\u00e9o-Tudor. L\u2019Universit\u00e9 Concordia l\u2019a acquis en 1975 pour en faire des bureaux et sa fa\u00e7ade a \u00e9t\u00e9 class\u00e9e l\u2019ann\u00e9e suivante.<\/p>\n<div id=\"attachment_6633\" style=\"width: 1034px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Bishop_Court_Apartments_2013.jpeg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6633\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-6633 size-large\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Bishop_Court_Apartments_2013-1024x768.jpeg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"768\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Bishop_Court_Apartments_2013-1024x768.jpeg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Bishop_Court_Apartments_2013-600x450.jpeg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Bishop_Court_Apartments_2013-768x576.jpeg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Bishop_Court_Apartments_2013-1536x1152.jpeg 1536w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Bishop_Court_Apartments_2013.jpeg 1920w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6633\" class=\"wp-caption-text\">Les Appartements-Bishop Court en 2013. Wikimedia Commons.<\/p><\/div>\n<p>Robert Neville ne n\u00e9glige pas pour autant ses int\u00e9r\u00eats au Mile End. En 1906, il se fait \u00e9lire conseiller municipal du quartier ouest no 1, soit la partie sud de l\u2019Annexe, qu\u2019il continuera \u00e0 repr\u00e9senter jusqu\u2019\u00e0 l\u2019annexion de la banlieue. Il devient alors un alli\u00e9 du maire G\u00e9linas, un de ses partenaires dans le d\u00e9veloppement de l\u2019Annexe. Ils sont cependant minoritaires au conseil municipal, o\u00f9 la majorit\u00e9 est d\u00e9tenue par des commer\u00e7ants locaux. G\u00e9linas et Neville s\u2019opposent aux nombreux r\u00e8glements d\u2019emprunts destin\u00e9s \u00e0 financer les infrastructures et des projets de prestige ; car le fardeau de la dette repose selon eux de fa\u00e7on disproportionn\u00e9e sur les r\u00e9sidents les plus fortun\u00e9s de la municipalit\u00e9, ceux de l\u2019Annexe, qui, de surcroit, ne b\u00e9n\u00e9ficieraient pas des am\u00e9liorations d\u00e9cid\u00e9es par la majorit\u00e9<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. Ils luttent aussi pour le maintien du caract\u00e8re avant tout r\u00e9sidentiel de l\u2019Annexe, particuli\u00e8rement avenue du Parc.<\/p>\n<p><u>D\u00e9part \u00e0 Outremont<\/u><\/p>\n<p>L\u2019annexion de Ville Saint-Louis par Montr\u00e9al, le 1<sup>er<\/sup> janvier 1910, met fin \u00e0 ce d\u00e9bat. Montr\u00e9al modifie le zonage de l\u2019avenue du Parc, entre Mont-Royal et Van Horne, pour y permettre les activit\u00e9s commerciales. Le 31 mars 1910, les notables de l\u2019Annexe prennent acte de leur d\u00e9faite en offrant un banquet \u00e0 Robert Neville et \u00e0 ses alli\u00e9s, soit \u00ab au groupe qui formait l\u2019opposition dans l\u2019ancienne Ville de Saint-Louis<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. \u00bb Tenu au YMCA, alors situ\u00e9 avenue Fairmount coin Jeanne-Mance, l\u2019\u00e9v\u00e9nement est pr\u00e9sid\u00e9 par l\u2019ancien pr\u00e9sident de la Ligue des citoyens de Ville Saint-Louis, Joseph Perrault. Fils du c\u00e9l\u00e8bre architecte et arpenteur Henri-Maurice Perrault, et lui-m\u00eame architecte et propri\u00e9taire <a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/fr\/fairmount-court-appartements\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">d\u2019une impressionnante r\u00e9sidence avenue du Parc<\/a>, il a lutt\u00e9 avec G\u00e9linas et Neville pour le maintien du caract\u00e8re exclusif de l\u2019Annexe.<\/p>\n<p>Mais les trois hommes ont compris que la page est tourn\u00e9e. Car les Montr\u00e9alais des classes moyennes et sup\u00e9rieures \u00e0 la recherche d\u2019une maison entour\u00e9e de jardins situ\u00e9e sur une rue paisible peuvent maintenant se tourner vers une ville voisine de l\u2019Annexe qui amorce alors son d\u00e9veloppement : Outremont. La municipalit\u00e9, dirig\u00e9e d\u2019une main de fer pendant pr\u00e8s de 40 ans par le maire Joseph Beaubien, impose un zonage beaucoup plus strict qu\u2019au Mile End. Les duplex et triplex, ainsi que les activit\u00e9s commerciales, ne sont permises que dans quelques zones clairement d\u00e9limit\u00e9es. \u00c0 partir de 1909, Neville d\u00e9m\u00e9nage ses activit\u00e9s \u00e0 Outremont : il confie d\u2019abord \u00e0 Joseph Perrault la conception d\u2019un ensemble de sept maisons en rang\u00e9e. Situ\u00e9es sur Quebec Avenue (Avenue Elmwood), entre De l\u2019\u00c9p\u00e9e et Bloomfield, elles ne sont pas sans rappeler celles construites onze ann\u00e9es plus t\u00f4t, rue Waverly<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>. Ces cottages sont cependant de dimensions plus imposantes, particuli\u00e8rement ceux aux extr\u00e9mit\u00e9s, dot\u00e9s de tours d\u2019angle, et qui prennent la forme d\u2019un L, car situ\u00e9s en bordures des avenues lat\u00e9rales. Robert Neville d\u00e9m\u00e9nage en 1910 dans la r\u00e9sidence situ\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 ouest de l\u2019ensemble.<\/p>\n<div id=\"attachment_6624\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Avenue-Elmwood.jpeg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-6624\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-6624\" src=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Avenue-Elmwood-600x400.jpeg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Avenue-Elmwood-600x400.jpeg 600w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Avenue-Elmwood-1024x683.jpeg 1024w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Avenue-Elmwood-768x512.jpeg 768w, http:\/\/memoire.mile-end.qc.ca\/wp-content\/uploads\/Avenue-Elmwood.jpeg 1280w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6624\" class=\"wp-caption-text\">Les cottages con\u00e7us par Joseph Perrault pour Robert Neville, avenue Elmwood, \u00e0 Outremont. Neville a v\u00e9cu dans le premier \u00e0 droite. Photo : Yves Desjardins, 2025.<\/p><\/div>\n<p>Il devient ainsi un des b\u00e2tisseurs les plus prolifiques d\u2019Outremont, y construisant 45 r\u00e9sidences entre 1909 et 1925<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>. Lors de son d\u00e9c\u00e8s, en 1925, Robert Neville r\u00e9side dans l\u2019une d\u2019entre elles, chemin de la C\u00f4te-Sainte-Catherine, un peu \u00e0 l\u2019ouest du parc Beaubien. Sa veuve continuera d\u2019y habiter pendant plusieurs ann\u00e9es. Quant \u00e0 Joseph Perrault, s\u2019il a peu d\u2019autres r\u00e9alisations \u00e0 son actif \u00e0 Outremont \u2013 il a surtout \u00e9t\u00e9 actif au Mile End \u2013 ce n\u2019est pas le cas de son fils Jean-Julien. \u00c9galement architecte, il a con\u00e7u un tr\u00e8s grand nombre d\u2019\u00e9difices commerciaux, institutionnels et r\u00e9sidentiels dans cette municipalit\u00e9 entre 1920 et la fin des ann\u00e9es 1940. Ce n\u2019\u00e9tait probablement pas \u00e9tranger au fait qu\u2019il avait \u00e9pous\u00e9 la fille de Joseph Beaubien, qui a r\u00e9gn\u00e9 sur Outremont pendant la m\u00eame p\u00e9riode&#8230;<\/p>\n<hr \/>\n<p>Recherche et r\u00e9daction : Yves Desjardins.<\/p>\n<p>R\u00e9vision : Justin Bur.<\/p>\n<p>Outre les sources cit\u00e9es plus bas, cet article s&#8217;appuie sur les actes conserv\u00e9s par le Registre foncier du Qu\u00e9bec, les Annuaires Lovell, sur le Recensement f\u00e9d\u00e9ral de 1901 et sur les r\u00f4les d&#8217;\u00e9valuation de la Ville de Saint-Louis, quartier ouest, 1897-1909 (AVM P28-C-1).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cet article constitue en partie une mise \u00e0 jour des recherches effectu\u00e9es par Susan Bronson, et utilis\u00e9es par Mariane Ackerman dans son article \u00ab History lives here \u00bb, publi\u00e9 par <em>The Gazette<\/em>, le 11 mars 2006, p. 29 et 32.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> La vente avait d\u2019abord \u00e9t\u00e9 conclue le 30 juillet devant le notaire Cameron, l\u2019associ\u00e9 de Marler. Mais un nouvel acte de vente est sign\u00e9 le 30 septembre, annulant le premier, car celui-ci n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> C\u2019est d\u2019autant plus probable que, lorsque Robert Neville revend la maison en novembre 1909, il lui faudra obtenir un jugement de la Cour sup\u00e9rieure le d\u00e9clarant seul propri\u00e9taire. Car, en l\u2019absence de quittance, les droits de propri\u00e9t\u00e9 des Jackson-Wand, n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 clairement ray\u00e9s du Registre foncier. Le jugement pr\u00e9cise que le couple n\u2019a pu \u00eatre retrac\u00e9, ayant quitt\u00e9 le Qu\u00e9bec \u00ab depuis plusieurs ann\u00e9es sans laisser d\u2019adresse. \u00bb<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> \u00ab Permis de construire \u00bb, <em>Le Prix courant<\/em>, 20 janvier 1888, p. 11.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Annonce, <em>La Presse<\/em>, 9 avril 1897, p. 7.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> R\u00e9solution d\u2019une assembl\u00e9e priv\u00e9e du conseil municipal de Ville de Saint-Louis, 23 avril 1897. Archives de la Ville de Montr\u00e9al, Fonds Ville de Saint-Louis, P028-A2. Le conseil r\u00e9pondait \u00e0 des requ\u00eates r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de Clarence J. McCuaig, le g\u00e9rant de la Montreal Investment &amp; Freehold Company.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> On retrouve des exemples de ces duplex dans les parties plus anciennes du Mile End, par exemple avenue Coloniale entre Villeneuve et Mont-Royal, ou encore avenue Casgrain, au nord de l\u2019avenue Laurier. De plus, ils sont dot\u00e9s de portes coch\u00e8res qui donnent acc\u00e8s \u00e0 la cour arri\u00e8re, car les secteurs anciens sont d\u00e9pourvus de ruelles.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Neville avait d\u2019abord achet\u00e9 en mai des lots sur la rue St George [Esplanade] adjacente, mais, trouvant peut-\u00eatre le potentiel de la rue Waverly plus grand, il les revendra \u00e0 la Freehold lors de la transaction du 25 septembre.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Leur collaboration ant\u00e9rieure s\u2019\u00e9tait av\u00e9r\u00e9e fructueuse, puisqu\u2019en janvier de la m\u00eame ann\u00e9e, Neville leur avait aussi command\u00e9 les plans d\u2019un triplex \u00e0 Westmount. Situ\u00e9 au 381 avenue Clark, il existe toujours.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> \u00ab For sale \u00bb,<em> Montreal Witness<\/em>, 28 avril 1898, p. 7. (Ma traduction.)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Publicit\u00e9s de Robert Neville Jr., <em>Montreal Witness<\/em>, 18 mai 1898 et 3 mars 1900. (Ma traduction.)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> <em>Montreal Witness<\/em>, 14 juillet 1898.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Les promesses de vente sont des ententes priv\u00e9es entre deux parties qui ne requi\u00e8rent pas n\u00e9cessairement l\u2019intervention d\u2019un notaire et qui sont rarement enregistr\u00e9es. L\u2019avantage pour l\u2019acheteur c\u2019est qu\u2019il peut payer par versements successifs, tandis que le vendeur peut reprendre possession des lieux si le premier fait d\u00e9faut. L\u2019historien Guy Gaudreau a \u00e9tudi\u00e9 cette technique \u00e0 Villeray\u00a0: \u00ab Le r\u00f4le m\u00e9connu des promesses de vente dans le processus d\u2019urbanisation \u00e0 Montr\u00e9al : le cas du village de Villeray au tournant du XXe si\u00e8cle. \u00bb <em>Urban History Review \/ Revue d&#8217;histoire urbaine<\/em>, 2020, 48 (1), p. 10\u201321.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Ma traduction.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> \u00ab L\u2019Annexe de Montr\u00e9al. La banlieue rivale de Westmount \u00e0 la t\u00eate de l\u2019avenue du Parc. \u00bb Publicit\u00e9, <em>La Presse, <\/em>8 novembre 1901.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> \u00ab Cottages artistiques \u00bb, <em>La Presse<\/em>, 14 novembre 1901, p. 9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> \u00ab Real Estate Transfers \u00bb, <em>Montreal Herald<\/em>, 8 juillet 1904. Il obtient aussi deux r\u00e9sidences rue Sherbrooke.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Cyprien G\u00e9linas sera d\u2019ailleurs battu \u00e0 la mairie par Napol\u00e9on Turcot, dirigeant des \u00e9chevins majoritaires, lors des \u00e9lections de 1908.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> \u00ab Joli banquet \u00e0 Ville St-Louis \u00bb, <em>La Patrie<\/em>, 1<sup>er<\/sup> avril 1910, p. 1.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Pierre-Richard Bisson, \u00ab 32 avenue Elmwood \u00bb, <em>Fichier signal\u00e9tique des b\u00e2timents, <\/em>Ville d\u2019Outremont, 1992.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> Ibid.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Robert Neville fils est l\u2019un des pionniers de Montr\u00e9al Annexe, un nouveau quartier r\u00e9sidentiel cr\u00e9\u00e9 par des promoteurs torontois sur d\u2019anciennes terres agricoles dans la partie ouest du Mile End au d\u00e9but des ann\u00e9es 1890. Fils de charpentier, il fait ses d\u00e9buts dans ce m\u00e9tier avec son p\u00e8re. 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