Carmélites


Le Couvent des Carmélites, rue Saint-Denis – Le Monde illustré, 7 octobre 1899 (BAnQ)

Les Carmélites sont des moniales cloîtrées qui mènent une vie de prière et de contemplation. Installées à Montréal (Hochelaga) en 1875 à l’invitation de l’évêque Ignace Bourget, elles déménagent en 1896 à leur emplacement actuel, avenue du Carmel, à l’ouest de la rue Saint-Denis – au sud de la voie ferrée du Canadien Pacifique et adjacent au Champ des possibles. Leur monastère (le Carmel de Montréal), conçu par l’architecte montréalais Alfred Préfontaine, est entouré d’un mur de pierre ayant jusqu’à huit mètres de hauteur. À l’intérieur, bien à l’abri des regards, se trouvent un verger, des jardins et quelques ermitages. À l’avant, sur l’avenue du Carmel, se dresse le corps central du monastère, incluant une chapelle, accessible au public lors de services religieux.

L’arrivée des Carmélites à Montréal se fait dans la foulée du recrutement assidu effectué par Mgr Bourget parmi les communautés religieuses de France. Leur premier monastère montréalais, situé à Hochelaga entre la rue Notre-Dame et le fleuve, était exposé aux embâcles de glace, une situation qui empêche d’entretenir un jardin cloîtré. Elles acquièrent donc le site actuel en 1892, avec pour seul voisin la voie ferrée. Des voisins industriels sont quand même arrivés avant l’inauguration du Carmel en 1896 et d’autres ont afflué au long du XXe siècle ; la tranquillité du jardin a dû être souvent interrompue par les bruits d’usines et de trains (en plus de la voie principale, deux gares de triage se sont développées de part et d’autre du monastère).

C’est seulement en 2003, devant la vétusté de leur immeuble et sans moyen d’y remédier, que les Carmélites songent à quitter le Plateau. Si la plupart des industries sont parties, le risque de voir apparaître des immeubles résidentiels ayant vue sur le cloître, pardessus le mur, inquiète désormais les sœurs. Un promoteur immobilier fait une offre d’achat en 2003. Outrés à l’idée qu’un jardin secret et centenaire cède sa place à des copropriétés résidentielles quelconques, les voisins se mobilisent. En 2006, le site est classé immeuble patrimonial par le ministère de la Culture du Québec, avec une aire de protection. Le soutien du Conseil du patrimoine religieux du Québec permet d’entreprendre une restauration en 2007, y compris la reconstruction du mur d’enceinte qui s’effondrait à certains endroits.

La communauté actuelle compte une quinzaine de membres, un nombre en légère baisse, bien qu’il soit assez constant depuis longtemps. Les Carmélites perpétuent leurs traditions plusieurs fois séculaires dans cette enclave de paix, pourtant cerclée de frénésie urbaine.

Pour en savoir plus : carmelmontreal.org


Recherche et rédaction : Justin Bur

Dictionnaire historique du Plateau Mont-RoyalExtrait du Dictionnaire historique du Plateau Mont-Royal (Écosociété, 2017) avec l’aimable autorisation de l’éditeur

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