Les communautés juives hassidiques


L’hassidisme est un courant religieux ultra-orthodoxe juif apparu au XVIIIe siècle en Europe de l’Est. Inspiré par les enseignements de Baal Shem Tov (1698?-1760), un rabbin mystique, il se veut une réaction populaire au contrôle exercé par les rabbins érudits sur le savoir religieux. Les Hassidim insistent sur la communion joyeuse avec Dieu, entre autres par le chant et la danse. Ils se distinguent aussi des autres juifs orthodoxes par un rejet de la modernité et une stricte adhérence aux rôles distincts des hommes et des femmes. Il y avait un certain nombre de rabbins hassidiques à Montréal avant la Seconde Guerre mondiale. Le grand-père maternel de Mordecai Richler, Yudel Rosenberg, un « rebbe » (chef spirituel) respecté, constitue un bon exemple. Mais ils ne réussirent pas à rassembler autour d’eux des communautés de fidèles durables, contrairement aux groupes arrivés après la Seconde Guerre mondiale, pour la plupart des survivants de la Shoah. Les Hassidim sont organisés en sous-groupes, selon leur région d’origine ou leur identification aux enseignements d’un rabbin charismatique et de ses descendants.  Leur volonté de se regrouper dans des groupes fermés, leurs vêtements inspirés du XVIIIe siècle et la très grande importance accordée à l’éducation religieuse, particulièrement pour les garçons, les distinguent du reste de la communauté juive.

Enfants hassidiques de la communauté Belz, rue Saint-Urbain, 1985. Photo : ©️ Michel Élie Tremblay

À la différence des autres Juifs, orthodoxes ou non religieux, les Juifs hassidiques ne suivent pas la migration vers les banlieues de l’ouest. La communauté hassidique reprend les résidences, les commerces et quelques-unes des synagogues de ceux qui partent au cours des années 1950 vers Snowdon, Côte-Saint-Luc, Hampstead ou encore Dollard-des-Ormeaux et Chomedey. Les groupes hassidiques s’établissent surtout à Outremont. Les rues Hutchison et Jeanne-Mance, dans le Mile End, où la communauté Belz est concentrée, forment la limite est de leur quartier. Au cours des 15 dernières années, la présence commerciale, éducative, religieuse et résidentielle des groupes hassidiques a connu une forte croissance avenue du Parc, particulièrement entre les rues Saint-Viateur et Van Horne.

Recherche et rédaction : Yves Desjardins

Extrait du Dictionnaire historique du Plateau Mont-Royal (Écosociété, 2017) avec l’aimable autorisation de l’éditeur