Les origines du Mile End


De la ‘Molenne’ à Laurier – II (extraits)

Par Jean de Laplante, Le Canada, mardi le 28 juin 1951, p. 141
Lire notre introduction à cette série de documents sur les origines du Mile End.

La ‘Molenne’ naquit de la destruction d’une belle forêt pour donner aux Montréalais la pierre dont ils avaient besoin pour revêtir leurs plus somptueux édifices. Pourquoi ce qualitatif de ‘La Molenne’?… Il y a 75 ans et plus, les vieux Montréalais avaient pris l’habitude de dire «se promener dans la Molenne». On s’est interrogé longtemps sur l’origine de cette molenne, qui semble une corruption de l’expression ‘Mile-End’ qui avait été incorporée au nom primitif de Ville Saint-Louis. Il y a en effet plus de 40 ans que l’on s’interroge sur l’origine de la ‘molenne’. (…)

Hôtel de ville

Hôtel de ville, Saint-Louis, vers 1930
Archives de la ville de Montréal, VM094-Y-1-17-D0092

Et M. Conrad Archambault, archiviste de la ville de Montréal, croit avoir résolu le problème il y a deux ou trois ans, au cours de recherches à partir de l’étude de cartes militaires de 1870. Il appert que, vers 1850-1860, il existait dans le territoire connu sous le nom de Côte St-Louis, une piste où venaient «les anglais amateurs de turf». De là serait sorti l’appellation de Mile-End, empruntée au sport hippique que les montréalais authentiques francisèrent en «molenne». M. Archambault note qu’il n’y avait qu’un seul chemin partant de l’ouest pour parvenir à l’hippodrome de Côte St-Louis; il aboutissait à un point de la piste marquant la «fin du mille». D’où l’explication. La piste en question était sise sur une [sic] emplacement compris entre les rues St-Hubert et St-André et Mont-Royal et Gilford.

Ville Saint-Louis, qui nous intéresse plus particulièrement, et qui hérita du fameux mile-end ne comprenait pas la piste sur son territoire. Il y a bien de ces curiosités qui passent inaperçues.

Notes:
1. L’orthographe originale n’a pas été modifiée.